Images et textes sur 'Processus artistique'

 

Amour fantasmatique

Vendredi 11 février 2011

Un tableau de fin de carrière de Gérôme, peint durant la période où il s’est orienté dans la sculpture. L’histoire d’amour fantasmatique entre Pygmalion et Galatée, est racontée dans Métamorphoses d’Ovide. Pygmalion, l’artiste sculpteur de Chypre, se souhaite une femme aussi belle que la sculpture qu’il a créée, Galatée. Gérôme illustre le moment où  la déesse Aphrodite donne vie à Galatée. Mais dans cette interprétation de Gérôme, c’est le cupidon qui a apporté la magie à cette histoire d’amour. Gérôme a également peint deux autres tableaux du même sujet sous des angles différents. Une sorte de transition entre la pratique de la peinture et celle de la sculpture. La signature de l’artiste « JL Gerome»  est marquée sur la base de la sculpture qui fait une fois de plus la dualité peinture et sculpture.

On a tort de stigmatiser l’oeuvre de Gérôme dans un étiquetage de peintures académiques et orientalistes. Or, l’oeuvre de Gérôme monte un art maîtrisé à la perfection, une subtilité soutenue de son propos artistique et une éthique du métier d’artiste qui témoigne l’art de toute une époque.

amour fantasmatique

Festin Halloween

Samedi 30 octobre 2010

Festin... de l'art contemporain, photographie conceptuelle.

Festin HalloweenUn festin à l’image de cette fête folklorique durant laquelle on se raconte des peurs. Une oeuvre d’Ione Rucquoi.

De quoi parle-t-elle l’oeuvre d’Ione Rucquoi?  … du monde de l’innocence perdue et de l’éveil sexuel. Une mise en relief des aspects de l’inconscient et les instincts primitifs de la nature humaine et des bêtes.

Elle s’inspire du concept psychologique de Jung au sujet de l’Ombre, le côté le plus sombre de la psyché. Elle décrit son art comme étant une exploration du fondement de l’existence humaine.

Voilà! Bon weekend Holloween! Que la Fête pour préserver l’innocence commence!

Femme et squelette

Samedi 18 septembre 2010

Lady Gaga et squelette

Femme et squelette

Deux versions de la redéfinition des limites.

Lady Gaga, véhicule d’excentricités qui a pour but de promouvoir une entreprise de divertissement lucrative que représente elle-même. Pour réussir, elle doit accaparer le temps d’antenne de la télé, attirer l’attention du public, soulever la foule par sa présence, être le focus des médias… faire parler le plus souvent que possible d’elle afin de ne pas se faire substituer par une autre vedette.

Marina Abeamovic, grand-mère de l’Art performance. Elle est intéressée par l’art qui dérange et qui pousse la représentation du danger. Et puis, l’observation de public doit être dans l’ici et maintenant. Garder l’attention sur le danger; c’est se mettre au centre de l’instant présent.

Autoportraits des grands artistes

Samedi 21 août 2010

Van Gogh autoportrait dédié à Paul Gauguin

Avant-hier en faisant la cueillette d’images pour illustrer le billet sur l’autoportrait, l’idée a fait son chemin. Nous voilà faire un retour sur le sujet que nous pensions sans grand intérêt. Entre ce que nous pouvons penser et les aboutissements d’une idée, il y a souvent des ramifications que nous ignorions, volontairement ou pas.

L’autoportrait de Francis Bacon nous a fait penser que même si l’autoportrait comme forme artistique était moins en vogue de nos jours, cette forme d’art continue d’intéresser des artistes. Dans le fond, Maurice Quentin de la Tour - Autoportraitque ce soit la négation, le non-sens, le dérivé ou encore le dénie le plus total de ce « soi-même » ,  il en demeure le noyau originel de tout processus créatif. La représentation de l’identité du soi est un vaste sujet. Elle est étroitement liée au « je » autonome, à « nous »  inclusif et à ce « eux » exclusif.

Il se peut que ce « je-nous-et-eux » vous semble bizarrement réunis dans un petit bout de phrase qui, nous le convenons bien, nécessite de longue élaboration. Nous y reviendrons une autre fois.

