Images et textes sur 'Photographie'

 

Moine volant

Vendredi 23 mars 2012

La photographie rend cette performance plus que vrai… ou moins. Tout dépend du point de vue.

L’artiste performeur chinois Li Wei est habillé en moine et suspendu au bout de deux câbles par une grue à une quinzaine de mètres au-dessus du sol.

moine volant

Encre couleur

Mercredi 14 mars 2012

De photographe italien Alberto Seveso, l’encre couleur sous l’eau. La pureté est une perception de notre capacité de contempler la souillure et de sublimer.

encre couleur sous l'eau

Enfants

Mardi 21 février 2012

Il y a des enfants qui rêvent d’une vie d’adulte, des adultes souhaitent rester enfant. Que dit l’artiste à propos de son oeuvre ? Il paraît que c’est pour illustrer la différence culturelle entre l’Orient et l’Occident et interroger l’action de fumer.

… Je sentais que le tabagisme des enfants aurait un impact surréaliste sur le spectateur et l’obliger à voir les actes de fumer plutôt que de faire des hypothèses sur la personne qui fume. … Il y a un clin d’œil à des aspects moins attrayants, la ligne de démarcation entre la beauté et la laideur de fumer.

Images : Frieke Janssens

enfant fille

enfant garçon

Matelas

Dimanche 19 février 2012

Entre coucher débout ou dormir sur ses deux oreilles, une oeuvre de l’artiste vancouveroise Dina Goldstein – Fallen Princesses ou les Princesses déchues, pour faire suite au froid du vide un beau matin de Céline.

Aujourd’hui, quelques lignes de la pauvre princesse qui a si mal dormi de Hans Christian Andersen pour faire office de ce billet de ramassis.

matelas

… un soir, il faisait un temps horrible, les éclairs se croisaient, le tonnerre grondait, la pluie tombait à torrent; c’était épouvantable! Quelqu’un frappa à la porte du château, et le vieux roi s’empressa d’ouvrir. C’était une princesse. Mais grand Dieu! comme la pluie et l’orage l’avaient arrangée! L’eau ruisselait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par le nez dans ses souliers, et sortait par le talon. Néanmoins, elle se donna pour une véritable princesse.

« C’est ce que nous saurons bientôt! » pensa la vieille reine. Puis, sans rien dire, elle entra dans la chambre à coucher, ôta toute la literie, et mit un pois au fond du lit. Ensuite elle prit vingt matelas, qu’elle étendit sur le pois, et encore vingt édredons qu’elle entassa par-dessus les matelas.

C’était la couche destinée à la princesse; le lendemain matin, on lui demanda comment elle avait passé la nuit.

« Bien mal! répondit-elle; à peine si j’ai fermé les yeux de toute la nuit! Dieu sait ce qu’il y avait dans le lit; c’était quelque chose de dur qui m’a rendu la peau toute violette. Quel supplice! »

René Margritte

Lundi 21 novembre 2011

Il nous semble que nous avons parlé de lui il y a quelque temps passé.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de sa naissance, Magritte est né un 21 novembre.

En tout cas, toutes les raisons sont bonnes pour se donner un prétexte d’écrire quelques lignes. Le temps d’un billet, pour dire que nous sommes là. En fait, nous nous disons qu’il faut s’asseoir pour prendre des nouvelles de notre monde et oublier pendant un moment le temps comme quand on développe une photo dans une chambre noire. Quand la minuterie se mit à sonner, il est temps.

Dans cette suite de portraits mi-figue mi-raisin, nous avons pensé à ce portrait de René Magritte qui date d’une époque où il n’y a pas de photoshop. Elle peut être d’intérêt pour un ou deux parmi vous. Ces vieilleries qui peuvent rendre des gens nostalgiques.

Comme chante l’Autre, avec le temps, va, tout s’en va. On oublie le visage et l’on oublie la voix.

rené magritte

Baptême au Jourdain?

Lundi 19 septembre 2011

Baptême au Jourdain?Image : EPA / Jim Hollander

Pendant un bref moment, en présence de cette photo, nous avons cru qu’il s’agit d’un baptême au Jourdain, version moderne, des Born-again Christians comme appelés les Américains…

Bah non! C’est un Happening tout le monde tout nu à la Tunick dans une ancienne ville au bord de la rive occidentale de la mer Morte, à la limite du désert de Judée en Israël.

