Pluie d’or sur Staufen

24 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

Portrait de Faust, peintre anonyme du 17eL’homme qui obtint la gloire à titre posthume et qui fit pleuvoir une pluie d’or sur Staufen et bien d’autres bénéficiaires…

Le sorcier Faust prétendait fabriquer de l’or à partir de rien (pourquoi pas d’une sordide histoire) : c’est fait. Les recettes des dizaines de livres, représentations théâtrales et autres films ont dû atteindre un certain chiffre entre temps… et faire la fortune, tant matérielle que spirituelle, de plus d’un artiste ou éditeur…

Quant à Staufen, elle tire de la visite de la maison de Faust, fièrement ornée d’une magnifique plaque commémo- rative et du tourisme faustien de belles recettes… Le contrat passé avec Anton von Staufen a finalement été honoré. A titre posthume… Le contrat ne mentionnait peut-être pas de délais ?

… Staufen, une ville entre les griffes du démon ? Hantée par le fantôme de Faust ?

Staufen est une ville très engagée dans la protection de l’environnement. Et lorsque le conseil communal décide en 2006 de réhabiliter l’hôtel de ville, elle décide de faire appel à la géothermie pour son chauffage. Ce qui fût dit fût fait : sept puits de forage sont creusés dans la terre par un spécialiste autrichien…

Et c’est la catastrophe ! Des fissures apparaissent dès 2007, plus de 200 maisons sont entre temps toutes lézardées…

Les scientifiques prétendent que les forages ont mis l’eau de la nappe phréatique en contact avec une couche de gypse de Keuper de 75 mètres d’épaisseur, Guillaume Geefs, Diable/Lucifer (Cathédrale Saint-Paul de Liège)et que la réaction de cette dernière avec l’anhydrite entraîne une augmentation du volume de ce gypse. C’est la raison pour laquelle la terre, à Staufen, se soulèverait chaque mois d’environ un centimètre. Ce qui fait 20 centimètres en tout depuis lors, sachant que le processus de gonflement se poursuit…

Les impies ! Les mécréants ! Nul ne pense qu’il n’est pas bon d’aller remuer les entrailles de la terre, où l’on dit que se trouve le royaume des enfers… là où repose Faust…

Histoire, rêve, mythe, réalité… ne s’entremêlent-ils pas dans le lacis inextricable d’un monde d’illusions ?

(Fin)

Gloire littéraire & Naissance du mythe

23 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

Gloire litteraire & Naissance du mytheJohann Heinrich Wilhelm Tischbein, Goethe dans la campagne romaine, 1786

La gloire littéraire et la naissance du mythe de Faust

L’Historia von Johann Fausten est traduite en anglais en 1593. Elle est reprise par l’homme de théâtre Christopher Marlowe puis par Johann-Nicolaus Pfitzer (1674) et Gotthold Ephraim Lessing (1759).

Mais c’est Johann Wolfgang von Goethe, grand voyageur et lecteur, qui récupère l’histoire d’origine, la détourne complètement de sa destination et de son sens, et crée un fabuleux mythe littéraire en trois éditions successivement remaniées (1749 – 1790 – 1832). Et qui inspirera une foule d’écrivains et d’hommes de théâtres (Friedrich Maximilian Klinger, Adalbert von Chamisso, Thomas Mann, Alexandre Pouchkine, Christian Dietrich Grabbe, Nikolaus Lenau, Heinrich Heine, Ivan Tourgueniev, Alfred Jarry, Michel de Ghelderode, Paul Valéry, Jean Giono, Fernando Pessoa, Thomas Mann et bien d’autres), de musiciens d’opéra (Berlioz, Gounod..) et plus récemment de cinéastes et même de dessinateurs de bandes dessinées et créateurs de jeux informatiques.

Un qui doit bien rire de son paradis ou de son enfer, c’est Faust. Obscur escroc dans la vie, éternel et génial escroc dans la mort, quel homme!

