Images et textes sur 'Un peu d'Histoire de l'art'

 

Images de Noël… peintes par un grand artiste

Jeudi 25 décembre 2008

Aujourd’hui, encore quelques images de Noël, mais peintes par un grand artiste, Georges de la Tour. Si vous ne connaissez pas cet artiste, ce n’est pas bien grave. Car peu de gens ne connaissent vraiment sa vie, ni sa carrière d’artiste. Prenez-le comme une marque de commerce tels que Frigidaire, Sony, 3M, etc. La vie d’un artiste, ce n’est que du potin. On s’en fout, sauf si vous vouliez devenir vous-même un artiste, non?! ;-)

Pour apprécier la production artistique d’un grand artiste, il faut regarder longuement son oeuvre et vous laisser imprégner de son oeuvre. La cohérence de l’expression artistique d’un grand artiste est facilement absorbable… et absorbante. Car tout art devrait donner au monde le sentiment que c’est facile. Car l’extraordinaire, le merveilleux, le fantastique… c’est divin comme l’esprit de Noël! Demandez-le aux enfants.

Tenez, un exemple d’un ouvrage bien fait. Quand vous êtes derrière le volant d’une Ferrari, semble-t-il que votre corps adhère au siège; vos bras, un allongement du volant, et la puissance du moteur vous transcende. Elle vous transporte littéralement. C’est carrément une communion entre vous et la voiture. Cependant, vous comprenez que cela ne fait pas de vous un Michael Schumacher. Comme là, les trois images du mythe de Noël de La Tour que nous détournions pour illustrer ce billet nous transportent. Elles nous font voyager dans le temps. Elles nous chuchotent, mots et idées. Voilà, quand l’oeuvre est grande, l’artiste s’efface, et le billet du blogueur, facile à écrire.

En passant, nous n’avons pas consommé de matière hallucinogène mais bien l’allégresse des fêtes nous ivre de bonheur.

George de la Tour a vécu dans la première moitié du 17e siècle. Durant son vivant, les Hollandais ont fondé au sud de l’île de Manhattan le Nieuwe Amsterdam ou la Nouvelle-Amsterdam, avant le perdre aux mains des Anglais qui l’ont renommé New York. Car le roi Charles II d’Angleterre l’a offert en cadeau à son frère, le Duc de York. Toutefois, nous ne savons pas si c’est un cadeau de Noël. ;-) Mais c’est précisément à cette époque qu’a débuté l’histoire du Père Noël en Amérique.

En 1614, l’année de la fondation de New York, Georges de la Tour a possiblement été en Italie pour parfaire son apprentissage de peintre comme de nos jours, un weekend de Pâques à New York pour de jeunes universitaires en arts visuels. Par contre, George de La Tour y aurait demeuré plusieurs années.

Voilà! Les trois dernières images de Noël de cette année, cette fois-ci, sur le mythe de la Sainte Famille, peintes par George de la Tour : l’Éducation, la Naissance et le Nouveau-né. Joyeux Noël à tous!

Image de Noël - Vierge Marie enfant

Image de Noël - La Naissance

Image de Noël - Nouveau né

Jeux d’enfants

Dimanche 30 novembre 2008

Dans ce dernier post du mois, un peu d’enfance, encore.

Le titre « Jeux d’enfants » de ce soir vient de Pieter Bruegel l’Ancien, il s’agit de l’un de ses tableaux célèbres. Mais pourquoi Bruegel? Que pouvions-nous bien gribouiller de plus, puisqu’il existe peu d’écrits sur ce maître flamand primitif, un peu comme dans le cas de Georges de la Tour.

Jeux d’enfants

Tout à l’heure, nous avons eu cette folle idée d’écrire sur la «topographie», par amusement. Mais, de fil en aiguille, de «typo», «style», «forme», «font», «texte», «lecture», «alphabétisation», «éducation » à l’«enfance», les mots s’enchainent naturellement. Un jeu d’enfant! De là, surgissent de notre esprit vagabond et mal maîtrisé : Guetenberg et l’invention de l’imprimerie.

Eurêka… mais de courte durée!

