Images et textes sur 'Voir autrement'

 

Apesanteur

Samedi 10 juillet 2010

Un bébé en apesanteur… par Marc Quinn, l’un des célèbres YBA.  YBA pour Young British Artists.

Certaines oeuvres de Marc Quinn sont controversées, mais éblouissantes en raison de leur concept, de la méthode de réalisation et du propos artistique. Par exemples, ses autoportraits sous forme de têtes de sang moulées et remplies de son propre sang congelé, ainsi que les têtes de sang de ses fils faites de placentas et de cordons ombilicaux demeurent des oeuvres de qualité inégalée.

Mais, d’autres oeuvres comme ce bébé en apesanteur nous laissent carrément indifférents. Vous savez que l’art évolue, la méthode de réalisation d’oeuvres aussi. Bien exploiter la technologie et des nouveaux matériaux synthétiques peut faire de vous un Michelange du temps moderne sans trop de difficultés. Comment? Un financement suffisant à votre projet artistique et des artisans de talent, travailleurs de l’ombre, assistés par ordinateur et de machinerie ultrasophistique.

Évidemment, il faudrait avoir une idée… artistique au départ, de la capacité de prototyper son idée et finalement qu’il soit capable de s’exprimer, de structurer sa pensée et d’expliquer.

Bébé en apesanteur

Souvenir vivant

Lundi 5 juillet 2010

Visages ridés, souvenirs vivants. La vieillesse n’est peut-être pas toujours mal perçue.

Une Pub d’Epson : « Impossible de lire, parce que les caractères sont trop petits? Il y a des phrases entières dans les rides. »

Souvenir heureux Souvenir vivant

À la vie, à la mort… de Thailande

Mardi 25 mai 2010

Eh oui, plusieurs nous avaient fait la remarque. Les images accompagnent le billet d’hier sont dures à regarder. Aujourd’hui, ces quelques mots sont accompagnés d’images du côté de la Thaïlande : à la vie, à la mort, de Thaïlande. Nous vous partageons en même temps un proverbe chinois : dans toute histoire de révolte, le vainqueur est toujours déclaré Maître de l’Empire, le vaincu, sa tête sur le piquet.

Ce soir, encore des images en duo, du photojournalisme d’actualité; très différentes aux images élaborées dans une démarche artistique et de réflexion sur la vie. Des images de l’instantané, du dramatique, du cliché qui pince et percute. Nous vous montrons l’image qui précède le moment tragique que l’on ne montre généralement pas dans les journaux. Mais la montrer en duo, elle trouve tout son sens dans cette suite de divagation d’idées que nous vous entretenions depuis quelques jours.

Le général Khattiya Sawasdipol, dit « Seh Daeng », leader des chemises rouges en interviewe avec des journalistes étrangers et thaïlandais, à quelques minutes avant sa mort brutal, le 13 mai 2010, à Bangkok. Ce dont vous auriez probablement vu, c’est cette seconde image, sur laquelle régnaient le désarroi, la détresse, la peine et surtout, la mort qui gagne le corps du général.

Abats leur chef, une armée sans leader se dissoudra d’elle-même, encore moins pour une foule… Pourtant, c’est un tactique militaire élémentaire, comment le Général l’aurait-il pu ignorer…?

Quelle triste fin, brusquement arrêtée.

Général thailandais

À la vie, à la mort, de Thailande
Images : REUTERS / Andres Cyrille

Photo de vacances aux États-Unis ?

Mercredi 19 mai 2010

Photo de vacance aux États-Unis

Cette image de la petite fille vietnamienne accompagnée de Mickey et Ronald le Clown Macdonald n’est évidemment pas une photo de vacances au pays de l’Oncle Sam. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de cette petite Vietnamienne brûlée au napalm durant la guerre du Vietnam, il s’agit encore une fois d’une image du photojournalisme. Banksy l’a trafiqué avec ironie et dénonciation.

L’image d’origine de cette petite fille qui pleut et court est une scène déchirante et atroce à voir, fuyant le village de Trang-Bang, à quelque 65 km au Nord-Ouest de Saigon. La photo fait partie aujourd’hui de la Collection Prix Pulitzer : Kim Phuc – Vietnam Napalm. Elle a été prise par Nick Ut le 8 juin 1972.

