2 Mai, une date historique
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Le 2 mai 1808, les Madrilènes se soulèvent contre l’occupation française et napoléonienne. C’est le début d’une impitoyable guérilla dont témoigne ce chef-d’œuvre de Goya. Napoléon a qualifié la guerre d’Espagne comme étant un ulcère jamais guéri de son règne. Le conflit a mobilisé 300,000 soldats français sur le sol espagnol.
Cette malheureuse guerre d’Espagne a été une véritable plaie, la cause première des malheurs de la France […] j’embarquai fort mal toute cette affaire, je le confesse; l’immoralité dut se montrer par trop patente, l’injustice par trop cynique, et le tout demeure fort vilain, puisque j’ai succombé.
Quant au mot guérilla – petite guerre, en espagnol, est née de l’insurrection soudaine du peuple espagnol de 1808 contre les troupes d’occupation. On l’a inventée pour qualifier les attaques surprises des combattants de l’ombre provenant de toutes les couches de la société, sans uniforme et sans code d’honneur selon les règles de batailles de l’époque. L’Église catholique espagnol a été une grande animatrice de cette guérilla. À bien observer la scène de fusillades de l’autre chef-d’oeuvre de Goya…

En effet, Goya a peint un pendant à ce tableau que l’on prépare ici son accrochage, les fusillades du 3 mai – Tres de Mayo, beaucoup plus connu que ce «2 mai 1808». De plus, le «3 mai 1808» est d’une qualité picturale encore supérieure, qui a servi d’inspiration à Manet pour ses plusieurs versions de l’Exécution de l’empereur mexicain Maximilien.
Sans être critique, ni minimiser la valeur de la célébrité de Manet, malgré sa large place dans les livres d’art, vous pouvez constater qu’il n’y a pas de comparaison possible en talent ou en contributions artistiques entre ces deux-là. L’un est parmi les plus grands Maîtres de l’histoire et l’autre, un polémiste, ou encore, un pionnier parmi ces artistes qui provoquent. Cette perte de la maitrise technique et du savoir-faire en peinture au profit du sensationnalisme scandaleux laissant au fil du temps un vide désarmant, désolant et affligeant qui serait tout aussi regrettable, sinon déjà, pour la richesse du patrimoine de notre monde que la disparition de ces espèces animales dont notre monde moderne chérisse tant.

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