Archive pour la catégorie 'Peinture'

 

Papa Beyoncé Knowles?

Mardi 26 août 2008

Savez-vous que la chanteuse américaine est au cœur d’une polémique qui captive de nombreux internautes? Si si, plusieurs blogs culturels en parlent, ;-) le visage de la chanteuse RnB aurait été éclairci sur les photos de la dernière campagne de L’Oréal Paris pour les produits Feria Hair Color.

C’est choquant! Encore le maudit Photoshop! On ose faire pâlir les couleurs de la sexy Beyoncé Knowles au pays de Barack Obama! Ainsi, affichant un chevelure blonde au couleur blé, Beyoncé y apparait dans la version américain du magazine de mode Elle avec un teint pâle qui se rapproche de celui des autres vedettes et égéries de l’Oréal. Même New York Post se mêle.

« Le géant de la beauté L’Oréal semble avoir blanchi Beyoncé Knowles dans une publicité choquante, en éclaircissant numériquement son teint, rendant méconnaissable cette vedette internationale. » Quand une vedette américaine et internationale est méconnaissable sur photo, c’est comme l’identité nationale bafouée à la Pauline Marois - «Quoi?! Pas de Fleur de Lys aux JO de Pékin? » C’est inacceptable! :-|

Papa Beyoncé Knowles?

Maintenant, regardez celui-là! Mais non, ce n’est pas Papa Beyoncé Knowles, mais bien Citoyen Belley**. Vous ne le connaissez fort possiblement pas. Nous vous présentons, le premier noir immortalisé par un artiste blanc, avec dignité et décorum. En passant, on ne l’a pas blanchi. Le Citoyen Belley, fier allure, semble en grande conversation à bâtons rompus avec le Tout Puissant. Probablement sur l’art, la couleur de la peau, la difficulté d’imiter la nature, etc.

Quoi? Vous voulez voir comment on a pâli la belle Beyoncé? Vous êtes vraiment comme ce grand artiste québécois disait : « On ne veut pas savoir, on veut voir. » Quel artiste visionnaire, ce Deschamps-là!

Beyoncé Knowles et les effets L’Oréal Paris

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** « Portait du citoyen Belley, ex-représentant des Colonies » - 1797, par Girodet, peintre romantique français.

Sexe divin

Jeudi 21 août 2008

Du sexe divin en s’approchant de Dieu - C’est exact. Du sexe divin, ça existe!

Ne soyez pas gêné. Il n’y a rien de compromettant dans ce billet. Aucune image osée qui pourrait vous faire rougir. Voyez-vous, une peinture de Saint-François, un moine capucin d’autrefois. Un tableau précieux mais rien pour transformer l’émoi en brasier charnel. Déçu? La joie céleste se trouve un peu plus loin. :-|

Pour ceux qui haïssent la religion, une petite introduction si vous nous permettez. Sinon, passez au texte au dessous de l’image. Car on ne peut dissocier l’art occidental de la religion. Saint François d’Assise est un religieux catholique italien, fondateur de l’Ordre franciscain. Un gars qui aime la pauvreté et… la joie de vivre. Un bon vivant et pas snob, dirait-on. Cette bonne tradition saint-franciscaine est maintenant préservée, du moins en Pologne.

Sexe divin

Un certain père Ksawery Knotz donne des consultations aux couples mariés des conseils sur comment pratiquer le sexe en s’approchant de Dieu. Non, non, pas de préjugé, SVP! Le père Knotz peut vous répondre que nul a besoin d’avoir une maladie du cœur pour être cardiologue, ni d’être alcoolique pour devenir thérapeute chez les AA - Alcoolique Anonyme.

Ce religieux au talent exceptionnel a tenu jusqu’ici des séances avec plus de 3000 couples de fidèles catholiques en Pologne depuis 2000, avec la bénédiction de ses supérieurs. L’intérêt est si grand, son agenda de rendez-vous est rempli jusqu’à l’année prochaine. Pour les intéressés, le site du moine. Avis aux libertins, ses conseils sexuels sont strictement réservés aux couples traditionnelles.

« Si vous croyez en Dieu, vous croyez que Dieu est présent dans la vie, dans l’amour, dans le mariage et dans la sexualité. (…) L’amour d’un couple marié, exprimé dans le sexe, rapproche le corps humain du ciel. L’extase joyeuse d’une relation sexuelle peut être comparée à la joie de la vie éternelle (…) Cet acte conjugal permet aux époux de commencer à comprendre la douceur de la rencontre avec Dieu. » Vous pouvez lire d’autres propos du père Knotz dans son livre intitulé «L’acte de mariage».