Voici encore une suite de trois images : l’impact et l’explosion de la bombe au napalm et au phosphore blanc gelée; la jeune fille brulée court; les premiers soins. Des images en séquence offrent la possibilité au cerveau de conférer au temps de visionnement une représentation à la fois mentale et concrète, qui ne serait autrement qu’une perception arbitraire du temps dans le visionnement d’une seule image.

Bombe au napalm et au phosphore blanc

Jeune fille vietnamienne bruléePremiers soins apportés à la jeune fille bruléeVous nous suivez? … Ah! Un vieux démon nous a attrapé aujourd’hui. Ça doit être à cause de ce toux.

Ah oui. La notion du temps… Le temps est concret et réel quand vous écoutez une oeuvre musicale. Par exemple, une chanson dure 3 minutes et 32 secondes. Si vous l’écoutez du début à la fin, ça vous prend donc 3 minutes et 32 secondes de votre vie. Pas une seconde de moins. L’oeuvre musicale impose donc à l’ouïe une durée concrète et réelle. Vous pouvez cependant rêvasser durant votre écoute car l’oeuvre vous suggère des images, des pensées, etc. Vous pouvez imaginer le déroulement d’une vie heureuse : mariage, naissance d’enfant, fêtes, gains en argent, accomplissements, amour, etc. Durant les 3 minutes et 32 secondes de votre écoute, il y a  donc cette autre dimension du temps qui est relative.

Des images en séquence, elles imposent à la vue une exigence supplémentaire que de regarder une seule image. La vue humaine se fiche du temps devant une image mais se limite par la distance. La vue humaine est à l’image d’une la lentille d’un caméra. Click! Tout est là, instantané.

Bref! Nous divaguons…  Bonne semaine! Euh… Bonne fin de semaine!

Beauté du désastre

Vendredi 14 mai 2010

En espace de trois semaines, une explosion suivie de la chute de la plateforme pétrolière BP dans les profondeurs des eaux du golfe du Mexique sont en train de bouleverser la nature de cette région. La fuite du pétrole continue. De nombreuses tentatives ont été faites pour contenir et contrôler l’ampleur de la catastrophe écologique qui disperse le pétrole brut à grande quantité au large du golfe. On a tenté de le pulvériser, d’ériger des barrages flottants pour le circonscrire, de brûler en partie cette matière brute flottante, de colmater les fuites du forage détruit… Mais, avec peu de résultats à ce jour.

Bien qu’il soit difficile de calculer la quantité d’huile en circulation continue, on estime quand même à 5000 et quelques barils de pétrole déversés dans le Golfe chaque jour. Pour un instant, les dommages visibles sont à peine perceptibles au bord des rives, mais l’huile se répand lentement et la marée noire s’étend.

Le désastre, c’est beau en images. Celles de la marée noire du golfe du Mexique, elles se comparent à la beauté du développement durable vu par Yann Arthus-Bertrand. On dit souvent que la perception n’est pas la réalité. Sachons que l’image ne peut qu’être une perspective.

Alors, nous disions donc, méfiez-vous de ce qui cache derrière de belles images séduisantes! ;-)

Eh oui! C’est comme dans la vie…  Allez! À la prochaine.

La Louisiane devant la marrée noireImage : Photo AP / David Quinn

dauphines-golfe-mexiqueImage : Photo AP / Alex Brandon

barrage autour des iles Chandeleur
Image : AFP / Getty Image
s / Mark Ralston

Golfe du Mexique
Image : Photo AP / Eric Gay

Des crevettiers qui recueillaient l'huile de la marrée noire
Image : Photo AP / Eric Gay

Les marais de Saint-Bernard-ParishImage : Getty Images / Joe Raedle

Photojournalisme soviétique

Dimanche 9 mai 2010

S’exhiber, un besoin naturel qui se manifester chez tous les animaux. Nous, les êtres humains, malgré notre supériorité sur les autres espèces, nous ne sommes pas différents, mais nous, nous sophistiquons de beaucoup ce besoin de s’exhiber.

Étant artistes, nous sommes sur le terrain connu quoi? Nous parlons d’exhiber, évidemment. ;-)

photojournalisme sovietique

Aujourd’hui, des troupes de pays de l’OTAN défilent, sans doute, avec ostentation,  pour la première fois sur la Place Rouge de Moscou lors de la plus grande parade militaire organisée en Russie depuis la chute de l’URSS pour célébrer le 65e anniversaire de la victoire sur les troupes nazies.

