Images et textes sur 'Voir autrement'

 

Le temps

Jeudi 28 janvier 2010

Ce soir, le temps. Le tic tic tic continu. Les battements de coeur de notre humanité. En fait, nous voulions prendre du temps à rien faire, prendre congé pour donner du temps à ce début de rhume de s’extirper de nos sinus atrophiés et obstrués. Nous nous demandons si un billet de plus peut réellement changer de quoi à notre petit blog d’artiste. Si nous écrivions, c’est simplement pour satisfaire notre désir de ne pas rompre la séquence.

- Tiens, le 28 janvier 2010, pas de billet. Mais bon sang! Que faisions-nous cette journée-là, pourquoi rien? C’est terrifiant quand nous pensons à notre Numéro Un qui fait son inquisition dans quelques années. Ouf! Nous avons des sueurs, et les membres tremblent.

Publier un billet, c’est comme pour se donner un repère pendant que le temps coule doucement, pour le faire figer un moment. Bien que le temps n’accélère point sa cadence.

En fait, nous avons plusieurs idées pour ce billet ce soir, mais à la fois rien de tangible. Un peu comme la plupart des journées dans une vie. Faut vivre pour avoir la vie en espérant que le meilleur est à venir. L’importance des actions n’est pas dans l’action, mais le sens que l’on y confère. Créer, c’est comme vivre, autre que le sens véritable des oeuvres, il n’y a qu’une enveloppe, plus ou moins vide.

Obama

L’avez-vous écouté, le discours d’Obama? Avez-vous lu les journaux ce matin? Peut-être, vous avez zappé les analyses des commentateurs politiques sur la performance d’Obama à la tévé. Si vous lisiez encore ces lignes, vous êtes vraiment un indéfectible de notre blog. ;-) Nous, nous l’avons écouté, ce discours, jusqu’à la fin. Nous doutons que Zack comprenne, peut-être à quelques brefs moments, ses yeux roulaient. Est-ce un signe de compréhension? Un début de conscience?

Ah oui! Le discours! C’était un peu long comme au cinéma lorsque l’on regarde sa montre pour savoir depuis combien de temps le film est commencé. C’est l’un des discours le moins inspirants d’Obama que nous avons écouté. Pas d’envolées lyriques « Yes We Can» . C’est un discours d’administrateur conciliant, c’est un discours mosaïque, un peu de tous pour tout le monde. Un discours comme la vie, pas toujours ponctuée de faits saillants mémorables. Il n’y a plus d’étincelles pour allumer mille et un espoirs parmi son auditoire, mais que de réalités à concilier. Il n’y a plus de « nous allons changer la bureaucratie à Washington» , mais l’espoir du lendemain de la veille : faut négocier, faut pas décevoir le peuple, faut abandonner la partisanerie, etc. Obama est toujours intéressant à écouter. Car c’est un être vrai qui se trouve dans l’habit de politicien, le président des États-Unis.

Saviez-vous quoi? Le temps joue contre Obama. Dans un mandat présidentiel de quatre ans, il y a trois pour gouverner. Et la derrière? C’est pour se préparer à l’élection présidentielle. Obama est à sa 2e année. C’est l’année pour retirer ses fantassins d’Irak, pour faire passer la réforme de la Santé et pour un début de création d’emplois. Il espère sans doute une reprise forte de l’économie américaine pour la 3e année et le retour de la prospérité en Amérique . La 4e année d’une présidence, c’est comme l’âge d’Or dans une vie. Avant d’espérer un 2e mandat, la renaissance, du travail à tous les instants, ce dont Obama a évoqué lui-même récemment

Ceux qui font le « temps»  la ligne conductrice de leur création artistique savent bien que ce thème est aride à explorer sans une trame narrative qui soit capable d’exalter l’âme humaine. Vous connaissez l’oeuvre de Monet? Il ne parle pas souvent de l’aspect formel du temps dans sa peinture comme des artistes modernes, mais pour éviter sombrer dans une contemplation béate devant l’oeuvre de Monet, il y a une quatrième dimension inhérente à regarder dans cet art aux couleurs chatoyantes que sont gares, cathédrales, nymphéas… le temps.

