Images et textes sur 'Peinture'

 

Jeanne d’Arc

Samedi 7 janvier 2012

Au lendemain de la visite de Sarkozy à Domrémy, la ville natale de Jeanne d’Arc, à son tour Jean-Marie Le Pen et sa fille ont fait de ce 7 janvier 2012 le coup d’envoi du 600e anniversaire de naissance de Jeanne d’Arc et à quelques mois de la présidentielle française, un jour d’hommage à la pucelle d’Orléans. Les acteurs de la scène politique française se disputent à qui mieux-mieux le mérite d’être le porte-étendard de l’héritage de Jeanne d’Arc.

L’extrême droite a dit que Jeanne d’Arc appartient à la France et aux Français et Sarkosy, il a déclaré que Jeanne d’Arc a sa place dans la mémoire collective, aux côtés du général de Gaulle, de Jean Moulin ou encore d’Aimé Césaire et que la Pucelle n’appartient à aucun parti, à aucune faction, à aucun clan. Diviser la France au nom de Jeanne d’Arc, c’est trahir la mémoire de Jeanne d’Arc.

Finalement, ils sont tous d’accord sur le fond, non? Sur ce, une excellente peinture qui date du 19e siècle, peinte par Jules Bastien-Lepage. Cette Jeanne d’Arc se trouve au MET de New York. Une très belle façon de représenter l’état mental de la messagère de Dieu.

Bon voilà. Les États-Unis ont Dieu, la Russie a leur Mère patrie et la France a sa sainte Pucelle pour leurs politiciens. :-)

Jeanne d'Arc

Un Kenneth Noland

Samedi 3 décembre 2011

Kenneth NolandC’est bientôt Noël. Ici et là, dans le monde occidental, à ce dont nous savons, on organise des actions d’oeuvre caritative pour venir en aide aux gens démunis. C’est aussi une période où le marché d’art est hyperactif. La période avant les fêtes est autant un mois faste pour les commerçants aux détails que les maisons d’enchères et des galeries. Après tout, on parle du marchandage pour ne pas dire marchardartge. Quand on n’a peu de moyens financiers, on s’offre des cadeaux à petit budget et quand on est riche, on se paie des objets de luxe. Si l’on rime l’oeuvre charité et les ventes d’oeuvres d’art, c’est définitivement du VIP en matière de valeurs humaines! :-)

Jeudi passé, c’est la soirée VIP de la foire artistique Art Miami, événement huppé du marché d’art contemporain américain au bénéfice de The Lotus House Women’s Shelter – organisme de bienfaisance, qui offre son soutien aux femmes et enfants sans-abri. Près de 8000 collectionneurs, conservateurs de musée, artistes, amateurs d’art et designers d’intérieur sont attendus pour la première semaine de l’Art Miami.

Passons maintenant à l’oeuvre d’art qui a attiré notre oeil. Un Kenneth Noland, Blue Painted Blue, 1959, acrylique sur toile, 34 po x 34 po, a été vendu pour $350,000.

Bon, ça (oeuvre de Noland) fait partie de la période de propagation d’oeuvres ayant le thème « cible ». Plusieurs artistes se sont intéressés au cible dans leur production artistique. Jasper Johns, un connu; Claude Tousignant, un près de nous; Frank Stella, des cercles décomposés.

Classique et moderne à l’Angleterre

Samedi 12 novembre 2011

art classiqueImage : Reuters / Dylan Martinez.

Certains aiment le classique. Le calme, le réfléchi, la lenteur, la sérénité, l’équilibre, la représentation d’une certaine perfection, l’image figée pour toujours… on est devant le portrait de Cecilia Gallerani ou la Dame à l’hermine de Leonardo. Une exposition à la National Gallery de Londres.

D’autres aiment le moderne. Un ordre à travers le chaos, l’action qui fait l’art, l’expérience théâtrale, l’éphémère à grand budget, le questionnement sans réponse, le sentiment du renouveau, un art redéfini que certains considèrent le non-art… Une installation, Sans titre #155 composée de 10,000 lattes de bois déversées par son créateur, l’artiste Aeneas Wilder, à Yorkshire, près de Barnsley, au nord de l’Angleterre.

Et vous, êtes-vous un classique ou un moderne… contemporain ? :)

art moderneImage : Reuters / Nigel Roddis.

Lumière LED

Vendredi 11 novembre 2011

En cette période de l’année où les jours se raccourcissent sans cesse et la lumière du jour se fait rare, le Rijksmuseum d’Amsterdam fait promotion de leur trésor national, la Ronde de nuit de Rembrandt. On ne vante pas de sa noirceur nocturne mais de l’éclat de la lumière.

