Images et textes sur 'Peinture'

 

Argument d’avocat

Jeudi 10 février 2011

Aujourd’hui, de l’art académique du peintre Gérôme, une autre façon de montrer le corps de la femme ou pour l’amour du nu académique. À la fin du 19e, Phryné suscite un engouement imaginaire chez des artistes. Mais l’intérêt pour cette femme est tout aussi excessif au temps des grecs. Donc, pour ce 10 février, rien de moins que la plus belle courtisane antique qui a pour amants des hommes les plus distingués de son temps. Nous n’en citons que trois, le plus célèbre, le sculpteur antique Praxitèle; le peintre Apelle, moins connu, mais non le moindre; sans oublier l’orateur et avocat Hypéride qui a défendu la cause d’impiété de la Belle.

Phryné, prostituée célèbre et riche, accusée d’impiété ou d’attentat à la pudeur, Hypéride plaide la cause de Phryné, à court d’arguments, il enlève la tunique de la Belle. Les juges saisissent par sa beauté et l’acquittent.

Une anecdote wiki amusante pour terminer ce billet.

Elle est célèbre par ses tarifs élevés : selon le poète comique Machon, elle réclame une mine pour une nuit. Le scholiaste du v. 149 du Ploutos d’Aristophane mentionne le prix extravagant de 10 000 drachmes, soit un talent. Cependant, toujours selon Machon, son tarif varie suivant ses humeurs. Elle accumule de telles richesses que, selon le grammairien Callistrate, elle aurait offert de rebâtir les murailles de Thèbes, abattues en 336 av. J.-C. par Alexandre le Grand, sous réserve qu’on y grave l’inscription : « Détruites par Alexandre, rebâties par Phryné, l’hétaïre ». L’offre aurait été refusée.

Voilà! La nudité, l’argent, la célébrité et l’amour antique.

argument d'avocat

Rendez-vous des amoureux

Samedi 5 février 2011

Le Rendez-vous, par Fragonard

Encore un peu de libertinage en peinture aujourd’hui, le Rendez-vous de Fragonard.

Petite note à ceux qui aiment visiter des musées pour admirer les oeuvres d’art, Google a mis en ligne sa dernière mouture : Google Art Project. De superbes images en très haute résolution des tableaux provenant des plus grandes collections du monde. Malgré le nombre de tableaux numérisés est encore limité et la technique du Google Street View manque de finesse pour le contexte muséal, ça vaut la peine d’y jeter un coup d’oeil. Au risque de répéter, il n’est qu’une question de temps avant que les téléviseurs 3D viennent révolutionner notre perception, la proximité des êtres et notre relation avec l’environnement immédiat.

Nous disions… Ah oui! le Rendez-vous de Fragonard.

Si Fragonard est connu comme étant un peintre libertin, il ne faudrait pas oublier qu’il a débuté sa carrière de peintre en peignant des tableaux sérieux, biblique, historique et mythologique, dont l’un lui a valu la première place du Prix de Rome. Pas une mince affaire.

Si un jour, le Google Art Project numériserait toute la Frick Collection, ce jour-là, les amateurs de Fragonard pourraient admirer en tout liberté dans le confort de leur foyer des scènes frivoles, des rencontres grivoises, des amants pressés et les femmes libertines. Enfin, des scènes de genre tourbillonnantes montant l’enjambée de l’Amant à la hâte de retrouver sa Belle au rendez-vous galant. Mais diantre! Ces deux amants sont anxieux de ce qui se passe dans l’autre partie du jardin. ;-)

En terminant, une petite citation venant de Wiki, fort amusant mais est-ce véridique? Nous doutons.

Semble-t-il que les Hasards heureux de l’escarpolette de Fragonard soit le fantasme d’un commanditaire libidineux qui a suggéré la mise en scène à l’artiste : « Je désirerais que vous peignissiez Madame sur une escarpolette qu’un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau. »

Google Art Project

Jeune fille à la marmotte

Vendredi 4 février 2011

Jeune fille à la marmotteEn parlant de la marmotte et de la prédiction de la fin d’hiver, cela nous fait penser à cette petite peinture de Fragonard, la Jeune fille à la marmotte.

