Archive pour la catégorie 'Voir autrement'

Chien laid

Mardi 24 juin 2008

Chien laid ou la laideur - La laideur dans le monde des chiens a maintenant un nouveau nom, il s’appelle Gus. Il est le Quasimodo carnavalesque du royaume des canins depuis vendredi dernier. Mais attention! La couronne de la renommée est renouvelable à chaque année. Pour trôner comme un souverain sans partage et pour réécrire le record, et peut-être même, l’histoire du chien le plus laid au monde ayant le règne le plus long, celui du roi Sam. Gus a encore du chemin à parcourir… ;-)

Selon le récit journalistique du reporter anonyme de la Presse canadienne qui n’a probablement pas assisté au couronnement de Gus à la World’s Ugliest Dog Contest à la Foire de Sonoma, dans le comté de Marin, en Californie du Nord, la nouvelle laideur du meilleur ami de l’Homme n’a que trois pattes, un seul oeil et pas un poil, sauf une touffe blanche sur le sommet du crâne. Semble-t-il que la compétition a rapporté $500 à la maîtresse de Gus, Jeanenne Teed, venue de Floride et fière comme tout. Elle déclare : « Bon, je crois que maintenant il est temps pour Gus de faire la sieste! »

Chien laid

La beauté et la laideur ont longtemps été associées au Bien et au Mal dans l’histoire de l’art. Au fil des époques, des artistes transgressent sans cesse les frontières esthétiques, et ce, en suivant tantôt l’évolution du goût, tantôt l’évolution de la pensée et de valeurs esthétiques. L’idée du beau, tout comme l’idée de la laideur implique nécessairement un jugement portant sur les formes du corps ou de l’objet. Les Gus et Sam en sont que des exemples vivants… On vient de nous apprendre que Sam est mort. Vive le Roi! :-)

Cependant, il existe une certaine similitude entre les maîtres et maîtresses de chiens laids et des artistes d’avant-garde, ils participent à leur manière à l’invention de nouvelles formes. Les premiers au nom de l’amour pour leur animal préféré et les seconds au nom de l’art. En art, des objets, esthétiquement inacceptables à leur début, deviennent plus tard, des expressions de curiosités et insolites, pour finalement se métamorphoser un jour en pièces iconoclastes et de raretés.

Une différence toutefois, du jugement de goût au jugement esthétique, en passant par le jugement de valeur, l’oeuvre d’art subit l’assaut du temps. En premier, de l’artiste, ensuite, de ses pairs et finalement le triage et l’élimination par le temps. Un concours de laideur canine, il demeure une manifestation circonstancielle et isolée dans l’immense humanité. On peut bien dire: ouf?!… wouaf!

Allons, un tableau de Bosch, maître de la représentation de la laideur et de la méchanceté, le Christ et ses persécuteurs pour terminer ce billet.

La laideur et la beauté

Planter un arbre

Mardi 17 juin 2008

Planter un arbre est un geste relativement simple. Cela consiste à choisir un arbre en fonction du sol, de sa portée, de ses couleurs particulières : feuilles, branches et tronc, des dates de floraison et de fructification… Pour les excessifs, il existe probablement un livre, du genre, la plantation d’arbres ou la sylviculture pour les nuls. ;-)

Si vous voulez que votre geste soit durable pour l’environnement, vous feriez alors analyser votre sol. Car il peut être argileux, sablonneux ou même rocailleux. Il va donc influencer la bonne santé de votre arbre. Voyez-vous? Les complications commencent… Mais, ne découragez pas pour si peu! Une petite poignée de terre dans un contenant, et hop, à un labo. On vous renseignera pour une modique somme de quelques dollars. Le résultat sera dans votre boîte à lettres au bout de quelques jours.

Ensuite, vous devez choisir l’emplacement dans votre jardin. Évidemment, il vous faut penser à sa croissance, à l’ombre qu’il projettera avec le temps ainsi qu’aux distances réglementaires autorisées par votre municipalité. Il est aussi bien important de s’entendre avec votre voisin. Car l’arbre que vous allez planter et qui vous procura une ombre rafraîchissante durant les canicules d’été peut être considéré comme un désagrément pour votre voisin. Le bon voisinage dans la vie… c’est important, n’est-ce pas?