(Partie 5, demain)

Les débuts du mythe de Faust

22 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

Les débuts du mythe de Faust : une machination politique de l’Eglise

L’histoire du vrai Faust prête à sourire. Quel faux docteur de la conquête de l’ouest est devenu le héros d’un mythe universel ? L’histoire de Faust n’aurait jamais dû quitter le domaine des faits divers…

Il n’en fut pourtant rien. Pourquoi ? Et bien parce que l’Eglise catholique s’est emparée de l’affaire !

Car la Renaissance est une grave période de crise métaphysique et religieuse, économique, politique et sociale. Une époque fascinante et formidable de géants. Et une époque de cauchemar pour l’Eglise catholique. Pensez : un obscur astronome polonais du nom de Copernic affirme que son observation des mouvements des corps célestes dans le ciel permet d’affirmer que la terre fait partie d’un système de planètes tournant autour du soleil. Qu’elle est une sphère flottant dans le firmament alors que tout le monde sait qu’elle est plate !!! Pire, un maudit navigateur génois appelé Christophe Colomb, persuadé que cela est vrai et possédé par le démon, découvre un nouveau monde oublié par Dieu dans sa dictée de la Bible. Un autre navigateur non moins impie, le portugais Magellan, démontre définitivement que la terre est ronde en en faisant le tour. L’allemand Luther, le français Calvin, le Suisse Zwingli et toute une série de prédicateurs anglais s’élèvent contre les abus de l’Eglise, sa richesse, son hypocrisie et le trafic des indulgences et prêchent, dans leurs barbares langues de sauvages qui sont une injure à la noble langue latine, la révolte contre l’autorité sacrée de la sainte Eglise, apostolique et romaine ! L’Angleterre est schismatique à cause de la lubricité de son roi, l’Allemagne et la France sont à feu et à sang, les médecins déterrent les cadavres pour les disséquer et un satané français nommé Ambroise Paré va jusqu’à décrire dans un long ouvrage et par le détail les observations faites dans les cadavres humains !!!

Trop, c’est trop ! La science attaque et bafoue l’autorité des docteurs de l’Eglise, versés non pas en astronomie ni en médecine, mais dans la connaissance supérieure des saintes écritures. Le philosophe Giordano Bruno va même jusqu’à les traiter de canassons encapuchonnés, de bourriques et d’ânes coiffés de mitres ! Enfin celui-là au moins, on s’en est occupé. Il a compris…

La coupe est pleine. Et l’Eglise réagit. A travers le concile de Trente et la création de la compagnie de Jésus bien sûr. Mais elle fait aussi feu de tout bois. Et lorsqu’un obscur zélateur du catholicisme tombe par hasard sur la rubrique nécrologique badoise et y retrouve le nom de Faust, il lui vient une idée de génie : voilà l’occasion rêvée de jeter le discrédit sur les savants et les scientifiques. Tous des impies possédés par le démon !!! La preuve !!!

La méthode ? L’amalgame : Faust est classé parmi les vrais savants et universitaires, ce qu’il n’a jamais été. Le but est de créer l’image du savant fou ayant maille à partir avec le démon. En 1587 parait un écrit anonyme Historia von Johann Fausten… un texte de propagande catholique contre les scientifiques…

Mais toute cette embrouille va déraper de façon inattendue…

(À suivre demain, Partie 4)

Democritus, le geographe
Diego Velazquez, Democritus/Le Géographe, 1628-29

Le vrai Faust : un obscur charlatan

21 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

Le Dr. Faust a bel et bien existé. De cela les historiens sont sûrs. Ils sont en revanche moins assurés sur les étapes de sa vie.

Il s’appellerait Johannes Faust et serait né vers 1480, on ne sait où. Il aurait étudié les sciences et la philosophie et peut-être enseigné un certain temps à Cracovie (Pologne) ou à Erfurt (Thuringe). Sans doute s’adonnait-il à l’occultisme et à l’alchimie, très à la mode à cette époque pleine de contradictions. Et peut-être que ses mœurs étaient dissolues. Assurément, il n’a cessé de mal se faire voir, par exemple de Luther et de Melanchthon, et s’est fait renvoyer de toutes les universités pour mauvaise réputation. Il semble alors avoir mené une vie d’aventures et cherché à vendre à qui voulait bien le croire des prestations… surnaturelles. D’où sa réputation sulfureuse de nécromancien (homme versé en magie noire).

