Images et textes sur 'Peinture'

 

Portaits de Pauline Gagnon

Jeudi 8 octobre 2009

Quoi écrire… depuis quelques jours, nous hasardons comme vous pouvez le constater. En ce moment-ci, il règne un silence apaisant de fin de soirée, l’envie d’écrire n’y est pas. Quelques idées qui datent occupent notre esprit, mais il n’y a rien qui nous allume pour en faire un billet.

Pas d’étincelle, pas de feu lent. Nous cherchons.

Nous sommes partis à faire quelques manœuvres à l’atelier. Voilà. À nouveau de retour devant l’ordi pour faire quoi de valable. C’est la nécessité de la vie d’artiste qui impose le rythme par le temps qui court. Sans cette nécessité d’artiste, même étant propriétaires de ce blog, nous n’aurions rien fait ce soir. Finalement, ce est pas si mauvais d’être artistes même si nous vivons pauvres et mangeons maigre.

Avant-hier, nous avons fait une découverte par le biais d’un commentaire, de cette lectrice qui se nomme Marie. Bon, peut-être, c’est juste une passante qui arrive par hasard sur notre blog comme ces personnes qui se croisent dans la rue, au métro, dans le parc… Ça vous dit quoi, n’est-ce pas? De temps à autre, un regard, un signe de tête, peut-être, un bonjour ou un sourire à peine voilé entre deux passants. Un bref moment de rencontre, de vie. On s’éloigne le temps de passer l’un à côté de l’autre. La vie est ponctuée de ces brefs moments et, à chacun de ces moments, il y a un, deux ou plusieurs visages silencieux. Un à un, ils disparaissent aussi tôt. Ils s’effacent de notre mémoire temporelle.

Pauline Gagnon, peintre québécoise, une artiste collectionneuse de visages. Des visages pleins de mots silencieux qui témoignent des brefs moments de vie, mais figés pour longtemps. En voici quelques portraits de Pauline Gagnon que nous choisissons pour partager avec vous ce moment présent éphémère, grâce à cette Marie, à son commentaire.

Visage silencieux Portrait de femme, par Gagnon Portrait par Pauline Gagnon Face silencieuse, Pauline Gagnon, peintre québécoise
Images : Pauline Gagnon/Galerie Jamault

Oeuvre d’art authentique

Lundi 21 septembre 2009

Un Rembrandt authentique?Image: Le Cavalier polonais, 1655, 117 X 135 cm, Collection Frick, New York

Au début du mois, nous avons effleuré le sujet du Cavalier polonais de Rembrandt, mais vain.

En fait, l’idée germe depuis cet été, soit tout juste après la post Cavalier ou cavalière. Au début de septembre, c’était facile comme exercice d’association d’idées de passer du 70e anniversaire de l’invasion des nazis de la Pologne au mythe de la défaite des cavaliers polonais en 1939, pour arriver en troisième temps au Cavalier de Rembrandt. Mais il y a trois semaines passées, notre flânerie d’idées est rapidement déviée de sa voie. L’alignement de billets a abouti complètement ailleurs. Les seins nus pour la cause du cancer est un sujet, disons, avec plus de volupté et bien plus amusant à traiter que de brouillonner comme en ce moment, une note sur le sujet des oeuvres de Rembrandt, même si cela nous passionne.

Mais là, c’est quasi du prédéterminisme, le sort prime. Aussi bien faire prévaloir ce soir l’opportunité en butinant un peu le sujet, puisque ça passe, non?

Il arrive à nous aussi ces moments d’impudeur, à glaner ce passionnant sujet plusieurs jours durant sans aucune preuve de retenue. Peut-être, encore un billet sur Rembrandt demain… pourquoi pas? :-|

Vous saviez peut-être, sinon vous vous en doutiez probablement un peu du pourquoi, surtout après le billet d’hier sur ce petit supposé faux Rembrandt. Eh oui, le Cavalier polonais est considéré par plusieurs experts comme l’oeuvre de Willem Drost, talentueux élève de Rembrandt. Saviez-vous qu’en un siècle, des experts ont dérembranisé des centaines d’oeuvres, dont le très célèbre Homme au casque d’or. Ceux qui s’intéressent aux oeuvres de Rembrandt ont probablement entendu parler du Rembrandt Research Project, qui désacralise des non Rembrandt, des pas-assez-Rembrandt et des faux Rembrandt par contrefaçon ou par méconnaissance du passé.

