Images et textes sur 'Sang'

 

Salomé

Lundi 24 janvier 2011

SaloméN’est-ce pas sublime comme concept pour illustrer cet opéra d’un acte de Strauss?

… pour avoir capté sur pellicule le regard figé et fixe de cette Salomé dont le visage est taché de sang et les iris qui se contractent par une source de lumière saisissante.

On dirait que c’est le visage de Salomé au moment fatal du prophète Jochanaan (Jean Baptiste) où la mort se percute sur ce visage d’adolescente sauvageonne.

L’art, c’est l’expression artistique qui capte ces moments d’émotion palpable.

Dernière précision : Nicola Beller Carbone, soprano, dans le rôle de Salomé et Yannick Nézet-Séguin à la direction… mars prochain, à Montréal.

Croire

Dimanche 4 avril 2010

Croire

Il y a dans la croyance, l’action de croire. À Malaga, au sud de l’Espagne, lors de la procession de Pâques, des croyants soutien- nent le crucifix.

Si vous étiez dans les rues de la ville de Verbicaro, au sud de l’Italie durant la semaine sainte, des jambes couvertes de sang comme celle-ci, vous en verriez plusieurs. Dans une ultime étape de la procession, les pénitents, appelés Battenti,  frappent leurs jambes avec un cardillo, bouchon Jambes ensanglantesde liège avec des morceaux de verre. Les ensanglantés marchent en groupes de trois dans les rues, ils s’arrêtent devant les églises et chapelles pour demander le pardon.

Image : REUTERS / Alessandro Bianchi

Une image dure à regarder…

Lundi 1 février 2010

Oui, c’est dur à regarder cette image. La mort n’est jamais beau à voir.

Le mot suicide signifie se massacrer soi-même. Pas difficile à prononcer comme mot. c’est tout doux. Pas comme le mot tuer… celui-là, c’est agressif, ça percute, l’entendez-vous? C’est la 20e Semaine nationale de prévention du suicide, en ce début du mois de l’amour.

Quelques chiffres :

- Sur les 1103 personnes décédées par suicide en 2008 au Québec, 842 étaient des hommes, et 260, des femmes.
- 199 suicides à Montréal en 2008, le taux de mortalité par suicide le plus élevé au Canada, devant les régions d’Ottawa, de Toronto et de Vancouver.

Triste palmarès.

une image difficile à regarder

Judith à la scie sauteuse

Dimanche 19 avril 2009

Un petit post dominical d’allure macabre… néanmoins artistique. Que l’on vous le dise, la scie sauteuse est un outil dangereux qui ne convient pas à toute la gent féminine…  Messieurs, éloignez-vous ou mettez un protège-cou! ;-)

Judith à la scie sauteuse

Judith, héroïne israélite et mythique, un thème autrefois prisé qui a perdu sa valeur symbolique et religieuse de nos jours. De temps à autre, nous voyons quelques artistes de notre époque qui revisitent des sujets bibliques, avec un regard nouveau. Ici, une Judith à la scie sauteuse, non dépourvue d’émotion, mais un peu à la manière du légendaire Jason Voorhees à la machette. Une finalité sans autre raison.

Cette oeuvre de la série Judith de Kosta Kulundzic relègue, en quelque sorte, l’imagerie classique de Judith sauvant son peuple sur le plan de la perception de relation homme/femme et de l’expression artistique de l’artiste, celle d’un piège mortel, une tueuse sublime … celle qui crée le désir et impose la distance avant de tronçonner. (Kosta Kulundzic)

Femme fatale

Samedi 3 janvier 2009

Aujourd’hui, nous vous présentons des femmes fatales en images. Olé!

Toujours sous l’effet magique du chevalet. Notre œil d’artiste, aiguisé; notre esprit d’artiste, épuré; notre cœur d’artiste gagne en compassion, sans compter que notre cerveau d’artiste revigore. En ce début du nouvel an, nos sens sont en effusion. Nous sommes enfin prêts pour aborder ces histoires sulfureuses.

Mais, pas trop! Comme diraient des sages, la modération a bien meilleur goût. Donc, trois femmes fatales pour le moment. Elles sont de cette race de pompette voluptueuse, de princesse guerrière sensuelle ou encore de Pin-up girl mystique. En les fréquentant, des pauvres hommes de l’autre époque en perdaient leur tête.

De l’attraction charnelle et fatale! 8O

Femme fatale - Judith

La première femme fatale, Judith. Une jeune veuve d’une beauté exquise.

