Images et textes sur 'Peinture'

 

Femme fatale

Samedi 3 janvier 2009

Aujourd’hui, nous vous présentons des femmes fatales en images. Olé!

Toujours sous l’effet magique du chevalet. Notre œil d’artiste, aiguisé; notre esprit d’artiste, épuré; notre cœur d’artiste gagne en compassion, sans compter que notre cerveau d’artiste revigore. En ce début du nouvel an, nos sens sont en effusion. Nous sommes enfin prêts pour aborder ces histoires sulfureuses.

Mais, pas trop! Comme diraient des sages, la modération a bien meilleur goût. Donc, trois femmes fatales pour le moment. Elles sont de cette race de pompette voluptueuse, de princesse guerrière sensuelle ou encore de Pin-up girl mystique. En les fréquentant, des pauvres hommes de l’autre époque en perdaient leur tête.

De l’attraction charnelle et fatale! 8O

Femme fatale - Judith

La première femme fatale, Judith. Une jeune veuve d’une beauté exquise.

Pour défendre son pays, elle se faisait introduire, bien entendu, par ruse et charme auprès d’un général un peu tapon des Assyriens, Holopherne. À peine quelques jours de fréquentation, elle parvenait à trancher la tête d’Holopherne ivre mort après un banquet bien arrosé. Holopherne voulait juste faire chiqua chico chiqua boum avec cette femme qui le médusait. Mais quelle insouciance de la part d’un général qui ne savait pas comment se protéger! Pas d’eunuque, ni de garde pour faire dodo avec une femme vient du camp de l’ennemie.

Judith et Holopherne, un tableau peint par une femme artiste de la Renaissance, Artémisia Gentileschi. Cette scène violente, sanglante et cette Judith en femme forte sont bien loin du texte de l’Ancien Testament.

Femme fatale - Salomé

La deuxième femme fatale, Salomé. Une adolescente au corps de déesse émancipé, d’une beauté sans égale.

Elle dansait probablement comme une Britney Spears dans Baby One More Time devant son beau-père, un tétrarque de Galilée et de Pérée de l’Empire romain. Celui-ci, complètement subjugué par la danse, lui disait devant ses convives : « Ma chère enfant, demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. » Probablement, lui aussi, ivre et charmé par un corps pubère et émancipé de Salomé, il en rajoutait : « Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume.  »

Mais, qu’il est con?! Ou, quel rusé! … comme celui qui se lave les mains. :mrgreen:

La jeune Salomé se vantait probablement d’un air coquin auprès de sa mère du pouvoir de séduction de son corps Pin-up girl : « Maman, que demanderai-je? » La mère, une femme divorcée et remariée. Son mari déchu fut nul autre que le demi-frère du tétrarque.  Deviner quoi?  Selon les moeurs de cette époque, ce mariage adultère est inacceptable, sermonné et désapprouvé par Jean-Baptiste, the Superstar Precher de Galilée. Devinez la suite? Ce fut un prédicateur au cachot sous l’ordre du tétrarque.

La mère de Salomé qui voulait tuer Jean-Baptiste aurait dit à la jeune fille : « Demande-lui la tête de Jean-Baptiste sur un plateau. »

Il existe d’innombrables tableaux sur ce sujet depuis que la peinture a été inventée. Vous saviez, lorsque vous mettez un artiste devant son chevalet, avec une telle histoire : une jeune beauté ravissante, la danse, le pouvoir, la religion, le complexe d’Œdipe et tout et tout. Ça stimule la créativité!  Nous avons choisi cette scène funeste peinte par Lovis Corinth.

Mais pourquoi Corinth, Artiste?

D’abord, c’est un très bon tableau. Ensuite, pour souligner cette attitude insolente et révoltante que les gens ont avec la vie des autres. Mais, aussi pour Lovis Corinth, l’un des artistes méconnus qui a noblement fait avancer la cause de la peinture figurative à la fin du 19e et au début du 20e : un propos pictural raffiné, cru et sans artifice.

Femme fatale

Finalement, la dernière femme fatale pour aujourd’hui, Dalila. Celle qui a coupé les longues tresses de Samson dédiées à Dieu.

Dalila rendait ainsi ce géant impuissant de sa force légendaire, alors qu’il dormait paisiblement près d’elle après une folle nuit d’amour. Paf! On lui crève un oeil et tant de atrocités sur ce beau de corps aussi tôt les mèches coupées. Il est réduit en prisonnier et esclave. Voilà pour cette triste histoire de quelques nuits torrides entre Samson et Dalila.

Nous avons choisi un tableau signé Rubens. Mais pourquoi Rubens, demandez-vous ;-) sans doute.