Ce n’est quand même pas trop compliqué, pour l’instant. Le sol et le bon voisinage, c’est réglé. Mais ultimement, il vous faut penser à l’arbre que vous voulez planter. Il faut calculer le développement racinaire de l’arbre. Règle générale, le volume occupé par les racines est proportionnel à la portée de l’arbre. Planter un érable à cinq pieds de votre maison n’est évidemment pas une bonne idée. Une fois ce détail réglé, vous être presque rendu à donner votre premier coup de pelle. Encore un petit détail! Vous devez protéger votre arbre avant sa plantation. Un arbre en pot est plus fragile. Il tolère moins bien le soleil et le vent.

Bon, quand planter? L’idéal c’est à l’automne. Car l’arbre aura le temps de développer son système racinaire durant l’hiver et prendre sa croissance au printemps. D’ailleurs, ce n’est pas mauvais non plus de planter un arbre au printemps après que le sol soit dégelé. Ça aide, pour vous et pour l’arbre. Après ça… la dimension du trou, le tuteur, l’arrosage, la fertilisation, etc.

Quand on nous promet de planter un arbre pour l’environnement si nous convertissons notre mode de facturation conventionnelle, sur papier, contre la facture électronique. Nous nous demandons: euh, mais dans quoi seront-elles injectées les économies réalisées par cette compagnie en supprimant papier, encre, enveloppe, timbre et machinerie? Pas vous? Pour une entreprise souscrite à la Bourse, un million d’arbres plantés auront-ils le même poids d’argumentation à côté d’un million de profits nets devant son Conseil administration? Ah oui, nous avons presque oublié, on plante un arbre en notre nom. On plantera même un arbre si l’on remplace notre vieux cellulaire contre un neuf comme l’indique cette pub, le futur est si simple. C’est très bien! Mais nous nous demandons qui veillera sur l’arbre planté en notre nom. Comment et où fera-t-on recycler les vieux cellulaires récupérés? Ouf! C’est épuisant juste d’y penser…

Planter un arbre

Restons simples : cette pub, elle est belle et simple; Arbre Canada, un organisme qui œuvre pour l’environnement au Canada, des spécialistes en sylviculture; Telus, une entreprise prend ses responsabilités sociales; et finalement, la firme en marketing derrière cette campagne, très ingénieuse et cette campagne-là, elle est artistiquement bien orchestrée, des feuilles, grande, moyenne et petites, le tout pour symboliser des arbres. Il y a même de la perspective.

Allons! Finissons ce billet sur le début du texte de Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres, et si vous avez le temps, relisez le texte de Giono et revoyez cet excellent film d’animation de Frédéric Back, si vous l’avez déjà vu. Quel dessinateur sensible.

Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable.

Sans image

Samedi 31 mai 2008

Une image, mais sans image. ;-) Il s’agit d’une publicité du gouvernement québécois pour informer la population que les produits du tabac ne seront plus visibles aux points de vente à compter d’aujourd’hui. Nous la trouvons très efficace. Il y a presque du Malevitch

Sans image

Bon, en dehors de notre préoccupation artistique, à bien y penser, nous croyons que fumer demeure un choix, celui du fumeur. Même si ce choix individuel répercutera sur les charges du reste de la société, soit en termes de coûts médicaux et de santé, on ne devrait toutefois pas limiter le libre choix des individus dans une société dite libérale. Puisque toute interdiction implique nécessairement de l’immaturité - élément perturbateur à l’équilibre social.

Aujourd’hui, 3 mai…

Samedi 3 mai 2008

Voilà un autre 3 mai, l’armée napoléonienne fusillait des prisonniers de la Révolte espagnole… du 2 mai. Goya en a fait deux tableaux. Celui-ci, le plus connu des deux, parfois appelé aussi les Fusillades du 3 mai. Ça s’est passé il y a 200 ans, en 1808.

Bien que notre monde soit résolument plus moderne, plus équitable, plus évolué… scientifiquement, plus soucieux et bien d’autres plus… l’horreur de la guerre y demeure. Dans 200 autres années, les Youtubes de notre monde témoigneraient-ils, avec autant d’émotion les horreurs d’Irak que ce tableau de Goya?

On a restauré récemment ce tableau.

3 mai 1808

Mangues ou asperges?