A ceux qui ne connaissaient pas cette photo : la prise du Reichstag par l’armée soviétique le 2 mai 1945, du photojournalisme de la Grande Guerre patriotique soviétique, par la figure majeure du photojournalisme soviétique, Evgueni Khaldei.

Mais entre nous, vous convenez probablement que les vrais moments de joie, de fierté ou de bonheur sont aussi soudains que brefs dans une vie. Nous passons ensuite une bonne partie de notre vie à la recherche de ces moments éphémères, à les recréer à coups de répétition, sans succès garantis. La création artistique en est une approche répétitive  pour sublimer…

La honte en image

Mercredi 21 avril 2010

Retour du fils prodigue, Rembrandt

La honte est une mixture d’émotions, à la fois simple et complexe. Elle emboite plusieurs dimensions de la vie humaine. La honte est à fois personnelle et sociale; elle est corporelle et spirituelle; elle est comportementale et cognitive. Bref, nous ne vous apprenons pas grande chose. Car le dictionnaire vous fournit une définition du mot « honte » plus que suffisant si vous n’aviez pas déjà décortiqué ce que c’est la honte.

Par contre, nous pouvons peut-être vous apporter un regard nouveau de sa représentation. Jadis, l’image de la honte est éducative. Elle était impersonnelle. Elle était anecdotique. La honte n’avait pas de nom comme dans le « Retour du fils prodigue », sauf si vous remontiez jusqu’à l’origine de l’histoire biblique du Fils prodigue. La honte savamment illustrée par Rembrandt avait le visage détourné.

Dans cette pub de Nike pour exploiter les problèmes extraconjugaux de Tiger Woods, la honte est montrée par un Tiger face à vous, visage lessivé, regard évasif et perdu, sans mot, malaise, inconfort… tout une mixture pour illustrer un état mental de Tiger Woods. La pub de Nike exploite allégrement l’inhibition et le voyeurisme.

Voilà! Du coup, la honte a un nom, un visage et une vraie histoire.

Est-ce la honte, sans honte?

Lucian Bute en images

Lundi 19 avril 2010

« Je veux faire partie du Temple de la renommée de la boxe. Je veux prendre ma retraite invaincu. Ce sont de grands objectifs », ainsi déclare Lucian Bute, champion en titre de l’IBF dans la catégorie des super moyens, quelques jours avant son combat expéditif du 17 avril 2010 contre le Colombien Edison Miranda.

Tout laisse croire que Lucian Bute ne se cache plus son objectif ultime. Être un champion du monde en boxe n’est plus un but pour lui, mais une étAndrade contre Bute, 24 octobre 2008ape. Le champion gaucher de 30 ans en veut plus. L’immortalité.

Certains disaient qu’au-delà de l’argent, Lucian Bute gagne des bourses dans les sept chiffres par combat, le champion québécois d’adoption en veut beaucoup plus que l’argent et des victoires.

Nous pensons humblement qu’il s’agit d’une vision erronée de croire que l’immortalité en boxe passe par une paire de gants de boxe accrochée dans la vitrine d’un musée. Si Lucian Bute vise une immortalité « durable », il faudrait bien qu’il continue de gagner des combats avec une maitrise parfaite de son art : rapide, fluide et puissant sur le ring; noble, charmant et responsable à l’extérieur du ring. Il faudrait aussi qu’il gagne encore plus d’argents afin que cela lui permette d’offrir des activités éducatives. Si le bien et le bon durent dans l’esprit des vivants, il fallait bien encore que l’on entretienne. Comme quoi, le salut aux âmes pieux ne se trouve pas dans la prière devant un icône doré, mais bien dans l’esprit de la sainteté, qui passe par endoctrinement.

En attendant, les images des combats qui permettent à Lucian Bute de demeurer champion incontesté, sauf peut-être pour son premier combat contre Librado Andrade, le soir du 24 octobre 2008, il a fallu de peu pour que l’immortalité de Bute se bascule.