Évidemment, nous ne voulons pas soulever une nuée de protestations qui déferlera à notre porte 8O en ce dimanche soir paisible de fin de novembre, pour le simple fait d’avoir eu cette pensée interrogative, si fugace, mais apparemment révisionniste sur le véritable inventeur de l’imprimerie : Gutenberg ou les Chinois.

Oups, trop compliqué. Donc, pas de sujet sur la typo aujourd’hui. ;-)

Mais, comme il faut préserver la fragile dimension artistique de ce blog. C’est-à-dire, dans la mesure du possible, rehausser la valeur de nos textes tous azimuts en les agrémentant de pensées lumineuses d’un érudit et de chefs-d’oeuvre picturaux ayant déjà affrontés le jugement du temps, afin de soutenir l’insoutenable légèreté de nos éphémères divagations. Voilà la raison première du tableau « Jeux d’enfants ». Bruegel démontre par son oeuvre picturale une acuité de son esprit critique sans égal à propos de ses contemporains.

Puisque nous étions sur la trace de Rousseau l’autre jour, après avoir saupoudré notre dernier billet Images d’enfants de quelques bribes de son discours sur les sciences et les arts, le lien se fait donc naturellement : Rousseau et Postman.

Mais, qui est celui-là?

Niel Postman, érudit, penseur, éducateur et écrivain américain de la 2e moitié du 20e siècle. C’est tout récent. Nous avons découvert ses écrits par action heureuse d’un ami savant. Rousseau et Postman portent tous les deux un intérêt profond à ses semblables et à la société dans laquelle ils ont vécu.

En 1982, Neil Postman soutient l’idée du déclin de l’innocence dans la culture américaine dans un livre intitulé « La disparition de l’enfance ». Il souligne le double discours de la société américaine à ce qui traite de l’enfance en parlant de l’influence de la télévision sur l’éducation et de ses effets néfastes sur les enfants américains dans la construction de leur perception : Nous adorons nos enfants. Pourtant, notre culture populaire représente une menace hostile et dommageable pour eux.

Postman trace une parallèle savoureuse entre la culture populaire américaine et celle du Moyen-Âge. Selon lui, la véritable «enfance» émerge de la civilisation occidentale avec le développement de l’imprimerie et l’alphabétisation de la masse. L’enfance est précisément cette période de la vie durant laquelle un enfant pour devenir adulte civilisé, a à comprendre progressivement le fonctionnement social complexe et codifié, par le biais de l’apprentissage des connaissances, de la raison, de la maîtrise de soi et de la honte. Du point de vue social, c’est l’alphabétisation et l’éducation. Tout cela débute par le développement de l’imprimerie.

Selon Postman, l’absence de l’alphabétisation, l’absence de l’idée de l’éducation, de l’absence de l’idée de la honte – ce sont les raisons pour lesquelles l’idée de l’enfance n’existait pas dans le monde médiéval. Il nous rappelle que dans la représentation picturale de fêtes de villages médiévaux, les hommes et les femmes boivent, mangent et partagent ouvertement la vie de luxure et de misère, en présence de leur progéniture. Voilà la 2e raison pour ce tableau de Bruegel l’Ancien, qui a vécu entre la fin du Moyen-Âge et le début de la Renaissance. Ces fêtes de villageois décrites par Postman sont omniprésentes dans l’oeuvre de Bruegel.

Les Jeux d’enfants (détail)

Qu’y a-t-il de plus dans ce livre sur la fin de l’enfance de Postman? Bien plus que ces lignes mâchouillées fort malhabilement par nous. C’est tout un diagnostic sur l’évolution de la société américaine depuis 1950, avec l’arrivée de la télévision qui a été précédée par l’invention du télégraphe. Postman, c’est cette grande capacité rationnelle et savante à nous présenter une sorte d’ossature de l’évolution de notre civilisation moderne. À partir de cette ossature, il nous illustre sa composition de mille ornements, avec habileté et simplicité.

Bonne fin de dimanche!

Image de chasse

Mercredi 26 novembre 2008

Semble-t-il que les amateurs de chasse, les amants cruels de la nature se dissimulent un peu partout dans nos forêts québécoises en attente de leur proie. Il ne fait pas un peu frette (québécisme : froid), mes sieurs les chasseurs? Vous êtes fous! ;-)

Aujourd’hui, de l’art animalier, deux images de chasse.

