Archive pour la catégorie 'Parlons d'un artiste'

 

Illustration d’un processus artistique

Samedi 8 novembre 2008

Nous parlons beaucoup ici de l’artiste Damien Hirst. Encore aujourd’hui.

Mais, de quoi encore aujourd’hui? Nous aimerions vous parler du processus artistique complexe de Damien Hirst aujourd’hui. Si vous permettiez, nous titrons ce petit billet : Illustration d’un processus artistique.

Avis aux jeunes artistes désirant vivre pleinement leur vie d’artiste loin des misères financières d’une vie d’artiste et connaître du succès artistique de leur vivant, sans compter leurs états émotifs ternis par des préceptes éducatifs de quelque maître, incapable à leur éclairer les tournants cruciaux de leur cheminement d’artiste.  Mes sieurs et dames, Hirst est là pour vous… et pour nous!

L’autre jour, nous avons même évoqué la présence prémonitoire de Francis Bacon dans l’oeuvre d’Hirst, cet artiste que nous qualifions d’artiste le plus célèbre de la première moitié du 21e siècle. Nous savons maintenant que quelqu’uns sont en désaccord avec cette affirmation, mais vous préférez l’anonymat et le silence.

Donc, malgré nos propos spéculatifs, nous nous sommes ressaisis, par souci de rigueur.  Aujourd’hui, nous allons illustrer qu’est-ce qu’un processus artistique du 21e siècle. 8O

Étape 1 d’un processus artistique du 21e siècle : utiliser le talent pour représenter l’idée artistique et géniale, et non pour la réaliser soi-même.

Sachez que nous parlons en ce moment du processus artistique du 21e siècle, vous devriez alors faire comme Damien Hirst.

Ne perdez pas votre temps à cette chose qu’on appelle le dessin, à la manière ancienne. Vous avez vu ci-dessous, si si! Une date de la création du dessin, 2008. La proportion, 9×3x3 ou 12×4x4; couleur noire; un titre choisi, «le Royaume». En passant, pas de «Sans titre», s’il vous plaît! Cela veut simplement dire que vous n’avez aucune idée ou une vague idée nébuleuse. Sachez que le public souhaite voir la vision de l’artiste, pas de je-sais-pas, je-doute ou des peut-être! La matière, un aquarium et un requin tigre.

Voilà! N’oubliez pas de signer votre dessin préparatoire, en gage de son authenticité. Nous omettons ici volontairement le prix de ce dessin… ces chiffres qui forment de plusieurs zéros. C’est lassant!

Processus artistique

Étape 2,  la formation du noyau vital d’un processus artistique : votre l’équipe de création.

Vous êtes le leader de cette équipe de création.

Entourez-vous de gens compétents qui acceptent de travailler autant que vous, dans l’ombre ou sous le spot, mais en votre nom d’artiste. Aimez-vous la politique américaine? Observez comment le 44e président des États-Unis former son équipe pour gouverner: un vice-président expérimenté pour contrebalancer le duo présidentiel. Ensuite, un chef de cabinet de style bulldog, un ex-conseiller de Clinton pour garder cette distance requise entre lui, un être nuancé, pleine d’espoirs et le reste, la réalité envahissante. Une fois le gardien choisi, bientôt, ses secrétaires d’État, des lieutenants spécialistes. Sans oublier, la formation de son équipe de conseillers qui travaillera dans l’ombre. Le reste, c’est la Constitution et son Parti qui s’en chargent : le Sénat, la Chambre des représentants et le militantisme. Plus tard, la nomination des juges.

Artiste! C’est hyper simple la formation de votre équipe de création à côté de ça. De votre mentor spirituel, en passant par des amis artistes, quelques coach, galeristes, conservateurs et directeurs de musée, porte-parole, jusqu’aux artisans de votre équipe de création qui fabriquent des œuvres pour vous selon votre volonté.

Sachez que l’on investit sur vous. Pour qu’une telle équipe soit réunie, vous devez être évidemment jeune, de préférence, charismatique, talentueux, visionnaire, incarnation du nouveau, inspirant, géant… Bref! Comme Damien Hirst, par exemple. :-|

Processus de la création

Étape 3,  obtenir des résultants artistiques rapidement et un retour d’investissement enviable.