À travers ses tigres fléchés à la manière d’un Saint Sébastien martyrisé, ses envols de loups écrasés devant un muret vitré, ses voitures explosées,  l’oeuvre de Cai Guo Qiang séquence le temps, et fige les instants inopportuns.

Temps

Tigre fléché

Tigres, le temps

Tigre ArtImages : Eric Swanson

Les débuts du mythe de Faust

Vendredi 22 janvier 2010

Par Pirchirinarmor

Les débuts du mythe de Faust : une machination politique de l’Eglise

L’histoire du vrai Faust prête à sourire. Quel faux docteur de la conquête de l’ouest est devenu le héros d’un mythe universel ? L’histoire de Faust n’aurait jamais dû quitter le domaine des faits divers…

Il n’en fut pourtant rien. Pourquoi ? Et bien parce que l’Eglise catholique s’est emparée de l’affaire !

Car la Renaissance est une grave période de crise métaphysique et religieuse, économique, politique et sociale. Une époque fascinante et formidable de géants. Et une époque de cauchemar pour l’Eglise catholique. Pensez : un obscur astronome polonais du nom de Copernic affirme que son observation des mouvements des corps célestes dans le ciel permet d’affirmer que la terre fait partie d’un système de planètes tournant autour du soleil. Qu’elle est une sphère flottant dans le firmament alors que tout le monde sait qu’elle est plate !!! Pire, un maudit navigateur génois appelé Christophe Colomb, persuadé que cela est vrai et possédé par le démon, découvre un nouveau monde oublié par Dieu dans sa dictée de la Bible. Un autre navigateur non moins impie, le portugais Magellan, démontre définitivement que la terre est ronde en en faisant le tour. L’allemand Luther, le français Calvin, le Suisse Zwingli et toute une série de prédicateurs anglais s’élèvent contre les abus de l’Eglise, sa richesse, son hypocrisie et le trafic des indulgences et prêchent, dans leurs barbares langues de sauvages qui sont une injure à la noble langue latine, la révolte contre l’autorité sacrée de la sainte Eglise, apostolique et romaine ! L’Angleterre est schismatique à cause de la lubricité de son roi, l’Allemagne et la France sont à feu et à sang, les médecins déterrent les cadavres pour les disséquer et un satané français nommé Ambroise Paré va jusqu’à décrire dans un long ouvrage et par le détail les observations faites dans les cadavres humains !!!

Trop, c’est trop ! La science attaque et bafoue l’autorité des docteurs de l’Eglise, versés non pas en astronomie ni en médecine, mais dans la connaissance supérieure des saintes écritures. Le philosophe Giordano Bruno va même jusqu’à les traiter de canassons encapuchonnés, de bourriques et d’ânes coiffés de mitres ! Enfin celui-là au moins, on s’en est occupé. Il a compris…

La coupe est pleine. Et l’Eglise réagit. A travers le concile de Trente et la création de la compagnie de Jésus bien sûr. Mais elle fait aussi feu de tout bois. Et lorsqu’un obscur zélateur du catholicisme tombe par hasard sur la rubrique nécrologique badoise et y retrouve le nom de Faust, il lui vient une idée de génie : voilà l’occasion rêvée de jeter le discrédit sur les savants et les scientifiques. Tous des impies possédés par le démon !!! La preuve !!!

La méthode ? L’amalgame : Faust est classé parmi les vrais savants et universitaires, ce qu’il n’a jamais été. Le but est de créer l’image du savant fou ayant maille à partir avec le démon. En 1587 parait un écrit anonyme Historia von Johann Fausten… un texte de propagande catholique contre les scientifiques…

Mais toute cette embrouille va déraper de façon inattendue…

(À suivre demain, Partie 4)

Democritus, le geographe
Diego Velazquez, Democritus/Le Géographe, 1628-29

Femme politique ukrainienne

Dimanche 17 janvier 2010

Aujourd’hui, cinq petites images, entre l’image d’une jeunesse éternelle iconographique, la réalité d’une politicienne de 50 ans, l’icône de l’amour en pixels, la suggestion et le peuple devant son choix, que reste-t-il de cette révolution ukrainienne que l’on appelle la Révolution orange?