Le sujet semble banal, mais la réalité est tout autre. Des peintres de toutes les époques le pratiquent, on s’adonne allègrement à peindre chien, chat, lièvre, agneau, cerf, lion, tigre et autres. Des exemples n’en marquent pas, surtout dans les musées européens. D’ailleurs, tout le monde connaît un peintre ou deux qui affectionnent l’art animalier dont les autres ne savent même pas leur existence. Parmi les artistes connus, nous ne pouvons ignorer les Chardin, Rubens, Delacroix, Géricaux, Goya, Vélasquez, Degas, Bacon…

Oups! Nous avons presque oublié celui-là, Hirst.

Même si Hirst est un sujet récurrent sur ce blog, c’est quand même la première fois que nous mettons en perspective deux images de chasse de façon dichotomique. Soyez rassuré, pas d’image de chasse à la Hirst aujourd’hui.

Aujourd’hui, deux images de chasse de nature opposée. Elles sont de deux époques, de deux styles, de deux représentations du visible, mais d’une composition similaire comme les jumeaux de la louve.

D’abord, le plus renommé des peintres québécois, Jean-Paul Riopelle, chasseur invétéré de son vivant, être passionné, artiste d’une intensité sans pareil. Son tableau, abstrait. Le second tableau, réaliste, par un artiste français. Nous sommes convaincus que peu le connaissent, pas plus pour nous-mêmes, François Desportes. Nous l’avons découvert en écoutant le débat des chefs entre Charest, Dumont et Marois.

Ouf! Quelle lutte de ruelle… de mots!

Image de chasse moderne

Image de chasse à l’ancienne

Êtes-vous surpris? Nous ne parlons pas du débat des chefs, mais bien de ces images que nous qualifions de chasses de gibiers? L’une est une évidence, mais l’autre l’est beaucoup moins.  Attendez, le loup est caché! :-) Allons-y! Décortiquons-les ensemble.

D’abord, une sombre «forêt» en arrière-plan, située à gauche, notamment. Un «sujet» qui représente le carnage d’une chasse au centre, la lutte s’amorce du côté gauche du tableau, en forme de boucle ovale. Dans le tableau de Riopelle, la boucle est légèrement dressée. Ça va? Vous nous suivez? Si vous trouvez ce billet d’une platitude à proscrire, laissez-nous savoir. Nous traiterons d’autres sujets la prochaine fois. Vous nous êtes précieux! Pas de chance à prendre.

Nous continuons. ;-)

Environ une sixième de la surface du bas des deux tableaux représente l’«avant-scène» entre vous et le sujet central du tableau; le ciel dans le tableau de Desportes apporte de la profondeur au paysage de sa scène de chasse. Une ligne diagonale invisible traverse le tableau du coin de ciel bleu au coin inférieur gauche du tableau, aux couleurs terre brûlée et ocre, en passant par une combinaison de pattes de chiens, l’oeil du cerf et son bois. Une ligne diagonale, également présente chez Riopelle pour les mêmes effets recherchés, soit de faire voyager votre regard sur les trois plans du tableau : l’avant-scène, le sujet et l’arrière-plan. Dans le tableau de Riopelle, il n’y a pas de ciel clair, mais de couleur sombre. Comme son tableau de chasse est moins haut, donc juste un peu de sombre forêt ténébreuse et funeste à la place.

Finalement, un «corridor vertical» situé à la droite du tableau, une zone neutre et secondaire. Dans le tableau de Riopelle, des giclements de peinture blanche verticaux et ciselés délimitent ce «corridor de circulation» pour les déplacements de votre regard. Chez Desportes, le ciel, l’arbre au loin et l’avant-scène sont traités avec moins d’éclat.

La tension des deux scènes de chasse est palpable. Chez Riopelle, si nous ne voyons point de bête féroce ou de victime innocente, la brutalité d’une lutte acharnée demeure à finir tout comme chez Desportes. Sauf, sur cette seconde image de chasse, tout est visible. De la décrire avec des mots, ce serait de trop. Si vos yeux avaient besoin de répit, fatigués par l’acharnement de la meute de chiens sur le désespoir sort du cerf, le ciel paisible au loin et les tendres feuilles printanières sont là pour un effet d’évasion momentanée de votre esprit agité. Tout est prévu par un artiste qui maitrise les préceptes de l’art animalier de l’autre époque.