Une oeuvre sans grande importance, peinte avec de jus de pipe que les peintres qualifient de cette brun commune – de la Terre de Sienne brulée mélangée au médium à peindre – préparation à base de liant et diluant pour modifier la consistance de la peinture.

Cette jeune fille à la marmotte n’a donc ni de valeur artistique extraordinaire, ni de charge émotionnelle à couper de souffle. L’oeuvre est pourtant répertoriée et citée. Selon nous, cela est dû à la marmotte, cette marmotte presque invisible sinon en mot et grâce au titre du tableau.

À moins qu’elle a aussi vu son ombre… ;-)

Peindre est comme toute action humaine, si l’action n’inscrit pas dans un schéma que les autres puissent reconnaître, on s’engage dans un monde désertique où le buisson ardent n’est réservé qu’au rare prophète. Prêcher seul dans le désert, ça doit être terrible… sauf si l’on aime d’être seul.

Comme Fragonard est un coquin de sa nature d’homme, il a donc peint au service des hommes avec ses mille et une jeunes filles dans leur état de grâce. Il est vrai que c’est plus noble et savant de parler le médium à peindre de Fragonard, de ses couleurs pastels, de ses touches… alors que c’est la vie que l’on doit s’intéresser en première, avant tout art.

Voilà tout pour la marmotte et l’amour pour la vie libidinale… et artistique de Fragonard en ce jour 4 du mois de l’amour.

Jeunes lectrices

Dimanche 23 janvier 2011

L’Église de l’époque a condamné le roman épistolaire de Goethe, les Souffrances du jeune Werther. Voici peut-être l’un des motifs de la condamnation, illustré par Wilhelm Amberg : la Lecture du Werther de Goethe. Une peinture de genre, du romantisme germanique.

Mais, bon sang! Regardez ça! Ces demoiselles, jeune lectrices s’adonnent à la lecture de Werther dans un sous-bois maléfique.  :)

L’art, rendre visible l’expérience humaine.

jeunes lectrices

Tiepolo et trois femmes sensuelles

Mercredi 5 janvier 2011

Tiepolo, trois femmes sensuelles du siècle des Luminières

Femme, TiepoloUn complément du billet d’hier, des désirables et sensuelles femmes selon le célèbre artiste vénitien de l’Europe des Lumières, Giovanni Battista Tiepolo ou Giambattista Tiepolo. En français, c’est Jean-Baptiste Tiépolo. La France, maître du vieux continent il y a quelques siècles passé, a tout francisé. Un jour, tout se chinoiserait ou indiennariserait. Bon, si nous réfléchissions deux secondes… hé bien, peut-être pas. Car les cycles économiques accélèrent et ils sont plus en plus brefs. Les Chinois et les Indiens n’auraient pas le temps en leur faveur. Sans le levier économique, point d’empire, adieu la Femme de l'époque Rococorègne culturelle.

Bon, revenons à nos occupations d’artiste!

Voyez-vous, à l’autre époque, on a du « temps » pour élaborer tout un jeu de signes de mains et de jambes quand on peignait des femmes sensuelles et désirables. Un langage complexe et élaboré. Dans les Pin-up de Sundblom, les croisements de jambes se codifient. Plus rien de ces théâtralités au style rococo. Maintenant, fermez vos yeux deux secondes et voyez dans la noirceur de votre esprit lucide les défilés de mode de nos jours. Alors? Ces déhanchements de longues Rinaldo et Armida, une série de tableaux de Tiepolo jambes… Monsieur Sundblom et ses acolytes ont grandement contribué à la définition du modèle actuel de sensualité féminine.

Pour terminer, ah, c’est ça! Nous avons presque oublié… le motif principal de ce complément de billet, les couleurs de Tiepolo et de Sundblom, combien elles sont lumineuses et sensuelles! Divin!

Quant à leurs touches lisses et fluides pleinement maitrisées, pour le moment, c’est impossible à vous les montrer. Il faut voir les oeuvres aux musées. La téléviseur ou l’écran d’ordi 3D peut résoudre cette difficulté. Il faudrait patienter encore… une question de temps.