On a installé un nouveau système d’éclairage LED pour redonner au célèbre tableau l’intensité et l’éclat de ses couleurs. Vous le aviez probablement que le titre du tableau n’est pas de Rembrandt. Il est acquis pour cause de son atmosphère ténébreuse. Depuis la redécouverte du tableau, on a notamment restauré le tableau et enlevé le vieux vernis qui l’avait assombri.

Voilà maintenant un nouveau système d’éclairage qui offre une lumière comme celle du jour. Bientôt, on pourrait même changer le titre pour la Ronde de jour. :)

de la lumière LED

Examen avant le départ

Mardi 1 novembre 2011

Un examen minutieux de son état avant le départ pour un long voyage à Singapour est une précaution prudente. Quelque 140 oeuvres quittent le Quai d’Orsay pour le Musée national de Singapour le temps d’une exposition. La dame au gant de Carolus Duran est soumise à un examen de son état. L’assurance voyage bien onéreuse est de mise.

Examen avant le voyage

Bravoure

Jeudi 20 octobre 2011

On dit que la bravoure, c’est avoir du cran au front. Elle plaît aux mercenaires tout aussi aux défenseurs de la justice. La bravoure rend tout possible, elle rend les héros visibles à ses semblables. Car la bravoure que l’on ignore n’existe pas, mais c’est aussi dans des instants de bravoure que l’on voit les frissons de crainte.

Aujourd’hui, trois images pour faire aimer peut-être le schéma en art. La Ronde de nuit de Rembrandt, une scène du film de Peter Greenaway, sorti en 2008, le tableau de Rembrand, de 1642 et une ronde de jour, directement de Libye, une photo parmi tant d’autres de cette guerre qui s’achève. Elle date de la semaine passée.

Se pourrait-il qu’un art qui décrit embellisse moins qu’un art qui raconte? N’empêche qu’un art qui raconte la bravoure illumine, alors qu’un art qui décrit avec véracité ne montre que des hommes qui bravent leur crainte, terne. Le génie d’embellir pour faire illuminer la bravoure même si elle est absente est un traite bien humain. Une photo embellie ou photoshopée permet voir un monde plus beau que la réalité. Mais on oublie que la beauté et la laideur cohabitent comme la bravoure et la peur.

Bon, pour terminer, de Confucius, l’homme de bien qui a la bravoure n’est qu’un rebelle s’il ignore la justice. Mais, qu’est-ce la justice quand la nouvelle n’est pas encore en place et l’ancienne a été combattue? :-|

Bravoure

Ronde de nuit, Rembrandt

Ronde de nuit

Photo: Ahmad Al-Rubaye /AFP/Getty Images

S’exprimer… sur les bons du Trésor

Dimanche 18 septembre 2011

S'exprimer, droit de paroleEn parlant du schéma et du discours, deux images nous revenant à l’esprit, la première, une étude de la deuxième, la deuxième, elle s’intitule: protégeons la liberté de s’exprimer ou la liberté d’expression, 1943, Rockwell.

Cette image fait partie d’un ensemble de quatre tableaux de Norman Rockwell : la liberté d’expression, la liberté de religion, les libertés de vivre à l’abri du besoin et de la peur. Les quatre libertés de Rockwell ont été inspirés par le discours sur l’État de la Union de Roosevelt de 1941. Les affiches de Rockwell ont été publiées dans quatre numéros du Saturday Evening Post, soit le 20 et le 27 février 1943, ainsi que le 6 mars et 13 mars 1943.

En 1957, la Chambre de Commerce des États-Unis à Washington a cité Norman Rockwell comme légende vivante américaine, disant que par son génie et son talent artistique, Rockwell a su redonner aux Américains leurs joies modestes, amoindrir leurs peines, enrichir leur vie quotidienne et donner aux Américains un regard nouveau de leurs compatriotes.

Durant plus de quarante ans, les images de Norman Rockwell (1894-1978) sont vues et aimées par toute une société à travers la couverture du Saturday Evening Post, une vitrine qui joignait un large auditoire que peu d’artistes dans l’histoire peuvent en espérer. On peut vraiment dire que Rockwell est un peintre du peuple.

Rockwell, Town Hall MeetingEntre l’étude et le tableau final, Rockwell a fait des choix importants. Vous pouvez aussi voir que l’artiste a isolé son personnage central sur fond foncé pour le détacher de cette scène de Town Hall Meeting très animée. Comme Joe le plombier, il s’est exprimé.

Il y a 70 ans, c’est le peuple américain, les détenteurs des obligatoires émises par leur gouvernement en manque d’argent pour financer la 2e Guerre. Une guerre juste, une guerre pour la liberté de notre monde. Cette guerre-là a permis aux État-Unis de devenir la première puissance au monde. C’est avec les impôts que le gouvernement américain émetteur d’obligatoires rembourse et s’acquitte les intérêts garantis. Cet argent est retourné dans l’économie du pays. Dans une économie mondialisée, c’est la balance commerciale d’un pays qui détermine où s’en va une partie de l’argent gagné. La Chine détient approximativement mille milliards de dollars (1,000,000,000,000,000) de bons du Trésor américain – un produit financier sûr – avec un retour sur investissement garanti.

