Images et textes sur 'Vol'

 

Van Gogh volé au Caire

Mercredi 25 août 2010

Un petit interlude entre les autoportraits.

Depuis quelques jours, on parle de ce Van Gogh volé au Caire par ci, du cafouillage de l’enquête égyptienne par là. On annonce que la valeur du tableau volé est de 50 millions de dollars et plus. C’est beaucoup, n’est-ce pas pour un Van Gogh avant sa période impressionniste?

Voici l’image de ce Van Gogh volé au Musée Mohamed Mahmoud Khalil. Un tableau mesure 64 x 53 cm, signé en bas à gauche, datant de 1886.

Van Gogh volé au Caire, Egypte

Ces idiots de voleurs de Picasso!

Jeudi 11 juin 2009

C’est un peu idiot de voler des œuvres de Picasso dans l’espoir de s’enrichir. Si ce n’est pas dans un but de s’enrichir, pourquoi vole-t-on des Picasso? C’est encore arrivé cette semaine, on a volé un carnet de croquis de Picasso au Musée Picasso à Paris.

Une chose qui est bien : cela nous donne une occasion de parler de l’art d’autrefois; ça nous permet à radoter un art que tout le monde ou presque connaisse. « Du Picasso! Eh oui! Qui ne connaît pas? Des portraits avec un oeil, un nez sur le front, une oreille à la place de la bouche… » :D

Bon, d’accord! Il y a un tantinet de ironie. Allons! Pourquoi est-ce idiot de voler encore des œuvres de Picasso à nos jours?

Car c’est révolu la suprématie de l’art de Picasso. Il s’agit d’un art qui outrepasse l’importance de la place qu’il occupe dans la grande livre de l’histoire. Depuis quelque temps, peu parmi les richissimes collectionneurs dépensent follement pour s’acheter un Picasso. C’est bien plate, mais c’est comme ça que l’on détermine la valeur d’un art dans notre monde où la finance prenne une grande place. La descente de la valeur des oeuvres de Picasso n’a que commencé et son passage à vide poursuivra. L’esthétiquement parlant, des Picasso ne cadrent plus avec les canons du « beau » de notre époque. Bref, nous arrêtons là au risque de nous passer pour un anti-Picasso.

Ménon! Nous adorons de bons dessins de Picasso! Nous sommes des fervents adorateurs! N’empêche que le ou les voleurs du carnet de Picasso sont des idiots finis! Ils n’arriveraient pas à le vendre.

Bon, à part de traiter des voleurs de Picasso idiots, regardons quelques croquis de ce carnet volé.

Voleur de dessins de Picasso Un dessin du carnet de Picasso volé par des idiots de voleurs Dessin de Picasso volé
Voilà! Trois dessins de Picasso du carnet volé. Ne sont-ils pas des dessins qui feront taire aux plus grands détracteurs de Picasso? Nous ne parlons de ces beaux visages de femme mais bien du talent de Picasso, ces traits sûrs, cette assurance…

Un dessin volé
Un dessin cubiste pour les amateurs de l’art abstrait. Une composition impeccable.

Un dessin de Picasso pour les dessinateurs
Vous dites : c’est pourri? Vous avez raison! Mais nous le choisissons pour faire plaisir aux dessinateurs! Il y a dans ce dessin un dessin de représentation, un dessin schématique, des dessins qui parlent du désir de dessinateur, la transformation d’un objet en signes, la forme du divan en traits, etc. Il y a là un artiste qui cherche et réfléchit.

Un Picasso raté
Une esquisse ratée du carnet volé. Voyez-vous, le génie est humain. ;-)

Patrimoine culturel de l’humanité

Lundi 16 mars 2009

Aujourd’hui, un billet de suivi. Un retour sur un sujet abordé dernièrement en passant par la réouverture du Musée d’Irak, à Bagdad, pour finalement aboutir à un texte d’Hugo. Si vous préfériez, du coq à l’âne. :-)

Musée de Bagdad, IrakImage : Anja Niedringhaus/AP

En fin février 2009, un peu moins de six ans après l’invasion américaine de l’Irak, le Musée de Bagdad a réouvert ses portes. Au cours de cette longue période de fermeture, des spécialistes, enquêteurs, soldats, policiers et Interpol ont tenté de récupérer et restituer une partie des collections d’oeuvres assyriennes et babyloniennes, pillées, volées et ravagées durant les premiers jours de l’arrivée des troupes américaines dans la capitale irakienne. Si l’on croit à la Convention internationale de La Haye sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé, l’obligation incombe à la puissance occupante… et protectrice.

Hélas, ce ne fut pas le cas en 2003. La mise à sac de la Bibliothèque et du Musée de Bagdad a eu lieu sous les yeux des troupes de l’envahisseur.

Un fait intéressant à retenir, le Musée de Bagdad est reconnu comme le 3e musée du monde en richesse des biens culturels de la Mésopotamie antique, après le British Museum de Londres et le Louvre de Paris.