Rappelez-vous de ça?  Un candidat présidentiel perdant en premier tour, empoisonné et défiguré, demandant à la Cour suprême l’annulation du scrutin. Une partie du peuple lui est solidaire. Il gagne sa cause et devenant ensuite président, pro-occident.

C’était beau et émouvant. C’était en 2004.

Pour un instant, des faiseurs d’images ukrainiens se donnent à coeur joie… Madame le Premier-Ministre sortant, pense peut-être à son peuple, mais elle croit encore plus à ses chances politiques.

Aujourd’hui, jour J du présidentiel 2010 à Ukraine. Tymochenko ou Iouchtchenko, peut-être un richissime homme, Ianoukovitch, une 3e voie… peut-être c’est juste une 3e voix, pro-russe. Mais bon, nous, nous aimons simplement des images qui parlent. Pour le reste, les peuples du monde s’en chargeront.

Éternelle jeunesse, une femme presidente en ukrain?

femme politique ukrainienne

icône de l'amour

l'amour, un choix politique ou une suggestion?

peuple ukrainien devant son choix

Père Noël à colorier

Lundi 14 décembre 2009

Bon, un billet complémentaire à celui d’hier.

Aujourd’hui, du dessin de Père Noël à colorier. Oui oui, c’est du sérieux ce post de dessin à colorier! D’ailleurs, depuis quand nous ne le sommes pas? ;-)

Saviez-vous pourquoi les jeunes enfants aiment colorier des dessins comme le Père Noël à droite? Par contre, si vous leur présentiez le dessin de Père Noël de Nast du billet d’hier (Pardon! La gravure, coloriée, celle-ci d’aujourd’hui.) en leur demandant le colorier. Et ben, la majorité d’entre eux serait embêtée.

dessin ancien - Pere Noel, par Thomas Nast Dessin Pere Noël à colorier

Ben, c’est très simple. D’abord, trop de détails déroutent les enfants qui n’ont pas encore développé toute leur capacité de synthèse en dessin. Ensuite, une démarcation en noir bien nette, ça rassure. Apprendre à accomplir une tâche, même artistique, c’est toujours plus facile quand les limites sont clairement identifiées et le modèle bien défini.

Voyez-vous, il y a dans le coloriage de dessins pratiqué par les enfants toute notre humanité, même encore plus. L’art est une manifestation visible de l’esprit humain même si bien souvent qu’autrement perçu comme étant un luxe bohémien.

Comment vendre quatre fois plus

Dimanche 6 décembre 2009

Lorsqu’un artiste participe à une foire artistique, il faudrait qu’il sache une chose capitale, puisqu’il prend en charge tous les coûts engendrés par la mise en vente de ses oeuvres. Conséquemment, il faut savoir comment vendre quatre fois plus que ses confères pour survivre financièrement et vivre de son art.

vendre quatre fois plus

L’Homme au Gant blanc

Lundi 23 novembre 2009

Hier, dans un encan à New York où des objets du monde de la musique étaient proposés, on a fait renaître deux objets fétiches de Michael Jackson, le gant de golf blanc orné de strass et sa veste noire pailletée.

Le gant blanc de Michael Jackson était mis en vente pour 10,000 dollars. Mais les enchères se sont très rapidement envolées : 350,000 dollars, offre finale d’un homme d’affaires hongkongais de 36 ans, Fossman Ma. Quant à la veste, une maigre somme de 225,000 dollars. Avant sa mort, Jackson avait de la misère à départir ses biens pour éponger ses dettes. C’est fou que la mort donne de la valeur aux objets appartenus au défunt.

Si le titre de ce tableau de Titien n’avait pas effleuré notre esprit en entendant cette nouvelle sur le gant blanc, nous n’aurions pas écrit ce billet. Nous vous aurions annoncé que nous partirons dans quelques heures pour la foire One of A Kind de Toronto. Nous vous en parlerions peut-être demain si nous n’étions pas trop fatigués.

Néanmoins, nous nous demandons si celui qui a remporté les enchères du gant blanc de Jackson s’intéresse-t-il davantage au célèbre gant, à Jackson comme artiste ou à l’époque qui a produit le Roi de la Musique Pop?