Pour terminer, mentionnons que le tableau ci-dessus intitule L’Extase de Saint-François, peint par El Greco. Il s’agit du seul tableau d’El Greco sur le sol polonais. Il a été découvert en 1964 à Kosow Lacki par deux historiennes de l’art, Izabela Galicka et Hanna Sygietynska. El Greco est connu pour la dimension immatérielle de sa peinture qui suggère la grâce divine. Mais l’histoire de l’art nous le décrit aussi comme étant un grand chialeux qui adorait l’argent.

Ne trouvez-vous pas que la vie est ponctuée de contrastes et de sombres facettes cachées? Que ces défauts soient présents chez d’autres. Ça, nous le comprenons. Mais de si grands artistes, cachent eux aussi, de traits méprisables de la nature humaine. il y a assurément erreur. :-| Nous enquêtons!

Des artistes défenseurs des innocents

Vendredi 8 août 2008

Aujourd’hui, un choix de trois tableaux qui illustrent la répulsion de la mort des innocents, vue par trois peintres de trois époques, 1610, 1937 et 1978.

Massacre des Innocents Massacre de Guernica

D’abord, le Massacre des Innocents, un épisode relaté dans la Bible. Peu après la naissance de Jésus, Hérode ordonne le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem.

Rubens, notre premier artiste défenseur des innocents, peint un tableau qui représente cette scène biblique vers 1610. Il s’agit d’une des versions les plus expressives parmi les tableaux classiques ayant pour sujet le Massacre de Bethléem. Chez Rubens, l’image se construit autour de l’ordre, de la structure et de l’idéal du corps. Il y avait un standard esthétique à respecter que l’on appelle dans le passé de l’Art, avec un grand «A».

Trois siècles plus tard, le bombardement de la ville de Guernica y Luno, longtemps considéré comme le premier raid de l’histoire de l’aviation militaire moderne sur une population innocente. Même dans le malheur, l’histoire fait son classement.

Picasso, sorti de sa période de dépression, peint en 1937 l’horreur de ce massacre de civils dans un tableau devenu aujourd’hui célèbre : Guernica. Il s’agit de la réaction colérique d’un artiste. Une sorte de canalisation de sa pulsion, dans laquelle l’artiste et sa personnalité submergent l’ordre, la structure et les corps, humains et animaliers. Il y a là, l’art d’un artiste. Selon une récente étude du Musée Reina Sofia, l’état du tableau se détériore prématurément…

Élégie - Motherwell

Le troisième artiste, Robert Motherwell. Les Élégies espagnoles de l’artiste américain enferment l’effroi de la Guerre civile d’Espagne et le choc émotif éprouve par l’artiste. Si vous avez la chance de voir l’une de ses bonnes Élégies, vous remarquerez que l’élément central de l’art de Motherwell est sa représentation de la pulsion sauvage humaine: la débandade et l’enfermement.

La série Élégies de Motherwell s’étale sur une période de 25 ans, prit fin vers 1978, avec l’Élégie de la réconciliation. Motherwell, lui, il fusionne des imageries, répertorie une iconographie propre à lui, récupère des références pour traduire son propre état émotif. C’était l’époque où chaque artiste réinvente un vocabulaire pour son art sur canevas et un discours sur papier qui parle de son art. Parmi ceux-ci, des penseurs et philosophes, comme Robert Motherwell, mais aussi des artistes charlatans. Heureusement pour ces derniers, il y avait alors la sémiologie naissante à leur rescousse, mais malheur au grand public! Ce fut l’incompréhension.

En quelques siècles, la peinture pour représenter l’horreur, passe du modèle «absolu» aux références naturelles à un modèle «relatif» aux références subjectives. Ensuite, en quelques décennies, on arrive au modèle «singulier» à la Motherwell.

Voilà pour l’un des malheurs de l’humanité: la guerre. Elle a été longtemps dénominateur commun ou prétexte de création pour plusieurs artistes.

On n’aime pas ces seins nus

Mercredi 6 août 2008

On n’aime pas ces seins…

Mais, les voyez-vous bien? Ils sont formidables, n’est-ce pas? Ils défient même la gravité. Bah, voilà le sujet pour aujourd’hui: on n’aime pas ces seins nus.

Vite! Y a-t-il un artiste dans la salle? Cachez ce sein gauche afin que nous ne saurions voir! Vous dites: Non, mais, pas possible! Pourquoi? Ils sont beaux ces seins nus! Pourtant, le geste profane est posé, si si, le sein gauche est censuré!

