Images et textes sur 'Actualité musée'

 

Classique et moderne à l’Angleterre

Samedi 12 novembre 2011

art classiqueImage : Reuters / Dylan Martinez.

Certains aiment le classique. Le calme, le réfléchi, la lenteur, la sérénité, l’équilibre, la représentation d’une certaine perfection, l’image figée pour toujours… on est devant le portrait de Cecilia Gallerani ou la Dame à l’hermine de Leonardo. Une exposition à la National Gallery de Londres.

D’autres aiment le moderne. Un ordre à travers le chaos, l’action qui fait l’art, l’expérience théâtrale, l’éphémère à grand budget, le questionnement sans réponse, le sentiment du renouveau, un art redéfini que certains considèrent le non-art… Une installation, Sans titre #155 composée de 10,000 lattes de bois déversées par son créateur, l’artiste Aeneas Wilder, à Yorkshire, près de Barnsley, au nord de l’Angleterre.

Et vous, êtes-vous un classique ou un moderne… contemporain ? :)

art moderneImage : Reuters / Nigel Roddis.

Lumière LED

Vendredi 11 novembre 2011

En cette période de l’année où les jours se raccourcissent sans cesse et la lumière du jour se fait rare, le Rijksmuseum d’Amsterdam fait promotion de leur trésor national, la Ronde de nuit de Rembrandt. On ne vante pas de sa noirceur nocturne mais de l’éclat de la lumière.

On a installé un nouveau système d’éclairage LED pour redonner au célèbre tableau l’intensité et l’éclat de ses couleurs. Vous le aviez probablement que le titre du tableau n’est pas de Rembrandt. Il est acquis pour cause de son atmosphère ténébreuse. Depuis la redécouverte du tableau, on a notamment restauré le tableau et enlevé le vieux vernis qui l’avait assombri.

Voilà maintenant un nouveau système d’éclairage qui offre une lumière comme celle du jour. Bientôt, on pourrait même changer le titre pour la Ronde de jour. :)

de la lumière LED

À vendre

Jeudi 10 novembre 2011

Le réalisme social est aussi à vendre.

Dans le moins mauvais des systèmes d’économie, tout a un prix. La valeur d’une chose dépend de l’offre et de la demande. On vend des biens consommables; on vend des dettes tout autant des actions; on vend de l’espoir comme on vend des rêves dérisoires; on vend des artefacts aussi bien que l’on vend des ramassis du passé. En tout cas, on vend tout ou presque.

Voilà, les icônes de l’idéologie communiste, Karl, Friedrich, Vladimir et Joseph sont en vedette dans une exposition du réalisme socialiste de 1945 à 1960, à Budapest.

Une vente aux enchères s’en suivra.

À vendre... du réalisme social
Image : Reuters / Laszlo Balogh.

Prix de littérature

Mercredi 9 novembre 2011

En cette saison de parution de nouveaux livres et de prix littéraire, une oeuvre faite de livres. :)

L’artiste russe Vassily Slonov crée un portrait de l’écrivain russe Fedor Dostoïevski sur une collection complète d’œuvres du fondateur du soviet Vladimir Lénine à l’aide d’une hache.

Cette oeuvre insolite est exposée au Musée d’Art moderne de la ville sibérienne de Krasnoïarsk. Les écrits de Dostoïevski font partie de l’exposition, soit la cinquième édition de la Foire du livre de Krasnoïarsk.

Bon, voilà pour cette oeuvre mi-dessin, mi-sculpture.

prix de litterature, prix littéraire
Image: Reuters / Ilya Naymushin.

Déménagement difficile

Vendredi 4 novembre 2011

un déménagement difficile

Un déménagement difficile, un moment latente et une présentation douteuse.

Un déménagement difficile… on dirait que l’on fait une vente de bazar pour débarrasser des objets accumulés depuis des années mais le tout dans un chic lieu lumineux.

Un moment latente… nous cherchons, cherchons et cherchons des idées depuis quelque temps et nous dirions qu’au crue de la vague, les pieds touchent le fond de la mer.

Une présentation douteuse… une expo du célébrissime Maurizio Cattelan au Guggenheim dans laquelle on présente dans ce montage quelque 120 oeuvres.

Examen avant le départ

Mardi 1 novembre 2011

Un examen minutieux de son état avant le départ pour un long voyage à Singapour est une précaution prudente. Quelque 140 oeuvres quittent le Quai d’Orsay pour le Musée national de Singapour le temps d’une exposition. La dame au gant de Carolus Duran est soumise à un examen de son état. L’assurance voyage bien onéreuse est de mise.