L'Homme au gant presque blanc

Mais bon. Tenez, quelques lignes de Malraux à propos de l’Homme au gant… de Titien.

Si le buste de César, le Charles Quint équestre, sont encore César et Charles Quint, le duc d’Olivarès n’est que Velazquez. Que nous importe l’identité de l’Homme au Casque, de l’Homme au Gant? Ils s’appellent Rembrandt et Titien.  Le portrait cesse d’être d’abord le portrait de quelqu’un. Jusqu’au XIXe siècle, toutes les oeuvres d’art ont été l’image de quelque chose qui existait ou qui n’existait pas, avant d’être des oeuvres d’art.

Le gant blanc de Jackson a-t-il acquis hier son statut d’oeuvre d’art? À suivre.

Utilisation du fonds public

Dimanche 15 novembre 2009

Ce soir, une caricature de l’excellent Garnotte, un autre caricaturiste québécois émérite. Du dessin ligne-contour bien maitrisé est un art du vide et plein.

Les signes avant-coureurs de l’épuisement de matières premières incitent progressivement les humains à une remise en question de sa consommation effrénée et insouciante des dernières décennies. Il suffit d’être un tantinet informé, la prise de conscient est un sujet d’actualité. Mais la prise de conscient ne rend pas conscient ce qui ne l’est pas, semble-t-il.

Aujourd’hui, un retour sur la distribution de cendriers portatifs en 2007 par la Ville de Montréal, une autre décision administrative sanctifiée par Marcel Tremblay, jadis également responsable de la propreté au comité exécutif de la Ville de Montréal.

En 2007, le jovial Mon Oncle Marcel, frérot du maire souhaitait responsabiliser les fumeurs montréalais en leur donnant la possibilité de se débarrasser de leurs mégots de façon propre. « Les citoyens [...] n’aiment pas voir les trottoirs et les rues de leur ville couverts de mégots. Je suis convaincu qu’ils seront enthousiastes à cette solution. »

Ainsi, 100 000 cendriers portatifs sont distribués au nom de la propreté. Coût de l’opération : $400 000.

fonds publicÀ défaut d’être un visionnaire et avoir du flair politique, si Marcel Tremblay était au moins calculateur, il aurait faire acheter 33 333 paires de crampons à glace à 12 piastres avec les 400 000 dollars de fonds public pour des citoyens radins, insouciants et téméraires. :mrgreen: Il serait peut-être encore conseiller à la Ville de Montréal aujourd’hui et continue de dépenser les fonds publics pour vous et nous les Montréalais.

Dites, entre-nous, pas trop fort, SVP! Si Marcel n’était pas frère à Gérald, aurait-il été conseiller élu à la Ville de Montréal? Tenez, sans le projet Une île une ville, Gérald Tremblay aurait-il été élu maire de Montréal?

Conseil de Ville de Montréal

Lundi 9 novembre 2009

Nous y prenons goût… décidément.

Nous sommes tombés dessus en feuilletant le journal l’autre jour : un diagramme illustrant la composition du Conseil de ville de Montréal, avant et après les élections municipales de Montréal du 1er novembre.

Au lendemain des élections municipales, nous avons entendu plusieurs mécontents qui considéraient la réélection du bon faux naïf maire Tremblay comme une occasion manquée de la démocratie. On considérait que ceux qui se sont abstenus de voter n’ont plus le droit de chialer du piètre état de nos routes, ni de se plaindre de nos taxes foncières trop élevées et encore moins, à exaspérer du copinage de nos élus municipaux avec des gens qui réfectionnent nos infrastructures routières et autres. Que ceux qui n’ont pas voté se taisent.

Soyons zen! ;-) Voyons cela comme étant de la sagesse populaire.

Voyez-vous, la composition du nouveau Conseil de ville est bien mieux équilibrée malgré qu’il soit choisi par un petit pourcentage de Montréalais. L’exercice du pouvoir démocratique trouve son véritable sens lorsque l’autorité élue n’est pas d’une dominance écrasante qui étouffe toute saine opposition. L’art, par contre, se crée dans l’excessive. La singularité dominante en art est perçue comme un point culminant du firmament. Lorsque cela arrivé au pouvoir politique, il se traduit souvent par une forme de gouvernance opulente, négligeant et défaillante. Il y a là, peut-être, l’une des causes à l’origine des scandales qui éclaboussent l’Administration Tremblay.