Parce que le tableau est d’une qualité douteuse, signé Rubens.  Si l’intensité, la composition et les couleurs de Rubens sont au rendez-vous, l’exécution est bâclée. Regardez le positionnement du bras de Samson, il donne cette impression qu’il y a une distance d’un pied entre ce bras et la jupe. Nous avons bien dit la jupe, par gentillesse. Car la cuisse de Dalila est carrément absente sous cette draperie, sans parler de ces mains de bucheron de Dalila et ces pieds, disloqués et difformes. Probablement à cause d’une promotion de quelques apprentis encore incompétents, à moins que ce soit le Maître obnubilé par le pognon, à en manquer de jugement?

Le capitalisme culturel, la spécialisation de la production et le principe de Peter ne sont pas des inventions du XXe.

Image de Noël

Dimanche 7 décembre 2008

Pour être précis, nous aurions dû nommer ce billet la transformation de Saint Nicolas en Père Noël, du saint patron des enfants au distributeur de cadeaux. Mais l’image de Noël, ou peut-être, l’image de Noël et d’enfants nous semble plus simple et moins ambiguë.

Si nous vous demandons votre préférence entre Saint Nicolas et Père Noël à l’aide de deux images de Noël : une image de Noël joyeuse, chaleureuse et réconfortante; un Père Noël de bonne humeur qui distribue des cadeaux à tous les enfants de la Terre, sage ou moins sage, durant la nuit du 24 décembre. Tenez, comme cette image de Noël de Haddon Sundblom.

Image de Noël et d’enfants

Ou encore, cette autre image de Noël d’autrefois qui raconte une légende de Saint Nicolas. Un Saint Nicolas capable de ressusciter des enfants massacrés par un méchant boucher, comme un serial killer; ou encore plus, sauver un petit enfant oublié par sa mère indigne, dans une marmite sur le feu comme un missionnaire en supplice; un vieux bonhomme qui donne des cadeaux aux enfants, mais accompagné d’un méchant personnage étrange, sorti tout droit d’une fête d’Halloween, tantôt portant un grand sac, tantôt muni des verges pour punir les enfants désobéissants. Vous comprenez que le grand sac, c’est pour emporter les enfants pas sages. Quelle horreur! :-| Le tout arrive avant Noël, soit le 6 décembre, avant la naissance du petit Jésus. C’est mêlant n’est-ce pas quand on commence à distribuer de cadeaux et de friandises avant Noël?

Image de Noël et Saint Nicolas

Alors, les enfants, laquelle des deux images de Noël préférez-vous?

Non, mais! Ne nous embêtez pas volontairement en choisissant Saint-Nicolas! … vous devriez dire le gentil Papa Noël!

Bon, vous préférez le miraculeux Saint Nicolas, mais qu’il ne soit pas accompagné du méchant qui punit des enfants…

Ça ne marche pas comme ça dans la vie, les enfants!

Nous avons oublié vous dire que le méchant qui suit Saint Nicolas, il s’appelle le Père Fouettard dans le sens qui fouette les enfants pas sages! Il a plusieurs alter ego pour se partager la mission de punir les enfants. Ils s’appellent parfois Hans Trapp, parfois Knecht Ruprecht, Zwarte Piet ou Krampus. Que de méchants dans ce bas monde! ;-)

Hein, le choix est plus facile à faire maintenant, non?!

Assez de plaisanterie, vous saviez évidemment que la réalité historique du Père Noël est fort différente. Il a fallu l’abolition de la fête de Saint Nicolas lors de la réforme protestante, la découverte de l’Amérique et l’arrivée des Hollandais à la Nouvelle-Amsterdam (New York), la guerre de Sécession aux États-Unis qui déprimait les pauvres soldats ainsi que la contribution des artistes et des écrivains pour transformer Saint Nicolas en Santa Claus.

Du point de vue visuel, sans références historiques, cette histoire de transfert de pouvoir symbolique et graduel entre le saint patron des enfants et le Père Noël est tout simple et naturel, même si Saint Nicolas est toujours présent dans la culture populaire au nord de la France. Tout est là! Que ce soit la dimension miraculeuse de recevoir de l’aide ou de généreux cadeaux un jour par an, à date fixe; le grand sac symbolique de Père Noël, plein de cadeaux, même si le sac était destiné à un autre usage, sur le dos de l’autre bonhomme qui punissait les enfants, ou encore, cette image de patriarche à la barbe blanche, pleine de sagesse et de bonne humeur, généreux et charitable. Quoi de plus? Assez! :-)

Pour ceux qui s’intéressent à la deuxième image, Saint Nicolas ressuscitant les enfants, 1425, par Gentile da Fabriano. Bien que Fabriano soit un grand artiste, vous pouvez constater que la perceptive était encore une vague connaissance mal assimilée à son époque, même pour un grand artiste.