Un peu long ce billet, ne le trouvez-vous pas? Coupons!

Le tableau de Jean-Paul Riopelle, adjugé pour 1,4 million de dollars lors d’une vente de la maison d’encan Heffel, mercredi dernier dans la Ville reine. Il est intitulé Sans titre ou Composition 2, date de 1951 et mesure environ 1,3 sur 1,6 mètre.

La toile de François Desportes, Cerf aux abois, classée trésor national de la France, faisant partie d’une série de six, ou peut-être même de sept toiles à sujet de chasse, commandées pour décorer le nouveau cabinet du roi Louis XV. Desportes en a peint quatre et Jean-Baptiste Oudry trois. Les trois autres tableaux de Desportes sont Un sanglier coiffé par deux lévriers, Un retour de chasse et Un loup attaqué par six chiens.

Savez-vous quoi, Philanthropie? La France sait au moins comment protéger son patrimoine culturel… par de dispositions législatives, le Cerf aux abois, est demeure sur le territoire français, c’était arrivé en 2004.

Art ASCII – Que Dieu bénisse le talent!

Dimanche 2 novembre 2008

Ah déjà novembre, un autre mois de bonheur! :-) Pour ce premier billet du mois, de l’art ASCII.

L’art ASCII est une pratique à saveur artistique qui a commencé avec l’arrivée des ordinateurs mainframe d’IBM. De sa plus simple expression comme les émoticônes que tout le monde a probablement utilisés au moins une fois dans un courriel comme celui-ci :-) , à la reproduction de photos en 3D comme celui-là.

Portrait en art ASCII

L’art ASCII consiste à réaliser un dessin à l’aide des caractères contenus dans le code ASCII – American Standard Code for Information Interchange. À une époque lointaine de notre civilisation, ;-) des informaticiens-artistes ont essayé de démontrer l’immense possibilité graphique d’une imprimante IBM en inventant cet art de transfert d’images. On peut sûrement appeler cela, un effet de la technologie.

L’art ASCII d’aujourd’hui n’a plus la même signification que celui qui est pratiqué dans les années 70.  De nos jours, on peut réaliser de l’art ASCII à l’ancien, avec un simple éditeur de texte. Mais, il existe maintenant de nombreux logiciels très sophistiques qui peuvent convertir une image en oeuvre d’art ASCII en quelques secondes comme ce portrait sur fond noir. Si l’on pratique de l’art ASCII sans recours à un logiciel, cela demande évidemment, du temps et de talent.  Cette fois-ci, un autre effet de la technologie : le mythe du talent en a pris pour son rhume.

À une époque encore plus lointaine, toujours de cette même civilisation qu’est la nôtre, le talent est considéré comme étant un don du Ciel ou la grâce des dieux. Mais le talent artistique est-il vraiment une potion magique dont seuls les dieux gardent sa recette?

Nous pensons que peut-être ce ne serait pas le cas. Le talent est avant tout, aptitude, savoir-faire et habileté. Cependant, l’éclosion du talent demande une prédisposition de mesures incitatives, une circonstance déclencheur et des conditions favorables qui le maintiennent dans un état de manifestation optimale. On dirait que le talent est presque un produit matriciel.

Mes sieurs et dames, voyez-vous, c’est peut-être plus magique de dire que le talent est inné et divin. Que Dieu bénisse le talent! Tant que de rêver, rêvons ensemble à deux jours du présidentiel des États-Unis, mes frères et soeurs! ;-)

  • Que les Américains pauvres aient un système de Santé public avant que nous démolissions le nôtre;
  • Que l’industrie d’automobile américaine amorce le tournant vert et les architectes repensent l’urbanisme étalé;
  • Que des incitatifs fiscaux soient mis en place pour changer la mentalité américaine sur la surconsommation et que le monde l’imite;
  • Que l’embargo sur Cuba soit levé;
  • Que des négociations de paix entre la Palestine et Israël soient;
  • Que les Marins américains ne sacrent pas leurs camps dans 16 mois sans que l’on panse les plaies des Irakiens (« Sacrer son camp! » une expression québécoise, une similitude à « Casse-toi! Pauvre con! ») ;
  • Avec le temps, ce n’est pas tout s’en va, mais bien tout devient bon. Que l’on négocie avec les talibans, après tout, Kadafi est devenu un allié. Pourquoi pas copain copain tout de suite?
  • Qu’il n’y ait pas une Amérique blanche, une Amérique noire, une Amérique hispanique ou asiatique. Quand on demande la grâce de Dieu, ne soyez pas égoïstes, que Dieu bénisse les artistes…  :oops: Pardon! Que Dieu bénisse nos amis blogueurs… Doh! Vraiment désolé! Que Dieu bénisse notre monde!