De désirables Pin-up à la femme idéale

Mardi 4 janvier 2011

Une couple de rêve...  des années 50? Souveniez-vous de l’artiste américain Haddon Sundblom?

Ce nom n’est pas aussi connu des amateurs d’art tels que Picasso, Monet ou Rembrandt, mais les personnages de sa création ont assurément marqué plusieurs générations d’Américains, enfants et adultes. Nous avons parlé de lui il y a deux années passées… durant les fêtes de la fin d’année.

Sundblom est reconnu pour ses Pères Noël qui boivent du Coke. Il est aussi en quelque sorte le mentor d’Elvgren, en le prenant sous ses ailes pour travailler les pubs de Coca-Cola. L’industrie femme idéale des années 50américaine de l’art publicitaire avant et après guerre porte parfois de grands noms, mais il y a aussi des artistes de grand talent qui travaillaient ou maturaient dans l’ombre de leur mentor et parfois, ils émergent du halo éblouissant de leur ainé avec éclat. Nous revenons un peu plus tard sur les oeuvres coquines d’Elvgren, un vrai Fragonard ou Boucher du 20e. L’autre duo qui nous vient à l’esprit, le roi de l’Art Pop, Warhol et son protégé, Basquiat. Mais, pour aujourd’hui, nous vous faisons découvrir trois images de Pin-up et une scène romantique à la Sundblom.

Ne trouvez-vous pas ces jeux de jambes divinement peints? Ces coups de pinceau onctueux et lisses, ces couleurs rafraichissants et éclatants, c’est carrément du Tiepolo sans ses sujets historiques, mythologiques  ou du christianisme comme toile de fond, non?!

Voilà, de désirables Pin-up à la femme idéale, par l’un des plus célèbres peintres de Pères Noël – Haddon Sundblom, des images à vous rappeler Noël prochain quand vous attendrez en fil pour la séance de photos de vos enfants ou petits-enfants avec le vieux bonhomme joufflu qui fait des Hohoho! ;-)

Pin-up, par Sundblom Femme et son chien

Femme Pompière

Dimanche 2 janvier 2011

Le Combat, par GirodetÀ une autre époque, lorsqu’on désigne un tableau de l’art pompier, le mot « pompier » fait référence avant tout à l’art académique du 19e siècle, avec dérision et moquerie, qui fait allusion aux casques brillants de certains personnages des grandes compositions de l’époque. Tenez, pensez à ce tableau Girodet, le Combat,  en est un exemple.  Ça ne vous fait pas penser aux casques des sapeurs-pompiers de la vieille époque? Par le terme « peinture pompier », on évoque donc l’aspect pompeux d’un tableau.

Hier, nous avons dit que tout est dans la substance. En fait, l’art est à l’image de notre humanité qui dérive, mais toujours dans sa continuité. À notre avis, cet art pompier n’est pas éteint dans la première moitié du 20e avec le boum de l’art moderne, européen ou américain. Il trouve son héritier dans cette peinture d’illustration pour adultes, l’art de la Pin-up. L’un des artistes américains par excellence de l’art Pin-up est sans doute Gil Elvgren.

Voici, la femme pompière de Gil Elvgren, ou la danse du poteau de la pompière pour terminer le billet de ce soir avec une touche de légèreté. Pour les puristes, le titre de l’oeuvre de Elvgren est Fire Belle (Always Ready), 1956.

Femme pompière, par Gil Elvgren

La Belle Romaine encore vendue

Mercredi 3 novembre 2010

La Belle Romaine

Eh oui, une brève nouvelle du monde des enchères… La Belle Romaine, un tableau d’Amedeo Modigliani, ou encore, « Nu assis sur un divan» , a été adjugé 68,9 millions de dollars hier soir à New York, battant ainsi un record mondial pour l’artiste italien mort à Paris. Pendant ce temps, Obama… et son Parti battus à plate couture à Washington.