Examen avant le voyage

Une visite au musée

Mercredi 14 septembre 2011

musée du communisme homme politique communiste

Les deux derniers symboles communistes vivants visitent le musée de l’utopie de Prague. Kim Jong-Il choisit une carte de souhaits pour l’envoyer à son dauphin et Fidel se paie un buste de Lénine pour sa table de chevet. Vous ne le saviez peut-être pas, et peut-être oui, le bon vieux Fidel a du temps en masse depuis qu’il a pris sa retraite pour lire et écrire. Il a peut-être beaucoup de paperasses. Ces légèretés qui ont besoin d’un poids mobilisateur. En tout cas, nous étions surpris qu’il y a un musée du Communisme qui a les moyens de faire de la publicité.

Il y a une prolifération de musées à tout de nos jours, il suffit une ramassis d’objets pour valoir sa vocation de cabinet de curiosités, non?!

Les ramifications de la politique étrangère américaine ont longtemps fait du tort aux Américains et les implications de leurs actions de gérant et de gendarme,  néfaste et désastreux. Comme un parti politique a sa ligne du parti et un pays, ses idéaux à véhiculer. Même pour un Obama, il se doit se retrancher derrière des phrases crues. Un extrait du discours pour la commémoration du 9/11.

Dans des décennies, des Américains [...] sauront que rien ne peut briser la volonté des États-Unis lorsqu’ils sont vraiment unis. Ils se souviendront que nous avons triomphé de l’esclavage et de la guerre de Sécession, des récessions et des émeutes, du communisme et oui, du terrorisme.

Voyez-vous, pour le communisme, il y a des cibles visibles et stables que les Américains peuvent s’attaquer, mais le terrorisme, c’est une cible virtuelle et mouvant. Comment triompheraient-ils les Américains du terrorisme? Lorsqu’on a les bottines dans la boue, avec un peu de dogmatisme tous les jours, à la longue, tout se transforme en bourbier.

Reliques 911

Samedi 10 septembre 2011

relique 911Des reliques du 911…

Objet ou relique? Profane or sacré? N’est pas un autre phénomène de l’huma-nisation au profit de la masse? La jonction est mince et le sens, basculant comme devant un objet hétéroclite qu’on qualifie d’œuvre d’art: est-ce de l’art ou un objet auquel on attribue un statut selon les conventions sociales?

Dans la religion chrétienne, un saint laisse après sa mort, son cœur ou quelques objets usuels pour leur pouvoir miraculeux. On les appelle reliques. Le culte des reliques permet d’entretenir la ferveur des fidèles et l’adoration permet de conserver la distance entre un saint et ses croyants. Le saint, éternel et spirituel; les croyants, mortels et poussières. Sauf si les mortels deviendront saints à leur tour. Infini spiral.

Saviez-vous que ce schéma religieux a été récupéré au nom du culte de personnalité communiste au 20e? On a embaumé et momifié Lénine en Russie, Mao en Chine et Ho Chi-Minh au Vietnam afin que l’emprise du chef charismatique sur leur peuple soit permanente après leur décès. Il est toutefois d’intérêt de regarder de près l’intention politique derrière la préservation de la dépouille d’un chef et les références culturelles qui peuvent influencer de tels gestes. Mais ça serait pour un autre jour.

Aujourd’hui, ces quelques images d’objets/reliques du 11 septembre pour souligner le 10e anniversaire du dramatique événement qui a traumatisé le monde occidental. L’exposition au National September 11 Memorial Museum de New York laisse voir que la civilisation américaine avance en âge. Elle a franchi une autre étape dans la symbolisation des thèmes universels. Par cette exposition d’objets appartenus aux victimes du 911 qui auraient pu être des anonymes sans les moyens modernes d’identification des restes provenant des décombres de WTC. Du coup, des objets appartenus aux gens ordinaires accèdent au statut intemporel par l’humanisation d’un transfert de schéma du culte des reliques, et ce, sans avoir subi une transformation par le temps, de l’objet en artefact.

objet 911 souliers de femme 911
carte de crédit 911 casquette policier 911
casque de pompier 911 poupée jouet d'enfant 911
Images : REUTERS/Lucas Jackson

Fil d’attente devant le Met

Mardi 23 août 2011

fil d'attente devant le metImage : Ramsay de Give/The Wall Street Journal

Mais dites, c’est pour quoi ce long fil d’attente? Est-ce pour visiter l’exposition Ostalgia?

Pas du tout, dommage pour le New Museum, Ostalgia ne pourrait jamais faire déplacer tant de monde. Il s’agit d’un long fil d’attente devant le Metropolitan de New York pour assister à la clôture de l’exposition rétrospective d’Alexander McQueen. Si vous n’avez pas la chance de voir les créations de McQueen, qui a décidé de faire un doigt d’honneur à notre monde à ce début de siècle que d’attendre à être vieux, usé et blasé.

Bon, un peu déprimant ce billet… non?

Allons, voici la beauté de quelques autres robes signées McQueen.