Les produits artistiques issus de ce processus artistique devraient être simples, à l’image des produits d’Appel ou de Google; si vous faites sentir à la personne devant votre oeuvre que son intelligence n’arrive pas à cerner ou à discerner le sens profond de votre oeuvre. Vous la perdez. Le temps, c’est de l’art..gent!

Votre oeuvre devrait avoir une image de qualité et de conformité. Pas de truc artistiquement abracadabrant. Ça, c’est du 20e siècle! C’est Out! Dépassé! Bon, d’accord, la mode peut revenir. Mais, on ne parle pas de linges, mais de l’oeuvre d’art.  Le cycle de mode en art est plus long.

Important! Ayant le symbolisme à l’image de notre humanité dans votre art. C’est-à-dire, le résultant de ce processus artistique est à la fois le miroir et le reflet dans le miroir, soit la temporalité de notre réalité humaine éphémère.

Illustration d’un processus artistique

Michelle Obama, par Daniel Edwards

Samedi 20 septembre 2008

Un buste de Michelle Obama, la possible future First Lady légèrement nue.

Y a-t-il sujet à crier le scandale? Vous verrez dans les prochains jours que les mots scandale, provocation et controverse seront au rendez-vous. L’Amérique serait-elle encore un peu puritaine, ou encore, certains mots ont-ils perdu leur sens véritable? À moins que c’est nous qui sommes devenus insensibles? Peut-être.

Il s’agit de la toute dernière création de Daniel Edwards, « Makeover for America ». Le soi-disant controversé sculpteur américain fait des oeuvres en modelage, toujours très réaliste, toujours avec un brin de désir de provoquer, mais d’une approche usée comme l’habit d’un sans abri.

En effet, nous trouvons que sa formule est plutôt usée.  L’artiste semble cependant fort habile de ses mains, un beau sens d’observation académique et un flaire pour identifier des sujets qui suscitent des réactions : Britney Spears accouche, autopsie de Paris Hilton, mort du Prince Harry, Fidel Castro sur son lit de mort, buste d’Hillary Clinton légèrement vêtue, etc. Depuis hier, Michelle Obama s’est jointe à cette liste de célébrités malgré elle. Si Obama gagnait la présidence en novembre, cette sculpture de Michelle Obama fera parler de l’artiste.

Michelle Obama, par Daniel Edwards

Daniel Edwards choisit un personnage connu pour sa visibilité, facilement reconnaissable par le grand public. Évidemment, une telle proie ne peut qu’attiser notre monde avide de nouvelles sensationnelles. L’image de son oeuvre est donc vite transportée à l’avant-scène par les journalistes et… les blogueurs.

Généralement, très vite, en quelques jours, le phénomène s’essouffle, fin de l’épisode. À nouveau, l’artiste se met à la recherche de sa prochaine proie artistique et sensationnelle. Malgré son habilité, Daniel Edwards demeure fort limité dans sa formulation du scandale : masque mortuaire, buste nu, posture d’un mannequin plastique et objet insolite. Même si la mort est un thème récurrent dans son oeuvre, Daniel Edwards n’a pas su comment en faire une variation sur un thème. Il s’est contenté de camper sur ses habilités tactiles et à faire de la permutation.

Fort triste, on dirait qu’il y a blocage, ou une espèce de confort rassurant.

Damien Hirst et son pari

Mardi 16 septembre 2008

Damien Hirst a gagné son pari : au lieu qu’une œuvre soit vendue pour le prix affiché, il l’offre aux centaines d’acheteurs potentiels.  Rien de nouveau?

Le pari de Damien Hirst est une exposition individuelle intitulée « Beautiful Inside My Head Forever » chez l’une des deux plus prestigieuses Maisons d’encan au monde au lieu de se contenter une exposition dans une galerie pour toucher environ 50% de la recette des ventes. Deux séances chez Sotheby’s Londres, hier soir la première et une autre aujourd’hui, totalisant $200,752,180 USD. Du coup, Hirst vient de redéfinir le mot « exposition ». Il vient d’ajouter à la structure traditionnelle de lieux de diffusion, tels que galerie, centre de diffusion, festival, biennal et foire, une supra couche qu’est une Maison d’encan, dans un seul et unique but de générer davantage de profits avec les mêmes produits, soit ses créations récentes.