D’abord, Silvio. L’avez-vous vu? Il n’est pas grand. Pas facile pour un petit homme qui joue un grand rôle. Demandez à Sarkozy. Depuis le « oui » nuptial de Carla, elle ne porte plus de talons hautes en présence de lui. Écoutez! Quand la tête de Monsieur arrive sous le sien de Madame, même si l’on est grand dedans. Ça froisse une tantinet l’équilibre intérieur de Monsieur. Son Zen est inévitablement dérivé sur la voie d’accotement. D’accord, si l’on partage une vie de couple. Cela aide généralement Monsieur à mieux accepter sa petite taille. Dans le cas de Silvio, c’est différent. Vous savez qui est Silvio maintenant? Pour les autres, une photo de Silvio, Silvio Berlusconi.

Silvio Berlusconi et Tiepolo

Il est le 73e, 78e, 80e président du Conseil des ministre de l’Italie. Comme tout grand homme, le chemin de sa vie est parsemé d’obstacles, mais il triomphe! En mai dernier, au moment de sa 3e réélection, il a fait décorer la salle de presse du Palais Chigi à Rome où siège la présidence du Conseil italien, d’image d’un tableau célèbre de Tiepolo, peintre vénitien, un grand artiste que l’histoire de l’art n’a pas su lui donne toute la place qu’il mérite.

Nous disons… Ah! Ça nous revient! Pas facile, la vieillesse… la mémoire nous lâche et le cerveau divague. :-| Berlusconi, homme de culture, a choisi l’image qui sert de toile de fond de la salle solennelle du Conseil le tableau La Vérité dévoilée par le temps de Tiepolo. C’est formidable.

Mais, avec le temps, des photographes, perspicaces, créatifs et malignes, livrent à répétition au grand public des clichés sur lesquels, Berlusconi, la tête sous les seins ou devant la boule de lumière tenue dans la main de Madame Vérité. Franchement! On ne peut ironiser sur le pouvoir et ridiculiser un chef d’État indûment, sans que ce dernier mette son pied d’autorité à terre. Le sein gauche de la Vérité est maintenant voilé, censuré!

En passant, merci Renart L’éveillé! Votre billet sur Branchez-vous qui parle de blog MY Arts nous touche. Que dire de plus… allons! Finissons ce billet. Décidément, le cerveau d’artiste vagabonde aujourd’hui.

En terminant, nous aimerions mentionner que nous n’avons pas trouvé mieux dans notre modeste bibliothèque que cette image partielle du tableau de Tiepolo. Si vous visitez les musées italiens ou des châteaux décorés par Tiepolo, observez les nuages dans les tableaux du Maître vénitien. Ne vous laissez pas méduser par ses couleurs éclatantes et ses pom-pom girls antiques à la tendre chair souple. Ses nuages jouent un rôle de soutien essentiel et structurel dans ses vastes compositions spatiales. Sans ses nuage, l’univers pictural de Tiepolo perdrait son éclat céleste.

Tant de choses à dire sur ces nuages et sur son dessin, et que dire de ses gravures… Bon, ce sera, pour une autre fois ces affaires d’artiste. Un dernier point, si vous êtes un amateur de Tiepolo, laissez faire la montée de lait de ces historiens d’art et de ces journalistes qui crient au scandale. Bordel! Ce n’est qu’une image laminée, plastifiée que l’on a censurée.

Château Frontenac, Québec

Jeudi 3 juillet 2008

Nous avons appris récemment le décès du peintre québécois Claude Théberge. L’artiste a connu sa célébrité dans le monde avec ses tableaux aux parapluies-foulards-chapeaux symboliques. Mais un bien plus petit nombre de personnes savent que de 1963 à 1970, l’Atelier Claude Théberge, rue Montcalm, près du parc Lafontaine, a fait oeuvre remarquable, réunissant une dizaine d’artistes, parmi lesquels le potier Paul Lajoie, des peintres, céramistes et sculpteurs.

Théberge s’est toujours intéressé à l’intégration de l’art à l’architecture dans les bâtiments publics. Il est impliqué dans plusieurs projets de décoration de stations de métro de Montréal. Il a signé une série de bas-reliefs en béton de la station de l’Église, géométrique, gris et terne. C’est aussi durant ces années-là, Théberge reprend ses pinceaux.

En ce jour de la célébration du 400e de Québec, la météo annonce de la pluie. Nous ne pouvons faire autrement que d’avoir une pensée pour Claude Théberge, et d’utiliser cette image pour accompagner ce petit billet, à la fois pour rendre hommage à Claude Théberge et pour souligner ce grand jour historique de la Ville de Québec. Voilà! Au cœur de la Vieille Capitale, le Château Frontenac, perché sur le cap Diamant pour porter son regard au loin; le Vieux-Québec à ses pieds, envahi par une mer de monde, onirique et élégant, chapeaux, foulards, parapluies et quelques gouttes d’eau qui perlent. Malgré le mielleux que certains lui reprochent, la rigueur est au rendez-vous.

Château Frontenac, Québec