Lucian Bute contre Alejandro Berrio, 19 octobre 2007
Lucian Bute contre Alejandro Berrio, 19 octobre 2007

Lucian Bute contre Williams Joppy, 29 février 2008Lucian Bute contre Williams Joppy, 29 février 2008
(Crédit photo : Natalie-Claude Bélanger)

Lucian Bute contre Librado Andrade
Lucian Bute contre Librado Andrade

Lucian Bute contre Fulgencio Zuniga, 13 mars 2009
Contre Fulgencio Zuniga pour sa 2e défense obligatoire, le 13 mars 2009

Bute contre Miranda
Bute contre Miranda, le 17 avril 2010

Plan d’action

Samedi 17 avril 2010

Tout le monde sait de ce que c’est un plan d’action. Mais peu de gens ont la conviction de mettre en place un plan d’action impliquant plusieurs. Si un tel plan existe, il est rare que l’on ait à la fois la rigueur pour faire les suivis et la persévérance pour l’exécuter… encore moins muni de perspicacité pour l’adapter à la réalité sans déloger de l’objectif premier du plan.

Un bon plan d’action doit aussi faire partie d’une planification stratégique et être établi en fonction d’un laps de temps déterminé pour favorise une sorte d’urgence d’agir. Un plan d’action n’amène malheureusement pas toujours son détenteur au succès attendu, le plus redoutable adversaire du plan.

Au départ, nous voulions écrire quelques lignes sur le bleu. Le bleu comme dans le fond d’écran bleu de la mort ou le fond bleu de l’espoir comme le bleu de la planète Terre. Ce bleu outremer serein, clair, mais intense, un peu comme le bleu de l’ONU. En fait, nous voulions écrire un billet court, de quelques mots, à peine.  Mais nous échouons encore. Nous échouons chaque fois un peu comme un peintre à un seul tableau. Mais nous persévérons. L’idée du billet d’aujourd’hui vient de ce fond noir d’hier. C’est fou le cerveau d’artiste, n’est-ce pas? ;-)

Nous ne sommes qu’un vagabond qui suit la ligne imaginaire tracée par son chemine de quête de nourritures pour arriver finalement remblayer son estomac de restants.

Ah oui! Une illustration d’un plan d’action. Voici Obama et son sommet sur la sécurité nucléaire. S’il n’atteint pas son but, le but que vous et nous ignorons, il arriverait quand même à créer une pression légitime et les conditions qui favorisent l’atteint de ses objectifs.

L’an passé, il plaidait à Prague pour un monde sans armes nucléaires. Ensuite, il pointe du doigt Iran et Corée du Nord, mais il tend la main au monde entier. Il a signé un accord de réduction des armes nucléaires avec la Russie la semaine passée. Il a convoqué un sommet cette semaine, tenez bien, à Washington. Clic, clic, bonjour, bonjour, copain, copain, bisou Madame, par ici, bravo à tous… devant ce décor au fond bleu d’espoir à la couleur presque onusienne.

Prochaine étape? L’ONU accueille au siège des Nations Unies, à New York, à la mi-mai une conférence internationale pour examiner le traité de non-prolifération nucléaire.

Ô Seigneur! Quelle beauté, cet art diplomatique et politique, et cet « artiste »  de génie.

Plan d'action Plan d'action Plan d'action d'Obama
Une étape d'un plan d'action Que passe-t-il avec Harper?
PM indien et Obama Président chinois Hu Jintao et Obama

Obama, plan d'action

Roi Abdullah II Bin Al Hussein et Obama Viktor Yanukovych et Obama
Jacob Zuma et Obama Obama et Serzh Sargsyan Nursultan Nazarbayev et Obama, plan d'action
Cristina Fernandez de Kirchner embrasse Obame au Sommet de la sécurité nucléaire Illustration d'un plan d'action Plan d'action nucléaire

Drapeau israélien

Jeudi 25 mars 2010

Le plus grand drapeau au monde est celui d’Israël.