Conseil de Ville Montréal

Changement…

Jeudi 5 novembre 2009

La vie est une succession de changements temporellement rapprochés. Le mot « changement » est à l’image de ces mots usuels, apparemment évidents, mais au sens combien différent dépendamment de la personne qui le prononce.

Aujourd’hui, encore un peu de politique à la saveur artistique. Un petit retour sur cette déclaration du bon maire de Montréal, incarnation du changement politique municipale… peut-être, le temps d’un discours et probablement de quelques réunions de suivi à l’image des interminables séances d’approbation du logo du Grand Montréal.

Saviez-vous qu’hier c’est le premier anniversaire de l’élection à la tête des États-Unis de Barack Obama? Lui aussi, il a promis du changement. Malgré sa volonté et son talent politique, les résultats du fameux « Change We Can » tardent à se manifester de façon sans équivoque pour faire taire ses adversaires dénigreurs. Bien que son étoile a légèrement pâli depuis, cet homme politique continue d’incarner le changement, même si l’on ne partage pas ses convictions. Pour ceux qui connaissent notre bon vieux faux naïf maire Gérard Tremblay et Barack Obama, fermez vos yeux deux secondes et faites entendre dans votre cerveau le mot « changement » prononcé par les deux.

Et alors?

Voici maintenant la saveur artistique de ce post : « I want change » de Banksy. La subtilité et l’ironie de Banksy vont toujours de pair. Banksy fait partie de ces quelques artistes graffiteurs qui ont contribué au changement de mentalité du grand public face aux graffitis. Mais il y a aussi ces barbouilleurs de murs aux quatre coins du monde qui font de l’art du graffiti comme des politiciens qui font de la politique un terrain du changement miné par leur propre incompétence.

changement

Pilule magique

Lundi 26 octobre 2009

S’il existe une pilule d’art qui peut vous donner les habiletés d’artiste, la prenez-vous?

S’il existe une pilule magique pour nous donner des habiletés en technologie bureautique, et bien, nous en prendrons assurément une. Notre ordinateur a rendu âme jeudi dernier, après plusieurs années de royaux services dont deux ans pour ce blogue. Disons que la mise en marche d’un nouvel ordi n’est pas de tout repos pour nous des  artistes. Une tâche pénible… les mots de passe oubliés, les configurations trop compliquées, les logiciels qui n’existent plus, les copies de sécurité trop anciennes, pas d’accès à notre grenier d’images enterré dans le ventre numérique de l’ordi défaillant. C’est l’enfer!

En attendant la mise à niveau complète de notre outil de travail, une photographie d’une mosaïque de pilules d’Andy Diaz Hope pour ce court post après plusieurs jours d’absence. Bon, quelques mots à propos de cet art de pilules d’Hope.

Pilule Art

Sans le progrès technologique en imprimerie numérique, si un artiste désirant être un Hope serait condamné à consacrer beaucoup de son temps à développer son habileté de peintre de miniatures s’il voulait produire une oeuvre similaire, avec réalisme. Avec la technologie, l’artiste peut subtiliser le temps d’apprendre à fabriquer ce type d’image et le temps d’élaboration d’image pour le développement de son concept. En alternant et substituant quelques fragments de son image mosaïque en capsules, Hope introduit du coup la notion de casse-tête dans son oeuvre.

Voilà, de l’art de pilules. Un art mosaïque combiné au casse-tête d’allure numérique.

Mouches et créativité

Mardi 13 octobre 2009

Pour bien soutenir le billet de ce soir, des images de mouches.

En passant, que ceux qui éprouvent du dégoût de corps morts s’abstiennent! Il y a quand même un brin d’air macabre malgré la créativité ludique débordante de ces scènes de mouches mortes. Merci à Jo pour les images hilarantes!

