J’aurais voulu être un artiste
Mercredi 12 novembre 2008En ce lendemain du jour de l’Armistice qui a mis fin à la Grande Guerre, nous aurions voulu écrire quelques lignes sur la frontière, la guerre, la paix et l’espoir. À notre manière, nous aurions cherché dans notre cerveau d’artiste une ou deux images, quelques lieux communs pour orner ces lignes, maladroitement exprimées, mais toujours authentiques et parfois, ça arrive qu’elles soient émouvantes. Mais un courriel d’une amie a détourné le cours du billet de ce soir.
- Dites, Artistes, de quoi votre amie a-t-elle écrit dans son courriel pour que vous ailliez changer votre fusil d’épaule? De plus, vous nous en parlez ici, sur ce blogue? Puisque vous êtes des gens curieux, vous nous l’auriez ainsi demandé, n’est-ce pas?
- De l’art. Évidemment, de quoi d’autre que les arts pour émouvoir des artistes comme nous?
Si nous avions écrit ce soir sur le Jour du Souvenir, nous aurions utilisé le « Champ de coquelicots près de Vétheuil » de Monet, avec Madame et Fiston, ici et là. C’est très connu et vous avez sûrement vu ce tableau-là. Ce n’est pas du grand Monet, mais l’image enferme des sentiments filiaux. Elle se prête bien au jeu de ce billet qui ne sera, malheureusement, jamais écrit. Car le bonheur de vivre en temps de paix, et cette lumière si vivace du Sud de la France qui caractérisent si bien des Monet de jeunesse nous semblent si appropriés pour le sujet.
Si nous n’avions pas changé d’idée pour le sujet de ce soir, un autre tableau aurait pu accompagner ce billet du lendemain du Jour de l’Armistice de la Première Guerre : « La rue Mosnier aux drapeaux » de Manet, pour son soleil radieux et aussi pour ce personnage dans le coin inférieur gauche du tableau, de dos, au béret et à la veste bleu poudre, large d’épaules. Nous nous demandons chaque fois s’il avait été un combattant, ou encore simplement, un infirme de naissance. Peut-être, un accidenté. Vous le savez, à cette époque, les chemins de fer serpentent tout Europe. Il a même l’air en train de chantonner La Marseillaise. L’entendez-vous?
Le tableau « Rue Mosnier aux drapeaux » de Manet est beaucoup moins connu que le « Champ de coquelicots près de Vétheuil » de Monet.
Mais, rien de tout ça à cause de ce courriel de notre amie. À la place, nous vous parlons de ces possibles rêves fourchés; ces rêves de carrière artistique de plusieurs enfants des générations futures, disparus; ces rêves « J’aurais voulu être un artiste », désir inassouvi des comptables agrées, des hommes et femmes d’affaires, des professionnels à l’esprit cartésien de demain à cause les arts à l’école ne sera bientôt qu’une option et non une matière à laquelle nos petits Québécois apprennent à créer des oeuvres d’art.
Mon Dieu, l’heure est grave! Les arts à l’école comme une option, c’est comme cet adorable chaton qui nous tend sa petite patte et vous implore son désarroi : SVP! J’aimerais être un artiste…

Réagissez pour sauver l’avenir des arts au Québec! Vite! Imaginez un peu votre fille en Céline Dion sur les Plaines d’Abraham, votre fils en Guy Laliberté, votre nièce en Angèle Dubeau, votre neveu en Robert Lepage, vos petits-enfants en Guy A, en humoriste, en chanteur populaire… ou comme nous, méconnus, tenir un blogue d’art qui vous disant jour après jour : moi, moi et moi, nous sommes si bons, mais personne ne s’intéresse à notre art!
Ainsi, un autre jour s’achève. À ceux qui s’intéressent aux arts, le texte de la pétition et ses signataires…















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