On dirait que ce billet est aux couleurs pastels. Bon sang! Nous sommes galvanisés! Change We Need!

Musée Saatchi

Lundi 6 octobre 2008

Le sujet d’aujourd’hui: le Musée Saatchi.  Vous diriez peut-être, « Qui est celui-là? Où ça, ce musée? »

Minuuute. Ce n’est qu’un prétexte le sujet du Musée Charles Saatchi. Nous voulons vous parler de Saatchi, une légende vivante du monde de l’art contemporain. Mais pas facile avec un nom étrange comme celui-là. La raison pour laquelle nous avons ajouté le mot « Musée ». Ça sonne plus familier comme dans « Musée du Louvre », contrairement à Tate, MoMa, Met, Rijks, etc.  Tous des noms à coucher dehors.

Vous les trouvez plus faciles? Bon… vous nous embêtez juste pour avoir raison, n’est-ce pas?! :roll:

Charles Saatchi est celui qui a cru en Damien Hirst, artiste contemporain le plus riche au monde et, sans doute aussi le plus remarquable de la première moitie du 21e siècle… ça, c’est selon nous. Vous nous direz dans 40 ans si nous avions vu juste.

Oups! C’est loin ça. Nous serions très vieux si nous étions encore vivants, probablement avec une hanche et des genoux en plastique, les yeux en verre bionique, un coeur mécanique… tout ça se fera dans le nouveau CHUM, rue St-Denis, à Montréal! Pensez-vous que l’on pourrait aussi faire changer notre cerveau quand il ne sera plus opérationnel? Ô Science, mère de toutes les espérances!

Que parlions-nous? Ah oui! De Saatchi et du Musée Saatchi! :-)

Saatchi a acheté au Young British Artist fringant et controversé que fût jadis Hirst, une tête de vache en décomposition, objet indigne du mot « Art » pour certains. Saatchi a aussi contribué à lancer la carrière de l’Américain Jeff Koons, qui, s’il n’est pas le 2e artiste contemporain le plus convoité de notre monde, sera parmi les 3 premiers.

Les acquisitions d’oeuvres d’art par Charles Saatchi, ex-publiciste au talent remarquable, peuvent lancer non seulement la carrière d’un artiste de façon phénoménale. De plus, il conditionne les tendances du marché de l’art. Vous dites sans doute, l’une ne va pas sans l’autre.

Ce nouveau musée à Charles Saatchi est dédié à l’art contemporain. Son fondateur souhaite notamment faire intéresser au grand public l’art contemporain. On espère plus d’un million de visiteurs par an. L’objectif est clair et net comme l’on dit au Québec : Y a pas de niaissage!

Pour lancer son musée, Saatchi mise sur trois éléments : un lieu in, des bons associés et des artistes de talent. D’abord, le bâtiment de style néo-classique et circulaire de 6,500 mètres carrés, à Chelsea – Le Duke of York’s HeadQuarters.

Musée Saatchi

Ensuite, Charles Saatchi s’est associé à la maison d’enchères Phillips-De Pury & Company pour permettre une entrée gratuite au grand public. Qui veut payer pour aller voir une exposition d’art contemporain? D’accord, il y a des artistes qui iront. Ensuite, qui d’autres? Saatchi a tout compris.  C’est aux riches collectionneurs de payer les frais de commission le soir quand ils achèteront les oeuvres exposées. Brillant, n’est-ce pas? Si nos politiciens ont vraiment à coeur la gratuité des soins de santé pour tous… Néanmoins, il y a là, des pistes à réflexion.