Rappelez-vous de ses généreux cadeaux de Noël offerts à la Tate de Londres? Hirst sait comment se mettre en valeur… et se faire aimer.

Damien Hirst et son pari

En ce début de siècle, Hirst a maintenant la main mise sur le titre du plus grand artiste du 21e, plus qu’aucun autre artiste vedette des arts visuels contemporains : faire de la réussite financière la continuité de sa réussite artistique. Chutera-t-il ou ne chutera-t-il pas, l’indicateur Hirst?

Il y a dorénavant pas la cote d’artiste de Damien Hirst, mais bien la valeur de l’indicateur Hirst. Cet indicateur n’est plus artistique à la saveur financière, mais bien une industrie artistique à la Hirst comme Google qui n’est pas juste un puissant moteur de recherche avec ses succès commerciaux et ses éminents cerveaux d’ingénieur-informaticien. C’est l’action Google qui symbolise la réussite de Google au même titre que le prix unitaire d’un hamburger MacDonald à une époque non lointaine.

Souvenez-vous de cela? À une autre époque où la santé et les gras trans n’étaient pas encore un enjeu que tout le monde en parle, on évaluait la valeur d’une devise à l’aide du prix d’un Big Mac.  32 roubles pour un Big Mac à Moscou, à 50 renminbis à Pékin ou une quelconque somme de couronnes à Prague. Le prix d’un Big Mac a été un indicateur du progrès économique d’un pays.

Le premier chapitre de l’histoire de l’art du 21e a commencé par Hirst en 1998. Depuis, il a sans cesse noirci des pages de ce grand livre. L’histoire ne réserve que de maigres marges pour les autres artistes, même si l’on s’appelle Jeff Koons.

En art, Picasso et Warhol se sont départagés les moments forts du 20e siècle.

Picasso a fait détrôner le Beau de son piédestal des Beaux-Arts par le Laid. Si vous préfériez, le Cubisme et plus tard, le grotesque. Picasso a su donner à l’effondrement du système classique du Monde Ancien, absolu et hiérarchique, une imagerie alternative à l’image du Relativisme de la physique moderne, le Darwinisme pour l’évolution des espèces, la psychanalyse de Freud et la mort de Dieu de Nietzsche.

Warhol a fait exister le « Moi - artiste » à travers le Star Systeme. Ce que l’artiste est capable de faire ou dire est peut-être important. Mais rien n’est plus important que de faire dire, faire voir et faire percevoir au public.  Warhol a fait en art à la 2e moitié du XXe à l’image du Marketing est au développement d’un nouveau produit : créer le besoin en image; innover le concept; ensuite, miser sur la télé et le vedettariat pour faire propager et aimer son produit.

L’importance de l’Orange Marilyn n’est ni la couleur, ni Marilyn elle-même. Mais bien l’image d’une Marilyn morte sur fond orangé iconique choisi par Warhol, à l’aide d’une technique moderne de reproduction qu’est la sérigraphie. Warhol a inventé sa machine à imprimer des billets Warhol.

Bon, il se fait tard. Quand on est vieux, on a beaucoup à dire, une chance, l’appel du sommeil rééquilibre le tout. Ah oui, la conclusion… Picasso a laissé tomber le fignolage pour produire, plus et encore plus d’œuvres, signées Picasso; Warhol a su miser sur la mécanique pour reproduire des images à volonté; Hirst, à l’aide de ses cahiers des charges, il sait obtenir de ses centaines assistants des produits artistiques et originaux, d’une qualité homologuée, signés Hirst.

Connaissez-vous le pari de Pascal? Blaise Pascal.

Le pari de Pascal n’est pas seulement de croire en Dieu. Bon, si ça ne vous tente pas de lire ses Pensées, nous vous ferons un résumé la prochaine fois si nous n’avions pas de sujet d’actualité à radoter.

Images d’une histoire de chasse

Dimanche 14 septembre 2008

Voilà une histoire de chasse comme toutes les autres.