Un autre tableau de Modigliani, « Jeanne Hébuterne (au chapeau)» , estimé entre 9 et 12 millions de dollars, a été adjugé 19 millions durant la soirée d’hier chez Sotheby’s à New York.

Voilà pour le changement de propriétaire des tableaux de Modigliani. À savoir maintenant combien de temps le nouveau propriétaire de La Belle Romaine garde sa Belle avant de la mettre à nouveau sur le marché. Tout comme Obama, va-t-il arriver à conserver la Maison Blanche dans deux année? Seule alternative : changer. Pas de le changement qui l’a porté au pouvoir mais des changements de compromis durant la prochaine année, qui sera la plus difficile de sa carrière politique. Vous le saviez, la deuxième qui lui reste ou la quatrième et dernière année de la présidence américaine est consacrée à la préparation de l’élection suivante.

Dans les arts, lorsque vous parvenez au sommet de votre art, qui demeure toujours très subjectif, on ne veut plus que vous changez. Dans le monde de la politique, même si vous étiez parvenu au somment de hiérarchie sociale, vous devez encore et continuez de changer votre façon de faire. Sinon, tout basculera le temps d’une soirée.

Autoportrait de Frida Kahlo

Lundi 20 septembre 2010

Autoportrait Frida Kahol

Qu’est-ce qui pousse un artiste à faire des autoportraits? Dans le cas de Frida Kahlo, c’est sa condition humaine.

Atteinte par la poliomyélite à 10 ans, devenue handicapée de sa jambe droite atrophiée; grièvement blessée à 18 ans, abdomen transpercé, un grand nombre de fractures aux deux jambes. Le bassin, les côtes et la colonne vertébrale brisés. Mais c’est seulement un an après l’accident que l’on remarque qu’une de ses vertèbres lombaires est aussi fracturée. Alitée, Frida Kahl0 commence à peindre des autoportraits.

Femme de liberté, Frida Kahl0 est intéressée par la condition féminine et le sort des femmes, elle refuse une vie de femme traditionnelle mexicaine. Communiste à 21 ans, elle rencontre Diego Rivera, renommé muraliste. Mariée à celui-ci l’année suivante, mais Rivera l’a trompé peu de temps après leur mariage.

Elle a détesté son séjour aux États-Unis. Durant cette période, deux fausses couches et une décès, celle de sa mère. Pendant qu’elle est hospitalisée aux États-Unis, Diego Rivera a eu une liaison avec la soeur de Kaklo.

Malgré une profonde amitié entre elle et la femme d’André Breton et admirée par ce dernier, elle se défend d’être une surréaliste. Elle peint sa vie et non de rêves. Elle a d’ailleurs tout aussi détesté son séjour en France.

Nous terminons aujourd’hui avec les dernières lignes de son journal avant sa mort : On m’a amputé la jambe il y a six mois qui me paraissent une torture séculaire et quelques fois, j’ai presque perdu la tête. J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche, car je m’imagine que je pourrais lui manquer. Il me l’a dit, et je le crois. Mais jamais de toute ma vie, je n’ai souffert davantage. J’attendrai encore un peu…

Voilà, on peint et vit parfois pour les autres, mais au nom de soi-même. Frida Kahlo en a peint plusieurs autoportraits pour les autres en considérant sa propre condition humaine.

Encore du Van Gogh…

Dimanche 29 août 2010

Van Gogh volé au Caire, Egypte Van Gogh - Tournesols, fond pâle Van Gogh - Tournesols, fond foncé

La vie de blogueur nous amène son lot d’imprévus qui nous force parfois à réorganiser le fil de la publication des billets. Nous nous sommes dit : pourquoi pas en utiliser pour entamer le sujet d’aujourd’hui qui, sinon, aurait été débuté autrement.

Le Van Gogh volé aurait pu nous permis de faire un retour sur la notion du schéma dans un tableau. Ou encore, à vous parler des mauvaises raisons auxquelles certains aiment l’oeuvre de Van Gagh. C’est sans doute plus facile d’écrire sur le « schéma »,  plus glissant en émotions pour la seconde option.

