Chine Tibet, le conflit

 

Chine et Tibet - comment lire autrement l’Art de la guerre de Sun Tzu.

Comme plusieurs entre nous, nous observons la tournure des événements autour de l’émeute et des incendies au Tibet; nous lisons les déclarations du Dalaï-Lama dans les journaux; nous décortiquons le sens des mots émis par des porte-paroles chinois, sur le net; nous visionnons les spots d’images des manifestations pro-Tibet à la télé; nous youtubons, si si, youtubons comme dans googlons, les vidéos ayant pour sujet Tibet; nous revoyons les incidents survenus autour de la flamme olympique sur le petit écran… Grèce, Angleterre, France, États-Unis… Imaginons maintenant si ce même climat est maintenu jusqu’aux Jeux de cet été. Imaginons aussi si la montée de la ferveur nationalisme chinois, stimulé, allumé et alimenté…

Nous nous demandons si les stratèges, les penseurs, les bailleurs de fonds, les organisateurs, les conseillers de cette cause - tout laisse croire, noble et juste, ces personnes dans l’ombre que nous ne voyons pas à la télé, ou, sur YouTube : ont-ils cette sagesse bouddhiste du détachement que l’on attribue tant au Dalaï-Lama?

Ne recherchez l’image traditionnelle de l’art dans ce billet…, tout indique qu’il n’y a que le mot « Art » dans la première phrase… et là, pour la deuxième fois dans ce texte ;-)

L’Art de la Guerre, le conflit Chine et Tibet

Alors, Sun Tzu dit:

Avant d’entreprendre ce genre de combat (l’utilisation du feu), il faut avoir tout prévu. Il faut avoir reconnu la position des ennemis, il faut s’être mis au fait de tous les chemins par où il pourrait s’échapper ou recevoir du secours, il faut s’être muni des choses nécessaires pour l’exécution du projet, il faut que le temps et les circonstances soient favorables.

Préparez d’abord toutes les matières combustibles dont vous voulez faire usage: dès que vous y aurez mis le feu, faites attention à la fumée. Il y a le temps de mettre le feu, il y a le jour de le faire éclater: n’allez pas confondre ces deux choses. (…) Les cinq manières de combattre par le feu demandent de votre part une conduite qui varie suivant les circonstances: ces variations se réduisent à cinq. Je vais les indiquer, afin que vous puissiez les employer dans les occasions.

1 - Dès que vous aurez mis le feu, si, après quelque temps, il n’y a aucune rumeur dans le camp des ennemis, si tout est tranquille chez eux, restez vous-même tranquille, n’entreprenez rien; attaquer imprudemment, c’est chercher à se faire battre. Vous savez que le feu a pris, cela doit vous suffire: en attendant, vous devez supposer qu’il agit sourdement; ses effets n’en seront que plus funestes. Il est au-dedans; attendez qu’il éclate et que vous en voyiez les étincelles au-dehors, vous pourrez aller recevoir ceux qui ne chercheront qu’à se sauver.

2 - Si peu de temps après avoir mis le feu, vous voyez qu’il s’élève par tourbillons, ne donnez pas aux ennemis le temps de l’éteindre, envoyez des gens pour l’attiser, disposez promptement toutes choses, et courez au combat.

3 - Si malgré toutes vos mesures et tous les artifices que vous aurez pu employer, il n’a pas été possible à vos gens de pénétrer dans l’intérieur, et si vous êtes forcé à ne pouvoir mettre le feu que par dehors, observez de quel côté vient le vent; c’est de ce côté que doit commencer l’incendie; c’est par ce même côté que vous devez attaquer. Dans ces sortes d’occasions, qu’il ne vous arrive jamais de combattre sous le vent.

4 - Si pendant le jour le vent a soufflé sans discontinuer, regardez comme une chose sûre que pendant la nuit il y aura un temps où il cessera; prenez là-dessus vos précautions et vos arrangements.

5 - Un général qui, pour combattre ses ennemis, sait employer le feu toujours à propos est un homme véritablement éclairé (…)

Semble-t-il qu’il faut lire les textes traduits du vieux chinois comme les textes bibliques. Il ne faudrait pas oublier, dans ce cas-ci, la signification littérale, allégorique et philosophique du texte. Néanmoins, dans celui-ci, point de dimension mystique. Nous continuons…

Les différentes manières de combattre par le feu, telles que je viens de les indiquer, sont ordinairement suivies d’une pleine victoire, dont il faut que vous sachiez recueillir les fruits. Le plus considérable de tous, et celui sans lequel vous auriez perdu vos soins et vos peines est de connaître le mérite de tous ceux qui se seront distingués, c’est de les récompenser en proportion de ce qu’ils auront fait pour la réussite de l’entreprise. Les hommes se conduisent ordinairement par l’intérêt; si vos troupes ne trouvent dans le service que des peines et des travaux, vous ne les emploierez pas deux fois avec avantage.

La nécessité seule doit faire entreprendre la guerre. Les combats, de quelque nature qu’ils soient, ont toujours quelque chose de funeste pour les vainqueurs eux-mêmes; il ne faut les livrer que lorsqu’on ne saurait faire la guerre autrement.

Lorsqu’un souverain est animé par la colère ou par la vengeance, qu’il ne lui arrive jamais de lever des troupes. Lorsqu’un général trouve qu’il a dans le coeur les mêmes sentiments, qu’il ne livre jamais de combats. Pour l’un et pour l’autre ce sont des temps nébuleux: qu’ils attendent les jours de sérénité pour se déterminer et pour entreprendre.

S’il y a quelque profit à espérer en vous mettant en mouvement, faites marcher votre armée; si vous ne prévoyez aucun avantage, tenez-vous en repos; eussiez-vous les sujets les plus légitimes d’être irrité, vous eût-on provoqué, insulté même, attendez, pour prendre votre parti, que le feu de la colère se soit dissipé et que les sentiments pacifiques s’élèvent en foule dans votre coeur. N’oubliez jamais que votre dessein, en faisant la guerre, doit être de procurer à l’État la gloire, la splendeur et la paix, et non pas d’y mettre le trouble, la désolation et la confusion.

Ce sont les intérêts du pays et non pas vos intérêts personnels que vous défendez. Vos vertus et vos vices, vos belles qualités et vos défauts rejaillissent également sur ceux que vous représentez. Vos moindres fautes ont toujours des conséquences; les grands conflits sont souvent irréparables, et toujours très funestes. Il est difficile de soutenir un royaume que vous aurez mis sur le penchant de sa ruine; il est impossible de le relever, s’il est une fois détruit: on ne ressuscite pas un mort (…)

Nous avons supprimé quelques passages de ce texte pour éviter les longueurs… voilà notre réflexion d’artistes sur le conflit Chine et Tibet.

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