Autoportrait RembrandtBon, revenons sur le sujet d’aujourd’hui, nous nous sommes dits, mais pourquoi pas un pêle-mêle d’autoportraits pour le plaisir d’en faire une un répertoire d’autoportraits. Disons, les portraits d’eux-autres les célèbres artistes, par eux-même. ;-) Si les mots sont parfois de trop. L’image, elle ne trahit jamais si on la prenait telle qu’elle est. Elle nous révèle sans détour les traits de personnalité dominants de son créateur, avec ou sans candeur.

Par exemple, ce jeune Courbet en homme désespéré, est-ce une désinvolture d’un jeune Autoportrait - Lucian Freudpremier qui critique la société dans laquelle il vivait,  ou encore, sa réaction à l’art stérile que pratiquait ses contemporains? Est-ce peut-être même le doute de son propre avenir artistique incertain? Bref, la suite de sa production artistique de ce jeune Courbet nous révèle bien son état d’esprit à l’époque de cet autoportrait intitulé « L’Homme désespéré ».

Que dire maintenant de cet autoportrait du vieux Dali excentrique jusqu’aux confins de sa vie mondaine Warhol - Autoportraità l’image de n’importe quelle starlettes de nos jours qui s’étalent dans les revues de potinage.  Seule différence, Dali a du talent. Il peut peindre son « soi-même » en train de râper une main pour en faire du rouge, couleur de cette écharpe, cliché de cet ornement d’artiste.

Et ce Gauguin qui fait la mimique devant un crucifié? Le message est peut-être voilé, mais l’intention de faire référence à Christ, elle est là, Chuck Close - Autoportraitsans voile.  Il serait spéculatif d’écrire que le geste de Van Gogh se couper un oreille est due à l’emprise de ce Gauguin messianique sur Van Gogh. Si la logique demeure apparente que Van Gogh ait dédié l’un de ses autoportraits à Gauguin, l’infortune de cette rencontre dite artistique et créative de l’artiste hollandais qui a terminé sa vie tristement quelques heures avant le 29 juillet 1890 peut être un sujet d’intérêts à explorer. Il y a derrière des oeuvres acclamées, de joie et de désolation.

Voilà, nous commençons aujourd’hui avec cet autoportrait de Van Gogh, dédié à son ami Gauguin.

Photojournalisme soviétique

Dimanche 9 mai 2010

S’exhiber, un besoin naturel qui se manifester chez tous les animaux. Nous, les êtres humains, malgré notre supériorité sur les autres espèces, nous ne sommes pas différents, mais nous, nous sophistiquons de beaucoup ce besoin de s’exhiber.

Étant artistes, nous sommes sur le terrain connu quoi? Nous parlons d’exhiber, évidemment. ;-)

photojournalisme sovietique

Aujourd’hui, des troupes de pays de l’OTAN défilent, sans doute, avec ostentation,  pour la première fois sur la Place Rouge de Moscou lors de la plus grande parade militaire organisée en Russie depuis la chute de l’URSS pour célébrer le 65e anniversaire de la victoire sur les troupes nazies.

A ceux qui ne connaissaient pas cette photo : la prise du Reichstag par l’armée soviétique le 2 mai 1945, du photojournalisme de la Grande Guerre patriotique soviétique, par la figure majeure du photojournalisme soviétique, Evgueni Khaldei.

Mais entre nous, vous convenez probablement que les vrais moments de joie, de fierté ou de bonheur sont aussi soudains que brefs dans une vie. Nous passons ensuite une bonne partie de notre vie à la recherche de ces moments éphémères, à les recréer à coups de répétition, sans succès garantis. La création artistique en est une approche répétitive  pour sublimer…

Combien vaut-il le Yuan?

Vendredi 16 avril 2010

Combien vaut-il le Yuan? Vous dites probablement : pardon?!

Si si! Combien vaut-il le Yuan? Le monnaie chinois. Ne vous inquiétez pas! Pas de billet sur les finances par ici. Que de l’art! ;-)

Combien vaut-il le YuanImage : REUTERS / David Gray

C’est cette photo qui nous amène à ce billet aujourd’hui. Chaque fois que nous voyons l’effigie de Mao, comme une pulsation, les Mao de Warhol défilent dans notre esprit comme ces immenses foules qui défilent jadis à la place Tienanmen en saluant le Grand Timonier.