Pour défendre son pays, elle se faisait introduire, bien entendu, par ruse et charme auprès d’un général un peu tapon des Assyriens, Holopherne. À peine quelques jours de fréquentation, elle parvenait à trancher la tête d’Holopherne ivre mort après un banquet bien arrosé. Holopherne voulait juste faire chiqua chico chiqua boum avec cette femme qui le médusait. Mais quelle insouciance de la part d’un général qui ne savait pas comment se protéger! Pas d’eunuque, ni de garde pour faire dodo avec une femme vient du camp de l’ennemie.

Judith et Holopherne, un tableau peint par une femme artiste de la Renaissance, Artémisia Gentileschi. Cette scène violente, sanglante et cette Judith en femme forte sont bien loin du texte de l’Ancien Testament.

Femme fatale - Salomé

La deuxième femme fatale, Salomé. Une adolescente au corps de déesse émancipé, d’une beauté sans égale.

Elle dansait probablement comme une Britney Spears dans Baby One More Time devant son beau-père, un tétrarque de Galilée et de Pérée de l’Empire romain. Celui-ci, complètement subjugué par la danse, lui disait devant ses convives : « Ma chère enfant, demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. » Probablement, lui aussi, ivre et charmé par un corps pubère et émancipé de Salomé, il en rajoutait : « Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume.  »

Mais, qu’il est con?! Ou, quel rusé! … comme celui qui se lave les mains. :mrgreen:

La jeune Salomé se vantait probablement d’un air coquin auprès de sa mère du pouvoir de séduction de son corps Pin-up girl : « Maman, que demanderai-je? » La mère, une femme divorcée et remariée. Son mari déchu fut nul autre que le demi-frère du tétrarque.  Deviner quoi?  Selon les moeurs de cette époque, ce mariage adultère est inacceptable, sermonné et désapprouvé par Jean-Baptiste, the Superstar Precher de Galilée. Devinez la suite? Ce fut un prédicateur au cachot sous l’ordre du tétrarque.

La mère de Salomé qui voulait tuer Jean-Baptiste aurait dit à la jeune fille : « Demande-lui la tête de Jean-Baptiste sur un plateau. »

Il existe d’innombrables tableaux sur ce sujet depuis que la peinture a été inventée. Vous saviez, lorsque vous mettez un artiste devant son chevalet, avec une telle histoire : une jeune beauté ravissante, la danse, le pouvoir, la religion, le complexe d’Œdipe et tout et tout. Ça stimule la créativité!  Nous avons choisi cette scène funeste peinte par Lovis Corinth.

Mais pourquoi Corinth, Artiste?

D’abord, c’est un très bon tableau. Ensuite, pour souligner cette attitude insolente et révoltante que les gens ont avec la vie des autres. Mais, aussi pour Lovis Corinth, l’un des artistes méconnus qui a noblement fait avancer la cause de la peinture figurative à la fin du 19e et au début du 20e : un propos pictural raffiné, cru et sans artifice.

Femme fatale

Finalement, la dernière femme fatale pour aujourd’hui, Dalila. Celle qui a coupé les longues tresses de Samson dédiées à Dieu.

Dalila rendait ainsi ce géant impuissant de sa force légendaire, alors qu’il dormait paisiblement près d’elle après une folle nuit d’amour. Paf! On lui crève un oeil et tant de atrocités sur ce beau de corps aussi tôt les mèches coupées. Il est réduit en prisonnier et esclave. Voilà pour cette triste histoire de quelques nuits torrides entre Samson et Dalila.

Nous avons choisi un tableau signé Rubens. Mais pourquoi Rubens, demandez-vous ;-) sans doute.

Parce que le tableau est d’une qualité douteuse, signé Rubens.  Si l’intensité, la composition et les couleurs de Rubens sont au rendez-vous, l’exécution est bâclée. Regardez le positionnement du bras de Samson, il donne cette impression qu’il y a une distance d’un pied entre ce bras et la jupe. Nous avons bien dit la jupe, par gentillesse. Car la cuisse de Dalila est carrément absente sous cette draperie, sans parler de ces mains de bucheron de Dalila et ces pieds, disloqués et difformes. Probablement à cause d’une promotion de quelques apprentis encore incompétents, à moins que ce soit le Maître obnubilé par le pognon, à en manquer de jugement?

Le capitalisme culturel, la spécialisation de la production et le principe de Peter ne sont pas des inventions du XXe.

Choc au coeur

Lundi 5 mai 2008

Aujourd’hui, une autre pub qui a recours à l’image de choc.

Cependant, l’image, quoique explicite, demeure ambiguë. Est-ce un coeur qui sort de la poitrine, un coeur mal accroché qui n’a pu supporter le choc, ou encore, un coup de coeur, parce que cette spectatrice est subjuguée par la beauté de l’oeuvre devant elle ?

À bien y penser, la pub semble vouloir dit que l’oeuvre devant la jeune femme est carrément un coup de coeur… :-|

Choc au coeur ou un coup de coeur?