Sensualité et rigueur en dessin

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Un chef-d’oeuvre artistique est une perfection qui n’aspire pas à être parfaite.

L’artiste qui arrive à créer un tel état d’harmonie a probablement su traduire dans son oeuvre plusieurs détails qui forment un univers en soi. La perfection artistique existe si le regard que nous y portons ne retranche ni de détails ni de défauts qui font l’oeuvre.

Hier, au moment où nous écrivions les mots «sensualité» et «rigueur». Nous avions en esprit ces portraits de dames qui ont rendu Ingrès célèbre. Évidemment, nous n’oublions pas ses nus sublimes. Si ce Maître du néoclassicisme supprimait les imperfections de l’anatomie féminine comme le font de nos jours des photographes-graphistes qui photoshopent. Ingrès, lui, il disloquait aussi des articulations et déformait la posture du modèle pour rendre un portrait de femme encore plus parfait que son double. Ingrès refaisait la nature pour la rendre encore plus naturelle.

Le bras du cavalier sur cette peinture chinoise antique, un peu difforme et ces pattes de cheveux, trop frêles d’apparence pour leur corps robuste, n’enlèvent rien à la perfection du dessin. Là encore, nous y trouvons une similitude frappante entre l’art de Han Gan et l’art d’Ingrès.

Individuellement observées, les lignes de leurs oeuvres sont nettes, certainement raffinées, mais peut-être impersonnelles au goût de certains, et même un peu trop maniérées. Cependant, elles s’avèrent porteuses de signatures de deux grands génies lorsque nous regardons l’oeuvre dans son ensemble et contempler l’esprit de leur art.

Sensualité et rigueur

Ingrès, Portrait de Madame LeBlanc

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