Un groupe d’hommes nus écoutent des directives de l’artiste américain, hors champ. Quelques modèles volontaires immergent dans la mer Morte en regardant en direction de la Jordanie comme le reste du groupe. Pendant ce temps, des femmes prennent leur douche pour enlever le goût du sel de leur corps. Quelque 1000 personnes se dénudent à la plage minérale, au nord d’Ein Gedi la fin de semaine passée pour participer au projet Sea Naked, qui a pour objectif de sensibiliser le sort de la mer Morte dont le niveau d’eau est à l’abaisse drastiquement depuis quelques années.

Tunick, vous le connaissiez probablement, est un artiste américain qui crée des photos de mise en situation artistique montrant un public volontaire qui accepte de se dénuder dans de lieux publics. Son travail met en relation l’humain et son environnement. Mais sa formule commence à être usée : de la préoccupation environnementale, du monde nu en masse et un nom de projet évocateur comme un titre de tableau.

Photojournalisme

Lundi 12 septembre 2011

photojournalisme, attentat près de la Mausolée de l'Imam Ali à Najaf

Hier, le monde entier, ou presque, a souligné à l’unisson le 10e anniversaire du 11 septembre. Aujourd’hui, une question, quand est-ce que l’on commémore les milliers de civils irakiens morts depuis le déclenchement de l’Opération libération de l’Irak par George W et Tony Blair?

En ce 12 septembre 2011, Iraq Body Count estime de 102,417 à 111,938 civils irakiens tués dans d’attentats et quelque 250,000 civils irakiens blessés.

Loin de nous l’idée de comparer le nombre de victimes du 9/11 à celui de la Guerre irakienne. Car nul n’a le droit moral de comparer les souffrances des peuples et la douleur de perdre des êtres chers dans de telles circonstances funestes. Nous nous demandons seulement si un jour, nos médias donneraient une journée d’antenne pour commémorer les victimes d’Irak…

Bon, aujourd’hui, une histoire du photojournalisme et l’image d’un attentat irakien près de la Mausolée de l’Imam Ali à Najaf, captée par une photojournaliste américaine.

J’étais assise chez moi – un gratte-ciel qui date de l’époque stalinienne, construit par des prisonniers de guerre allemands, vue sur la rivière de Moscou – quand le deuxième avion a frappé les Tours jumelles. Fixant le téléviseur dans un état de confusion horrifié, mon ex-fiancé et moi nous étions assis là jusqu’à une heure avancée de la nuit, collés à l’écran. Certains réseaux d’information montraient des Palestiniens qui manifestaient leurs joies dans les rues, on parlait des moudjahidines que les États-Unis avaient soutenus pendant la Guerre d’Afghanistan contre l’Union soviétique. C’était du pareil au même, il s’agit d’un gros gâchis pour une région, mais j’étais trop émotive ce jour-là à vouloir considérer les implications de la politique étrangère américaine.

Les États-Unis ont clairement déclaré la guerre aux terroristes. La question était de savoir où et comment couvrir le conflit qui débute. Mon agent new-yorkais m’a encouragé de commencer en Afghanistan, alors que mon ex-fiancé m’a déconseillé vivement, même s’il était un photojournaliste lui-même. Il avait photographié les guerres des Balkans, entre autres, et il a vu plusieurs collègues tués et blessés [...]

Le 2 octobre 2001, j’ai quitté Moscou pour le Pakistan avec un petit sac à dos contenant quelques morceaux de vêtements, mes caméras, un numériseur de film et $800. Je parlais d’une assignation de quatre jours. Deux jours après mon arrivée à Islamabad, je m’étais assise sur mon lit dans un hôtel Best Western à regarder les frappes aériennes américaines contre les talibans d’Al-Qaïda en Afghanistan – les premiers grondements d’un nouveau chapitre de ma vie et un parcours de 10 ans à travers une région dévastée par la guerre.

Elle s’appelle Kate Brooks. (traduction libre du début de son récit de photojournaliste)

Image controversée du 9/11

Dimanche 11 septembre 2011

image du 9/11Photo : Thomas Hoepker

Sur cette image du photographe Thomas Hoepker, prise le 11 septembre 2001, on voit cinq jeunes New-Yorkais décontractés, en discussion au bord de l’eau, quelque part à Brooklyn. Derrière cette scène paisible d’un jour ensoleillé, le terrible nuage de fumée et de poussières de Manhattan avec ses légendaires tours jumelles frappées par les avions détournés par les terroristes.

Qu’en pensez-vous de l’oeuvre, et qu’en pensez-vous de ce groupe de jeunes?