Moins de 600 ans plus tard, nous sommes dans une époque de la nanotechnologie. Ouf! Le temps file!

Jeux d’enfants

Dimanche 30 novembre 2008

Dans ce dernier post du mois, un peu d’enfance, encore.

Le titre « Jeux d’enfants » de ce soir vient de Pieter Bruegel l’Ancien, il s’agit de l’un de ses tableaux célèbres. Mais pourquoi Bruegel? Que pouvions-nous bien gribouiller de plus, puisqu’il existe peu d’écrits sur ce maître flamand primitif, un peu comme dans le cas de Georges de la Tour.

Jeux d’enfants

Tout à l’heure, nous avons eu cette folle idée d’écrire sur la «topographie», par amusement. Mais, de fil en aiguille, de «typo», «style», «forme», «font», «texte», «lecture», «alphabétisation», «éducation » à l’«enfance», les mots s’enchainent naturellement. Un jeu d’enfant! De là, surgissent de notre esprit vagabond et mal maîtrisé : Guetenberg et l’invention de l’imprimerie.

Eurêka… mais de courte durée!

Évidemment, nous ne voulons pas soulever une nuée de protestations qui déferlera à notre porte 8O en ce dimanche soir paisible de fin de novembre, pour le simple fait d’avoir eu cette pensée interrogative, si fugace, mais apparemment révisionniste sur le véritable inventeur de l’imprimerie : Gutenberg ou les Chinois.

Oups, trop compliqué. Donc, pas de sujet sur la typo aujourd’hui. ;-)

Mais, comme il faut préserver la fragile dimension artistique de ce blog. C’est-à-dire, dans la mesure du possible, rehausser la valeur de nos textes tous azimuts en les agrémentant de pensées lumineuses d’un érudit et de chefs-d’oeuvre picturaux ayant déjà affrontés le jugement du temps, afin de soutenir l’insoutenable légèreté de nos éphémères divagations. Voilà la raison première du tableau « Jeux d’enfants ». Bruegel démontre par son oeuvre picturale une acuité de son esprit critique sans égal à propos de ses contemporains.

Puisque nous étions sur la trace de Rousseau l’autre jour, après avoir saupoudré notre dernier billet Images d’enfants de quelques bribes de son discours sur les sciences et les arts, le lien se fait donc naturellement : Rousseau et Postman.

Mais, qui est celui-là?

Niel Postman, érudit, penseur, éducateur et écrivain américain de la 2e moitié du 20e siècle. C’est tout récent. Nous avons découvert ses écrits par action heureuse d’un ami savant. Rousseau et Postman portent tous les deux un intérêt profond à ses semblables et à la société dans laquelle ils ont vécu.

En 1982, Neil Postman soutient l’idée du déclin de l’innocence dans la culture américaine dans un livre intitulé « La disparition de l’enfance ». Il souligne le double discours de la société américaine à ce qui traite de l’enfance en parlant de l’influence de la télévision sur l’éducation et de ses effets néfastes sur les enfants américains dans la construction de leur perception : Nous adorons nos enfants. Pourtant, notre culture populaire représente une menace hostile et dommageable pour eux.

Postman trace une parallèle savoureuse entre la culture populaire américaine et celle du Moyen-Âge. Selon lui, la véritable «enfance» émerge de la civilisation occidentale avec le développement de l’imprimerie et l’alphabétisation de la masse. L’enfance est précisément cette période de la vie durant laquelle un enfant pour devenir adulte civilisé, a à comprendre progressivement le fonctionnement social complexe et codifié, par le biais de l’apprentissage des connaissances, de la raison, de la maîtrise de soi et de la honte. Du point de vue social, c’est l’alphabétisation et l’éducation. Tout cela débute par le développement de l’imprimerie.

Selon Postman, l’absence de l’alphabétisation, l’absence de l’idée de l’éducation, de l’absence de l’idée de la honte - ce sont les raisons pour lesquelles l’idée de l’enfance n’existait pas dans le monde médiéval. Il nous rappelle que dans la représentation picturale de fêtes de villages médiévaux, les hommes et les femmes boivent, mangent et partagent ouvertement la vie de luxure et de misère, en présence de leur progéniture. Voilà la 2e raison pour ce tableau de Bruegel l’Ancien, qui a vécu entre la fin du Moyen-Âge et le début de la Renaissance. Ces fêtes de villageois décrites par Postman sont omniprésentes dans l’oeuvre de Bruegel.