Évidemment, ce n’est pas très délicat d’affirmer qu’il y a de « mauvaises raisons » d’aimer l’oeuvre encensée depuis un siècle par des historiens et critiques d’art. Ça sonne prétentieux et donner la perception que nous nous avancions, avec témérité presque hargneuse, sur un sujet qui peut nous faire paumer. C’est peut-être notre passion pour la peinture ou peut-être simplement, nous sommes vieux. Semble-t-il, plus bougonneux. Eh oui! Aimer un Van Gogh pour ses couleurs « ensoleillées » ou ses touches « impressionnistes », ça sonne pour nous comme aimer l’art pour faire agencer le ton dominant d’un tableau aux couleurs du divan. Cela se traduit à j’ai un divan que j’aime, j’ai fini la peinture de mon salon et je cherche un tableau pour combler le mur vide.

Ne trouvez-vous pas cette intro un peu longue…? ;-)

Si nous avons commencé aujourd’hui en disposant les trois Van Gogh, côte à côte, nous voulions vous parler du fond noir dans les autoportraits. Comme nous somme trop engagés dans du Van Gogh, nous le constatons. Nous n’avons d’autre choix qu’à vous parler du fond noir dans un autoportraits une autre fois…

Il existe, principalement, deux types de noirceur dans les arrière-plans de tableaux : l’un par nécessité intérieur; l’autre par choix délibéré, pour des effets techniques.

Dans le Van Gogh volé au Caire, s’il s’agit là, d’un fond noir pour ses effets de contraste. Une assimilation de connaissances techniques en peinture. Le fond du « Tournesol, no 2 » (au centre) ou du « 5 Tournesols » (à droite), qu’il soit bleu poudré avec une voile verdâtre acide ou qu’il soit bleu dense baignant dans la noirceur, est beaucoup plus Van Gogh que l’arrière plan noir du tableau volé. Car l’un, le bleu poudré avec une voile verdâtre acide, a été peint sous l’influence de son arrivée au sud de la France, et l’autre, sous l’emprise de ses angoisses psychiques qui se rapproche de beaucoup aux « Champs de blé aux cordeaux» .

Voilà tout pour ce prolongement de l’interlude Van Gogh. Nous reviendrons sur le thème Autoportrait pour le prochain billet.

Ah! Nous faillions oublier… une bonne raison d’aimer l’art : soyez critique et méfiez-vous de l’art que tout le monde en parle. Si votre voisin vous parle des actions d’une compagnie un matin quand vous étiez allé chercher votre journal, il est temps de rééquilibrer votre portefeuille d’actions ou réévaluer le ratio que représentent les actions de cette compagne en question. Il faudrait aimer un Van Gogh pour ses problèmes techniques arrangés ou abandonnés, ses doutes perpétuelles qui lui faisaient salir ses couleurs, la frénésie de son intensité dans ses touches… pas à cause qu’un journaliste assigné à la chronique dite culturelle qui vous annonce durant son topo de 2 minutes lors du bulletin des nouvelles à l’heure du souper qu’un Van Gogh de 50 millions a été volé, ou encore, parce que l’impressionnisme était à la mode.

En effet, l’impressionnisme l’était, il y a 15-20 ans passés. Mais le marché de la reproduction doit renouveler ses produits.

Van Gogh

Autoportraits des grands artistes

Samedi 21 août 2010

Van Gogh autoportrait dédié à Paul Gauguin

Avant-hier en faisant la cueillette d’images pour illustrer le billet sur l’autoportrait, l’idée a fait son chemin. Nous voilà faire un retour sur le sujet que nous pensions sans grand intérêt. Entre ce que nous pouvons penser et les aboutissements d’une idée, il y a souvent des ramifications que nous ignorions, volontairement ou pas.

L’autoportrait de Francis Bacon nous a fait penser que même si l’autoportrait comme forme artistique était moins en vogue de nos jours, cette forme d’art continue d’intéresser des artistes. Dans le fond, Maurice Quentin de la Tour - Autoportraitque ce soit la négation, le non-sens, le dérivé ou encore le dénie le plus total de ce « soi-même » ,  il en demeure le noyau originel de tout processus créatif. La représentation de l’identité du soi est un vaste sujet. Elle est étroitement liée au « je » autonome, à « nous »  inclusif et à ce « eux » exclusif.