En fait, cette photo est nulle et clichée. Par contre, le fond noir uni sur lequel les deux mains échangent le billet de banque rendent le sujet visuel sans ambiguïté.  Quant au texte qui accompagnait la photo que nous avons lu, ce sont les mêmes propos qui se répètent depuis quelques temps: les États-Unis et l’Europe demandent à la Chine de réévaluer leur devise et les Chinois, par la bouche de leur président, ont dit « non » au début de la semaine.

En réalité, ce n’est pas un « non » plat et sec. Il est catégorique et élaboré. Nous avons déjà dit que l’art de la diplomatie est une question de mots et de tournure de phrases. Et bien, semble-t-il, le président chinois a dit au président américain quelque chose comme ceci ce lundi: « La Chine s’en tiendra strictement à son plan de réforme du mécanisme de fixation du taux de change du yuan. » Il déclare aussi que son pays prendrait de décision « strictement » en fonction de ses propres besoins économiques et sociaux, soulignant qu’un yuan plus fort ne serait pas le remède qui guérit tous les maux des États-Unis. Dans la presse anglophone, certains emploient le terme « firmly stick ».

Obama a de son côté réitéré son appel à un « yuan plus flexible », tout en pesant ses mots afin de ne pas froisser un interlocuteur dont il cherche son soutien diplomatique dans le dossier du nucléaire iranien.

Voilà! Tout est une question de priorité.

D’après-vous, font-ils ça les artistes quand vient le temps pour créer? Définissent-ils leurs priorités et soupèsent-ils la chance de faire vivre leurs créations artistiques au grand jour comme donner la vie et la meilleure éducation à un enfant afin qu’il envole de ses propres ailes?

Véhicule d’idées

Lundi 25 janvier 2010

Merci à Pirchirinarmor pour ses instructifs et divertissants textes sur Faust!

Ce fut agréable cette pause inattendue durant laquelle nous avons eu quand même le plaisir de trouver les quelques images pour accompagner leur publication.

Bon, ce soir, un retour sur le thème d’automobile en reprenant le clavier. Encore de la voiture! ;-)

Devant une œuvre, autre que d’apprécier son côté décoratif, il est essentiel pour une œuvre de qualité d’être véhicule d’idées en permettant une lecture autre que la contemplation. Ainsi, l’œuvre d’art s’échappe de l’emprise du beau… de faire la belle – pour éviter la confusion avec le Beau de Kant. Rappelez-vous sans doute de nos deux précédents billets sur le thème voiture? L’une des deux voitures, malgré qu’elle soit sur un piédestal du sanctuaire culturel que représente un musée, elle n’a ni valeur, ni signification qu’une simple voiture suspendue même si l’on se tortille quelques neurones pour lui trouver un sens; l’autre, bien qu’elle soit identifiée comme étant un objet de consommation, son enveloppe luxuriante et rutilante attire de regards admiratifs.

Chute d'autos - Cai Gue-Qiang

Devant ces véhicules suspendus, pour des connaisseurs d’autos, on arrive facilement à identifier la marque et le modèle des autos utilisés par l’artiste contemporain chinois Cai Guo-Qiang. Lors de son passage au Guggenheim, la disposition de cette oeuvre est bien différente de ce que les Québécois qui l’ont vu au Centre d’exposition de Shawinigan. L’espace muséal du célèbre musée new-yorkais conditionne son accrochage. Le vrai point de mire de cette oeuvre, tel que pensé par l’artiste, n’est ni dans la chute des voitures, ni dans la représentation de l’automobile, mais bien l’explosion. Ses véhicules ne sont qu’un vecteur d’idée, bons pour leur dimension archétypale qui permet à une connexion à la réalité du public de son époque.

L’artiste peut, pour créer, partir d’une préoccupation personnelle, mais s’il ne trouve pas de véhicule à son idée pour accéder à la réalité de la perception de son public. Son œuvre verra peut-être le jour, mais elle mourra à brève échéance au même titre d’un objet de consommation. Une fois usé, bon pour la ferraille.