Les Jeux d’enfants (détail)

Qu’y a-t-il de plus dans ce livre sur la fin de l’enfance de Postman? Bien plus que ces lignes mâchouillées fort malhabilement par nous. C’est tout un diagnostic sur l’évolution de la société américaine depuis 1950, avec l’arrivée de la télévision qui a été précédée par l’invention du télégraphe. Postman, c’est cette grande capacité rationnelle et savante à nous présenter une sorte d’ossature de l’évolution de notre civilisation moderne. À partir de cette ossature, il nous illustre sa composition de mille ornements, avec habileté et simplicité.

Bonne fin de dimanche!

Bague Chaumet

Lundi 24 novembre 2008

Les symboles sont importants, ça fait une différence capitale avec ou sans bague Chaumet sur l’annulaire. Semble-t-il que ce n’est pas seulement en art que les symboles sont importants. C’est le cas aussi en politique : l’image du Père, les objets de richesse, le rôle de mère, le mariage… traditionnel, etc.

Bague Chaumet

Si vous n’avez jamais vu une bague Chaumet. C’est joli, n’est-ce pas? Un très bel objet à offrir en cadeau ce Noël. Cette bague figure ci-contre, en or gris, incrustée de diamants, avec deux liens en forme de X, pavés de diamants. Semble-t-il assez dispendieux.

Une bague Chaumet sur un doigt a une signification profonde. Car cette bague Chaumet est l’objet de la polémique en France depuis quelques jours. Si vous n’avez pas encore entendu parler de cette histoire. En voici le résumé :

Le 19 novembre, Le Figaro publie un entretien avec la ministre de la Justice, Rachida Dati, qui répond aux 534 magistrats ayant signé un texte de protestation contre elle. Le célèbre journal français publie une photo de Madame la ministre. Mais on a pris soin de supprimer la bague Chaumet qu’elle porte.  Eh oui, encore une affaire de photoshop! Mais, pourquoi fallait-il publier cette photo-ci et pas une autre? :-|

Bague Chaumet de Rachida Dati

Du coup, une bague Chaumet sur un doigt de ministre, ou sans bague devient un intérêt public.

Semble-t-il, Rachida Dati est souvent critiquée par une partie de l’opinion publique française pour son goût du luxe, mais aussi, assez ou trop proche du président Sarkozy. De plus, Madame va bientôt accoucher, mais toujours célibataire de son état. Cela signifie bientôt une mère monoparentale. À bien y penser, c’est une charge sociale accrue pour la France. Toujours selon les grands quotidiens français, une autre partie de l’opinion publique française cherche encore et toujours à savoir qui est le père de l’enfant à naître. Sans doute, on tient à coeur que cet enfant ait un modèle paternel.

Mais nous nous demandons si c’est un désir profond du bon peuple, ou bien c’est la presse française qui tient à coeur de bien informer son peuple l’état de Madame Dati. Mais, soyons pragmatique! Dirait l’une de nos amis. C’est le résultat qui compte.

Une bague Chaumet sur l’annulaire d’une Ministre bientôt mère célibataire que l’on ne connait pas encore le nom du père de l’enfant, c’est trop symbolique au pays de Voltaire.  Une chance que Voltaire est déjà dans sa tombe depuis longtemps. Sinon, il s’y retournerait en TGV.

Voici un tableau célèbre comme conclusion, « Les Époux Arnolfini », peint en 1434 par Jan Van Eyck.

Les Époux Arnolfini

« Le couple d’époux » de Rembrandt aurait été un bon choix. Mais après mûre réflexion, de quelques secondes, le tableau nous semble trop moderne et trop peu de symboles pour accompagner ce billet. Dans le tableau de Van Eyck, tout est là : La femme semble porter un enfant. Mais, son époux légitime est présent. Des témoins devant eux. Regardez bien, ils sont dans le miroir décoré de médaillons représentant la passion du Christ.

Vous ne les voyez pas… Pas grave, croyez-nous sur parole! Donc, Dieu et ses témoins sont là.  Le père, la mère et l’enfant à naître, l’ami fidèle de l’homme, tout le monde est là. N’est-ce pas beau? ;-) Bonne semaine!

Crise financière : une solution à petite échelle

Jeudi 2 octobre 2008

C’est probablement l’une des questions que les gens ordinaires se posent : « Est-ce que la crise financière va affecter notre niveau de vie? » Voyez-vous, même des gens riches sont aussi sensibles à l’économie précaire des États-Unis.