Mais, pourquoi cette épuration si excessive? À qui en profite la pureté du corpus d’oeuvres de Rembrandt? Sûrement pas à Rembrandt lui-même. Comment détermine-t-on avec certitude un tel tableau soit de Rembrandt et non un tel autre? Examine-t-on les oeuvres de Rodin, par exemple, pour savoir combien de coups de ciseau que celui-ci a donné sur chacune des statues signées Rodin? Pourtant, tant d’assistants dans l’atelier de Rodin travaillaient et prêtaient main forte au vieux Maître. C’est connu. Que dire maintenant de ces équipes de spécialistes multidisciplinaires qui travaillent pour des artistes par excellence de notre époque, Hirst, Koons et cies? Combien de Warhol sont des « vrais » Warhol?

Ô combien de questions sans réponse…

Le Cavalier polonais de Rembrandt est-il vraiment de Rembrandt? Nous laissons aux spécialistes le soin d’analyser les pigments, d’effectuer de datation par le carbone 14, de compter le nombre de coups de pinceau, de débattre… Une chose est certaine pour nous, cet arrière-plan du Cavalier polonais a quelque chose d’inhabituel. Son organisation spatiale nous fait penser davantage à un tableau d’expressionniste lyrique. Il y a, sous les sabots du cheval, derrière le cavalier, une sorte de pulsion animale mal maîtrisée et de la lumière dissonante.

Ça, c’est très rare dans les oeuvres de Rembrandt… même si le Cavalier est toujours majestueux depuis 400 ans.

Faux Rembrandt

Dimanche 20 septembre 2009

Le nom Rembrandt évoque en nous toujours un affect bien particulier, même quand nous griffonnons quelques lignes sur un faux Rembrandt.

Devant un bon Rembrandt, même en photo, nous avons le goût de divaguer un peu. Comme cette photo de presse d’hier sur laquelle on a bien essayé de faire une mise en scène avec cette jeune femme observant l’oeuvre sous tous les angles et coutures. Nous comprenons que c’est sexy de faire poser une belle employée, semble-t-il, de Christie’s de Londres à côté d’une oeuvre du vieux Maître. Mais combien désolant quand on savait pertinent bien que seul un richissime collectionneur puisse se payer un Rembrandt, authentique ou faux. Une excellente occasion manquée pour injecter une petite dose d’authenticité dans le foisonnement d’images modernes, si souvent superficielles. Voilà pour la désolation que nous éprouvions hier soir en sélectionnant l’image la moins mauvaise du lot, et pour cette surdose de superficialité des photos de presse clichées.

Tenez, en voici quelques-unes.

Mise-en-scène devant un Rembrandt Employée femme davant un Rembrandt Femme devant un Rembrandt

Rembrandt n’est probablement, ni un saint homme, ni un esprit d’exquis de philosophe de son époque. Son extraordinaire oeuvre picturale dont peu d’artistes dans l’histoire de l’art arrivent à joindre se démarque justement par sa dimension du vrai. La lueur rembranesque, elle est matérielle tout comme ses pénombres. Les ténèbres de Rembrandt expirent au travers ses coups de brosse et aspirent à la lumière.

En 2007, il s’est vendu sur le marché de l’encan londonien un « faux » Rembrandt pour 2,2 millions de livres sterling : lot 377, Autoportait en Démocrite – philosophe riant. Un tout petit tableau considéré par les experts comme étant l’oeuvre d’un artiste qui imitait le style de Rembrandt. Il mesure 23.7 cm par 17 cm, signé RHL, date de 1629-1630.

Peu importe si c’était un faux ou un vrai Rembrandt, le ou les acquéreurs de ce petit portrait ont acheté en 2007 une oeuvre d’art peinte par un artiste digne de la définition du mot « art » au 17e siècle, soit la capacité de rendre facile ce qui est difficile.