Mouche et créativité Mouches mortes
Mouches acrobats Compétition de mouches sprinters
Mouches mâles Mouche en équitation Images: Magnus Muhr

Dès que l’on aborde un sujet traitant de prés ou de loin la mort, la sensibilité de certains est à fleur de peau. Voulez-vous un exemple? Tenez, plusieurs n’apprécient guère la morte d’une souris. Mais bon. C’est comme ça la vie. Nous y habituons lentement. Par contre, un échange avec un lecteur nous a ravis aujourd’hui. Il nous a reconduit sur le processus artistique d’Hirst. Bref, tout s’équilibre dans le grand cycle de la vie.

Revenons sur ces images de mouches mortes, selon vous, est-ce de l’art? Il y a manifestement de la créativité, mais est-ce suffisant de les considérer comme étant des oeuvres d’art? Si c’est signé Hirst, et bien, elles seraient assurément considérées comme de l’art. Sinon, on pourrait les considérer de l’art insolite. Pourquoi?

Une partie de la réponse se trouve dans la définition d’un produit. Une oeuvre faite de mouches mortes signée Damien Hirst est un produit artistique et culturel qui répond à la définition du cycle de vie d’un produit. Il s’agit d’une règle définie de notre société moderne. Elle régularise le fonctionnement de la productivité, fondement de l’économie. Quant à ces images de mouches, elles ne sont que l’embryon d’une idée créative.

Une autre partie de réponse réside dans cette variation sur un terme de mouches, qui illustre par son vocabulaire visuel la limite de cette belle créativité macabre mais délirante. Malgré l’illustration de lieux communs, cette créativité ne génère guère de sens autre que la représentation humanoïde des mouches. Néanmoins, ces images de mouches mortes font sourire. Elles nous procurent un moment de détente bénéfique pour parler de l’art. En espérant que ce soit tout autant pour vous!

Politique culturelle chinoise…

Vendredi 2 octobre 2009

Il y a ces journées comme aujourd’hui où nous avons une multitude de sujets en tête, sauf assez de temps pour les écrire tous. Nous aurions aimé parler de Roman Polanski et de sa célébrité, de cette photo de Brooke Shield, enfant, nue, de l’importance des titres dans l’oeuvre d’un artiste, du suicide, de l’art chinois… eh oui, encore! Nous voulions aussi écrire quelques lignes à propos des impacts de l’évolution technologique sur la vie des portraitistes de Mao.

Saviez-vous que cet immense portrait de Mao à la Place Tienanmen est peint par des humains? Si si! Comme dans le bon vieux temps. Bref, il faudrait avoir plusieurs heures devant nous pour ficeler des petits billets autour de ces images que nous avons en tête. Encore ce soir, nous filons juste pour un billet de flirt.

C’est quoi encore cette chanson française? Pour un flirt avec toi, je ferais n’importe quoi, pour un flirt avec toi… pour un petit tour, un petit jour…

Bon, en ce lendemain du 60e anniversaire de la Chine communiste, un passage du Petit Livre rouge de Mao sur l’art et la culture pour clore le billet.

La politique « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » vise à stimuler le développement de l’art et le progrès de la science, ainsi que l’épanouissement de la culture socialiste dans notre pays. Dans les arts, formes différentes et styles différents peuvent se développer librement, et dans les sciences, les écoles différentes s’affronter librement. Il serait, à notre avis, préjudiciable au développement de l’art et de la science de recourir aux mesures administratives pour imposer tel style ou telle école et interdire tel autre style ou telle autre école. Le vrai et le faux en art et en science est une question qui doit être résolue par la libre discussion dans les milieux artistiques et scientifiques, par la pratique de l’art et de la science et non par des méthodes simplistes.

Ainsi écrivait le Grand Timonier Mao le 27 février 1957 dans « De la juste solution des contradictions au sein du peuple » C’est écrit presque dix ans avant que le début de la révolution culturelle chinoise durant laquelle ce slogan « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » s’est transformé en bouleversement social, politique et culturel.

Avez-vous remarqué que le style de discours de Mao ressemble beaucoup à un texte biblique, formulation très simple, de la répétition. Une sorte de message contorsionniste en cascade qui s’adresse à la masse populaire.

Politique culturelle chinoise

Tenez, encore un peu de Mao pour accompagner ce monument chinois. « Oeuvres choisies de Mao Tsétoung, III », 1944 : Une armée sans culture est une armée ignorante, et une armée ignorante ne peut vaincre l’ennemi.