Préparation pour le Nouvel An

Lundi 28 décembre 2009

Des enfants chinois qui se préparent pour l’arrivée du 2010, l’année du Tigre.

Année  du Tigre

Nouvel An chinois 2010

Dans l’apprentissage, il y a l’appropriation des connaissances.

Il y a deux aspects intéressants dans le comportement de prendre à son compte une chose qui n’est pas à soi : «voler» comme dans le plagiat et, «s’approprier». Dans l’action de s’approprier une connaissance, il peut y avoir successivement l’immersion, l’absorption, la compréhension, la réinterprétation, l’appropriation et la revendication. La schématisation du masque africain dans le cubisme de Picasso en est un exemple.

L’action de s’approprier un symbolisme culturel, le transformer en revendication de paternité artistique au sein de la même population est beaucoup plus difficile, surtout dans une société à la culture millénaire. Car la codification est si ancrée parmi cette population, il en est quasi impossible de bien réussir une transgression de sens en modifiant la forme.  Par contre, cela devrait une manifestation de l’exotisme culturel si elle était exposée ailleurs.

Ceux qui ont vécu dans un vieux pays ont probablement déjà entendu quand vient le temps d’un changement, certains ont tendance à demander : mais dites, c’est pour quoi ce changement?

Femme prenant le thé

Vendredi 20 novembre 2009

En voyant cette photographie il y a quelque minutes passées, nous nous sommes dits : mais quelle coïncidence!

Sans interdit, ni censure, dans un enchainement d’idées, nous avons pensé que la nudité de cette femme mûre est déplacée; la femme semble être saine d’esprit et épanouie; c’est provocant, mais la nudité n’est pas controversée; c’est de l’art; c’est du kitsch; la composition est réfléchie; il y a de la joie de vivre; c’est spécial de prendre le thé à poil; c’est du photo-roman osé; une mise en scène bien sentie, etc.

En fait, c’est une image de calendrier, semble-t-il.

Entre cette femme prenant le thé tout nu et le vieux couple de John Currin, il y a un point en commun : créer un effet d’étonnement, provoquer un malaise et engendrer un conflit dans la perception en utilisant l’âge des personnages pour suggérer des conventions sociales « bafouées ».

femme prenant le thé
Image : REX / SIPA

Réussir en art comme Jeff Koons

Dimanche 24 mai 2009

Jeff Koons, artiste contemporain, célèbre pour son art du kitsch format monumental. Jeff Koons, adorateur de Salvador Dalí, peintre de formation au Maryland Institute of Art, apprenti de la culture du monde financier à Wall Street avant sa carrière artistique et finalement, artiste connu depuis les années 1980 et aujourd’hui reconnu mondialement.

Vous souvenez-vous des années 1980? C’était le début de l’évolution du capitaux-communisme en Chine : s’enrichir en misant au rancart momentanément l’idéologie politique; c’était aussi la fin agonisante de l’URSS qui a connu un peu plus tard la Perestroïka et la Glasnost. En Occident, c’était le début des années Reagan et Thatcher… Mulroney au Canada. C’était l’alliance de la révolution conservatrice pour le libre marché, la privatisation et la déréglementation qui nous a légué ce krach d’abord boursier, ensuite financier et maintenant économique.

L’émergence de Koons date de ces années-là. Sa réussite artistique est loin d’un calque du modèle de Factory d’Andy Warhol que l’on semble affectionner à répéter. Considérer Koons comme étant une continuité de la mouvance artistique de Warhol ou le renouveau du Pop’Art est comme regarder l’évolution de l’art contemporain dans un rétroviseur. L’art contemporain depuis les années 1980 est en grande partie financier. L’art de Koons a atteint sa pleine maturité grâce au monde financier effervescent de New York. À la même manière, les Yaung British Artists dont fait partie Damien Hirst ont pris leur envol sous la protection du publiciste Saatchi&Saatchi qui a fait fortune durant les années Thatcher, dans un Londres devenu le centre financier du monde. La réussite artistique de Koons a été ensuite confirmée par les énormes capitaux que faisait circuler le marché d’encan d’oeuvres d’art, particulièrement depuis la fin des années 1990. Cette fois-ci, s’ajoutent dans les rangs de collectionneurs des nouveaux milliardaires chinois et russes.