Patrimoine culturel de l’HumanitéImage : Thomas Coex/AFP

Au cours de cette même semaine de février 2009, il y a eu des enchères à Paris, une mise en vente de la Collection YSL-Bergé au Grand Palais. L’événement a été organisé par la Maison Christie’s de Pinault. Rappelez-vous de la polémique autour des deux têtes d’animaux en bronze ? Compte tenu de l’impossibilité à récupérer légalement les deux antiquités réclamées, par stratagème «Si vous ne nous les restituez pas, nous vous forcerions à vous les garder», un collectionneur chinois, Cai MingChao, a acheté les deux têtes le soir du 23 février, avant de déclarer son refus du paiement. On a su plus tard que Cai dirige une maison d’enchères située à Xiamen. Il est l’un des conseillers du Fonds du patrimoine national de Chine, un organisme paragouvernemental qui a pour but de récupérer des objets pillés au cours du 19e siècle par les puissances européennes.

N’est-ce pas toute une coïncidence que ces deux événements soient déroulés durant la même semaine ?

- Et alors? diriez-vous, peut-être.

En fait, nous nous demandons simplement pourquoi personne ne s’est intéressé à ces deux événements conjointement et pourquoi l’histoire se répète malgré la succession des empires et des conventions internationales renouvelées.

Bref, nous vous laissons sur ce beau texte du grand Hugo que nous avons entendu parler depuis un bon moment sans que nous soyons capable de mettre la main dessus. Voilà, c’est fait pour nous et maintenant, en le partageant avec vous. Bonne semaine! ;-)

Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l’expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l’empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l’Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d’approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici. Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s’appelait le Palais d’été. L’art a deux principes, l’Idée, qui produit l’art européen, et la Chimère, qui produit l’art oriental. Le Palais d’été était à l’art chimérique ce que le Parthénon est à l’art idéal. Tout ce que peut enfanter l’imagination d’un peuple presque extra-humain était là. Ce n’est pas, comme le Parthénon, une oeuvre rare et unique ; c’était une sorte d’énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle. Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d’été.

Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des Mille et Une Nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d’éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce monument.

Il avait fallu, pour le créer, le long travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l’énormité d’une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? Pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l’homme. Les artistes, les poètes, les philosophes connaissent le Palais d’été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d’été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C’était une sorte d’effrayant chef-d’oeuvre inconnu, entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule comme une silhouette de la civilisation d’Asie sur horizon de la civilisation d’Europe.

Cette merveille a disparu.

Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à demi entre deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu’on avait fait au Parthénon, on l’a fait au Palais d’été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l’Orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’oeuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits.

Nous Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

L’Empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été.

J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée. En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate. Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à l’expédition de Chine.

Pourquoi voler des œuvres impressionnistes?

Mardi 12 février 2008

Vous avez sans doute entendu parler hier de ce vol de tableaux en Suisse! Il serait le plus grand de l’histoire de la Suisse. Rien de moins! Même dans sa mésaventure, la Suisse s’en sort avec les honneurs… Il ne s’agit pas de n’importe quel vol! Mais du plus grand de son histoire! Ne trouvez-vous pas que l’on exagère et que l’on abuse les superlatifs?

Notre monde est stimulé, à tel point que nous ne nous contentons plus des petites choses simples de la vie. Il nous faut les gratte-ciel les plus hauts, les entreprises les plus performantes, de richissimes millionnaires toujours plus riches, des Miss Univers les plus sexy… et écologiques, des tableaux les plus dispendieux, des vols les plus spectaculaires, etc. Nous sommes condamnés à être plus, et encore plus. Il nous arrive souvent d’oublier la Grenouille et le Bœuf d’une belle taille. Oups, pas facile d’être artiste, surtout avec un blog… ;-)

Pourquoi voler des oeuvres impressionnistes

Mais bon sang! Pourquoi voler des œuvres impressionnistes? En voici 10 raisons :

  1. Les petits musées européens n’ont pas les moyens de sécuriser ses lieux.
  2. Les maisons d’enchères organisent des soirées mondaines d’encan. Mais il y a pénurie d’œuvres impressionnistes.
  3. Interpole se déclare impuissant à agir.
  4. Il s’agit en fait d’une initiation pour voleurs, afin de se faire accepter dans un groupe de malfrats, mais d’amateurs d’art.
  5. La Suisse a besoin d’attention médiatique.
  6. Un milliardaire excentrique veut bâtir une collection d’oeuvres impressionnistes privée. Avons-nous bien dit une collection d’œuvres d’art privée?!
  7. Le musée veut toucher la prime d’assurance des œuvres volées afin de financer un projet obscur.
  8. Ce vol est une mauvaise blague, les quatre tableaux seront retournés dans quelques jours avec un mot d’excuse.
  9. Euh…
  10. Encore euh… nous manquons carrément d’inspiration. :-) Veuillez nous proposer les deux dernières raisons de ce plus grand vol d’œuvres d’art de l’histoire de la Suisse.

Pour de plus amples informations sur les vols, veuillez consulter notre dossier vol d’œuvres d’art.

Picasso volé à Sao Paulo

Vendredi 21 décembre 2007

Eh oui, encore un Picasso volé! Mais, cette fois-ci, on a volé un très bon tableau signé Picasso. Le moins que l’on puisse dire, le vol a probablement été dicté par un connaisseur.

Le Portrait de Suzanne Bloch de Pablo Picasso (1904) et Le Cueilleur de café du Brésilien Candido Portinari (1939) deux pièces considérées comme les plus importantes exposées au Musée d’art de Sao Paulo.

Selon un communiqué de l’établissement, les voleurs ont sans doute délibérément jeté leur dévolu sur ces peintures qui se trouvaient dans deux salles du deuxième étage. Une caméra de surveillance a enregistré leurs mouvements.

Un Picasso volé à SaoPaulo