Archive pour la catégorie 'Parlons d'un artiste'

 

Château Frontenac, Québec

Jeudi 3 juillet 2008

Nous avons appris récemment le décès du peintre québécois Claude Théberge. L’artiste a connu sa célébrité dans le monde avec ses tableaux aux parapluies-foulards-chapeaux symboliques. Mais un bien plus petit nombre de personnes savent que de 1963 à 1970, l’Atelier Claude Théberge, rue Montcalm, près du parc Lafontaine, a fait oeuvre remarquable, réunissant une dizaine d’artistes, parmi lesquels le potier Paul Lajoie, des peintres, céramistes et sculpteurs.

Théberge s’est toujours intéressé à l’intégration de l’art à l’architecture dans les bâtiments publics. Il est impliqué dans plusieurs projets de décoration de stations de métro de Montréal. Il a signé une série de bas-reliefs en béton de la station de l’Église, géométrique, gris et terne. C’est aussi durant ces années-là, Théberge reprend ses pinceaux.

En ce jour de la célébration du 400e de Québec, la météo annonce de la pluie. Nous ne pouvons faire autrement que d’avoir une pensée pour Claude Théberge, et d’utiliser cette image pour accompagner ce petit billet, à la fois pour rendre hommage à Claude Théberge et pour souligner ce grand jour historique de la Ville de Québec. Voilà! Au cœur de la Vieille Capitale, le Château Frontenac, perché sur le cap Diamant pour porter son regard au loin; le Vieux-Québec à ses pieds, envahi par une mer de monde, onirique et élégant, chapeaux, foulards, parapluies et quelques gouttes d’eau qui perlent. Malgré le mielleux que certains lui reprochent, la rigueur est au rendez-vous.

Château Frontenac, Québec

Cèdre du Liban

Jeudi 19 juin 2008

Aujourd’hui, une image, celle de la façade de la Fondation Cartier et deux extraits de l’autobiographie de Chateaubriand, Les Mémoire d’outre-tombe.

Cèdre du Liban

Chateaubriand, fondateur du romantisme français, grand voyageur, acquiert le domaine de la Vallée-aux-Loups, prés d’Aulnay, en 1807. Il est vendu aux enchères, contre son gré, le 21 juillet 1818.

…ma Vallée aux Loups fut vendu, comme on vend les meubles des pauvres, sur la place du Châtelet. Je souffris beaucoup de cette vente; je m’étais attaché à mes arbres, plantés et grandis, pour ainsi dire, dans mes souvenirs.

Le cèdre du Liban planté par Chateaubriand est devenu le coeur du projet architectural imaginé et conçu par Jean Nouvel durant les années 90. Devant l’entrée du bâtiment où abrite la Fondation Cartier – Centre d’art contemporain, boulevard Raspail, le cèdre du Liban de Chateaubriand est dressé aujourd’hui dans un gigantesque pot élaboré par l’architecte et designer Alessandro Mendini. Le bâtiment, en verre et acier, ouvert et transparent, est entouré du Jardin Theatrum Botanicum qui regroupe 35 essences d’arbres et 200 espèces végétales françaises.

Il y a quatre ans qu’à mon retour de la Terre-Sainte, j’achetai près du Hameau d’Aulnay, dans le voisinage de Sceaux et de Chatenay, une maison de jardinier, caché parmi des collines couvertes de bois. Le terrain inégal et sablonneux dépendant de cette maison, n’était qu’un verger sauvage au bout duquel se trouvaient une ravine et un taillis de châtaigniers. Cet étroit espace me parut propre à renfermer mes longues espérances; spatio brevi spem longam reseces.* Les arbres que j’y ai plantés prospèrent, ils sont encore si petits que je leur donne de l’ombre quand je me place entre eux et le soleil. Un jour, en me rendant cette ombre, ils protégeront mes vieux ans comme j’ai protégé leur jeunesse. Je les ai choisis autant que je l’ai pu des divers climats où j’ai erré; ils rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon cœur d’autres illusions. […] Mes pins, mes sapins, mes mélèzes, mes cèdres tenant jamais ce qu’ils promettent, la Vallée-aux-Loups deviendra une véritable chartreuse. […] Ce lieu me plaît; il a remplacé pour moi les champs paternels; je l’ai payé du produit des mes rêves et de mes veilles; c’est au grand désert d’Atala** que je dois le petit désert d’Aulnay; et pour me créer ce refuge, je n’ai pas, comme le colon américain, dépouillé l’Indien des Florides. Je suis attaché à mes arbres; je leur ai adressé des élégies, des sonnets, des odes. Il n’y a pas un seul d’entre eux que je n’aie soigné de mes propres mains, que je n’aie délivré du ver attaché à sa racine, de la chenille collée à sa feuille. Je les connais tous par leurs noms, comme mes enfants: c’est ma famille, je n’en ai pas d’autre, j’espère mourir au milieu d’elle.