Un faux Rembrandt ? Un petit portrait de Rembrandt

Rembrandt aux enchères chez Christie’s

Samedi 19 septembre 2009

Un Rembrandt provenant d’une collection privée est disponible pour un amateur d’art fortuné.

Un portrait d’homme peint par le célèbre peintre du siècle d’Or sera vendu aux enchères en décembre chez Christie’s pour une modique somme de quelques millions. On estime le prix entre $30 à $41M. Rembrandt aux encheres. En voici, trois Rembrandt vendus depuis 2000 :

Rembrandt aux encheres

Images de l’obésité

Dimanche 30 août 2009

À propos de l’obésité ou des personnes de taille forte, il est aisé que l’on y aille, modérément ou allégrement, d’ironie, de moquerie ou de méchanceté. Ça se peut que nous nous trompions. La méchanceté, il devrait en avoir autant avant et après nous. Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie.

Un fait, ni scientifique, ni empirique. Simplement la vie.

Cependant, nous savions pertinent bien que le mode de vie moderne de la société de consommation favorise la prise de poids corporel. La sédentarisation et l’abondance de la nourriture… dans des pays développés, y contribuent de façon proéminente. Même si cette modernité donne à un plus grand nombre de personnes l’accès à l’éducation, à la connaissance générale et spécialisée, à l’information omniprésente et à un tas de bienfaits, l’obésité gagne du terrain également parmi cette même population privilégiée.  Si la modernité est bonne pour l’humanité, ses effets néfastes sont tout autant parmi nous.

Mais si vous parliez à ceux qui connaissent un peu l’art ou l’évolution de l’art comme nous, si si, le petit « nous » ;-) il est rare que l’on aborde le côté sombre… moins luisant, de l’évolution de l’art. On parle bien souvent de l’apport artistique des génies, du progrès accompli par l’avant-garde d’hier et d’aujourd’hui, des nouvelles formes d’art progressistes, des préoccupations artistiques à saveur sociale, environnementale, écologique, technologique, scientifique, etc.  Nous arrêtons ici.

C’est fou, n’est-ce pas? Ces arts semblent toujours meilleurs…

Bon, trop de blabla! Pour terminer ce billet de ce début de semaine ou de fin de mois, quelques images ayant l’obésité comme enveloppe dont la signification est bien loin de la dénonciation, aucune nouveauté non plus. Elles sont cependant plus fines, plus obscures, plus soutenues et plus personnelles. Nous, nous l’appelons souvent, de l’art qui transcende.

L'obésité dans l'art ancien

De l’art très ancien, tout petit, mais immense. Cette obésité enveloppante a-t-elle le même sens que celui de nos jours?

Une femme artiste, l'obésité et de l'art autobiographique

Une artiste et son regard autobiographique du corps, Jenny Saville : l’art peut être cruel; l’image peut être crue; le corps peut être un chantier d’expérimentation. Lorsque l’artiste est grand, son art transcende.

L'art et l'obésité

Son grand-père analysait l’inconscient de ses patients; lui, il scrute ses modèles, Lucian Freud.

Voilà, de l’art frontal et sans détour, à la fois pour les sens et le cerveau, plus soutenu que l’image accompagne le billet précédent.  L’autre, intéressante, mais comme un vin, de la présence assurément, mais sans corps et jeune.

Comment regarder l’art abstrait…

Lundi 17 août 2009

Comment regarder l’art abstrait… en fait, le titre de ce billet est un peu traître!

Plusieurs de nos amis aiment les arts sans être des artistes. Mais ils n’apprécient guère l’art contemporain, particulièrement, en ce qui traite des oeuvres abstraites. Bien qu’ils soient des gens instruits, intelligents et curieux. Nous avons que des amis de qualité. ;-) Ils sont généralement déroutés en voyant une oeuvre à la Pollock, par exemple.

Une confession de foi : nous aimons toujours éperdument les bonnes oeuvres de Pollock et nous éprouvons une grande affection pour des oeuvres abstraites. C’est quoi un bon Pollock? Du dripping pur, sans altération. The Deep, rare présence de Pollock sur le sol européen, au Pompidou, est un mauvais Pollock qui représente au plus l’esprit agité d’un alcoolique désespéré face à un cul de sac artistique.