Sous la plume et le regard ciselé de l’artiste caricaturiste du quotidien Le Soleil, André-Philippe Côté, cette élite faste et richissime, dont plusieurs ont contribué à la crise financière a l’air plutôt du monde tout simple… et grâce au plan de sauvetage de 700 milliards de dollars de l’Administration Bush, ils pourraient probablement réembaucher le jardinier licencié. C’est mieux ainsi, le jardin, c’est bon pour l’environnement, non? ;-)

Crise financière: une solution à petite échelle…

Dans un tout autre ordre d’idée, le très célèbre caricaturiste québécois a orné ce dessin de plusieurs oeuvres célèbres: le Jazz Icarus de Matisse; le Portrait de Margaret Stonborough-Wittgenstein de Klimt, si si, c’est bel et bien la soeur de l’un des plus grands philosphes du 20e siècle, Wittgenstein;  le Personnage inversé de Miro; un Nu assis de Modigliani; le célèbre Marilyn de Warhal; Jeune Fille devant miroir de Picasso.

Malheureusement, après deux jours de cogitation, nous n’avons aucune idée de l’oeuvre placée au-dessus du portrait de Marilyn. Nous en sommes forts déçus… Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui connaissez l’auteur de ce portrait?

Papa Beyoncé Knowles?

Mardi 26 août 2008

Savez-vous que la chanteuse américaine est au cœur d’une polémique qui captive de nombreux internautes? Si si, plusieurs blogs culturels en parlent, ;-) le visage de la chanteuse RnB aurait été éclairci sur les photos de la dernière campagne de L’Oréal Paris pour les produits Feria Hair Color.

C’est choquant! Encore le maudit Photoshop! On ose faire pâlir les couleurs de la sexy Beyoncé Knowles au pays de Barack Obama! Ainsi, affichant un chevelure blonde au couleur blé, Beyoncé y apparait dans la version américain du magazine de mode Elle avec un teint pâle qui se rapproche de celui des autres vedettes et égéries de l’Oréal. Même New York Post se mêle.

« Le géant de la beauté L’Oréal semble avoir blanchi Beyoncé Knowles dans une publicité choquante, en éclaircissant numériquement son teint, rendant méconnaissable cette vedette internationale. » Quand une vedette américaine et internationale est méconnaissable sur photo, c’est comme l’identité nationale bafouée à la Pauline Marois - «Quoi?! Pas de Fleur de Lys aux JO de Pékin? » C’est inacceptable! :-|

Papa Beyoncé Knowles?

Maintenant, regardez celui-là! Mais non, ce n’est pas Papa Beyoncé Knowles, mais bien Citoyen Belley**. Vous ne le connaissez fort possiblement pas. Nous vous présentons, le premier noir immortalisé par un artiste blanc, avec dignité et décorum. En passant, on ne l’a pas blanchi. Le Citoyen Belley, fier allure, semble en grande conversation à bâtons rompus avec le Tout Puissant. Probablement sur l’art, la couleur de la peau, la difficulté d’imiter la nature, etc.

Quoi? Vous voulez voir comment on a pâli la belle Beyoncé? Vous êtes vraiment comme ce grand artiste québécois disait : « On ne veut pas savoir, on veut voir. » Quel artiste visionnaire, ce Deschamps-là!

Beyoncé Knowles et les effets L’Oréal Paris

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** « Portait du citoyen Belley, ex-représentant des Colonies » - 1797, par Girodet, peintre romantique français.

Sexe divin

Jeudi 21 août 2008

Du sexe divin en s’approchant de Dieu - C’est exact. Du sexe divin, ça existe!

Ne soyez pas gêné. Il n’y a rien de compromettant dans ce billet. Aucune image osée qui pourrait vous faire rougir. Voyez-vous, une peinture de Saint-François, un moine capucin d’autrefois. Un tableau précieux mais rien pour transformer l’émoi en brasier charnel. Déçu? La joie céleste se trouve un peu plus loin. :-|

Pour ceux qui haïssent la religion, une petite introduction si vous nous permettez. Sinon, passez au texte au dessous de l’image. Car on ne peut dissocier l’art occidental de la religion. Saint François d’Assise est un religieux catholique italien, fondateur de l’Ordre franciscain. Un gars qui aime la pauvreté et… la joie de vivre. Un bon vivant et pas snob, dirait-on. Cette bonne tradition saint-franciscaine est maintenant préservée, du moins en Pologne.

Sexe divin

Un certain père Ksawery Knotz donne des consultations aux couples mariés des conseils sur comment pratiquer le sexe en s’approchant de Dieu. Non, non, pas de préjugé, SVP! Le père Knotz peut vous répondre que nul a besoin d’avoir une maladie du cœur pour être cardiologue, ni d’être alcoolique pour devenir thérapeute chez les AA - Alcoolique Anonyme.

Ce religieux au talent exceptionnel a tenu jusqu’ici des séances avec plus de 3000 couples de fidèles catholiques en Pologne depuis 2000, avec la bénédiction de ses supérieurs. L’intérêt est si grand, son agenda de rendez-vous est rempli jusqu’à l’année prochaine. Pour les intéressés, le site du moine. Avis aux libertins, ses conseils sexuels sont strictement réservés aux couples traditionnelles.

