Coaching et mentorat d’artiste
|
|

Autrefois, les gens écrivaient, écrivaient beaucoup et écrivaient en réponse à une lettre, une requête d’aide, une demande de conseil, etc. On prenait le temps et parfois, beaucoup de temps avant de répondre. On parcourait de longs chemins pour se rendre chez un ami, un parent, un maître pour constater devant leur demeure vide que celui-ci était absent, et on laissait un mot pour expliquer le motif de la visite…
C’était autrefois. On avait du temps à cette époque-là et l’espérance de vie était moins longue qu’aujourd’hui.
Aujourd’hui, un extrait d’une lettre écrite au début de l’autre siècle et une vieille photo que nous ignorons son auteur. À propos de cette lettre, de nos jours, on appelle ça du coaching ou mentorat… d’artiste bien évidemment!
Aviez-vous lu les « Lettres à un jeune poète» de Rainer Maria Rilke? Même si vous n’êtes pas un artiste ou vous ne voulez pas devenir un artiste, vous auriez intérêt à le lire. Ça pourrait vous faire du bien, idéal pour un dimanche matin pluvieux ou après-midi ensoleillé.
- Ça parle de quoi?
Des échanges entre un jeune de vingt ans qui voulait devenir poète et un vieux poète
de vingt-sept ans, Rainer Maria Rilke. Le jeune s’appelle Franz Xaver Kappus, qui n’a probablement pas devenu le poète qu’il souhaitait. Pas de publication de lui, seules les lettres qu’il a échangées avec Rilke.
Tenez, le lien du livre en pdf et un extrait :
Paris, le 17 février 1903.
Cher Monsieur,
Votre lettre vient à peine de me parvenir. Je tiens à vous en remercier pour sa précieuse et large confiance. Je ne peux guère plus. Je n’entrerai pas dans la manière de vos vers, toute préoccupation critique m’étant étrangère. D’ailleurs, pour saisir une oeuvre d’art, rien n’est pire que les mots de la critique. Ils n’aboutissent qu’à des malentendus plus ou moins heureux. Les choses ne sont pas toutes à prendre ou à dire, comme on voudrait nous le faire croire. Presque tout ce qui arrive est inexprimable et s’accomplit dans une région que jamais parole n’a foulée. Et plus inexprimables que tout sont les oeuvres d’art, ces êtres secrets dont la vie ne finit pas et que côtoie la nôtre qui passe.
(…)
Vous demandez si vos vers sont bons. Vous me le demandez à moi. Vous l’avez déjà demandé à d’autres. Vous les envoyez aux revues. Vous les comparez à d’autres poèmes et vous vous alarmez quand certaines rédactions écartent vos essais poétiques. Désormais (puisque vous m’avez permis de vous conseiller), je vous prie de renoncer à tout cela. Votre regard est tourné vers le dehors; c’est cela surtout que maintenant vous ne devez plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n’est qu’un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s’il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s’il vous était défendu d’écrire? Ceci surtout : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit : « Suis-je vraiment contraint d’écrire? » Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : « Je dois », alors construisez votre vie selon cette nécessité. Votre vie, jusque dans son heure la plus indifférente, la plus vide, doit devenir signe et témoin d’une telle poussée. Alors, approchez de la nature. Essayez de dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez. (…)

Accueil du site MY Arts








12 avril 2010 à 10:20
Bonjour,
Je voulais savoir ou tu avais trouvé cette image, pour que je puisse la réutiliser!?
Merci
12 avril 2010 à 21:04
Bien sûr que tu peux l’utiliser. Quant à son auteur, c’est un photographe de l’époque de Cartier-Bressen… nous pensons. Nous n’avons malheureusement pas noté son nom. Si tu le savais un jour, laisse-nous une note. Ce sera apprécié. Merci!