À quelques reprises, nous avons écrit ici, peut-être, pas dans ces mots-ci, que l’évolution de l’art abstrait est un échec parmi plusieurs autres expériences humaines du 20e. Le communisme, formidable idéologie qui finissait en désastre, en est une expérience humaine douloureuse et égarée. L’abstraction l’est également, à cause du grand nombre d’artistes qui se centrent sur leurs préoccupations personnelles au nom de l’art, en privant au public de presque toute référence « humainement » perceptible. Pour ceux qui s’intéressent à l’aventure de l’art abstrait, la vie de Malévitch est un cas qui illustre bien la formidable expérience théorique et expérimentale de ces deux aventures du 20e.

Malévitch est un autre spécimen extraordinaire : artiste, théoricien, mystique et politique.

Le phénomène de l’art abstrait ancré sur le « moi-et-ma-façon-de-voir » s’est intensifié durant la 2e moitié du siècle passé, grâce à la quête d’un art, toujours et plus que « nouveau », et à l’intellectualisation à l’outrance des démarches artistiques. On crée alors un monde où l’artiste se fait sanctifier par ses pairs pour son excessive singularité. La relation entre l’art abstrait et son public se limite à des regards interrogateurs de ce dernier, attirés par des exploits artistiques qui font scandales. N’y a-t-il pas là les germes de nos émissions télévisuelles de Reality Show?

L’artiste devrait-il construire sa démarche artistique autour des préoccupations personnelles et professionnelles? Bien sûr. Au fait, il s’agit d’un idéal légitime et humain. Un art qui évolue sainement doit puiser de la Vie, se transcender la vie personnelle et trouver son écho auprès d’un large public sans recours au sensationnisme débridé.

Mon Dieu, est-ce possible?

Le blog n’est vraiment pas fait pour ce genre de billet, peu productif. Nous n’avons même pas encore effleuré les deux mots les plus importants, la source de cette évolution artistique : la démocratisation et la spécialisation. Mais, nous avons largement atteint le quota de mots. Assez pour aujourd’hui!

Bon, aujourd’hui, pour finir ce billet, des images pour illustrer un aspect de l’art abstrait : la distance et la perspective jouent un grand rôle dans la formation d’une oeuvre abstraite. Parfois, bien saisir la perspective pour observer une chose permet d’amorcer la démystification de celle-ci. Après cela, il faudrait y trouver l’intérêt. C’est plus difficile.

De l'art abstrait ?

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Nuit des étoiles filantes

Jeudi 13 août 2009

Vous savez que c’est cette nuit que vous deviez observer le ciel et faire un voeu, par chance si vous voyiez une étoile filante en scrutant un coin de ciel de votre pays. Bien entendu, si vous voulez voir des étoiles filantes… et croyez à la magie des étoiles filantes.

Nuit des étoiles filantes

Pour souligner cette nuit des étoiles filantes, la « Nuit étoilée » de Van Gogh. Vous savez, cet homme ne peignait pas comme il aurait voulu, mais il a fait de beaux tableaux selon les critères esthétiques et artistiques de notre époque.

Lorsque l’on trouve « beau » un tableau, c’est comme une personne follement amoureuse. On y trouve de la qualité chez l’élu de son coeur, parfois inexistante.  Il y a un temps à exalter, un temps à observer, un temps à questionner notre propre perception face à une oeuvre d’art.

Van Gogh remplissait fiévreusement la surface de ses tableaux. Il ne maîtrisait pas la surface peinte. Du point de vue de la fabrication d’image, son organisation picturale demeure simpliste et primaire. L’intérêt de l’art de Van Gogh se trouve dans son intensité fiévreuse, excessive et maladive. Il y a dans ses touches répétitives, lourdes et tourbillonnantes l’état désemparé de son incapacité de traduire sur une toile ce dont il observait. Il comblait alors ce fossé entre l’observation et la représentation du paysage observé avec son imaginaire agité.

De prime abord, Van Gogh aurait aimé peindre le paysage avec une rigueur analytique.