« Si vous croyez en Dieu, vous croyez que Dieu est présent dans la vie, dans l’amour, dans le mariage et dans la sexualité. (…) L’amour d’un couple marié, exprimé dans le sexe, rapproche le corps humain du ciel. L’extase joyeuse d’une relation sexuelle peut être comparée à la joie de la vie éternelle (…) Cet acte conjugal permet aux époux de commencer à comprendre la douceur de la rencontre avec Dieu. » Vous pouvez lire d’autres propos du père Knotz dans son livre intitulé «L’acte de mariage».

Pour terminer, mentionnons que le tableau ci-dessus intitule L’Extase de Saint-François, peint par El Greco. Il s’agit du seul tableau d’El Greco sur le sol polonais. Il a été découvert en 1964 à Kosow Lacki par deux historiennes de l’art, Izabela Galicka et Hanna Sygietynska. El Greco est connu pour la dimension immatérielle de sa peinture qui suggère la grâce divine. Mais l’histoire de l’art nous le décrit aussi comme étant un grand chialeux qui adorait l’argent.

Ne trouvez-vous pas que la vie est ponctuée de contrastes et de sombres facettes cachées? Que ces défauts soient présents chez d’autres. Ça, nous le comprenons. Mais de si grands artistes, cachent eux aussi, de traits méprisables de la nature humaine. il y a assurément erreur. :-| Nous enquêtons!

Des artistes défenseurs des innocents

Vendredi 8 août 2008

Aujourd’hui, un choix de trois tableaux qui illustrent la répulsion de la mort des innocents, vue par trois peintres de trois époques, 1610, 1937 et 1978.

Massacre des Innocents Massacre de Guernica

D’abord, le Massacre des Innocents, un épisode relaté dans la Bible. Peu après la naissance de Jésus, Hérode ordonne le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem.

Rubens, notre premier artiste défenseur des innocents, peint un tableau qui représente cette scène biblique vers 1610. Il s’agit d’une des versions les plus expressives parmi les tableaux classiques ayant pour sujet le Massacre de Bethléem. Chez Rubens, l’image se construit autour de l’ordre, de la structure et de l’idéal du corps. Il y avait un standard esthétique à respecter que l’on appelle dans le passé de l’Art, avec un grand «A».

Trois siècles plus tard, le bombardement de la ville de Guernica y Luno, longtemps considéré comme le premier raid de l’histoire de l’aviation militaire moderne sur une population innocente. Même dans le malheur, l’histoire fait son classement.

Picasso, sorti de sa période de dépression, peint en 1937 l’horreur de ce massacre de civils dans un tableau devenu aujourd’hui célèbre : Guernica. Il s’agit de la réaction colérique d’un artiste. Une sorte de canalisation de sa pulsion, dans laquelle l’artiste et sa personnalité submergent l’ordre, la structure et les corps, humains et animaliers. Il y a là, l’art d’un artiste. Selon une récente étude du Musée Reina Sofia, l’état du tableau se détériore prématurément…

Élégie - Motherwell

Le troisième artiste, Robert Motherwell. Les Élégies espagnoles de l’artiste américain enferment l’effroi de la Guerre civile d’Espagne et le choc émotif éprouve par l’artiste. Si vous avez la chance de voir l’une de ses bonnes Élégies, vous remarquerez que l’élément central de l’art de Motherwell est sa représentation de la pulsion sauvage humaine: la débandade et l’enfermement.

La série Élégies de Motherwell s’étale sur une période de 25 ans, prit fin vers 1978, avec l’Élégie de la réconciliation. Motherwell, lui, il fusionne des imageries, répertorie une iconographie propre à lui, récupère des références pour traduire son propre état émotif. C’était l’époque où chaque artiste réinvente un vocabulaire pour son art sur canevas et un discours sur papier qui parle de son art. Parmi ceux-ci, des penseurs et philosophes, comme Robert Motherwell, mais aussi des artistes charlatans. Heureusement pour ces derniers, il y avait alors la sémiologie naissante à leur rescousse, mais malheur au grand public! Ce fut l’incompréhension.

En quelques siècles, la peinture pour représenter l’horreur, passe du modèle «absolu» aux références naturelles à un modèle «relatif» aux références subjectives. Ensuite, en quelques décennies, on arrive au modèle «singulier» à la Motherwell.

Voilà pour l’un des malheurs de l’humanité: la guerre. Elle a été longtemps dénominateur commun ou prétexte de création pour plusieurs artistes.

On n’aime pas ces seins nus

Mercredi 6 août 2008

On n’aime pas ces seins…

Mais, les voyez-vous bien? Ils sont formidables, n’est-ce pas? Ils défient même la gravité. Bah, voilà le sujet pour aujourd’hui: on n’aime pas ces seins nus.