Car il n’est certes pas une célébrité à l’instar des universitaires et des savants de son temps. Mais plutôt un obscur charlatan. Un aventurier et un imposteur doublé d’un vil escroc. Si on veut se faire une idée du vrai Faust, il faut imaginer ces faux docteurs (et vrais charlatans) qui vendaient à prix d’or, à la grande époque de la conquête de l’ouest, des élixirs miraculeux et des panacées universelles à qui voulait bien gober leurs bobards. En attendant de devoir quitter les villes où ils avaient sévi, couverts de goudron et de plumes.

Quant à Faust, sa réputation parvient finalement aux oreilles du comte de Staufen, une petite ville de Bade. Ce seigneur a des soucis en cette époque troublée par les guerres et l’insécurité, d’inflation et de crise économique. Les caisses de l’État sont vides, il faut les remplir, par tous les moyens. Au comte aussi crédule que désespéré, Faust promet monts et merveilles : il connaît le secret de l’or, il en fabriquera à partir de vils métaux ! Quelle merveille que l’équilibre budgétaire, et combien d’États ne rêveraient pas, de nos jours encore, de rencontrer leur Dr. Faust ?

Le comte le croit, lui fournit gite, laboratoire et subsistance. Au grand dam de ses sujets, qui regardent d’un œil suspicieux cet étrange personnage à la barbe impressionnante, vêtu d’un habit aussi noir que l’âme qu’on lui prête. Un nécromancien, qui s’entretient toutes les nuits en privé avec le démon !

Un beau jour de l’an 1538 à 1541 (car il y a incertitude sur la date), un bruit assourdissant vient troubler la quiétude de habitants de Staufen, déjà au bord de la crise de nerfs : le faux savant a fait un mélange hasardeux de substances, et son laboratoire vient d’exploser. Un accident qui lui coûte la vie, puisqu’on découvre dans les décombres le cadavre du docteur « atrocement mutilé » et « la tête à l’envers ».

De là à en conclure que le démon a fini par venir réclamer son dû, il n’y eut qu’un pas vite franchi… D’autres affirment qu’il aurait été arrêté pour sorcellerie, jugé et brulé vif sur une place publique de la ville de Staufen.

(3e partie, demain)

Vrai Faust, un obscur charlatan
Félicien Rops, la Tentation de Saint-Antoine, 1878

Une belle histoire fantastique…

20 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

C’est le soir. Une petite pièce sombre sous les combles. Des murs en crépis percés seulement d’une petite ouverture bouchée par des culs de bouteille en verre épais, laissant à peine passer la faible lueur d’une lune blafarde. Puis, on ne voit plus au centre de l’image que le visage ridé d’un vieillard à la barbe grise impressionnante, faiblement éclairé par la flamme chancelante d’une bougie. Ses yeux bleus sont vitreux, ses paupières gonflées et alourdies par les ans. Dans la pénombre, on aperçoit des grimoires, des livres et des parchemins répandus dans toute la pièce.

Au soir de sa vie, ce vieillard à l’article de la mort fait le bilan de sa vie. Or ce bilan le remplit d’amertume et de regrets. Il est, certes, un professeur renommé et respecté de l’université de céans. Et toujours il a respecté les règles qu’imposent aux hommes respectables les mœurs et les usages des bonnes gens, et les commandements de la religion. Mais le fait d’avoir consacré ainsi sa vie aux études dans le strict respect de toutes les convenances lui a fait oublier de vivre. Il n’a connu ni les jouissances de la vie, ni les avantages de la fortune, ni même les douceurs de l’amour.

