Scène de torture
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Le martyre de l’apôtre Bartholomée est l’un des pires supplices que les païens ont infligés aux douze Apôtres du Christ. Une scène de torture affreuse : crucifié, écorché et décapité.
Par Tiepolo, le martyre de Saint-Bartholomée.

On a généralement cette étrange impression que seuls les artistes connaissent les secrets de la controverse à la devise « toujours un peu plus ». Bien que les artistes ne se font pas prier pour provoquer des réactions toujours plus sulfureuses, spectaculaires et inouïes. Les effets obtenus par leurs oeuvres d’art controversées sont bien souvent plus brefs, précaires et périssables. Ainsi, cette roue infernale du « plus » tourne et tourne encore. De nos jours, si la religion avait autant d’importance que jadis, nous aurions des oeuvres d’art de crucifixion insoutenables.
Cependant, il y a aussi ces artistes de talent, qui jouent à la fois allègrement dans le registre des controverses et capables de s’imposer pudeur, retenu et rigueur dans l’expression de leur art. Michelange en est un exemple.
Tiepolo, lui, est l’un de ces artistes qui s’imposent des limites. Son art s’épanouit dans l’expression de ses couleurs chatoyantes, sensuelles et éclatantes; des compositions mouvementées, méticuleusement planifiées et orchestrées. Tiepolo cherchait davantage à plaire. Ici, dans ce Saint-Bartholomée, tous les regards, bourreaux, Martyr et Sainte Mariamne, se détournent de l’avant-plan pour mieux conduire le regard du spectateur dans cette savante organisation picturale et spatiale.
- Voulez-vous un peu d’histoire de Saint-Bartholomée pour finir ce billet?
- Ben oui! La culture religieuse fait voir la vie d’un autre œil…
Les sacrificateurs païens furent bien sûr très irrités de ces événements. Ils accusèrent le Saint Apôtre d’abattre leurs dieux et leurs temples, d’exterminer leurs cultes et leurs moyens de subsistance. S’approchant d’Astyaguis, le frère du roi, ils le convainquirent de faire périr l’Apôtre pour venger les dieux. Celui-ci chercha le moment opportun, s’empara du Saint, et le livra au martyre dans la ville d’Albanopolis, le faisant crucifier la tête en bas. Le Saint Apôtre se réjouit beaucoup de souffrir pour le Christ et, alors qu’il était pendu sur la croix, ne cessa pas de prêcher la Parole de Dieu. C’est ainsi qu’il put jusqu’à la fin affermir les fidèles, et inciter les incroyants à se détourner des ténèbres des démons pour courir vers la lumière du Christ. Comme le bourreau ne pouvait supporter ses discours, il lui fit arracher la peau. Mais le Saint Apôtre supportait ce supplice comme si c’était un autre qui souffrait, et ne cessait de bénir et de glorifier le Seigneur. Le bourreau fit finalement trancher la sainte tête, laissant sur la croix ce corps dont les pieds indiquaient si bien quelle direction ils allaient emprunter. [Texte intégral]

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