Images et textes sur 'Photo de presse'

 

Correspondant de guerre

Jeudi 23 février 2012

Remi Ochlik, correspondant de guerre.

Après avoir couvert la révolte tunisienne, égyptienne et libyenne de 2011, il meurt à l’âge de 28 ans en Syrie dans le bombardement d’un centre de presse où il se trouvait avec la journaliste américaine, Marie Colvin.

Sa série de douze images intitulée « Bataille pour la Libye » est récompensée récemment par le premier prix du World Press Photo dans la catégorie « Informations générales » et il devait recevoir son prix à Amsterdam le 20 avril 2012. Hier, La guerre a annulé le rendez-vous du photojournaliste avec la consécration de son talent.

Correspondant de guerre Remi Ochlik

Photos de Kim Jong Un

Lundi 9 janvier 2012

Ce soir, trois photos du jeune nouveau dirigeant nord-coréen, le « commandant suprême » Kim Jong Un. Bon d’accord, c’est risible ce titre moyenâgeux. Nous en convenons. Ça sent de la propagande politique à plein nez. On dirait que le jupon dépasse et il est rose!

Ce dont nous trouvons déplorable, ce n’est pas l’intention derrière ces photos de Kim Jong Un, ce troisième empereur de la dynastie rouge de la Corée du Nord nouvellement couronné. Car elle est évidente. Cependant, ce dont nous déplorons, c’est le traitement réservé à ces images de propagande par les médias occidentaux : complaisant, subjectif et condescendant. Pourtant quand les faiseurs d’image de Vladimir Poutine inondent les fils de presses de ses photos du genre Access Hollywood, une même genre de manœuvre. Nos médias parlaient de l’homme fort de la Russie qui se prépare activement à son retour au haut podium du pouvoir de la Fédération. Il n’y avait pas de commentaires dans un ton de plaisantin ou de sourire narquois en finissant de présenter les quelques photos de Kim Jong Un.

un curieux monde.

Kim Jong-Un

Kim Jong Un, le tireur élite

Kim JONG UN

Elles pleurent

Mercredi 21 décembre 2011

Hier, ces femmes pleurent à chaudes larmes de la mort de leur « Cher leader » Kim Jong-il.

Autres que ces femmes qui pleurent, nous percevons un homme qui pleure également… à la troisième rangée, vous voyez ? Bon, voilà.

Un sentiment renvoie à la perception de l’état physiologique du moment. Pascal disait que tout notre raisonnement se réduit à céder au sentiment. Mais la fantaisie est semblable et contraire au sentiment; de sorte qu’on ne peut distinguer entre ces contraires. L’un dit que mon sentiment est fantaisie, l’autre que sa fantaisie est sentiment. Il faudrait avoir une règle. La raison s’offre mais elle est ployable à tous sens.

Elles pleurent

Choix éclairé

Jeudi 15 décembre 2011

Fraude aux élections russes? Ben voyons donc!

Ici, une électrice faisait un choix éclairé… elle serait même récompensée d’une médaille.

choix éclairé

Au Caire, on est tous pareils

Samedi 26 novembre 2011

Hier, à la Place Tahrir au Caire, on priait pour le changement. Ça c’est du en dedans, on est tous pareils. S’il y a une chose qui apaise le coeur des êtres, alors cette chose, elle est bonne pour ce peuple, elle est à protéger.

Le vrai changement commence quand on est encore sur le quai, alors que l’esprit habité par la foi du possible nous transporte déjà au bon port. Il reste maintenant à trouver la voie.

Au Caire, on est tous pareils
Photo : Mahmud Hams / AFP /Getty Images

Bravoure

Jeudi 20 octobre 2011

On dit que la bravoure, c’est avoir du cran au front. Elle plaît aux mercenaires tout aussi aux défenseurs de la justice. La bravoure rend tout possible, elle rend les héros visibles à ses semblables. Car la bravoure que l’on ignore n’existe pas, mais c’est aussi dans des instants de bravoure que l’on voit les frissons de crainte.

Aujourd’hui, trois images pour faire aimer peut-être le schéma en art. La Ronde de nuit de Rembrandt, une scène du film de Peter Greenaway, sorti en 2008, le tableau de Rembrand, de 1642 et une ronde de jour, directement de Libye, une photo parmi tant d’autres de cette guerre qui s’achève. Elle date de la semaine passée.

Se pourrait-il qu’un art qui décrit embellisse moins qu’un art qui raconte? N’empêche qu’un art qui raconte la bravoure illumine, alors qu’un art qui décrit avec véracité ne montre que des hommes qui bravent leur crainte, terne. Le génie d’embellir pour faire illuminer la bravoure même si elle est absente est un traite bien humain. Une photo embellie ou photoshopée permet voir un monde plus beau que la réalité. Mais on oublie que la beauté et la laideur cohabitent comme la bravoure et la peur.