Mcqueen et Givenchy Alexander McQueen 2004
Alexander McQueen 2008 Robe Alexander McQueen 2008

À New York, la vie au pays des Soviets

Lundi 22 août 2011

Au pays des Soviets

Une expo à New York, au New Museum, Ostalgia, en référence au terme apparu après la chute du Mur de Berlin, pour décrire le sentiment de perte et le soulagement procuré par la fin de l’ère communiste. Nous vous montrons deux images aujourd’hui. Deux oeuvres qui font partie de cette exposition pour illustrer le changement de notre monde en 70 ans.

La statue de Lénine, symbole du premier leader communiste influent. Marx ou Engles demeurent des théoriciens et non des leaders. Au début de la révolution bolchevique, la structure du monde était encore pyramidale. Même si Dieu est mort disait le slogan, L’Église est écartée du pouvoir par la Révolution française, la monarchie a pris bord par la naissance des États-Unis. La structure sociale et la perception du monde répondaient encore au triangle, au sommet de la hiérarchie nouvelle, l’homme nouveau. Lénine en était celui qui répondait à ce critère. Mais il y avait aussi le peuple à la base du triangle, cependant maître de leur destin, sous la direction clairvoyante du leader qui a pris le trône laissé vacant.

Voyez-vous, depuis, on ne cesse de déboulonner les surhommes! ;-)

Le trio de figurines, three capacity men, des étrangers, des rois mages, des esprits, des gitans, des rescapés de Thomas Schütte, est là aussi comme Lénine. Schütte, nous l’avons déjà parlé ici… une fois, si notre mémoire ne fait pas défaut, est un artiste allemand connu dans les années avant la chute du communisme. Il est de la mouvance minimale et conceptuelle. Ses figurines presque épouvantail, anonyme, sans identité mais présents sont à l’image des peuples des Soviets de l’époque de la fin du communisme. À peine 70 ans, les ouvriers, les marchands, les paysans, les soldats, les intellectuels de cette société nouvelle qui devrait remplacer l’ancienne, celle de l’impérialisme et du capitalisme, n’étaient plus l’ombre des maitres de leur destin, vidés, dépouillés de l’idéal mais désiraient ardemment de vivre.

Voyez-vous, l’art et la vie se joignent. Pas par choix des artistes, mais par défaut de la vie.

three capacity men, 2005

Picasso, le Baiser

Mardi 12 juillet 2011

Cet état fusionnel entre l’homme et la femme que Platon raconte dans son histoire d’androgynes a été représenté plus d’une fois dans l’oeuvre de Picasso. Ici, le baiser, un tableau de 1969.

On dirait que cette oeuvre est une transcription d’un souvenir. Pas grand d’artificiel, ni de doute dans le geste, sauf peut-être ces traite gris au-dessus de l’épaule de l’homme pour couvrir les rayures vertes et noires qui dérangent l’harmonie du tableau. Le vert n’a pas sa raison d’être dans ce coin. Picasso semble vouloir tout simplement les atténuer un peu.

Le musée Picasso est fermé pour des travaux de rénovation, les oeuvres prennent le chemin du voyageur-exposant. Elles font un arrêt estival au Musée national d’Histoire, à Taipei. Au total, 62 oeuvres et une quarantaine de photographies retraçant la vie et la carrière de Pablo Picasso (1881-1973). Ce Baiser en fait partie.

Picasso, le baiser, 1969

Je conduis, donc je suis.

Lundi 6 juin 2011

Voitue fétiche, Je conduis, donc je suis.Image : EPA/Georgios Kefalas

Une voiture démontée pour des apprentis mécaniciens. Elle est intitulée Cosmic Thing, de l’artiste mexicain Damian Ortega. Elle est exposée au Musée Tinguely à Bâle dans le cadre d’une exposition au titre accrocheur : Voiture fétiche. Je conduis, donc je suis.

L’expo dénombre un large éventail d’œuvres d’art influencées par l’automobile. Au total, environ 160 œuvres sont présentées. Parmi ses quelque 80 artistes, Giacomo Balla, Robert Frank, Jean Tinguely, Andy Warhol, Gerhard Richter, Chris Burden, Damian Ortega, Richard Prince et autres.

En fait, il y a quelques instants passés, nous avons un moment de faiblesse et de doute soudaine. Après les billets de tous azimuts sur ces choses vaines les derniers jours, nous nous sommes sentis forcés de parler un peu d’art… une expo, par peur que nos lecteurs profitent les jours de temps doux et de vacance pour oublier ce blog d’art qui se politise. Devrions-nous dire : nous publions, donc nous sommes?

Vous le saviez peut-être, chez un artiste méconnu, il y a ce doute qui l’empêche de s’extirper de ce vide intérieur. Le sentiment d’arriver un jour à l’état d’inutilité comme cette voiture suspendue qui n’a de voiture que par le mot. Triste sort.