L’exposition inaugurale « La Révolution continue: l’art contemporain chinois » se tiendra jusqu’au 18 janvier 2009. Les têtes d’affiche? Deux artistes chinois déjà célèbres pour mousser le tout : Zhang Xiaogang, connu pour ses portraits de Popa, Moman, grande soeur, frérot et camarades, ou une quelconque combinaison, inspirés des portraits de famille. Le 2e artiste chinois célèbre fait partie de l’exposition, Yue Minjun, avec ses visages hilares, ainsi que 22 autres artistes moins connus, que nous vous épargnons les noms tous différents. Voilà! Le compte est bon, 24 artistes chinois pour la suite de la révolution de l’art contemporain au Musée Saatchi.

La Révolution continue: l’art contemporain chinois

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Charles Saatchi est un collectionneur et homme d’affaires très discret. Né en Irak en 1943 dans une famille juive prospère.

Il a fait fortune en créant en 1970 avec son frère Maurice l’agence de publicité Saatchi & Saatchi, qui deviendra dans les années 1980 la plus importante au monde. L’agence a été notamment chargée de la campagne électorale de Margaret Thatcher en 1978. 

Pour ceux qui aiment la précision, la Dame de fer a eu un règne de 10 ans et une carrière de 20 ans débutant le 20 juillet 1970.

Damien Hirst et son pari

Mardi 16 septembre 2008

Damien Hirst a gagné son pari : au lieu qu’une œuvre soit vendue pour le prix affiché, il l’offre aux centaines d’acheteurs potentiels.  Rien de nouveau?

Le pari de Damien Hirst est une exposition individuelle intitulée « Beautiful Inside My Head Forever » chez l’une des deux plus prestigieuses Maisons d’encan au monde au lieu de se contenter une exposition dans une galerie pour toucher environ 50% de la recette des ventes. Deux séances chez Sotheby’s Londres, hier soir la première et une autre aujourd’hui, totalisant $200,752,180 USD. Du coup, Hirst vient de redéfinir le mot « exposition ». Il vient d’ajouter à la structure traditionnelle de lieux de diffusion, tels que galerie, centre de diffusion, festival, biennal et foire, une supra couche qu’est une Maison d’encan, dans un seul et unique but de générer davantage de profits avec les mêmes produits, soit ses créations récentes.

Rappelez-vous de ses généreux cadeaux de Noël offerts à la Tate de Londres? Hirst sait comment se mettre en valeur… et se faire aimer.

Damien Hirst et son pari

En ce début de siècle, Hirst a maintenant la main mise sur le titre du plus grand artiste du 21e, plus qu’aucun autre artiste vedette des arts visuels contemporains : faire de la réussite financière la continuité de sa réussite artistique. Chutera-t-il ou ne chutera-t-il pas, l’indicateur Hirst?

Il y a dorénavant pas la cote d’artiste de Damien Hirst, mais bien la valeur de l’indicateur Hirst. Cet indicateur n’est plus artistique à la saveur financière, mais bien une industrie artistique à la Hirst comme Google qui n’est pas juste un puissant moteur de recherche avec ses succès commerciaux et ses éminents cerveaux d’ingénieur-informaticien. C’est l’action Google qui symbolise la réussite de Google au même titre que le prix unitaire d’un hamburger MacDonald à une époque non lointaine.

Souvenez-vous de cela? À une autre époque où la santé et les gras trans n’étaient pas encore un enjeu que tout le monde en parle, on évaluait la valeur d’une devise à l’aide du prix d’un Big Mac.  32 roubles pour un Big Mac à Moscou, à 50 renminbis à Pékin ou une quelconque somme de couronnes à Prague. Le prix d’un Big Mac a été un indicateur du progrès économique d’un pays.

Le premier chapitre de l’histoire de l’art du 21e a commencé par Hirst en 1998. Depuis, il a sans cesse noirci des pages de ce grand livre. L’histoire ne réserve que de maigres marges pour les autres artistes, même si l’on s’appelle Jeff Koons.

En art, Picasso et Warhol se sont départagés les moments forts du 20e siècle.

Picasso a fait détrôner le Beau de son piédestal des Beaux-Arts par le Laid. Si vous préfériez, le Cubisme et plus tard, le grotesque. Picasso a su donner à l’effondrement du système classique du Monde Ancien, absolu et hiérarchique, une imagerie alternative à l’image du Relativisme de la physique moderne, le Darwinisme pour l’évolution des espèces, la psychanalyse de Freud et la mort de Dieu de Nietzsche.