Bon, pour terminer, de Confucius, l’homme de bien qui a la bravoure n’est qu’un rebelle s’il ignore la justice. Mais, qu’est-ce la justice quand la nouvelle n’est pas encore en place et l’ancienne a été combattue? :-|

Bravoure

Ronde de nuit, Rembrandt

Ronde de nuit

Photo: Ahmad Al-Rubaye /AFP/Getty Images

American Jobs Act

Samedi 17 septembre 2011

Une image de la politique américaine d’aujourd’hui : un slogan mis en évidence; un message s’adresse à la masse, en occurrence, le peuple, qui écoute et questionne à la fin; le président bien entouré en prononçant son discours dans un format Town Hall Events – rassemblement de citoyens, à échelle variable – qu’Obama excelle.

Et l’art dans tout ça? Dites-vous sans doute. ;-)

Le président américain Barack Obama a parlé de son projet de loi American Jobs Act à Fort Hayes Arts and Academic High School, à Columbus. Voilà pour «arts», en pluriel en plus. Tenez, une photo à l’appui!

Bon, la chose sérieuse dans ce billet? Le schéma.

Avant, le peuple est placé face au leader politique qui donne son envolée verbale. Aujourd’hui, on dispose le peuple comme un public au sein d’un chapiteau de cirque, on le fait s’assoir en cercle, en U ou en carré… tout pour produire les effets spectaculaires et retenir l’attention du public lorsqu’on a un message à leur livrer.

American Jobs Act
Image : AFP PHOTO / Mandel NGAN

Ongles manicurés

Lundi 20 juin 2011

En fin de semaine passée, à la Nouvelle-Orléans en Louisiane, une participante de la Republican Leadership Conference porte du vernis à ongles peint à la main représentant le drapeau américain. Les républicains acèrent leurs armes pour les élections de 2012. Vont-ils se battre bec et ongles pour sortir Barack Obama de la Maison blanche ?

Ouach, quand il s’agit des ongles américains… ça se peut que ça fasse plus mal. Car le bipartisme politique américaine polarise sa population. Certains sont animés d’un patriotisme partisan et viscéral. L’émotion qui est si chère aux artistes quand vient le temps de créer, échauffe le peuple tout entier le temps d’une campagne électorale. La fameuse Leadership Conference marque le début des hostilités.

En passant, c’est mal peint ces ongles, mais ils sont bien affirmés. Disons qu’il n’y a pas le soucis du détail à la Ron Mueck. L’extraordinaire des symboles se trouve dans l’essentiel de la représentation, il suffit posséder les traits dominants pour que la compréhension soit totale.

Ongles américains
Image : Justin Sullivan/Getty Images

Anne Sinclair et son for intérieur

Lundi 13 juin 2011

Anne Sinclair et Dominique Strauss-KahnEn son for intérieur, de quelle passion anime-t-elle pour qu’Anne Sinclair tolère des frasques charnelles de DSK, indépendamment de ce dont il est accusé?

Lundi passé, trois semaines après son arrestation, Dominique Strauss-Khan est comparu devant le tribunal pénal de Manhattan, accompagné de sa femme qui semble lui témoigne son soutien de toujours. Accusé de crimes sexuels à la suite du témoignage d’une femme de chambre de l’hôtel Sofitel de Times Square, DSK a plaidé non coupable.

Certains intimes d’Anne Sinclair déclarent aux médias qu’il s’agit de l’amour fou pour DSK que la petite-fille du célèbre marchand d’art Paul Rosenberg accepte les frasques de l’ex-patron de FMI et le candidat favori pour la présidentielle française de 2012, avant sa chute.

Mais nous nous demandons si Hillary Clinton, Jackie Kennedy et Anne Sinclair ont de quoi en commun… est-ce cet amour inexplicable pour leur mari, politicien faible de chair, mais fort en pouvoir?

Anne Sinclair et DSK

Peuple et pays

Samedi 4 juin 2011

Salut militaire au nom du peuple et du paysL’identité politique d’un pays est une caractéristique maniable. Il suffit avoir la chance de manier le levier du pouvoir pour l’endosser comme l’habit du magistrat.

Pour faire suite aux autres billets à saveur politique… illustrés artistiquement, néanmoins. ;-) Mladic a déclaré devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye : « J’ai défendu mon peuple et mon pays. »

On pourrait cependant dit que son pays l’a monnayé pour une entrée prochaine dans le giron de l’Union Européenne. Mladic a perdu l’usage de sa main droite, il est toutefois capable de salut militaire de sa main gauche.

graffiti de propagande

Monstre caché

Mercredi 1 juin 2011

Un supporteur de Ratko MladicQuand le peuple se prononce, il faut l’écouter.

Quand le peuple se prononce sans appel, il a assurément subi de bouleversement sans précédent.