Samedi 12 avril 2008

Mangues

Dans une économie mondialisée, tout n’est, encore bien plus, qu’une question de marchandage et de profit : l’offre et la demande d’Adam Smith fait partie de notre compréhension du monde; l’argent et le pouvoir d’achat, des mots de notre langage usuel; le bas coût de production et le bénéfice toujours le plus élevé, un jargon vulgarisé; l’enchère et Ebay, des synonymes et de l’accès à Internet aux foyers modestes…

Deux mangues japonaises de la préfecture méridionale de Miyazaki, surnommé « oeufs de soleil », ont été vendues aux enchères pour la somme record de 200,000 yens, a indiqué le grossiste Tokyo Seika. Cette somme fracasse ainsi le record établi l’an dernier, également au Japon: soit de 38,000 yens pour deux mangues.

Les mangues de Miyazaki sont extrêmement populaires au Japon, un phénomène renforcé par la promotion qu’en fait le gouverneur de la région, le comédien Hideo Higashikokubaru. Le prix des fruits produits localement est exorbitant au Japon.

Ici, le prix de nos produits locaux sont encore raisonnables. Nous appelons ce phénomène, encourager l’économie locale, n’est-ce pas? Même si c’est un peu plus cher comme l’on dit.

Voici une vieille histoire: un richissime client qui acheta à Manet, peintre impressionniste, à ne pas confondre avec l’autre artiste impressionniste tout aussi célèbre que ce dernier, une nature morte, la « Botte d’asperges », il fut ravi de son acquisition qu’il paya 1000 francs au lieu de 800 francs convenus. Manet fut si touché par le geste qu’il peignit un second tableau représentant une asperge et le fit porter au mécène avec un mot de remerciement : « Il en manquait une à votre botte. »

Asperge

Chine Tibet, le conflit

Jeudi 10 avril 2008

Chine et Tibet - comment lire autrement l’Art de la guerre de Sun Tzu.

Comme plusieurs entre nous, nous observons la tournure des événements autour de l’émeute et des incendies au Tibet; nous lisons les déclarations du Dalaï-Lama dans les journaux; nous décortiquons le sens des mots émis par des porte-paroles chinois, sur le net; nous visionnons les spots d’images des manifestations pro-Tibet à la télé; nous youtubons, si si, youtubons comme dans googlons, les vidéos ayant pour sujet Tibet; nous revoyons les incidents survenus autour de la flamme olympique sur le petit écran… Grèce, Angleterre, France, États-Unis… Imaginons maintenant si ce même climat est maintenu jusqu’aux Jeux de cet été. Imaginons aussi si la montée de la ferveur nationalisme chinois, stimulé, allumé et alimenté…

Nous nous demandons si les stratèges, les penseurs, les bailleurs de fonds, les organisateurs, les conseillers de cette cause - tout laisse croire, noble et juste, ces personnes dans l’ombre que nous ne voyons pas à la télé, ou, sur YouTube : ont-ils cette sagesse bouddhiste du détachement que l’on attribue tant au Dalaï-Lama?

Ne recherchez l’image traditionnelle de l’art dans ce billet…, tout indique qu’il n’y a que le mot « Art » dans la première phrase… et là, pour la deuxième fois dans ce texte ;-)

L’Art de la Guerre, le conflit Chine et Tibet

Alors, Sun Tzu dit:

Avant d’entreprendre ce genre de combat (l’utilisation du feu), il faut avoir tout prévu. Il faut avoir reconnu la position des ennemis, il faut s’être mis au fait de tous les chemins par où il pourrait s’échapper ou recevoir du secours, il faut s’être muni des choses nécessaires pour l’exécution du projet, il faut que le temps et les circonstances soient favorables.

Préparez d’abord toutes les matières combustibles dont vous voulez faire usage: dès que vous y aurez mis le feu, faites attention à la fumée. Il y a le temps de mettre le feu, il y a le jour de le faire éclater: n’allez pas confondre ces deux choses. (…) Les cinq manières de combattre par le feu demandent de votre part une conduite qui varie suivant les circonstances: ces variations se réduisent à cinq. Je vais les indiquer, afin que vous puissiez les employer dans les occasions.

1 - Dès que vous aurez mis le feu, si, après quelque temps, il n’y a aucune rumeur dans le camp des ennemis, si tout est tranquille chez eux, restez vous-même tranquille, n’entreprenez rien; attaquer imprudemment, c’est chercher à se faire battre. Vous savez que le feu a pris, cela doit vous suffire: en attendant, vous devez supposer qu’il agit sourdement; ses effets n’en seront que plus funestes. Il est au-dedans; attendez qu’il éclate et que vous en voyiez les étincelles au-dehors, vous pourrez aller recevoir ceux qui ne chercheront qu’à se sauver.