Comme artiste, Koons a innové le concept de la création artistique : l’artiste ne travaille plus seul, ni en groupe artistique ou informe, mais agissant en entrepreneur; l’idée artistique est secondaire; le processus de création n’est plus fait d’étapes isolées : explorer une démarche artistique, chercher l’inspiration d’une expression, élaborer une idée, essayer de représenter son monde imaginaire, mettre en place un concept visuel, peaufiner son oeuvre, construire peut-être même un discours et évidemment, tenter de vendre en dernier lieu son oeuvre pour un « toi marchand, moi artiste, 50-50 » Voyez-vous, c’est long de les énumérer, imaginez maintenant un peu en mode réalisation… de la misère noire ou quoi?! ;-)

Faire de l’art comme Koons
Image : Librado Romero/The New York Times

Le modèle koonsien est principalement fondé sur trois phrases : la conquête de la visibilité auprès des gens influents à son début; ensuite, la mise en marché de quelques oeuvres vedettes et finalement l’exploitation. Il n’y a plus de « 15 minutes de gloire » à la Warhol. De nos jours, ce sont des topos de 15-30 secondes à la télé; une transformation en oeuvre d’art extraordinaire un objet ordinaire – le kitsch – en faisant appel aux spécialistes de la mise en forme; et, finalement, donner à la masse populaire le vertige d’un art réussi au plus solennel sanctuaire muséal, mais seuls les riches peuvent se payent un Koons. Le carnet de commandes de Koons fait assurément envie à bien de mégaconglomérats inscrits en Bourse qui tentent désespérément de fortifier leurs pieds d’argile au talon d’Archille, surtout en ce temps difficile.

Devenu l’artiste-entrepreneur, Koons dirige au lieu de bricoler; comme l’artiste-sculpteur, Koons nivelle vers le bas en symbolisme, mais il donne au kitsch ses lettres de noblesse à la manière d’un roi qui anoblissait un roturier. Avec Koons, le kitsch est rutilant, gigantesque et dispendieux.

Dans un insignifiant petit chien ballon que les amuseurs publics offrent aux enfants, c’est peut-être juste une clownerie amusante aux yeux d’un adulte. Sachez cependant que les quelques gestes transformant un petit ballon filiforme en un symbolique et adorable fidèle compagnon de l’Homme font jaillir toujours des yeux d’enfants étincelants mille éclairs.

Chien Ballon de Koons

Koons a su comment faire transformer l’ordinaire en art extraordinaire et le vendre aux milliardaires en quête de sens existentiel ou d’innocence perdue. Parmi ses collectionneurs et amis, un dénommé Français Pinault, notamment propriétaire du musée Palazzo Grassi et de la Maison d’encan Christie’s.

Quoi retenir à propos de l’art de Jeff Koons? Sulfureux, kitsch et richissime.

Bonne semaine! À demain, si Dieu le veut!

Pilules artistiques

Dimanche 10 mai 2009

Pilules

Vous demandez-vous s’il s’agit de la pharmacie d’un hypocondriaque ou d’un patient en phase terminale, ou peut-être, d’une réserve de pilules d’un quelconque laboratoire en recherche biomédicale?

Détrompez-vous, ceci est une oeuvre d’art, une installation artistique pour être précis, de l’artiste anglais, enfant prodige du monde des arts visuels, Damien Hirst. Cette photo est prise lors de la mise en place de son exposition au Musée d’Art moderne de Munich, Allemagne, le 6 mai 2009, par A. Beier de Reuters. Vous demandez-vous peut-être aussi de la raison pour laquelle ces mains gantées? C’est pour éviter d’altérer ces pilules… des objets d’art.

Artistes méconnus de ce monde, ne soyez pas jaloux, SVP! ;-) Travaillez un peu plus… pour comprendre notre monde.