Lorsque de telles circonstances se présentent, il serait fort difficile et délicat à dire si le soi-disantUne foule de 7000 à 10000 supporteurs serbes de Mladic « peuple » est représentatif du peuple au sens large, ou, ce sont de simples partisans ou une fraction de la population. On oublie trop souvent que des dictateurs d’hier étaient souvent de précieux alliés et certain seront l’ennemi juré de demain. L’Histoire est faite de chaos et de périodes d’accalmie. Donc, d’innombrables occasions pour ces conversions.

Aujourd’hui, quelques clichés de ce rallye de partisans du 29 mai dernier à Belgrade contre l’extradition de Ratko Mladic au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye. Mladic, communément appelé le « boucher des Balkans », accusé du pire génocide depuis la Deuxième Guerre mondiale, a aussi des amis. Ses 16 ans de cavale en dire long du nombre de ses amis et supporteurs. Une foule estimée entre 7000 et 10000 personnes au rendez-vous du rallye.

Mais, c’est beaucoup plus petite comme foule que celle qui se manifestait à l’occasion de l’extradition de Radovan Karadzic.

Est-ce encore une démonstration du sombre côté de la nature humaine, de l’ignorance ou de la bêtise humaine? Peut-être, il y a un monstre caché en nous tout un chacun. il suffit seule une circonstance favorable pour le faire révéler au grand jour?

Une foule à Belgrade

Droit à l’erreur

Lundi 30 mai 2011

Droit à l'erreur? Même quand on est président?

En parlant de Sarkozy, a-t-on droit à l’erreur quand on fait de la politique de haut niveau… diriger un pays membre permanent de l’ONU et président de la France?

Au sommet du G8 à Deauville, Nicolas Sarkozy joue le leader européen en déclarant ouvert à la « discussion » sur le sort à réserver à Kadhafi : « Monsieur Kadhafi et ses fils doivent partir. »

La semaine passée, toujours à Deauville, Sarkozy a incité : « Que ses soldats rentrent dans les casernes, qu’on arrête de martyriser les gens y compris à Tripoli, où il y a des snipers sur les toits, où les rassemblements de plus de trois personnes sont interdits, où les gens ont peur, où les massacrent se perpétuent, c’est ça la question. Après on se préoccupera de la direction, des billets d’avion et même de la classe des sièges dans l’avion [...] Quand nous disons que M. Kadhafi doit partir, c’est qu’il doit quitter le pouvoir. Et le plus tôt il le fera, plus le choix sera grand pour lui, plus tard il le fera, plus les destinations se réduiront [...] Nous ne disons pas que Kadhafi doit être exilé, ce n’est pas notre problème. »

président copain copain

Quand on se met à écouter discourir Sarkozy, ses premières phrases ont toujours d’allure digne d’un président, c’est la suite qui sonne drôle… on dirait qu’il y a deux Sarkozy. On ne sait pas quand il ferait le vire-vent au nom de la France…

Les photos d’aujourd’hui sont d’origine du site officiel de l’Élysée. Cependant, elles ne sont plus visibles là, mais elles font encore controverse en France, notamment au sujet de la relation Sarkozy-Kadhafi et d’un possible financement de Kadhafi à la compagne présidentielle de Sarkozy en 2007. Nous vous laissons sur le discours d’accueil de Sarkozy lors de la visite officielle de Kadhafi à l’Élysée.

« Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je voudrais vous dire dans quel état d’esprit la France reçoit aujourd’hui le président Kadhafi.

La France reçoit un chef d’Etat qui a choisi de renoncer définitivement à la possession de l’arme nucléaire [...] qui a choisi de rendre les stocks sous le contrôle des organisations internationales [...] qui a choisi de renoncer définitivement au terrorisme. [...] qui a choisi d’indemniser les victimes. Je recevrai, d’ailleurs, les associations de victimes. Et j’ai, d’ores et déjà, eu l’occasion de dire au président Kadhafi qu’il faudrait régler ce que la partie libyenne s’est engagée à faire, les derniers éléments du litige qui restent en cours de discussion. [...]

J’ajoute que ma conviction, la plus profonde, est que la France doit parler avec tous ceux qui veulent trouver le chemin de la respectabilité et de la réintégration dans la communauté internationale. Il faut encourager ceux qui tournent le dos au terrorisme. Il faut encourager ceux qui tournent le dos à la possession de l’arme nucléaire. Et je peux témoigner de la collaboration des services français avec les services libyens pendant les quatre années où j’étais ministre de l’Intérieur. J’ai dit au président Kadhafi, combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des Droits de l’Homme dans tous ses aspects, tout ce qu’il restait à faire. Mais à l’inverse, que dirions-nous aujourd’hui aux dirigeants iraniens si nous ne tendions pas la main au dirigeant libyen qui a choisi lui-même de tourner le dos à l’arme nucléaire et au terrorisme ? »

En terminant, saviez-vous quoi? Il ne faut pas demander si Dieu existe, il faut se demander si l’on croit en ce Dieu.