2 - Si peu de temps après avoir mis le feu, vous voyez qu’il s’élève par tourbillons, ne donnez pas aux ennemis le temps de l’éteindre, envoyez des gens pour l’attiser, disposez promptement toutes choses, et courez au combat.

3 - Si malgré toutes vos mesures et tous les artifices que vous aurez pu employer, il n’a pas été possible à vos gens de pénétrer dans l’intérieur, et si vous êtes forcé à ne pouvoir mettre le feu que par dehors, observez de quel côté vient le vent; c’est de ce côté que doit commencer l’incendie; c’est par ce même côté que vous devez attaquer. Dans ces sortes d’occasions, qu’il ne vous arrive jamais de combattre sous le vent.

4 - Si pendant le jour le vent a soufflé sans discontinuer, regardez comme une chose sûre que pendant la nuit il y aura un temps où il cessera; prenez là-dessus vos précautions et vos arrangements.

5 - Un général qui, pour combattre ses ennemis, sait employer le feu toujours à propos est un homme véritablement éclairé (…)

Semble-t-il qu’il faut lire les textes traduits du vieux chinois comme les textes bibliques. Il ne faudrait pas oublier, dans ce cas-ci, la signification littérale, allégorique et philosophique du texte. Néanmoins, dans celui-ci, point de dimension mystique. Nous continuons…

Les différentes manières de combattre par le feu, telles que je viens de les indiquer, sont ordinairement suivies d’une pleine victoire, dont il faut que vous sachiez recueillir les fruits. Le plus considérable de tous, et celui sans lequel vous auriez perdu vos soins et vos peines est de connaître le mérite de tous ceux qui se seront distingués, c’est de les récompenser en proportion de ce qu’ils auront fait pour la réussite de l’entreprise. Les hommes se conduisent ordinairement par l’intérêt; si vos troupes ne trouvent dans le service que des peines et des travaux, vous ne les emploierez pas deux fois avec avantage.

La nécessité seule doit faire entreprendre la guerre. Les combats, de quelque nature qu’ils soient, ont toujours quelque chose de funeste pour les vainqueurs eux-mêmes; il ne faut les livrer que lorsqu’on ne saurait faire la guerre autrement.

Lorsqu’un souverain est animé par la colère ou par la vengeance, qu’il ne lui arrive jamais de lever des troupes. Lorsqu’un général trouve qu’il a dans le coeur les mêmes sentiments, qu’il ne livre jamais de combats. Pour l’un et pour l’autre ce sont des temps nébuleux: qu’ils attendent les jours de sérénité pour se déterminer et pour entreprendre.

S’il y a quelque profit à espérer en vous mettant en mouvement, faites marcher votre armée; si vous ne prévoyez aucun avantage, tenez-vous en repos; eussiez-vous les sujets les plus légitimes d’être irrité, vous eût-on provoqué, insulté même, attendez, pour prendre votre parti, que le feu de la colère se soit dissipé et que les sentiments pacifiques s’élèvent en foule dans votre coeur. N’oubliez jamais que votre dessein, en faisant la guerre, doit être de procurer à l’État la gloire, la splendeur et la paix, et non pas d’y mettre le trouble, la désolation et la confusion.

Ce sont les intérêts du pays et non pas vos intérêts personnels que vous défendez. Vos vertus et vos vices, vos belles qualités et vos défauts rejaillissent également sur ceux que vous représentez. Vos moindres fautes ont toujours des conséquences; les grands conflits sont souvent irréparables, et toujours très funestes. Il est difficile de soutenir un royaume que vous aurez mis sur le penchant de sa ruine; il est impossible de le relever, s’il est une fois détruit: on ne ressuscite pas un mort (…)

Nous avons supprimé quelques passages de ce texte pour éviter les longueurs… voilà notre réflexion d’artistes sur le conflit Chine et Tibet.

Semaine Sainte

Jeudi 20 mars 2008

Voilà, déjà la semaine Sainte pour certains, pour d’autres, la semaine de Pâques. Le printemps est à nos portes.

Il est un peu facile à vous parler de la peinture, mais pas sûr que vous soyez intéressé par le sujet : carême, brebis, crucifixion, ténèbres, résurrection, évangiles, passion, ou bien, oeuf, lapin, chocolat, congé, repos… peut-être un peu plus.

Voilà deux images pour voir différemment.

Image pour une semaine de Pâques

Une image pour la semaine Sainte

La première est de Chardin, l’autre, par Rembrandt.