Warhol a fait exister le « Moi – artiste » à travers le Star Systeme. Ce que l’artiste est capable de faire ou dire est peut-être important. Mais rien n’est plus important que de faire dire, faire voir et faire percevoir au public.  Warhol a fait en art à la 2e moitié du XXe à l’image du Marketing est au développement d’un nouveau produit : créer le besoin en image; innover le concept; ensuite, miser sur la télé et le vedettariat pour faire propager et aimer son produit.

L’importance de l’Orange Marilyn n’est ni la couleur, ni Marilyn elle-même. Mais bien l’image d’une Marilyn morte sur fond orangé iconique choisi par Warhol, à l’aide d’une technique moderne de reproduction qu’est la sérigraphie. Warhol a inventé sa machine à imprimer des billets Warhol.

Bon, il se fait tard. Quand on est vieux, on a beaucoup à dire, une chance, l’appel du sommeil rééquilibre le tout. Ah oui, la conclusion… Picasso a laissé tomber le fignolage pour produire, plus et encore plus d’œuvres, signées Picasso; Warhol a su miser sur la mécanique pour reproduire des images à volonté; Hirst, à l’aide de ses cahiers des charges, il sait obtenir de ses centaines assistants des produits artistiques et originaux, d’une qualité homologuée, signés Hirst.

Connaissez-vous le pari de Pascal? Blaise Pascal.

Le pari de Pascal n’est pas seulement de croire en Dieu. Bon, si ça ne vous tente pas de lire ses Pensées, nous vous ferons un résumé la prochaine fois si nous n’avions pas de sujet d’actualité à radoter.

Incompétence et manque de professionnalisme

Lundi 21 juillet 2008

Maintenant que Sir Paul a frôlé le sol de notre Vieille Capitale. Il a signé une guitare et comblé les quelque 250,000 spectateurs de joie et bonheur. Souhaitons que l’on oublie vite cette petite controverse autour de sa venue à la Fête du 400e et de l’égarement de nos trois députés… En passant, ce petit billet n’est pas une critique voilée, ni un clin d’oeil à la satire de Laurence J. Peter.

Donc, dans un tout autre ordre d’idées, vous le savez, sans doute! Quelques oeuvres du Louvre sont à Québec pour souligner le 400e. Elles y demeurent un peu plus longtemps que Sir Paul. Vous n’auriez pas besoin à faire le pied de grue pour les voir. Les médias et les organisateurs ont beaucoup utilisé des images de Zéphir et Psyché du sculpteur belge Henri-Joseph Ruxthiel, pour mousser les oeuvres du Louvre à Québec. C’est toujours séduisant, une sculpture de facture classique, deux corps nus de jeunes personnes qui s’enlacent, debout dans l’espace.

Psyché, elle est la fille d’un roi. Elle a deux sœurs. Toutes les trois sont d’une beauté hors de l’ordinaire, mais seules ses deux sœurs trouvent un époux. Semble-t-il que les princes refusent la main de Psyché, croyant que celle-ci est une déesse de la beauté et se mettent à l’adorer comme une divinité. Et Aphrodite, la toujours méchante, jalouse de Psyché, confie une mission à Éros – petit ange qui lance des flèches à tous les 14 février, de rendre Pysché amoureuse d’un homme le plus méprisable qui soit. C’est méchant, n’est-ce pas? Dites oui. :-)

Mais, dans cette mission impossible, le petit chérubin tombe en amour de Psyché en se blessant de l’une de ses propres flèches. Incompétent et un manque total de professionnalisme! Comprenez-vous maintenant pourquoi il y a toujours quelques coeurs brisés à la St-Valentin? Probablement par l’incompétence et le manque de professionnalisme d’Éro. Voici l’image du délit antique.

Incompétence et manque de professionnalisme

Le père de Psyché, désespéré de voir sa fille sans homme… avec qui partage la vie, supplie Apollon de faire un miracle. Qui a parlé au nom d’Apollon? Une prêteuse frustrée – la Pythie est catégorique et sans appel : Psyché doit être abandonnée sur un rocher. Le roi l’a cru et le prend au mot: Sa fille sur un rocher en pleine mer, nue comme un ver! Là, un doux Zéphyr s’élève et l’emporte au loin, dans un magnifique palais. Éros la rejoint la nuit tombante. Ils ont fait l’amour et Psyché a eu une fille nommée Volupté.

