Mangues ou asperges?

Dans une économie mondialisée, tout n’est, encore bien plus, qu’une question de marchandage et de profit : l’offre et la demande d’Adam Smith fait partie de notre compréhension du monde; l’argent et le pouvoir d’achat, des mots de notre langage usuel; le bas coût de production et le bénéfice toujours le plus élevé, un jargon vulgarisé; l’enchère et Ebay, des synonymes et de l’accès à Internet aux foyers modestes…
Deux mangues japonaises de la préfecture méridionale de Miyazaki, surnommé « oeufs de soleil », ont été vendues aux enchères pour la somme record de 200,000 yens, a indiqué le grossiste Tokyo Seika. Cette somme fracasse ainsi le record établi l’an dernier, également au Japon: soit de 38,000 yens pour deux mangues.
Les mangues de Miyazaki sont extrêmement populaires au Japon, un phénomène renforcé par la promotion qu’en fait le gouverneur de la région, le comédien Hideo Higashikokubaru. Le prix des fruits produits localement est exorbitant au Japon.
Ici, le prix de nos produits locaux sont encore raisonnables. Nous appelons ce phénomène, encourager l’économie locale, n’est-ce pas? Même si c’est un peu plus cher comme l’on dit.
Voici une vieille histoire: un richissime client qui acheta à Manet, peintre impressionniste, à ne pas confondre avec l’autre artiste impressionniste tout aussi célèbre que ce dernier, une nature morte, la « Botte d’asperges », il fut ravi de son acquisition qu’il paya 1000 francs au lieu de 800 francs convenus. Manet fut si touché par le geste qu’il peignit un second tableau représentant une asperge et le fit porter au mécène avec un mot de remerciement : « Il en manquait une à votre botte. »


Accueil du site MY Arts