C’est ce que l’on appelle une image vaut mille mots. Mais les milles mots ne décrites pas toujours bien une réalité qui nous échappe quand nous ne sommes que témoins de la catastrophe, sans avoir assisté à la discussion des jeunes qui occupent l’avant-scène de cette image du 9/11.

Il y a eu une controverse quand cette photo a été publiée en 2006. Car le public était choqué par l’attitude insensible de ces jeunes devant la tragédie d’une Amérique blessée dans le fondement de ses valeurs et l’orgueil symbolique bafoué devant le monde entier. Ceux qui aiment porter un regard moralisateur sur cette Amérique blessée et bafouée parlaient de la décadence de l’Amérique et de l’insensibilité de ses nouvelles générations.

Nous pensons que l’on aurait dû indigner du comportement de ce photographe au lieu de critiquer ces jeunes sur la photo. D’ailleurs, l’un des jeunes disait qu’ils étaient « dans un état de choc profond ».

Semble-t-il, l’artiste a retardé la publication de cette photo du 9/11, intitulée Young New Yorkers on the Brooklyn waterfront on 9/11. Si Thomas Hoepker l’avait publié peu de temps après 11 septembre 2001, en même temps que ses autres photos prises lors de cet événement. On aurait critiqué l’indélicatesse de l’artiste de créer une polémique alors que le deuil et la douleur d’avoir perdu des proches étaient encore à fleur de peau pour des milliers américains et des parents et amis des victimes d’autres nationalités.

Évidemment, cette photo qualifiée la plus controversée photo (artistique) du 9/11 aurait suscité autant de réactions si elle avait été publiée plus tôt. Le geste de retarder la publication est une autocensure conformiste d’un manipulateur pour gérer l’opinion publique à sa faveur. Cela évite aussi que cette photo ne soit pas noyée dans une masse d’images de tous azimuts durant les premiers anniversaires du 11 septembre 2011. Le geste de publier cette photo 5 ans après les attentats du WTC est murement réfléchi pour que tout le débat se fasse sur le dos de ces jeunes insensibles. La contradiction créée par la juxtaposition des deux scènes génère inévitablement un sentiment de malaise chez ceux qui font face à cette image, au minimum, un pincement de sourcils pour ce comportement décontracté des jeunes.

Nous voulons écrire quelques mots plus acides au sujet de ce Thomas Hoepker. Mais le mot «pute» a fait dévier notre pensée sur ce que Flaubert a dit à la fin de sa vie de Madame Bovary… cette pute vivra longtemps après ma mort, lorsque moi, je pourris six pieds sous terre.

Nous ne sommes pas très bons pour les citations dictées de mémoire. Nous avons peut-être massacré l’esprit aigre-doux de Flaubert à propos de Madame Bovary. Voilà pour aujourd’hui. Bon démanche et reposez-vous bien!

Ombre et lumière, voyage dans le désert

Vendredi 2 septembre 2011

Êtes-vous observateur?

À moins que vous soyez un nomade du désert, familier à ces scènes quotidiennes, ou encore, si vous étiez devant cette photo, format géant. Ça prend quelques minutes pour que l’oeil décèle le positionnement des chameaux. Car il ne faut pas utiliser le cerveau en premier mais l’oeil comme pour apprendre à dessiner: observer d’abord, ensuite, comprendre.

Voilà pour cette photo de National Geographic… Entre le ciel et la terre, une prise de vue plongée au soleil couchant… ou levant, de l’ombre et de la lumière sur la façade d’une dune dans le désert, des silhouettes de chameau à plat, sombres, nettes et mouvantes. Nos yeux de citadins ne peuvent que s’écarquiller devant le spectacle de cette merveille de la nature.

Ombre et lumière

Drôle de tête de chien

Samedi 20 août 2011

drôle de chien?Secouer la tête peut donner un drôle et insolite d’air… ou de tête.

Photographier un animal qui se secoue, c’est capter du coup un moment de pur bonheur canin. Avez-vous regardé votre chien qui se secoue? Si l’on peut secouer la vie de temps à autre, se pourrait-il que l’on soit plus proche du bonheur?

Notre oeil peut percevoir le bien-être des autres, mais il est incapable de voir un chien qui se secoue avec de telle précision sans l’aide de la technologie nouvelle. L’art est peut-être juste une manifestation de quelque chose observable. La raison pour laquelle certains ne cherchent que le salut artistique dans de domaines de la technologie. Car Dieu, art, bonheur, justice… ces concepts humains de l’absolu ont peut-être été tous remplacés par la technologie sans que les hurluberlus de ce bas monde se soient rendus compte. Mon Dieu, nous avons froid dans le dos quand nous y pensons…

Dommage, pas de caméra pour capter les frissons de l’âme d’artiste.