Vite! Y a-t-il un artiste dans la salle? Cachez ce sein gauche afin que nous ne saurions voir! Vous dites: Non, mais, pas possible! Pourquoi? Ils sont beaux ces seins nus! Pourtant, le geste profane est posé, si si, le sein gauche est censuré!

D’abord, Silvio. L’avez-vous vu? Il n’est pas grand. Pas facile pour un petit homme qui joue un grand rôle. Demandez à Sarkozy. Depuis le « oui » nuptial de Carla, elle ne porte plus de talons hautes en présence de lui. Écoutez! Quand la tête de Monsieur arrive sous le sien de Madame, même si l’on est grand dedans. Ça froisse une tantinet l’équilibre intérieur de Monsieur. Son Zen est inévitablement dérivé sur la voie d’accotement. D’accord, si l’on partage une vie de couple. Cela aide généralement Monsieur à mieux accepter sa petite taille. Dans le cas de Silvio, c’est différent. Vous savez qui est Silvio maintenant? Pour les autres, une photo de Silvio, Silvio Berlusconi.

Silvio Berlusconi et Tiepolo

Il est le 73e, 78e, 80e président du Conseil des ministre de l’Italie. Comme tout grand homme, le chemin de sa vie est parsemé d’obstacles, mais il triomphe! En mai dernier, au moment de sa 3e réélection, il a fait décorer la salle de presse du Palais Chigi à Rome où siège la présidence du Conseil italien, d’image d’un tableau célèbre de Tiepolo, peintre vénitien, un grand artiste que l’histoire de l’art n’a pas su lui donne toute la place qu’il mérite.

Nous disons… Ah! Ça nous revient! Pas facile, la vieillesse… la mémoire nous lâche et le cerveau divague. :-| Berlusconi, homme de culture, a choisi l’image qui sert de toile de fond de la salle solennelle du Conseil le tableau La Vérité dévoilée par le temps de Tiepolo. C’est formidable.

Mais, avec le temps, des photographes, perspicaces, créatifs et malignes, livrent à répétition au grand public des clichés sur lesquels, Berlusconi, la tête sous les seins ou devant la boule de lumière tenue dans la main de Madame Vérité. Franchement! On ne peut ironiser sur le pouvoir et ridiculiser un chef d’État indûment, sans que ce dernier mette son pied d’autorité à terre. Le sein gauche de la Vérité est maintenant voilé, censuré!

En passant, merci Renart L’éveillé! Votre billet sur Branchez-vous qui parle de blog MY Arts nous touche. Que dire de plus… allons! Finissons ce billet. Décidément, le cerveau d’artiste vagabonde aujourd’hui.

En terminant, nous aimerions mentionner que nous n’avons pas trouvé mieux dans notre modeste bibliothèque que cette image partielle du tableau de Tiepolo. Si vous visitez les musées italiens ou des châteaux décorés par Tiepolo, observez les nuages dans les tableaux du Maître vénitien. Ne vous laissez pas méduser par ses couleurs éclatantes et ses pom-pom girls antiques à la tendre chair souple. Ses nuages jouent un rôle de soutien essentiel et structurel dans ses vastes compositions spatiales. Sans ses nuage, l’univers pictural de Tiepolo perdrait son éclat céleste.

Tant de choses à dire sur ces nuages et sur son dessin, et que dire de ses gravures… Bon, ce sera, pour une autre fois ces affaires d’artiste. Un dernier point, si vous êtes un amateur de Tiepolo, laissez faire la montée de lait de ces historiens d’art et de ces journalistes qui crient au scandale. Bordel! Ce n’est qu’une image laminée, plastifiée que l’on a censurée.

Château Frontenac, Québec

Jeudi 3 juillet 2008

Nous avons appris récemment le décès du peintre québécois Claude Théberge. L’artiste a connu sa célébrité dans le monde avec ses tableaux aux parapluies-foulards-chapeaux symboliques. Mais un bien plus petit nombre de personnes savent que de 1963 à 1970, l’Atelier Claude Théberge, rue Montcalm, près du parc Lafontaine, a fait oeuvre remarquable, réunissant une dizaine d’artistes, parmi lesquels le potier Paul Lajoie, des peintres, céramistes et sculpteurs.

Théberge s’est toujours intéressé à l’intégration de l’art à l’architecture dans les bâtiments publics. Il est impliqué dans plusieurs projets de décoration de stations de métro de Montréal. Il a signé une série de bas-reliefs en béton de la station de l’Église, géométrique, gris et terne. C’est aussi durant ces années-là, Théberge reprend ses pinceaux.