*Horace, Odes, I-XI : Nous durons si peu; retranche les longs espoirs.
**Roman de Chateaubriand, essor du Romantisme français littéraire.

Zio Peppino, Nina et Joan Mitchell

Mercredi 4 juin 2008

Zio Peppino, nous l’avons découvert comme blog. Pour être francs, nous y allons surtout pour lire les textes de Nina, une blogueuse qui écrit et raconte, merveilleusement. Son écriture nous fait souvent penser à la peinture de Joan Mitchell. Qui est Mitchell? Nous y reviendrons. Zio Peppino, c’est aussi une boutique virtuelle maintenant. On vend des T-shirts, des produits graphiques et artistiques en éditions limitées. Si vous n’achetez rien, alors, lisez les chroniques de Nina.

Bon, maintenant, Joan Mitchell. Tout dépend de quel côté de l’Atlantique que vous trouvez, on peut classer Mitchell comme peintre de l’Expressionnisme abstrait, ou, lyrique. Étiquetage d’historien oblige pour classifier les courants artistiques. Joan Mitchell est américaine. Elle est tout aussi connue en France qu’à New York… peut-être, un peu plus en France. Joan Mitchell, c’est aussi une vie sentimentale tumultueuse et étroitement liée à un peintre canadien qui a connu sa célébrité, également, en France. Chaque fois nous lisons Nina de Zio Peppino, ses mots et phrases nous rappellent les foisonnements de traits de la peinture de Mitchell, élégants, passionnés et vivifiants. Si vous vous rapprochez, c’est la charge émotive qui émerge, si vous prenez du recul, et bien, le sens. Mais lequel? Déroutant.

Joan Mitchell

Qui est le Canadien en question? Et bien, c’est Jean-Paul Riopelle. Ce dernier a peint l’œuvre la plus significative en vingt dernières années de sa vie à la mort de Mitchell, en 1992, « Hommage à Rosa Luxembourg». L’œuvre, après quelques années d’errance entre le siège social de Loto-Québec et le Casino de Hull, a finalement trouvé sa niche dans la collection permanente du Musée national de la Vieille Capitale. Si vous visitez Québec cet été pour son 400e, faites un détour. Nous vous prévenons, pas un grand musée, mais charmant. Une honte que cette œuvre de Riopelle soit dans une salle exiguë à l’image d’un géant dans un conteneur, incapable d’articuler. Peut-être, un jour…

Éthanol

Mardi 6 mai 2008

Aujourd’hui, trois mots et une image.

D’abord, « éthanol », l’éthanol est, semble-t-il, l’alcool qui se retrouve dans toutes les boissons alcoolisées. On l’appelle autre fois « esprit de vin » ou « alcool de grains ». Car on le fabrique anciennement par fermentation directe de sucres naturels. De nos jours, on l’obtient par hydratation de l’éthylène. Il pourrait être la solution pour notre monde qui est au bord du gouffre du pétrole. Le site du gouvernement canadien nous fournit quelques pages fortes informatives sur l’éthanol.