Dédé Fortin, la Comète

Mardi 4 août 2009

Près de 10 ans après son suicide, une chanson inédite intitulée La Comète du défunt leader du groupe Les Colocs, Dédé Fortin, a été dévoilée hier. Une partie des profits de la chanson ira à la Fondation André Dédé Fortin qui s’occupe de prévention du suicide. La chanson est disponible à télécharger sur plusieurs sites.

L’univers imaginaire de Dédé Fortin nous fait beaucoup penser à l’œuvre de Anselm Kiefer. Il y a là une sorte de désolation mystique; un état de transfuge permanent et de la matière détériorée, consumée et résiduelle. Un triptyque monumental de Kiefer au Musée d’art de Saint-Louis. « Buring rods »… devant des sièges vides.

La Comete, Déde Fortin/Buring rods, Kiefer

Pour ceux qui ne connaissent pas l’oeuvre de André Dédé Fortin. Voici l’un de ses derniers textes.  ( Texte corrigé suite aux commentaires reçus.  Merci à Pico et Cynthia! )

Comme le temps est pesant en mon âme escogriffe
Un grand ciel menaçant, un éclair qui me crie
Ton coeur est malicieux, ton esprit dans ses griffes
Ne peut rien faire pour toi et tu es tout petit

Les nuages voyageurs font des dessins abstraits
Ils me parlent de bonheur que jamais je n’entends
Je pourrais faire comme eux et partir sans délai
Léger comme une poussière transporté par le vent

Et dans la solitude de ma danse aérienne
Le courage revenu, je trouverais les mots
Je réciterais sans cesse des prières pour que vienne
La douleur douceur du silence d’un éternel repos, mais…

Épuisé que je suis je remets à plus tard
Le jour de mon départ pour une autre planète
Si seulement je pouvais étouffer mon cafard
Une voix chaude me dirait : tu brilles comme une comète

Tu brilles comme une comète

Comme la lune est moqueuse quand elle s’empare du ciel
Elle me regarde aller comme une lampe de poursuite
Je voudrais la détruire ou me poser sur elle
Étourdi par son charme qui jamais me quitte

Je suis comme une loupe que le soleil embrasse
Ses rayons me transpercent et culminent en un point
Allument le feu partout où se trouve ma carcasse
Et après mon passage il ne reste plus rien

Et dans la solitude de ce nouveau désert
J’aurais tout à construire pour accueillir la paix
Et tout mon temps aussi pour prévenir l’univers
Que la joie est revenue et qu’elle reste à jamais… mais…

Condamné par le doute, immobile et craintif,
Je suis comme mon peuple, indécis et rêveur,
Je parle à qui veut de mon pays fictif
Le coeur plein de vertige et rongé par la peur

Et dans la solitude de ce nouveau désert
J’aurais tout à construire pour accueillir la paix
Et tout mon temps aussi pour prévenir l’univers
Que la joie est revenue et qu’elle reste à jamais…

Dédé Fortin

Rencontre entre l’Orient et l’Occident

Mercredi 22 juillet 2009

Aujourd’hui, une rencontre entre l’Orient et l’Occident.

D’abord, connaissiez-vous l’histoire de Léda et le cygne? Un résumé pour ceux qui ne la connaissaient pas. Léda fut aimée par le dieu des dieux, le grand Zeus lui-même, qui se métamorphose en cygne pour la séduire. Ce fut un coup de foudre et un amour passionné dans lequel le désir divin rencontre la grâce! « Je te veux! Je ne te veux pas! »

Évidemment, cette histoire fait rêver de grands artistes, poussant ainsi les êtres à l’imagination fertile et féconde à exagérer et à repousser les limites de l’acceptable de leur époque. Da Vanci, Véronèse, Tintoret, Boucher et autres ont tous matérialisé à leur manière le fantasme que le commun des mortels n’ose point à extérioriser avec tant d’aisance.

Voici la version la moins osée, faite par François Boucher.

Léda et le cygne, par François Boucher

Le petit billet d’hier nous a conduits à faire quelques recherches plus poussées. Nous avons appris que la peinture que Guan a empruntée comme toile de fond est vieille de plus de mille ans. Son auteur est un peintre chinois célèbre qui s’appelle Zhou Fang (618-907). Dans la transcription graphique faite par Guan, la grue à tête rouge a été déplacée.