À l’origine de toute histoire de chasse, il y a une proie, un chasseur et le besoin qui motive un chasseur à chasser. Bien banal, n’est-ce pas? Pour maintenir la vie, ça prend des vies ou l’arrêt d’autres vies, même si vous êtes un végétarien. Exactement à l’image de l’argent que vous gagnez, vient toujours du porte-monnaie d’un autre, ainsi de suite, la grande chaîne de la Vie se perpétue.

La seule différence entre l’histoire de chasse d’aujourd’hui et les autres, ce sont ces images de chasse, artistiques. Des images captées par un photojournaliste qui, comme des chasseurs à la chasse. Sa prise lui a permet de gagner le 2e prix de World Press Photo, dans la catégorie « Histoire » comme dans « SVP! Racontez-moi une histoire de chasse ».

Une image d’une histoire de chasse

Que pouvons-nous ajouter à cette histoire de chasse?

Non, non, pas de protestation ou d’indignation contre la chasse. Ça prend trop d’énergie. Manifester son désaccord, ça déséquilibre la zennité. Pour qu’une manifestation soit réussie, il faudrait généralement quelques séduisantes poupées, évidemment majeures, qui se dénuent et s’aspergent de sang… pas beau à voir.

Vous l’aviez remarqué… vous aussi… C’est une recette gagnante pour une manif réussie.  8O

Bon, peut-être, simplement rappeler aux chasseurs qu’il faut apprendre à chasser plus intelligemment. Nous avons intérêt à apprendre d’Hirst. Voyez-vous, Hirst, il a du talent, bien plus que ces chasseurs de narvals ou ce chasseur d’images qu’est Paul Nicklen, même si ce dernier fait de belles images captivantes. Mais, Hirst a du génie… et une équipe. Nous vous en parlerons une autre fois à propos de son « équipe ».

Hirst, il chasse pour le plaisir; il chasse avec autant de cruauté; il chasse aussi pour l’argent. Mais Hirst, il chasse avec finesse; il découpe avec précision; il conserve pour durer. Hirst exalte et exhibe comme un chasseur à la chasse et, il transgresse.

Chasseurs de narvals Chasse aux narvals Commerce de l’ivoire

Papa Beyoncé Knowles?

Mardi 26 août 2008

Savez-vous que la chanteuse américaine est au cœur d’une polémique qui captive de nombreux internautes? Si si, plusieurs blogs culturels en parlent, ;-) le visage de la chanteuse RnB aurait été éclairci sur les photos de la dernière campagne de L’Oréal Paris pour les produits Feria Hair Color.

C’est choquant! Encore le maudit Photoshop! On ose faire pâlir les couleurs de la sexy Beyoncé Knowles au pays de Barack Obama! Ainsi, affichant un chevelure blonde au couleur blé, Beyoncé y apparait dans la version américain du magazine de mode Elle avec un teint pâle qui se rapproche de celui des autres vedettes et égéries de l’Oréal. Même New York Post se mêle.

« Le géant de la beauté L’Oréal semble avoir blanchi Beyoncé Knowles dans une publicité choquante, en éclaircissant numériquement son teint, rendant méconnaissable cette vedette internationale. » Quand une vedette américaine et internationale est méconnaissable sur photo, c’est comme l’identité nationale bafouée à la Pauline Marois - «Quoi?! Pas de Fleur de Lys aux JO de Pékin? » C’est inacceptable! :-|

Papa Beyoncé Knowles?

Maintenant, regardez celui-là! Mais non, ce n’est pas Papa Beyoncé Knowles, mais bien Citoyen Belley**. Vous ne le connaissez fort possiblement pas. Nous vous présentons, le premier noir immortalisé par un artiste blanc, avec dignité et décorum. En passant, on ne l’a pas blanchi. Le Citoyen Belley, fier allure, semble en grande conversation à bâtons rompus avec le Tout Puissant. Probablement sur l’art, la couleur de la peau, la difficulté d’imiter la nature, etc.

Quoi? Vous voulez voir comment on a pâli la belle Beyoncé? Vous êtes vraiment comme ce grand artiste québécois disait : « On ne veut pas savoir, on veut voir. » Quel artiste visionnaire, ce Deschamps-là!

Beyoncé Knowles et les effets L’Oréal Paris

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** « Portait du citoyen Belley, ex-représentant des Colonies » - 1797, par Girodet, peintre romantique français.