Archive pour la catégorie 'Voir autrement'

 

Images d’une histoire de chasse

Dimanche 14 septembre 2008

Voilà une histoire de chasse comme toutes les autres.

À l’origine de toute histoire de chasse, il y a une proie, un chasseur et le besoin qui motive un chasseur à chasser. Bien banal, n’est-ce pas? Pour maintenir la vie, ça prend des vies ou l’arrêt d’autres vies, même si vous êtes un végétarien. Exactement à l’image de l’argent que vous gagnez, vient toujours du porte-monnaie d’un autre, ainsi de suite, la grande chaîne de la Vie se perpétue.

La seule différence entre l’histoire de chasse d’aujourd’hui et les autres, ce sont ces images de chasse, artistiques. Des images captées par un photojournaliste qui, comme des chasseurs à la chasse. Sa prise lui a permet de gagner le 2e prix de World Press Photo, dans la catégorie « Histoire » comme dans « SVP! Racontez-moi une histoire de chasse ».

Une image d’une histoire de chasse

Que pouvons-nous ajouter à cette histoire de chasse?

Non, non, pas de protestation ou d’indignation contre la chasse. Ça prend trop d’énergie. Manifester son désaccord, ça déséquilibre la zennité. Pour qu’une manifestation soit réussie, il faudrait généralement quelques séduisantes poupées, évidemment majeures, qui se dénuent et s’aspergent de sang… pas beau à voir.

Vous l’aviez remarqué… vous aussi… C’est une recette gagnante pour une manif réussie.  8O

Bon, peut-être, simplement rappeler aux chasseurs qu’il faut apprendre à chasser plus intelligemment. Nous avons intérêt à apprendre d’Hirst. Voyez-vous, Hirst, il a du talent, bien plus que ces chasseurs de narvals ou ce chasseur d’images qu’est Paul Nicklen, même si ce dernier fait de belles images captivantes. Mais, Hirst a du génie… et une équipe. Nous vous en parlerons une autre fois à propos de son « équipe ».

Hirst, il chasse pour le plaisir; il chasse avec autant de cruauté; il chasse aussi pour l’argent. Mais Hirst, il chasse avec finesse; il découpe avec précision; il conserve pour durer. Hirst exalte et exhibe comme un chasseur à la chasse et, il transgresse.

Chasseurs de narvals Chasse aux narvals Commerce de l’ivoire

Vide et plein

Mardi 2 septembre 2008

Vide et plein - Le vide est un concept fort abstrait, surtout si le mot est écrit avec grand V. En ce qui concerne le plein, c’est encore un peu plus compliqué. Nous en parlerions une autre fois si la circonstance s’y prête.

Le vide faisait partie de la vision du monde à l’Orient comme il prenait sa tournure philosophique en Occident, et le nihilisme nietzschéen peut revendiquer son apport important à la pensée moderne. Il a même fait des petits parmi des artistes. La pensée, ouf! Un autre sujet délicat, à la fois insignifiante et immensément difficile à aborder.

Le vide en art est un concept tantôt du domaine de la pensée visuelle, tantôt de la conception du modèle abstrait qu’est la pensée de l’artiste. Il faudrait ajouter à cela que la manifestation du concept à travers une matière rend les uns différents des autres : peinture, sculpture, dessin, architecture, céramique, etc.

La conception du vide en art est donc une représentation singulière de la vision du monde de l’artiste. L’emprise tentaculaire de celle-ci puise une part importante de sa source dans les références culturelles de l’artiste. La matérialisation du vide en architecture s’inscrit, sans doute, sur des fondements qui diffèrent de ceux de la peinture ou du design, même si les artistes de divers disciplines peuvent partager une même parenté dans leurs pensées du vide.

Si un architecte est à la fois urbaniste, sa conception du vide se différencie assurément à celle d’un architecte désirant construire un tour qui dominera la perspective panoramique d’une ville. L’originalité de l’architecture récente de Pékin que nous avons vue à la télé durant les JO est formidable. Le libre marché chinois trouve même son affirmation dans un urbanisme hétéroclite et une architecture urbaine de prouesses - « Faites de la place parmi vos vieilleries, admirez la magnificence de la modernité. » Les Chinois feront probablement la même chose que les Occidentaux ont faite. Dans un avenir non-loitain, ils auront leurs Vieux-Pékin, Vieux-Shanghai, Vieux-Autre-Lieu au même titre que nos Vieux-Montréal, Vieux-Québec, Vieille-Lutèce, etc. Néanmoins, la réserve du patrimoine de chaque nation est proportionnellement à la longueur de leur histoire et à la taille de leur héritage culturel. Ça prendra un peu plus de temps aux Chinois à démolir le leur et à réaliser que le vide du son passé prend forme, lentement mais sûrement, à travers leur patrimoine.