Voici l’inévitable question: la grue à calotte rouge portait-elle un symbolisme dans cette peinture chinoise ancienne?

Femmes aux fleurs, Zhou Fang

Malgré l’éloignement des deux cultures, existe-t-il une certaine similitude entre le cygne de Léda et la grue de ces femmes chinoises aux fleurs? Heureusement que Guan n’est pas un Français, sinon, nous aurions pu croire que cette grue est un clin d’oeil de l’artiste, en flanquant à la droite de son tableau cette femme à moitié nue, fort bien modelée.

Voyez-vous, celui qui regarde un tableau peut voir plus que le tableau en contient.

Femmes chinoises… de l’art chinois

Mardi 21 juillet 2009

Aujourd’hui, une peinture de dialogue… entre deux représentations de femmes orientales; entre l’aplat et le modelé; entre un art chinois ancien reproduit comme fond pour faire moderne et un art chinois aux accents contemporains, mais qui demeure assurément académique. On dirait qu’il y a une harmonie orientale dans le savoir-faire.

Il y a ces journées où nous nous disons que la prudence s’impose. Comme là, faudrait-il étaler nos vagues pensées sur cet art que l’on qualifie de l’art contemporain chinois? Devrions-nous rester objectif et voir cette peinture avec un regard détaché, peut-être même à emprunter un ton plus analytique? Ou encore, soyons tout simplement aigres-douces !?

- Euh… Bon ben, voilà tout!

- Ah oui! Qui est l’artiste? Guan Zeju.

En passant, nous avons choisi ce tableau de Guan pour la dialectique de son propos artistique et ce, même si son vocabulaire visuel est sans surprise, mais son ambiguïté est certaine.

Deux femmes chinoises

Paris, les 27, 28 et 29 juillet

Jeudi 16 juillet 2009

Paris, les 27, 28 et 29 juillet

Jour de paresse… et dans une suite d’idées, ce soir, nous avons une petite pensée à propos de ce commentaire de l’autre jour sur les crises politiques. Saviez-vous que les Trois Glorieuses symbolisent depuis 1830 ces trois jours historiques? Les 27, 28 et 29 ont transformé définitivement la monarchie française. Le roi de France est devenu alors le roi des Français qui doit prêter serment comme étant un roi citoyen. Delacroix en a tiré profit avec ce grand tableau. Il l’a présenté au Salon l’année suivante.

Au Salon de cette année-là, il y avait une quarantaine de représentations de l’émeute de juillet 1830. Delacroix a été récompensé. Le roi des Français, Louis-Philippe 1er, a acheté son tableau pour 3000 fr et l’artiste décoré.

Nous voulons savoir si Delacroix avait noté quelques pensées d’intérêt au cours de cette période. Nous avons alors feuilleté son Journal il y a quelques instants en nous rappelant qu’il avait cessé de tenir son journal en automne 1824 et repris son écriture qu’en 1847, à l’aube de sa vieillesse.

- Doh!

Voilà, des grands savaient utiliser leur temps pour faire de l’art au lieu de s’astreindre à écrire au jour le jour des trucs sans grande d’importance pour se soulager de la monotonie.  Bon bien, voilà tout pour ce soir.

Une mer de drapeaux français

Mardi 14 juillet 2009

Drapeau français

Bonne fête aux Français!  Une mer de drapeaux Bleu Blanc Rouge pour souligner la fête du 14 juillet. Bon, l’essentiel est dit. Passons maintenant aux choses sérieuses, c’est-à-dire, à la peinture! ;-)

Certains artistes savent comment déploier leur art au travers les moeurs de leur époque et matérialiser la fugacité des événements de leur vie. Monet en est un exemple à suivre. La rue Montorgueil à Paris, fête du 30 juin 1878.

En 1878, le ministère Dufaure avait fixé au 30 juin une fête parisienne en l’honneur de la République. Le tableau de Monet représente à la fois cette fête parisienne et les festivités de clôture de l’Exposition Universelle de 1878. La rue Montorgueil de Monet est un élan d’enthousiasme qui anime la patrie et aussi, une manifestation nationaliste et républicaine.

Saviez-vous que ce n’est qu’en 1880 que le 14 juillet est devenu fête nationale des Français?