Voilà, le rocher vu par Henri-Joseph Ruxthiel. Ce gros bloc de marbre n’est pas juste le socle de la sculpture. Au 20e siècle, deux courants de pensée en sculpture s’affrontent, les socles exagérés et les sans-socles. Rien de ça dans celui-ci.

Zéphir et Psyché

Dans ce mythe de Psyché, il y a là aussi un peu de Cendrillon. Le monde de Disney a une source très lointaine. En passant, il n’y aura pas de mariage à la Cendrillon pour Salma Hayek et François-Henri Pinault, semble-t-il. Notre prochain sujet: Amour et milliardaire. :-|

Si vous ne connaissez pas cette histoire d’incompétence d’Éros, à lire l’histoire de Zéphir et Psyché à l’aide de Google!

Mères célèbres

Dimanche 11 mai 2008

Certains disent que le mot « Maman » est le plus beau mot de notre vocabulaire. Dimanche dernier, nous, les Québécois, nous avons fêté nos mères au même moment que les Américains comme le veut la tradition nord-américaine, soit le 2e dimanche du mois de mai, initié par l’Américaine Anna M. Jarvis en 1906. En France, semble-t-il, ce sera le 25 mai pour cette année. Les Russes, eux, ils célèbrent la fête des Mères le dernier dimanche de novembre.

À notre façon, avec quelques jours de retard, mais suffisamment d’avance pour l’an prochain, ;-) nous soulignons l’importance des Mères dans l’Histoire de l’art, au fil des siècles…

  • D’abord, la Vénus de Villendorf, femme et mère de la préhistoire. Comme vous pouvez le voir, l’art imite la nature à son début.
  • Un peu plus tard, il y avait la mère des divinités grecques, Rhéa. Elle règne sur l’univers avec Cronos. Mère divine et aussi mère protectrice. Car son foutu mari Cronos cherche à échapper à son destin de se faire détrôner par l’un de ses enfants et n’a trouvé de meilleure solution que de dévorer ses enfants. Bravo Maman Rhéa qui a su sauvé son enfant le plus célèbre, Zeus!
  • Quelques siècles plus tard, il y a sainte Anne, Mère de la Vierge Marie. Après un mariage de vingt ans sans enfants avec Joachim, avec bien des prières et des humiliations, Anne enfante Marie. Giotto peint le baiser des époux. Mais, à partir de la fin du XIVe siècle, la rencontre des époux et le baiser sont remplacés par l’Immaculée Conception.

Sainte Anne - Mère de la Vierge Marie

  • Arrive alors la Renaissance, Marie détrône sainte Anne dans le rôle de Mère officielle de l’humanité. Elle devient la représentante unique de l’Immaculée Conception. Quoi de mieux que l’énigmatique Mona Lisa, avec son sourire, de Da Vinci pour représenter la Mère célèbre de la Renaissance?
  • Durant le siècle d’Or, Rembrandt peint sa Maman lisant la Bible. L’œuvre est aussi connue sous le titre « Anne la prophétesse lisant ». Du même coup, la mère de l’artiste se hisse parmi des saintes femmes.

Mère de Rembrandt, mère d’artiste

  • Un autre siècle plus tard, pendant que les artistes cherchent des prétextes pour dénuder le corps féminin, Ingres peint sa Sainte Vierge, la Mère de Dieu avec une pureté certaine.

Sainte-Marie, Mère de Dieu

  • La génération suivante? William Bourguereau, « Mère ». S’il reste encore un peu de sainteté… il y a là, surtout une scène de vie du XIXe.

Mère, par Bourguereau

  • Picasso, mère et enfant, avec tendresse maternelle et la lourdeur du devoir de mère, période bleue. Fille Mère ou mère monoparentale? Certains diraient, mais quelle vision, ce Picasso!
  • Et de l’art moderne et contemporain, vous dites? Voilà, le mystère de la vie utérine dévoilé par Dr von Hagens.

Bonne fête à toutes les mères célèbres de ce monde! L’Histoire de l’art n’a pas fini de parler de vous!