Ainsi, le Vide prendra sa place au sein du chaos dynamique, la singularité régnera sur le cosmopolitisme. Lorsque le nébuleux se dissipe, les êtres chercheront leurs semblables, en se découvrant qu’ils sont les uns à côté des autres, à quelques milliards d’années d’espace-lumière et le vide, sans cesse, grandissant.

« Mon Dieuuuu! Mais où êtes-vouuus? » Seul, un écho parviendra à nous, païens. Oups! Terriens.

Vide et plein

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Cette image a été oubliée un jour entre deux pages des Mémoire d’outre-tombe de Chateaubriand. Nous l’avons retrouvé récemment par hasard en écrivant les quelques lignes sur le Cèdre du Liban. Pourtant, nous l’avons cherché, sans succès. L’égarement de cette petite carte postale publicitaire n’a jamais laissé de vide, malgré les années de son absence. Car nous savons qu’elle est là, quelque part parmi ces choses qui nous sont chères.

Le concept graphique de cette image nous semble encore intéressant, même si le temps passe et les tendances publicitaires ont beaucoup évolué depuis 2003. Nous l’aimons encore. Nous en reparlerons dans dix ans… si la vie est toujours au «beau » fixe, peut-être.

Discours historique de Barack Obama

Jeudi 28 août 2008

Ce soir, Barack Obama prononce peut-être pas le plus important discours de sa carrière, mais sûrement un discours historique, un discours pivot de l’histoire politique américaine, un discours tout aussi important que celui qu’il a écrit et prononcé le 27 juillet 2004, sur la scène de la Convention démocrate de Boston, alors que Barack Obama n’était pas encore sénateur de l’Illinois, il a livré aux Américains sa vision des États-Unis :

« Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice, il n’y a que les États-Unis d’Amérique. Il n’y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche, une Amérique latino et une Amérique asiatique, il n’y a que les États-Unis d’Amérique. »

Depuis, le monde entier ou presque répète que les États-Unis sont sur le point d’élire leur premier président noir. Curieux paradoxe.

On ne cesse de répéter qu’il est Noir;  il aurait pu faire fortune à New York, mais il avait choisi le Chicago des Noirs; il n’est pas élitiste, il est charismatique et populariste comme Martin Luther King et Kennedy; il est maintenant comme Clinton, à son début, même le dire par Clinton lui-même. Il a cherché son identité dans l’Afrique noire avant ses études de droit parmi des Blancs…  En passant, s’il est si important la couleur de la peau de Barack Obama, vous savez aussi bien que nous. ;-) Il est ni blanc, ni noir.  Il était un enfant issu du métissage d’une mère blanche et d’un père noir.

Si l’on croit à ce nouveau Rêve américain, ce rêve de métissage de liberté, ce rêve de fraternité, ce rêve d’un « tout » au lieu du clivage racial. Pourquoi autant de dandinage de noir, blanc et autres? Ah! À moins que c’est pour aider le peuple à comprendre. Mais si, mais si, mais, si nous trompions? :-| … un problème de perception d’artiste, trop de gris.

Discours historique de Barack Obama

Made in China

Mercredi 13 août 2008

Made in China, trois simples petits mots, alignés dans cet ordre, on peut les faire dire beaucoup et encore plus. C’est presque comme les trois couleurs de base du cercle chromatique. On peut obtenir du brun caca, tout aussi bien que des couleurs éclatantes.

Si l’on répète ce Made in China, en musique, on peut en faire des variations ornementales. Mais là, ça prend du génie. À bien y penser, c’est bien plus facile de mélanger des couleurs que faire de la musique… Loin de nous l’idée de déclarer la supériorité de la musique sur les arts visuels. Mais, soyons lucides! Un morceau de Bach coûte immensément moins cher qu’un chef d’œuvre de Maître Ancien. Si l’on cherche absolument un classement, grâce à son accessibilité, la musique surclasse bien d’autres arts coûteux.

Made in China

Made in China, cette caricature de Carlson du Milwaukee Journal Sentinel a capté notre intérêt il y a maintenant plusieurs mois. Nous l’aimons pour deux raisons. D’abord, ce regard satirique de Carlson sur cette campagne de boycottage. Aujourd’hui, nous sommes au début de la 2e semaine des Jeux Made in China. À la cérémonie d’ouverture, W y était, Poutine aussi, sans oublier ce sympathique Sarko.

« Mais, Berlusconi n’y était pas! »

Une voix dissidente s’élève. Pas facile! Il y a toujours quelques « dissidents » dans le cerveau d’artiste. Un jour, nous parviendrons à les mater tous, et pour de bon! Nous parlerons alors à unisson, sans nous faire importuner!