Cette marque de la démesure est détenue par ce drapeau israélien de 44404 mètres carrés. Témoigne cette photo prise par Tara Todras-Whitill d’AP.  Les Records Guinness l’ont homologué le 11 avril 2009. Cette photo nous rappelle d’une autre image, celle du drapeau de la Palestine : le mouvement du tissu soulevé par le vent montre une certaine similitude, mais les deux propos visuels sont bien différents.

drapeau israelien

L’un des dossiers qu’Obama a promis d’attaquer en arrivant au pouvoir est celui de limiter le pouvoir d’influence exercé sur l’agenda présidentiel par les quelque 16000 lobbyistes qui s’affairent non loin de la Maison Blanche. Obama a resserré les règles une semaine après son accession au pouvoir pour éviter des cas de conflit d’intérêt de son administration, en interdisant toute personne ayant agi comme lobbyiste au cours des 12 mois qui précédent son assermentation de travailler dans son équipe. L’effort est louable, mais trop peu pour avoir un effet tangible. Cette période d’inactivité imposé s’applique aussi à ses employés qui quittent son administration pour œuvrer comme lobbyistes 12 mois après leur cessation d’emploi à la Maison Blanche.

Toujours en parlant du pouvoir du lobbyisme à Washington, Benjamin Netanyahu a réaffirmé lundi à Washington, devant le lobby pro-israélien aux États-Unis, qu’Al Qods n’était pas une colonie, mais bien la capitale d’Israël. Il exclut du coup tout gel de nouvelle colonisation juive dans le secteur oriental de la Ville sainte, à majorité arabe et annexée par Israël en 1967. L’une des discordes pour ramener Israël et Palestine sur la table de négociation. Qu’a-t-elle répondu l’Administration Obama par la voix de sa secrétaire d’État, Hillary Clinton? La relation américano-israélienne est « solide comme du roc» . Ceci tout juste avant la rencontre entre Netanyahau et Obama.

Sachant que la diplomatie est une affaire d’interprétation et de tournure, croyez-vous à la probabilité d’une paix prochaine en Moyen-Orient?

Bon! En attendant que la paix soit avec les peuples du Moyen-Orient, contemplons l’image paisible de ce drapeau israélien.

La Santé

Mercredi 24 mars 2010

La Santé, l’enjeu premier que cet homme a promis à son peuple pour parvenir au pouvoir suprême est presque acquis. Il lui reste maintenant comme illustré cette caricature vue dans l’édition d’hier du Globe and Mail, trois autres travaux majeurs de ce président qui est rentré dans l’histoire par la grande porte : le réchauffement climatique, la paix au Moyen-Orient et la crise financière.

La Santé

On a tendance à voir la vie et les événements que l’on vit en épisodes d’épiphanie. C’est plus facile pour arriver à une compréhension claire, mais parfois non moindre superficielle. Faire de l’art en est une façon d’écumer la pensée artistique et visuelle d’un être en oeuvres exaltantes. Mais, il n’en demeure pas moins qu’il faut nourrir et meubler ces réalités souvent simplifiées et érigées en stèles. Une synthèse est bonne pour une conclusion éclairée, mauvaise pour soutenir l’imaginaire et épandre l’effluve de la pensée.

La Réforme de la Santé est rendue possible chez nos voisins du Sud par l’action heureuse d’une volonté politique et du désir populaire. Elle est matérialisée sous une leadership forte et déterminée, rarissime en politique. Cette réussite politique de cette réforme amorcée sous l’impulsion d’un leader n’est pas arrivée par hasard. Elle est murie par la crise du financement public, la ridicule situation de 32 millions de personnes sans soin de santé garantie et le désir d’une nation qui veut se redonner un sens profondeur au pays prétendant être le terre de la liberté et de l’égalité.

C’est bien cette caricature, ne la trouvez-vous pas? Nous l’apprécions beaucoup.

Dans un autre ordre d’idées, la Réforme de la Santé d’Obama est une affaire des Américains pour les Américains. Nous avons assisté au cours de la dernière année au cheminement de son difficile parcours. Il y a loin de la coupe aux lèvres, même si la bouteille de Champagne est au frigo. :-) Quant au réchauffement climatique, au processus de paix au Moyen-Orient et à l’encadrement du capitalisme moribond que le monde a connu au 20e siècle, ce n’est plus des enjeux américains, mais de notre espèce et nous constatons tous les jours que Dieu lui-même ne fait plus unanime. Quelle triste histoire!

Alors, avons-nous les conditions gagnantes ou le désir profondeur de créer ces conditions gagnantes pour nous apporter des remèdes miraculeux? Amen!