Et il le regrette. Mais que faire, puisque tout est fini ? C’est là que naît brusquement en son âme, lorsqu’au paroxysme du désespoir il décide d’en finir une fois pour toute, une violente révolte contre le destin. Il veut repartir à zéro, tout recommencer, tout faire différemment. « Et pour cela, » hurle-t-il, « je suis même prêt à signer un pacte avec le diable ».

Le malin entend tout. Et nul n’invoque impunément son nom. Devant les yeux écarquillés du vieillard surgit un beau jeune homme richement vêtu d’un habit écarlate. Un jeune homme qui lui déclare s’appeler Méphistophélès. Qu’il est de Lucifer l’humble ministre plénipotentiaire et qu’il peut exaucer tous les vœux justement exaucés : avoir une seconde chance et vivre une seconde vie. Une vie où le vieillard fera ce qui lui plaira grâce à la présence cachée, à ses côtés, de Méphistophélès en tant que son serviteur délégué par Satan… et garant du contrat à conclure en échange de ces bénéfices. L’objet du contrat ? Trois fois rien : la vente, par son contractant signant de son sang, de son âme au diable à l’échéance de 24 ans.

Et voilà le signataire convaincu embarqué dans une folle aventure. Dans cette Allemagne de la Renaissance, en l’an 1540 de notre seigneur. Dans les bas-fonds de la cave d’Auerbach à Leipzig, toute assourdie des beuglements des étudiants ivres, au milieu des ribaudes de la ville. Sur le mont Blocksberg, la nuit même de Walpurgis où toutes les sorcières de l’Empire viennent danser le Sabbat et s’accoupler bestialement avec Satan en personne. Puis il surgit, dans ce chaos, le visage de Gretchen (Marguerite). Une jeune fille pure dont il devient fou amoureux, mais qu’il déshonore par son amour pourtant vrai, puisqu’il ne peut plus – en maudit qu’il est – connaître d’amour sincère. Cette tragédie coûte finalement la vie à l’un et à l’autre, qu’ils aillent en enfer ou au paradis, selon les versions.

Ce « héros », vous l’avez reconnu sans peine : c’est le fameux Dr. Faust, héros d’un des plus grands mythes de la littérature universelle. Une belle histoire qui interpelle chacun sur le sens de la vie, sur la question des choix qu’on y fait, sur la morale, le destin, l’amour, la mort… L’Allemagne nazie et l’apocalypse nucléaire ont été réputées « hantées par le visage de Faust ».

Mais au fait Faust et son histoire ? C’est une invention où une réalité ?

Et bien un peu des deux. Et cette question est certes bien embrouillée.

(Suite, demain)

une belle histoire
Luis Ricardo Falero, la Vision de Faust, 1878

Buick LaCrosse 2010, suspendue

19 janvier 2010

Zack est malade depuis quelques jours. C’est surprenant qu’il ne soit pas déshydraté encore. Ce fut mouvementée la nuit dernière et le sommeil écourté. Ça s’annonce tout aussi difficile cette nuit. Pôvre petit chou! En passant, nous allons laisser cet espace à un nouveau collaborateur, Pirchirinarmor, au cours des prochains jours. Avant que nous prenions cette pause inattendue, encore un billet sur la voiture.

On l’appelle « objet de consommation », modèle 2010. Pour les connaisseurs, une Buick LaCrosse 2010. Y a-t-il de l’art dans celle-ci? Il en a un peu, beaucoup et assurément. Vue au Salon international d’automobiles de Détroit.

À notre retour, dans quelques jours, nous vous parlerons du Tea Party, illustré, bien sûr. Également du tigre fléché, terrifiant! Du cadavre dans l’art. De Madame Tymochenko, si, encore! Des voitures et encore des voitures comme oeuvres d’art… nous étions inondés d’idées lumineuses tout à l’heure en ramassant les dégâts à Zack comme si une lumière divine nous traverse.

Étrange… :-| Voilà.

Buick LaCrosse
Photo : John F. Martin/General Motors via Getty Images

Voiture accrochée

18 janvier 2010

Vous le saviez évidemment : un vivace vit arraché sur une falaise est une plante alpine; une voiture accrochée au mur d’un musée est une oeuvre d’art.