Berlusconi n’y était pas pour une bonne raison: il fait chaud et humide à Beijing. Lui, il ne tolère pas la chaleur, encore moins l’humidité. Il l’avait dit. Ça, c’est plus honnête qu’un W Bush. Celui-là, il patouillait la vertu à Beijing en vivant sur du temps présidentiel emprunté, bientôt honorifique. Il ne se gêne pas à faire la leçon aux Chinois… Pardon, aux dirigeants communistes chinois! C’est important la nuance. Pour certain, il vaut mieux pilonner un pays en leur apportant de la démocratie en échange du pétrole que de laisser 1,6 milliard de Chinois décident leur vie. Leur laissent gérer leurs propres droit, liberté et gouvernance. Si la majorité de ce milliard d’humains décide de vivre sous ce régime, elle n’est pas pour autant innocente et inconsciente qu’un autre peuple qui a élu W Bush deux fois en sachant qu’un dénommé Al Gore aurait aimé être leur président.

« Et le Tibet?! »

« W a triché. Le peuple des États-Unis a été trompé! »

Ô Seigneur! Faites quelque chose, un miracle! Nous ne pouvons plus supporter ces voix d’infidèles!

Nous aimons cette caricature aussi pour l’utilisation de tous ces Made in China dans le dessin. Car la bidimensionnalité est une facette fondamentale de l’évolution de la peinture au 20e siècle.

Dans ce même 20e siècle, nos grands-parents ont connu des produits Made in Germany, nos parents ont connus des produits Made in Japan, Made in Taiwan, Made in Hong Kong, Made in Corea, Made in Thailande et d’autres Made in quelque part. Mais le Made in China est parmi nous pour un long moment.

Aujourd’hui, le Made in China approvisionne les Wal-Mart de ce monde pour alimenter la demande de notre consommation effrénée. Le Made in China culturel est déjà à notre porte, semble-t-il, nous aimons cet exotisme. Des artistes chinois contemporains, de fabrication occidentale, sont sur le point de prendre la relève des artistes de l’Après-Guerre chez Sotheby’s et chez Christie’s. Quelques réalisateurs chinois gagnent des Prix, ici et là, Berlin, Cannes, L.A. Demain, les leaders politiques de droite déchireront leur chemise pour défendre la production artistique locale avec autant de véhémences qu’ils font aujourd’hui pour la perte d’emplois manufacturiers. Demain, des banques Made in China ouvriront leurs succursales ailleurs qu’en Chine.

Aujourd’hui, une nouvelle qui annonce la naissance du China Commercial Aircraft à Shanghai avec un capital de départ de 2,7G$ à la nième page des journaux. Demain, quand les avions de ce CCA compétitionneront ceux de fabrication Bombardier, par exemple, assurez-vous, nos journaux et nos journalistes nous colporteront des manchettes à tout casser. En attendant, ils nous parlent de la vérité cachée de cette petite Chinoise qui chantait l’hymne national comme s’ils ont découvert personnellement ce « secret », en oubliant nous mentionner que cette nouvelle est sortie à la télé chinoise.

Anodin, n’est-ce pas? La China Commercial Aircraft devrait être en mesure de construire des avions de plus de 150 places dans quelques années. Car les Chinois veulent réduire leur dépendance envers les leaders mondiaux du secteur de l’aviation, Boeing et Airbus.

Voilà pour l’Économie 101 sur le Made in China : après le développement des secteurs primaire et secondaire, le tertiaire. Sur ce, nous allons vaquer à nos occupations d’artiste dans notre prochain texte. Le savoir-être est une veilleuse que chacun porte sur sa conscience et la vertu, une voile diaphane que l’on jette sur soi pour embellir ses valeurs morales… peut-être, on ne les a même pas.

Foule

Samedi 2 août 2008

On dit souvent qu’une foule partage la proximité géographique d’où proviennent ses membres. Mais plus encore, une foule possède une conscience collective et une intelligence.

On dit également que la conscience collective d’une foule guide les pensées et actions des individus assemblés vers un même but. Quant à l’intelligence d’une foule, selon les évaluations psychologiques, son niveau global est généralement inférieur à celui d’un seul de ses membres.

Finalement, les réactions d’une foule sont bien souvent orientées par des émotions comme la peur, la colère, la joie, la puissance de l’appartenance et du partage.

En voici trois foules : une pour l’amour de la musique et le souvenir d’une époque; une autre pour le Rêve américain et le renouveau de la classe politique américaine; une dernière qui soutient un homme accusé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

22 juillet 2008 : Québec, Canada, Concert de McCartney dans la cadre des festivités du 400e Québec. 250,000 personnes.

Foule, Québec, MacCartney

24 juillet 2008 : Berlin, Allemagne, Obama appelle une « nouvelle génération» à relever les défis de la planète dans son premier discours à l’extérieur des États-Unis. 200,000 personnes.

Foule, Obama, Berlin

26 juillet 2008 : Belgrade, Serbie, une manifestation contre l’extradition de Rodovan Karadzic à la Haye. 15,000 personnes.

Foule, Karadzic, Belgrade