Ensuite, le mot « famine », celui-ci regagne sa popularité après quelques années d’absence… des manchettes. Nous vous présentons aujourd’hui cette photo célèbre de Kevin Carter. Une photo prise en 1993 en pleine période de famine au Soudan. La photographie est ensuite vendue au New York Times. L’année suivante, le photographe gagne le prix Pulitzer, mais critiqué pour ne pas avoir porté secours à la jeune mourante affamée.

Carter relate son récit :

A environ 300 mètres du centre d’Ayod, j’ai croisé une toute petite fille au bord de l’inanition qui tentait d’atteindre le centre d’alimentation. Elle était si faible qu’elle ne pouvait faire plus d’un ou deux pas à la fois, retombant régulièrement sur son derrière, cherchant désespérément à se protéger du soleil brûlant en se couvrant la tête de ses mains squelettiques. Puis elle se remettait péniblement sur ses pieds pour une nouvelle tentative, gémissant doucement de sa petite voix aiguë. Bouleversé, je me retranchai une fois de plus derrière la mécanique de mon travail, photographiant ses mouvements douloureux. Soudain la petite bascula en avant, son visage plaqué dans la poussière. Mon champ de vision étant limité à celui de mon téléobjectif, je n’ai pas tout de suite remarqué le vol des vautours qui se rapprochaient, jusqu’à ce que l’un d’eux se pose, apparaissant dans mon viseur. J’ai déclenché, puis j’ai chassé l’oiseau d’un coup de pied. Un cri montait en moi. J’avais dû parcourir 1 ou 2 kilomètres depuis le village avant de m’écrouler en larmes.

Kevin Carter, anéanti par l’assassinat de son ami reporter Ken Oosterbroek, souffrant de dépression et d’atrocités dont il a été témoin, et accaparé par les critiques suite à la remise du prix Pulitzer, choisit de se donner la mort dans le désert, le matin du 27 juillet 1994… au bord de sa voiture.

Quant au troisième mot… nous hésitons. Nous vous laissons le soin de choisir le mot qui vous conviendra dans le paragraphe ci-dessus. Voici maintenant l’image qui accompagne de ce billet sur l’éthanol.

Éthanol ?

Moïse ou Charlton Heston

Lundi 14 avril 2008

Samedi dernier a eu lieu en Californie, la cérémonie funéraire de Charlton Heston. À peu près tous les médias ont annoncé le décès de la légende dans le monde du cinéma le 6 avril dernier, peu lui ont accordé une attention le weekend passé. Comme quoi, la vie d’un acteur pour les médias est à l’image des enregistrements qu’écoute l’agent Jim Phelps, dans Mission impossible. Ils s’effacent à plus moins brève échéance après écoute.

Nous ne vous apprendrons rien si nous soulignons à nouveau les grandes fresques cinématographiques de Charlton Heston, tels que Ben Hur, les Dix commandements ou la Planète des singes. Par contre, il est quand même intéressant de rappeler que Charlton Heston a interprété plusieurs personnages symboliques. En commençant par Moïse, Marc-Antoine et Gengis Khan, ou encore, Michelange, le génie de la Renaissance, sans oublier, le Cardinal Richelieu et Henri III. Peut-être, tous négligeables pour notre époque, après tout, ils datent un peu. :-| Néanmoins, ils ont tous endigué, à leur manière, l’évolution de notre Histoire, et influencés indirectement, l’état actuel de notre monde.

À bien y penser, il n’y a définitivement plus grand chose à rajouter, sauf à propos de Moïse. Non, non! Pour les Dix commandements, nous allons devoir attendre le moment opportun, comme par exemple, la Semaine Sainte de l’an prochain. ;-) Nous aimerions rappeler que Moïse est le prophète dont la vie est relatée autant dans le Coran que dans la Bible. De plus, si l’on se fie aux écrits, Moïse semble faire l’unanimité parmi les deux croyances comme prophète, alors que l’état actuel de notre monde nous laisse voir le contraire.

Que la Paix soit avec vous, Charlton Moïse Heston, même si vous aviez tant défendu le libre port d’arme.

Moïse ou Charlton Heston