L’un des facteurs du succès d’Hirst est le choix du véhicule qu’il a fait pour chacune de ses créations. À la manière d’utiliser un chevel de Troie, Hirst bâtit et récolte les succès artistiques pour forger sa réputation de l’artiste du 21e siècle en employant des méthodes de production, de Marketing, de mise en marché, de communication de l’industrie de produits de consommation. Il crée des produits artistiques à l’image de notre époque, selon les conventions de notre époque pour satisfaire ce besoin de créer la richesse. C’est tout à son honneur les succès qu’il a connus depuis environ 15 ans.

Évidemment, vous savez tout aussi bien que la valeur de l’art contemporain ne dépend pas de son expression artistique, ni du sens profond de l’oeuvre. Cette valeur se trouve dans le « produit » que représente un artiste et sa création. Elle se trouve aussi dans votre capacité de définir le seuil de tolérance de ce dont c’est une oeuvre d’art de valeur, et de votre implication à faire une oeuvre d’art un chef-d’oeuvre comme lorsque vous déboursez une somme d’argent pour acheter une action boursière.

Dieu, buzz et sérendipité

Vendredi 8 mai 2009

Aujourd’hui, une image, deux blogs et trois mots, sous forme d’anecdote.

Eh oui! C’est exact.. ;-) Dieu, buzz et sérendipité.

Allons! Soyons sérieux. Commençons par le commencement. L’oeuvre est de l’artiste Peter Fryer – le Crucifié assis, ou encore, le Fils de Dieu crucifié, assis sur une chaise électrique. Un buzz qui date du lundi de Pâques. C’est encore tout récent.

Dieu

Chaque fois nous traitons une image controversée ayant Dieu comme sujet, il y a toujours un afflux de réactions de ces croyants qui se fâchent aisément. À un tel point que leur colère neutralise même leur capacité de distinction. Depuis, nous avons fermé tous ces commentaires. Souvent, on nous a pris pour l’artiste de l’oeuvre maudite, ou le maudit artiste de l’oeuvre controversée, même si nous mettions en évidence le nom de l’artiste en question. (Soupir…) Pour cette raison, ce Christ en condamné à la chaise électrique est resté dans notre panier à images à traiter jusqu’au début de la semaine.

Après la publication de cette lettre « à la recherche de Paul Lajoie », nous voulions écrire sur ce Jésus électrifié, juste après « Appels entrants illimités ». D’une circonstance fortuite, nous sommes tombés sur un autre buzz, le « dessin à colorier 11 septembre », qui nous a bien fait rire. C’était dans la nuit du mardi. Nous avons alors relégué l’histoire de boîte vocale de Dieu et ce Christ sur chaise électrique à plus tard. Nous voilà aujourd’hui, 4 jours plus tard.

Au début de la semaine, dans une conversation engagée avec un ami sur l’évolution du Web et de l’arrivée du Twitter, ami en question, érudit réfléchi, nous a parlé du mot sérendipité en évoquant ces découvertes inattendues de nouveaux vocabulaires en consultant un dictionnaire et le surf web en utilisant un moteur de recherche, par lequel, on passe d’un site à un autre.

Plus tard dans la journée, en feuilletant un dictionnaire, nous réalisions que le mot sérendipité est un néologisme n’ayant pas encore son logis parmi ses semblables. Déroutés, nous délaissions le dictionnaire pour Google où l’on trouve tout. Les clics nous ont conduits à cet article « Mais que fait mon cerveau? » Devinez, le sujet de son article? Si vous êtes intéressé, à ne pas manquer. Vous y trouveriez plusieurs références très intéressantes.

Sans ce post sur le dessin 11 septembre à colorier, il n’y aurait pas eu ce post sur la « prière aux victimes du 11 septembre ». Ce billet sur le Christ en chaise électrique aurait donc été bien différent s’il avait été écrit en début de la semaine. Il n’y aurait pas ce commentaire qui nous a conduits sur ce blog ayant pour mission le christianisme, fort surprenant, qui vous donne de plus amples informations sur cette oeuvre controversée, et évidemment, ce billet ne sera pas terminé comme là, avec ce large extrait que nous venons tout juste finir de lire aujourd’hui.

Voilà, de la sérendipité.