Bon, elle s’appelle Carli Davidson, la photographie de ces deux photos, elle est américaine. Si vous vouliez toute la vérité, elle est sur Facebook. ;-)

l'art du chien qui se secoue

French Kiss

Mercredi 17 août 2011

French Kiss d'Elvis, Le Baiser

Nous voulions parler du visage de Poutine aujourd’hui, mais nous avons appris que c’était l’anniversaire de la mort d’Elvis hier. Nous pensons qu’une image d’amour en honneur du King et de cette femme mystère vaut mieux que plusieurs portraits de Poutine. Un choix esthétique.

Vanity Fair a réussi identifier la femme mystère sur cette photo de French Kiss d’Elvis. Barbara Gray est aujourd’hui âgée de 75 ans. Elle vit à Charleston, a confié au magazine qu’elle ne révèle pas son identité pour l’argent ou la célébrité.

« Je voulais juste avoir mon nom sur cette foutue photo », dit-elle.

Gray a admis qu’elle en a assez d’être connue à la fois anonyme comme étant la femme inconnue et le jeune Elvis qui batifolaient dans la cage d’escalier du Mosque Theater à Richmond, en Virginie. Le photographe Alfred Wertheimer a dit qu’il n’a jamais demandé le nom de la femme quand il a pris la photo et elle ne l’a jamais dit non plus.

Au début de 2010, Gray a «suivi» Wertheimer, sur Facebook. Elle lui a envoyé un message disant qu’elle est la fille du Baiser. Mais Wertheimer n’a pas cru qu’elle soit la fille qu’Elvis Presley a embrassée. Car de nombreuses femmes ont prétendu être la femme de la photo du French Kiss depuis 1956. L’histoire d’amour de cette femme mystère est donc finalement sortie sur Vanity Fair.

Voilà.

Demain, il y aura le billet écrit pour aujourd’hui, le nouveau visage de Vladimir Poutine, rajeuni.

Presque 3 ans après l’investiture d’Obama

Mardi 2 août 2011

Picasso aurait dit un jour à Leymarie que c’est difficile de mettre un peu d’absolu dans la mare aux grenouilles. Ça décrit drôlement bien la politique américaine. Bon, en ce jour qui aurait été dramatique si les démocrates et les républicains n’avaient pas arrivé à s’entendre sur le relèvement du plafond de la dette publique américaine, une vieille photo et quelques extraits d’un discours d’Obama.

La photo a gagné le 1er prix World Press Photo 2010, catégorie People in the News Stories. Elle est de Charles Ommanney du Royaume Uni, pour le compte de Getty Images/Newsweek : « Le jour de l’investiture d’Obama, Washington DC, 20 janvier 2009 ».

Quant au discours, hé bien, nous avons retenu les passages à la saveur du jour : les finances, l’économique et la politique américains.

obama investiture

Nul n’ignore que nous sommes au beau milieu d’une crise. [...]

Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l’irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère.

Des gens ont perdu leur maison ou leur emploi, des entreprises ont dû fermer leurs portes. Notre système de santé coûte trop cher. Nos écoles laissent tomber trop d’enfants et chaque jour apporte de nouvelles preuves que la façon dont nous utilisons l’énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.

Ce sont les signes de la crise en termes statistiques. Mais, si elle n’est pas aussi tangible, la perte de confiance dans tout le pays n’en est pas moins profonde, nourrie de la crainte tenace que le déclin de l’Amérique soit inévitable et que la prochaine génération doive diminuer ses ambitions. [...]

En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l’espoir à la peur, la volonté d’agir en commun au conflit et à la discorde.

En ce jour nous proclamons la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés qui ont pendant trop longtemps étouffé notre vie politique.

Nous demeurons une jeune nation. Mais pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur. [...]

Où que nous regardions, il y a du travail. L’état de l’économie réclame des gestes audacieux et rapides. [...]

Et ceux d’entre nous qui gèrent les deniers publics seront tenus de dépenser avec sagesse, de changer les mauvaises habitudes, de gérer en pleine lumière – c’est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l’indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement.

La question n’est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu’une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n’est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l’étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent – non par charité mais parce que c’est la meilleure voie vers le bien commun. [...]