Il se peut que ce « je-nous-et-eux » vous semble bizarrement réunis dans un petit bout de phrase qui, nous le convenons bien, nécessite de longue élaboration. Nous y reviendrons une autre fois.

Autoportrait RembrandtBon, revenons sur le sujet d’aujourd’hui, nous nous sommes dits, mais pourquoi pas un pêle-mêle d’autoportraits pour le plaisir d’en faire une un répertoire d’autoportraits. Disons, les portraits d’eux-autres les célèbres artistes, par eux-même. ;-) Si les mots sont parfois de trop. L’image, elle ne trahit jamais si on la prenait telle qu’elle est. Elle nous révèle sans détour les traits de personnalité dominants de son créateur, avec ou sans candeur.

Par exemple, ce jeune Courbet en homme désespéré, est-ce une désinvolture d’un jeune Autoportrait - Lucian Freudpremier qui critique la société dans laquelle il vivait,  ou encore, sa réaction à l’art stérile que pratiquait ses contemporains? Est-ce peut-être même le doute de son propre avenir artistique incertain? Bref, la suite de sa production artistique de ce jeune Courbet nous révèle bien son état d’esprit à l’époque de cet autoportrait intitulé « L’Homme désespéré ».

Que dire maintenant de cet autoportrait du vieux Dali excentrique jusqu’aux confins de sa vie mondaine Warhol - Autoportraità l’image de n’importe quelle starlettes de nos jours qui s’étalent dans les revues de potinage.  Seule différence, Dali a du talent. Il peut peindre son « soi-même » en train de râper une main pour en faire du rouge, couleur de cette écharpe, cliché de cet ornement d’artiste.

Et ce Gauguin qui fait la mimique devant un crucifié? Le message est peut-être voilé, mais l’intention de faire référence à Christ, elle est là, Chuck Close - Autoportraitsans voile.  Il serait spéculatif d’écrire que le geste de Van Gogh se couper un oreille est due à l’emprise de ce Gauguin messianique sur Van Gogh. Si la logique demeure apparente que Van Gogh ait dédié l’un de ses autoportraits à Gauguin, l’infortune de cette rencontre dite artistique et créative de l’artiste hollandais qui a terminé sa vie tristement quelques heures avant le 29 juillet 1890 peut être un sujet d’intérêts à explorer. Il y a derrière des oeuvres acclamées, de joie et de désolation.

Voilà, nous commençons aujourd’hui avec cet autoportrait de Van Gogh, dédié à son ami Gauguin.

Faire un autoportrait

Jeudi 19 août 2010

De nos jours, ce n’est plus une forme d’expression artistique bien prisée comme ç’a déjà été jadis. Plusieurs grands peintres ont laissé à la postérité au moins un autoportrait, sinon plusieurs. Il faut réunir plusieurs conditions pour produire un bon autoportrait. Il faut d’abord une très bonne compréhension de soi et de son état mental pour qu’un autoportrait se prémunit de qualité émotive forte. Évidemment, une bonne maitrise de la technique picturale favorise la qualité plastique d’un autoportrait. Plusieurs artistes font un ou deux portraits d’eux-mêmes dans leur jeunesse, souvent très maniériste. Ils se sont probablement rendu compte en vieillissant qu’il est préférable de consacrer leur temps à faire des oeuvres qui répondent mieux à leur aspiration artistique que de peindre soi-même devant un miroir. Mais, il existe quelques exceptions, Rembrandt arrive à la tête de cette courte liste d’artistes qui ont fait des autoportraits sans vanité… parfais, avec vanité et maitrise de leur art.  Van Gogh en a fait quelques bons autoportraits, mais pas tous de la même qualité.

Bon, voici quelques autoportraits d’artistes connus.

Autoportrait Bacon Autoportrait Caravage Autoportrait Cézanne Autoportrait Da Vinci
Autoportrait Courbet Autoportrait Dali Gauguin autoportrait