Vous souveniez-vous de la récente visite du vice-président américain Joe Biden en Chine pour rassurer le marché financier quand le Congrès est polarisé sur leurs dettes publiques? Voilà.

Voyez-vous maintenant pourquoi les Américains sont si émotifs quand ils parlent de leurs dettes publiques? Rockwell l’a illustré il y a 70 ans passés et votre humble «nous» l’avons réchauffé au four micro-onde pour vous. ;-)

En 70 ans, le monde a changé. Son économie s’est mondialisée. Depuis, la consommation s’accélère; les banques américaines sont devenues des bergeries et les loups déguisés en financiers y habitent; les riches veulent le libre marché et les républicains ne veulent pas d’augmentation d’impôts; l’Empire du Milieu est devenu le premier importateur mondial et l’un des principaux créanciers de l’Oncle Sam… et les Américains continuent à financer leur gigantesque armée et à mener des guerres aux objectifs discutables, notamment, la guerre idéologique contre le terrorisme.

Il faudrait que les Américains revisitent quelques-unes de leurs quatre libertés… vivre à l’abri du besoin et vivre à l’abri de la peur. Bienvenue au 21e siècle!

Bon, c’est tout pour aujourd’hui… un peu long, non?! Bonne semaine!

Kate et William au musée

Lundi 4 juillet 2011

Kate et William ont dévoilé l’œuvre Les Canadiens face à Lens du célèbre artiste Augustus John lors de leur visite du Musée canadien de la guerre la fin de semaine passée. La fresque est d’une largeur de 12 mètres sur une hauteur de 3,7 mètres. Il s’agit d’une oeuvre commandée par Lord Beaverbrook, le fondateur du Fonds de souvenirs de guerre canadiens.

Les Canadiens face à Lens était commandé pour décorer une galerie d’art militaire au Canada qui, n’a, malheureusement jamais été construite. L’oeuvre est demeurée non achevée dans l’atelier d’Augustus John. En 1962, un an après le décès de l’artiste, l’œuvre a été vendue aux enchères. On l’a retrouvée en 1994. La fresque sera restaurée prochainement, semble-t-il, devant le public. Une rareté.

Kate et William au muséePhoto : REUTERS/John Stillwell

Holly, de la légèreté

Mardi 28 juin 2011

Puisque ça fait deux billets que nous parlons plus et moins de la légèreté et du portrait. Bon, abordons un peu de ce qui se passe à la National Portrait Gallery. À la mi-juin, la vénérable institution a annoncé le gagnant du BP Portrait Award 2011. Bien que c’est un artiste dénommé Wim Heldens qui a gagné le premier prix, nous ne parlerons pas aujourd’hui de son tableau intitulé Distracted.

Bah, pourquoi? Son sujet ne nous intéresse pas…

Soit, sa démarche est intéressante. Car il a gagné le concours en présentant un portrait d’un étudiant de 25 ans, Jeroen, que l’artiste a peint dix-sept fois, aux différents stades de sa vie. Semble-t-il, Heldens a peint le premier portrait de Jeroen quand ce dernier avait 7 ans. L’artiste déclare qu’il est « fasciné par le fait de peindre Jeroen à tous les âges de sa vie durant sa croissance. Il est maintenant un jeune homme intelligent et sensible. »

Bon, assez d’éloges à la lenteur, du cycle de la vie, etc. Aillé! Ça ne va pas?! On nous chante la vertu de la vitesse, de la compétitivité, de repousser l’âge de retraite à 67-70 ans… Et qu’est-ce que l’on nous flanque dans la face ? « C’est une œuvre remarquable dans l’évolution actuelle du genre du portrait », déclare-t-elle, la directrice de la National Portrait Gallery.

Bon, finis la montée de lait! ;-)

Le second prix a été remis à Louis Smith pour son tableau Holly. Bien que le fond de son histoire est un peu vieillot… Il s’agit de l’allégorie de Prométhée revisitée, en femme. Prométhée condamné par Zeus à être enchaîné sur le Caucase pour avoir donné le feu aux mortels; un aigle venait chaque jour lui manger le foie, qui renaissait pendant la nuit. C’est Hercule qui a libéré Prométhée de son supplice, après avoir tué l’aigle d’un coup de flèche. Vous connaissez l’histoire ?

Et nous? Que pensons-nous du tableau ?