En ce jour de la célébration du 400e de Québec, la météo annonce de la pluie. Nous ne pouvons faire autrement que d’avoir une pensée pour Claude Théberge, et d’utiliser cette image pour accompagner ce petit billet, à la fois pour rendre hommage à Claude Théberge et pour souligner ce grand jour historique de la Ville de Québec. Voilà! Au cœur de la Vieille Capitale, le Château Frontenac, perché sur le cap Diamant pour porter son regard au loin; le Vieux-Québec à ses pieds, envahi par une mer de monde, onirique et élégant, chapeaux, foulards, parapluies et quelques gouttes d’eau qui perlent. Malgré le mielleux que certains lui reprochent, la rigueur est au rendez-vous.

Château Frontenac, Québec

Record Monet

Jeudi 26 juin 2008

Un tableau de Claude Monet, Le Bassin aux Nymphéas, est adjugé pour environ $80M à Londres au début de la semaine, établissant un nouveau record pour une oeuvre du maître impressionniste. Les enchères ont atteint le double de ce que l’on souhaitait chez Christie’s.

Le précédent record pour une toile de Monet date à peine d’un mois. Le Pont du chemin de fer à Argenteuil de Monet est vendu pour $41,5M par la maison Christie’s le 6 mai, cette fois-là, à New York.

Bon, tout cela est une affaire de riches investisseurs et de marchands d’art. Pas bien différent des barils de pétrole qui se transigent à la Bourse de New York. Mais pour les amateurs d’art, c’est avant tout un rendez-vous à l’Orangerie, à Paris qui s’impose. Espérons du fond de notre coeur d’amateur de la peinture de Monet que l’Orangerie cessera de mettre cette musique d’ambiance quétaine - ces petits oiseaux qui gazouillent, dans leurs salles d’exposition d’oeuvres de Monet. C’est peut-être bien de vouloir allonger un peu un café expresso pour ceux qui tolèrent moins bien la charge excessive de café ou le goût amer, mais de mettre du lait, de la mousse, de l’essence de vanille, ou encore, le soupourdrer de poudres de chocolat et en ajoutant deux cubes de sucre… on n’appelle plus de ça un Expresso.

Un bon Monet aux nymphéas, c’est des panneaux de 8 pieds par 4 pieds, sur lesquels, le surface à peindre est à l’image d’un mur de marbre ciselé grossièrement, comme si les traces de lame édentée du ciseau de maçon cohabitent les coups de pinceau. Chaque trait, laissé par le Maître, onctueux, mais presque sec, se brise, se fractionne sur les astéries de la surface de la toile. C’est là, le summum de l’impressionnisme à la Monet. Ça, l’on ne les trouve pas sur des tableaux d’un mètre par un mètre, ou même, de deux fois de cette dimension. Ceux-ci, Monet les a peints pour arrondir ses fins de mois et pour payer ses jardiniers de Giverny. ;-)

Monet n’a pas juste réfléchi sur la lumière, les motifs, la production de tableaux en série… Il a aussi réfléchi sur la préparation du surface à peindre et le fondement de l’impressionnisme en peinture, beaucoup moins visibles que des jolis nymphéas.

Record Monet

Artiste amoureux et persévérant

Dimanche 22 juin 2008

L’artiste portraitiste anglais, Craig Wylie, a décroché le Prix du Portrait 2008 de la National Portrait Gallery de Londres et une somme de £25,000. Il lui a fallu six tentatives pour gagner enfin ce prix tant convoité. Un fait inusité : depuis six ans, Wylie a soumis à ce même concours six portraits de sa petite amie, Katie Raw. Un vrai artiste amoureux et persévérant.

L’œuvre gagnante intitule « K ». Elle est la troisième version du même portrait. Si vous trouvez que la femme du peintre un peu moche sur le tableau. Vous n’êtes pas le seul! Puisque le modèle… le pense également. Mme Raw, une attachée de presse du Tate Moderne de Londres déclare que l’œuvre gagnante est basée sur une photo d’elle à la fin d’une journée quand elle revenait du travail. Elle avait faim et froid. Vraiment pas facile la vie de femme d’un artiste méconnu. Quant à l’artiste, on lui dirait : Franchement! On ne prend pas sa femme en photo quand elle n’ a rien sous les dents, surtout après une dure journée de labeur. ;-)

Artiste amoureux et persévérant - Craig Wylie

Toutefois, la douce moitié de Wylie trouve que le travail de ce dernier est « honnête » et qu’elle se sent toujours « dévoilée » dans les tableaux de Wylie, particulièrement dans celui-ci. Elle trouve que son artiste amoureux a capté quelque chose d’elle qui n’a pas encore été dévoilée. Cela est fantastique, à son avis.