Mon père me donnait personnellement des cours d’instruction religieuse en vue de la confirmation, ce qui m’ennuyait au-delà de toute mesure. Un jour que je feuilletais le catéchisme pour trouver autre chose que les fadaises coutumières, d’ailleurs incompréhensibles et inintéressantes, sur le « Seigneur Jésus », je tombai sur le paragraphe concernant la trinité de Dieu. Voilà qui suscita mon intérêt : une unité qui est en même temps une « trinité »! C’était un problème dont la contradiction interne me captivait. J’attendais avec impatience l’instant où nous abordions cette question. Quand nous y fûmes, mon père dit : « Nous en arrivons maintenant à la Trinité; mais nous allons passer là-dessus, car, à vrai dire, je n’y comprends rien. »  D’une part, j’admirai la sincérité de mon père, mais d’autre part je fus fortement déçu et je pensai : « Nous y voilà! Ils n’en savent rien et n’y réfléchissent pas. » […]

Malgré l’ennui que j’éprouvais, je faisais tous mes efforts pour me contraindre à croire sans comprendre – attitude qui me semblait correspondre à celle de mon père – et je me préparai à la communion en laquelle j’avais mis mon dernier espoir. Il ne s’agissait que d’une communion commémorative, une sorte de fête à la mémoire du « Seigneur Jésus » […] « Prenez et mangez, ceci est mon corps » , désignant le pain de la communion que nous devions manger comme étant son corps qui pourtant à l’origine était chair; nous devions aussi boire le vin qui à l’origine était sang. […]

Soudain, ce fut mon tour. Je mangeai le pain; il était fade, comme je m’y attendais. Le vin, dont je ne pris qu’une toute petite gorgée, était léger et aigrelet; évidemment, ce n’était pas du meilleur. Puis ce fut la prière finale et tous sortirent, ni accablés, ni réjouis, mais avec des visages qui disaient : « ouf, c’est fait! »

[…] Ce n’est que peu à peu, au cours des jours suivants, que l’idée émergea en moi: rien ne s’est passé! J’avais cependant atteint l’apogée de l’initiation religieuse où je pensais trouver du nouveau – sans savoir quoi – mais rien n’était arrivé! Je savais que Dieu aurait pu se manifester à moi de manière inouïe, créer des choses de feu et de lumière supraterrestres; mais cette célébration solennelle, pour moi du moins, n’avait contenu aucune trace de Dieu : il y était question de Lui, mais ce n’était que des mots. Chez les autres non plus, je n’avais perçu ni désespoir déchirant, ni saisissement bouleversant, non plus que cette grâce débordante qui, pour moi, constituait l’essence de Dieu. […] Pourquoi devrait-on s’unifier à Lui? On l’appelle « Fils de Dieu »? C’était donc, semble-t-il, un demi-dieu comme les héros grecs? Comment un homme ordinaire peut-il s’unifier à Lui? […] Par contre, il était parfaitement clair que Jésus, l’homme, avait affaire à Dieu. Il était désespéré à Gethsémani et sur la croix, après avoir enseigné que l’amour et la bonté de Dieu étaient ceux d’un bon père. Mais ensuite, il avait aussi vu combien Dieu était terrible. […] Et peu à peu, il devint clair en moi que cette communion avait été une déplorable expérience. Il s’en résultait que du vide; plus encore, c’était une perte. […]

Je fus saisi d’une pitié violente pour mon père. D’un seul coup, je compris le tragique de sa profession et de sa vie. Il luttait contre une mort dont il ne pouvait admettre l’existence. Un abîme s’était ouvert entre lui et moi, et je ne voyais aucune possibilité de jeter un pont sur cette faille sans fond. […]

Dans la plupart des buzz artistiques, il y a fort peu d’art, sinon, pas du tout. Il y a souvent dans ces oeuvres d’art controversées, d’expressions mal articulées et sans profondeur, parfois, de gesticulations d’une pâle imitation ou quelques simagrées absentes de sens. Demain, peut-être après-demain, nous vous parlerons d’un petit crucifié controversé, semble-t-il, de Michel-Ange… du moins, comme point de départ.