C’est cette lumière qui nous séduit. C’est une lumière d’un ciel sur le point de pleuvoir des chaudières et la légèreté de la dénommée dame Holly. Regardez! Ça, c’est de la légèreté. Elle s’en fout royalement, à moitié nue et lasse qui semble de dire : Envoye, ma foi, viens manger ce foie.

Voyez-vous la mousse sur les roches ? L’artiste doit bien connaître ce type d’environnement où il pleuvait beaucoup, comme à Montréal ces derniers temps.

Holly, de la légèretéImage : Holly, © Louis Smith.

Picasso et la représentation de la femme

Mercredi 9 mars 2011

picasso et représentation de la femmeCette œuvre est adjugée pour 106,4 millions de dollars chez Christie’s à New York en 2010.

Elle est intitulée « Nu au plateau de sculpteur » et fait partie d’une série de portraits de Marie-Thérèse Walter que Picasso a peints en 1932. Un nu – sa muse, un buste et une plante verte à l’image des trèfles.

Pourquoi parler de ce tableau avec une photo en noir et blanc?

D’abord, ce tableau de Picasso est exposé en ce moment au Tate Moderne de Londres. De deux, à vous montrer une image à voyager dans le temps… en 1932, Picasso avait 45 ans et sa maitresse, dans la vingtaine. De trois, sans nous joindre au concerte d’acclamation habituelle du génie lorsqu’on parle de Picasso, mais qui est souvent vide de sens comme dans : C’est une peinture remarquable et je suis ravi que grâce à la générosité de son propriétaire, nous soyons en mesure de la montrer pour la première fois au public britannique. ;-)

Ce que nous pouvons dire compte tenu du billet d’hier, à l’époque où Picasso a peint cette Marie-Thérèse Walter nue, elle était une jeune beauté à l’image de cette jeune femme de 23 ans sur la page couverture du Magazine Sports Illustrated 2011; la représentation de Marie-Thérèse Walter dans le tableau se ressemble plutôt à la Vénus de Lespugue. L’extraordinaire de l’art de Picasso qui mérite de souligner se trouve dans cette dimension intemporelle de la représentation de la femme. Nous ne parlons pas de l’esthétisme, le beau ou encore la laideur. La pub est souvent l’idéalisation d’une réalité inaccessible à la majorité, aussi la raison d’être même de la pub. Une grande œuvre, elle contient une part de réalité, une part de nouveauté et surtout, une intemporalité pour éviter que l’œuvre subisse le sort de la dévastation du temps… mal vieillir ou démoder.

Et ce « Nu au plateau de sculpteur », est-ce une grande œuvre? Il reste bien d’autres aspects à évaluer… un tableau à 106 millions n’est qu’une appréciation du marché financier.

Picasso à Londres

Se défendre contre Amour

Dimanche 13 février 2011

Jeune fille se défendant contre ErosJeune fille se défendant contre Éros… ou contre Amour. ça pourrait être une scène de genre intitulée Soeur ainée jouant avec son petit frère. Le seul hic, ils sont nus.

Une peinture de la fin 19e siècle, par Bouguereau. Une autre courante artistique de cette époque: un académisme suave, mais un art pratiqué avec justesse et acuité.

Comme notre monde a tant parlé des artistes du mouvement Impressionnisme les dernières décennies, cela donne cette impression qu’autres que les impressionnistes, les autres préoccupations du monde artistique du 19e semblent être vieillottes, dépassées et sans intérêt. Pourtant, l’imagerie destinée au grand public de notre temps s’inscrit plutôt dans la continuité de cet art dit académique que celle de l’Impressionnisme.

Amour fantasmatique

Vendredi 11 février 2011

Un tableau de fin de carrière de Gérôme, peint durant la période où il s’est orienté dans la sculpture. L’histoire d’amour fantasmatique entre Pygmalion et Galatée, est racontée dans Métamorphoses d’Ovide. Pygmalion, l’artiste sculpteur de Chypre, se souhaite une femme aussi belle que la sculpture qu’il a créée, Galatée. Gérôme illustre le moment où  la déesse Aphrodite donne vie à Galatée. Mais dans cette interprétation de Gérôme, c’est le cupidon qui a apporté la magie à cette histoire d’amour. Gérôme a également peint deux autres tableaux du même sujet sous des angles différents. Une sorte de transition entre la pratique de la peinture et celle de la sculpture. La signature de l’artiste « JL Gerome»  est marquée sur la base de la sculpture qui fait une fois de plus la dualité peinture et sculpture.

On a tort de stigmatiser l’oeuvre de Gérôme dans un étiquetage de peintures académiques et orientalistes. Or, l’oeuvre de Gérôme monte un art maîtrisé à la perfection, une subtilité soutenue de son propos artistique et une éthique du métier d’artiste qui témoigne l’art de toute une époque.

amour fantasmatique