Un musée est un lieu qui donne aux objets qui s’y trouvent une valeur. Contrairement à la falaise qui permet aux plantes de se développer et acquérir une caractéristique ne rend que les plantes inaccessibles… ou presque. Par contre, dans un musée, on accroche, mais on décroche assurément.

Vue au Mac/Val, le musée d’art contemporain de Créteil, une voiture suspendue.

une voiture accrochée

Femme politique ukrainienne

17 janvier 2010

Aujourd’hui, cinq petites images, entre l’image d’une jeunesse éternelle iconographique, la réalité d’une politicienne de 50 ans, l’icône de l’amour en pixels, la suggestion et le peuple devant son choix, que reste-t-il de cette révolution ukrainienne que l’on appelle la Révolution orange?

Rappelez-vous de ça?  Un candidat présidentiel perdant en premier tour, empoisonné et défiguré, demandant à la Cour suprême l’annulation du scrutin. Une partie du peuple lui est solidaire. Il gagne sa cause et devenant ensuite président, pro-occident.

C’était beau et émouvant. C’était en 2004.

Pour un instant, des faiseurs d’images ukrainiens se donnent à coeur joie… Madame le Premier-Ministre sortant, pense peut-être à son peuple, mais elle croit encore plus à ses chances politiques.

Aujourd’hui, jour J du présidentiel 2010 à Ukraine. Tymochenko ou Iouchtchenko, peut-être un richissime homme, Ianoukovitch, une 3e voie… peut-être c’est juste une 3e voix, pro-russe. Mais bon, nous, nous aimons simplement des images qui parlent. Pour le reste, les peuples du monde s’en chargeront.

Éternelle jeunesse, une femme presidente en ukrain?

femme politique ukrainienne

icône de l'amour

l'amour, un choix politique ou une suggestion?

peuple ukrainien devant son choix

Développement du vocabulaire visuel

16 janvier 2010

Bon samedi Mimi!

Tu es adorable avec tes « j’attendrai avec impatience votre billet =) »  « c’est pour quand..? »  « alors XD ? »  « voila on est samedi =) » 

Voilà le deuxième billet pour toi : développer un vocabulaire visuel personnel lorsqu’on apprend à dessiner.

développement du vocabulaire visuel

Mimi, tu sais comme tout le monde que peu de gens connaissent tous les mots du dictionnaire. Apprendre par coeur tous les mots du dictionnaire ne fait pas d’une personne poète ou écrivain. Bien connaître la définition des mots améliore grandement la capacité de composer des textes ou de s’exprimer, mais cela ne suffit pas pour écrire une oeuvre littéraire. Pour qu’un texte devienne une oeuvre, il faudrait que le texte ait d’intérêt pour les lecteurs; il faudrait que les lecteurs soient captivés par l’intrigue du texte; il faudrait qu’on décèle des sentiments, voit des couleurs, ressent des émotions, etc. Vient ensuite le style de l’auteur.

Donc, ce n’est pas nécessaire d’apprendre par coeur le dictionnaire pour écrire. Tu as probablement lu des chefs-d’oeuvre littéraires, aucun ne contient tous les mots du dictionnaire, n’est-ce pas? Pour devenir excellent en dessin, c’est à peu près pareil.

Développer un vocabulaire visuel, c’est d’arriver à élaborer un registre propre à toi, de lignes et de traits; à obtenir un certain nombre de valeurs avec n’importe quel type de crayon et à créer du relief. C’est très simple le dire comme ça… c’est plus difficile en pratique. C’est trois choses très différentes : ligne/trait, valeur, relief. Il faut d’abord que tu sois consciente de ces éléments dans un premier temps. Nous t’expliquerons en détail la nuance quand tu seras plus avancée dans ton apprentissage.

Aujourd’hui, nous utilisons ton portrait de Nathalie Portman pour une explication sommaire.