Le temps

Jeudi 28 janvier 2010

Ce soir, le temps. Le tic tic tic continu. Les battements de coeur de notre humanité. En fait, nous voulions prendre du temps à rien faire, prendre congé pour donner du temps à ce début de rhume de s’extirper de nos sinus atrophiés et obstrués. Nous nous demandons si un billet de plus peut réellement changer de quoi à notre petit blog d’artiste. Si nous écrivions, c’est simplement pour satisfaire notre désir de ne pas rompre la séquence.

- Tiens, le 28 janvier 2010, pas de billet. Mais bon sang! Que faisions-nous cette journée-là, pourquoi rien? C’est terrifiant quand nous pensons à notre Numéro Un qui fait son inquisition dans quelques années. Ouf! Nous avons des sueurs, et les membres tremblent.

Publier un billet, c’est comme pour se donner un repère pendant que le temps coule doucement, pour le faire figer un moment. Bien que le temps n’accélère point sa cadence.

En fait, nous avons plusieurs idées pour ce billet ce soir, mais à la fois rien de tangible. Un peu comme la plupart des journées dans une vie. Faut vivre pour avoir la vie en espérant que le meilleur est à venir. L’importance des actions n’est pas dans l’action, mais le sens que l’on y confère. Créer, c’est comme vivre, autre que le sens véritable des oeuvres, il n’y a qu’une enveloppe, plus ou moins vide.

Obama

L’avez-vous écouté, le discours d’Obama? Avez-vous lu les journaux ce matin? Peut-être, vous avez zappé les analyses des commentateurs politiques sur la performance d’Obama à la tévé. Si vous lisiez encore ces lignes, vous êtes vraiment un indéfectible de notre blog. ;-) Nous, nous l’avons écouté, ce discours, jusqu’à la fin. Nous doutons que Zack comprenne, peut-être à quelques brefs moments, ses yeux roulaient. Est-ce un signe de compréhension? Un début de conscience?

Ah oui! Le discours! C’était un peu long comme au cinéma lorsque l’on regarde sa montre pour savoir depuis combien de temps le film est commencé. C’est l’un des discours le moins inspirants d’Obama que nous avons écouté. Pas d’envolées lyriques « Yes We Can» . C’est un discours d’administrateur conciliant, c’est un discours mosaïque, un peu de tous pour tout le monde. Un discours comme la vie, pas toujours ponctuée de faits saillants mémorables. Il n’y a plus d’étincelles pour allumer mille et un espoirs parmi son auditoire, mais que de réalités à concilier. Il n’y a plus de « nous allons changer la bureaucratie à Washington» , mais l’espoir du lendemain de la veille : faut négocier, faut pas décevoir le peuple, faut abandonner la partisanerie, etc. Obama est toujours intéressant à écouter. Car c’est un être vrai qui se trouve dans l’habit de politicien, le président des États-Unis.

Saviez-vous quoi? Le temps joue contre Obama. Dans un mandat présidentiel de quatre ans, il y a trois pour gouverner. Et la derrière? C’est pour se préparer à l’élection présidentielle. Obama est à sa 2e année. C’est l’année pour retirer ses fantassins d’Irak, pour faire passer la réforme de la Santé et pour un début de création d’emplois. Il espère sans doute une reprise forte de l’économie américaine pour la 3e année et le retour de la prospérité en Amérique . La 4e année d’une présidence, c’est comme l’âge d’Or dans une vie. Avant d’espérer un 2e mandat, la renaissance, du travail à tous les instants, ce dont Obama a évoqué lui-même récemment

Ceux qui font le « temps»  la ligne conductrice de leur création artistique savent bien que ce thème est aride à explorer sans une trame narrative qui soit capable d’exalter l’âme humaine. Vous connaissez l’oeuvre de Monet? Il ne parle pas souvent de l’aspect formel du temps dans sa peinture comme des artistes modernes, mais pour éviter sombrer dans une contemplation béate devant l’oeuvre de Monet, il y a une quatrième dimension inhérente à regarder dans cet art aux couleurs chatoyantes que sont gares, cathédrales, nymphéas… le temps.

À travers ses tigres fléchés à la manière d’un Saint Sébastien martyrisé, ses envols de loups écrasés devant un muret vitré, ses voitures explosées,  l’oeuvre de Cai Guo Qiang séquence le temps, et fige les instants inopportuns.

Temps

Tigre fléché

Tigres, le temps

Tigre ArtImages : Eric Swanson