Lignes/Traits – Tu as utilisé des lignes pour faire le nez, les lèvres, les yeux, le collier, le contour du visage. Tu as des lignes sensibles et justes. Une qualité à préserver. Tu as utilisé des lignes regroupées pour faire les cheveux. Ceci est le début du développement des traits. La grande différence entre des « lignes »  et des « traits « , c’est comme un individu vs une foule. Un individu a un nom, un visage. On veut le nommer. Quant à une foule, on ne veut pas nommer tous les individus qui font la foule, on veut savoir si elle était agitée, pacifique, dense… Tu comprends?

Valeurs – Le blanc, le noir et les gris. Tout est dans le dosage. Il ne faut pas gaspiller le blanc, ni le noir. Il faut faire un choix judicieux des gris.

Relief – La création du relief viendra avec le temps, lorsque tu auras créé ton registre de lignes/traits et ta gamme de valeurs.

Petite note pour terminer : SVP! Pas de remplissage. En dessin, le « remplissage »  est inutile pour sa valeur artistique. Le remplissage est parfois rassurant pour camoufler un état d’esprit de l’artiste, la peur de laisser visible une imperfection, l’inquiétude d’un dessin raté, le désir de faire du joli. Bref, peu importe la raison, quand on fait du remplissage, on n’améliore pas son dessin, on crée des handicaps visuels et on sature la surface du dessin. C’est comme si tu insères le mot « tellement »  une dizaine de fois dans la phrase « j’aime faire du portrait et j’apprends à dessiner. » 

Nous crois-tu maintenant que tu as fait un très bon dessin avec ce portrait de Nathalie Portman? La ressemblance n’est pas l’élément primordial quand on débute en dessin.

À quand un nouveau dessin? ;-)

Haïti, 2 jours plus tard…

14 janvier 2010

Haiti
Image : REUTERS/Eduardo Munoz

Images du Rally Dakar

13 janvier 2010

En parlant du Sénégal, quelques photos du Rally Dakar 2010 qui se déroule cette année en Amérique du Sud.

Le Rallye Dakar se dispute chaque année en janvier, soit en Afrique ou en Amérique latin. Des images saisissantes! Vous convenez que nous avons laissé tomber les images de voitures et de motos…

Après tout, nous ne sommes que des artistes. C’est lassant de voir du vroomvroom et de la poussière du désert sur des gens, même sans bruits,  non?

D’accord, sauf quand la poussière est agréable… pour les yeux. ;-)

Dakar Rally en imageImage : Gabriel BouysLe Dakar en imageImage : Natacha PisarenkoRallye DakarImage : Gabriel BouysDakar 2010 - ChiliImage : Natacha PisarenkoDakar 2010Image : Gabriel Bouys

De l’art africain à Dakar

12 janvier 2010

Renaissance africaine

Un monument en construction, sur une colline de la capitale sénégalaise. Il mesure 110 mètres de haut, représentant un couple et son enfant. Pour être objectif, il faudrait dire un homme, une femme et un enfant, mais bon. Il y a des jours comme aujourd’hui. Nous sommes ambivalents.

Pour son côté gigantisme, on peut mentionner qu’une fois les travaux complétés, le monument sera plus grand que la statue de la Liberté de New York.

Monument DakarLa date de l’inauguration : avril 2010.

Comme le Sénégal est un pays majoritairement musulman, la statue fait objet de certains critiques, par exemple, la jupe de la Madame est trop courte, si! Mais pourquoi une telle légèreté?! :-|

Bon, soyons artistes! Selon notre humble avis, cette trinité africaine du 21e siècle n’a rien d’Afrique. C’est de l’art recyclé, modèle Réalisme social russe. Bon, entre nous, nous n’allons pas faire le petit savant! Petit détail dont vous auriez intérêt à savoir si vous n’étiez pas au courant : le monument est un projet voulu par le président du pays… qui s’appelle Wade, Abdoulaye Wade et, ce monument est construit en partenariat avec l’aide de la Corée du Nord.

Le titre? La Renaissance africaine.