Images et textes sur 'Installation'

 

Leadership défaillant

Samedi 30 janvier 2010

Head One, Cai Gui QiangCe soir, quelques photos de cette oeuvre de l’artiste chinois Cai Gui Qiang que nous ayons parlée l’autre jour, appelons-la du leadership défaillant.

Non?! Quand un chef de direction amène sa meute à l’anéantissement, n’est-ce pas une manque totale de vision dans le monde des hommes ? ;-)

Nous sélectionnons trois images pour vous donner un aperçu, l’amorcement, l’envolée et la chute. Vous convenez peut-être avec nous que c’est une approche peu souhaitable de regarder une oeuvre d’installation de tel ampleur. Mais, même si vous pouviez voir ce type d’oeuvre dans sa disposition physique, encore là, certain espace muséal dans lequel elle a été présentée ne valorise point cet élan de la fatalité. Ce fut le cas pour le Guggenheim de New York, à cause de son plafond d’une hauteur limitée et son aire d’exposition en spirale. Par contre, les voitures de Cai qui scintillent de petites lumières néons bénéficient grandement l’espace central de Guggenheim lors de son exposition en 2009.

En passant, le vrai titre de cette oeuvre de meute de loups est « Head One », 2003.

Lleadership défaillant

meute de loups dans une oeuvre d'artPhotos : Mathias Schormann

Le temps

Jeudi 28 janvier 2010

Ce soir, le temps. Le tic tic tic continu. Les battements de coeur de notre humanité. En fait, nous voulions prendre du temps à rien faire, prendre congé pour donner du temps à ce début de rhume de s’extirper de nos sinus atrophiés et obstrués. Nous nous demandons si un billet de plus peut réellement changer de quoi à notre petit blog d’artiste. Si nous écrivions, c’est simplement pour satisfaire notre désir de ne pas rompre la séquence.

- Tiens, le 28 janvier 2010, pas de billet. Mais bon sang! Que faisions-nous cette journée-là, pourquoi rien? C’est terrifiant quand nous pensons à notre Numéro Un qui fait son inquisition dans quelques années. Ouf! Nous avons des sueurs, et les membres tremblent.

Publier un billet, c’est comme pour se donner un repère pendant que le temps coule doucement, pour le faire figer un moment. Bien que le temps n’accélère point sa cadence.

En fait, nous avons plusieurs idées pour ce billet ce soir, mais à la fois rien de tangible. Un peu comme la plupart des journées dans une vie. Faut vivre pour avoir la vie en espérant que le meilleur est à venir. L’importance des actions n’est pas dans l’action, mais le sens que l’on y confère. Créer, c’est comme vivre, autre que le sens véritable des oeuvres, il n’y a qu’une enveloppe, plus ou moins vide.

Obama

L’avez-vous écouté, le discours d’Obama? Avez-vous lu les journaux ce matin? Peut-être, vous avez zappé les analyses des commentateurs politiques sur la performance d’Obama à la tévé. Si vous lisiez encore ces lignes, vous êtes vraiment un indéfectible de notre blog. ;-) Nous, nous l’avons écouté, ce discours, jusqu’à la fin. Nous doutons que Zack comprenne, peut-être à quelques brefs moments, ses yeux roulaient. Est-ce un signe de compréhension? Un début de conscience?

Ah oui! Le discours! C’était un peu long comme au cinéma lorsque l’on regarde sa montre pour savoir depuis combien de temps le film est commencé. C’est l’un des discours le moins inspirants d’Obama que nous avons écouté. Pas d’envolées lyriques « Yes We Can» . C’est un discours d’administrateur conciliant, c’est un discours mosaïque, un peu de tous pour tout le monde. Un discours comme la vie, pas toujours ponctuée de faits saillants mémorables. Il n’y a plus d’étincelles pour allumer mille et un espoirs parmi son auditoire, mais que de réalités à concilier. Il n’y a plus de « nous allons changer la bureaucratie à Washington» , mais l’espoir du lendemain de la veille : faut négocier, faut pas décevoir le peuple, faut abandonner la partisanerie, etc. Obama est toujours intéressant à écouter. Car c’est un être vrai qui se trouve dans l’habit de politicien, le président des États-Unis.

Saviez-vous quoi? Le temps joue contre Obama. Dans un mandat présidentiel de quatre ans, il y a trois pour gouverner. Et la derrière? C’est pour se préparer à l’élection présidentielle. Obama est à sa 2e année. C’est l’année pour retirer ses fantassins d’Irak, pour faire passer la réforme de la Santé et pour un début de création d’emplois. Il espère sans doute une reprise forte de l’économie américaine pour la 3e année et le retour de la prospérité en Amérique . La 4e année d’une présidence, c’est comme l’âge d’Or dans une vie. Avant d’espérer un 2e mandat, la renaissance, du travail à tous les instants, ce dont Obama a évoqué lui-même récemment

Ceux qui font le « temps»  la ligne conductrice de leur création artistique savent bien que ce thème est aride à explorer sans une trame narrative qui soit capable d’exalter l’âme humaine. Vous connaissez l’oeuvre de Monet? Il ne parle pas souvent de l’aspect formel du temps dans sa peinture comme des artistes modernes, mais pour éviter sombrer dans une contemplation béate devant l’oeuvre de Monet, il y a une quatrième dimension inhérente à regarder dans cet art aux couleurs chatoyantes que sont gares, cathédrales, nymphéas… le temps.

À travers ses tigres fléchés à la manière d’un Saint Sébastien martyrisé, ses envols de loups écrasés devant un muret vitré, ses voitures explosées,  l’oeuvre de Cai Guo Qiang séquence le temps, et fige les instants inopportuns.

Temps

Tigre fléché

Tigres, le temps

Tigre ArtImages : Eric Swanson

Véhicule d’idées

Lundi 25 janvier 2010

Merci à Pirchirinarmor pour ses instructifs et divertissants textes sur Faust!

Ce fut agréable cette pause inattendue durant laquelle nous avons eu quand même le plaisir de trouver les quelques images pour accompagner leur publication.

Bon, ce soir, un retour sur le thème d’automobile en reprenant le clavier. Encore de la voiture! ;-)

Devant une œuvre, autre que d’apprécier son côté décoratif, il est essentiel pour une œuvre de qualité d’être véhicule d’idées en permettant une lecture autre que la contemplation. Ainsi, l’œuvre d’art s’échappe de l’emprise du beau… de faire la belle – pour éviter la confusion avec le Beau de Kant. Rappelez-vous sans doute de nos deux précédents billets sur le thème voiture? L’une des deux voitures, malgré qu’elle soit sur un piédestal du sanctuaire culturel que représente un musée, elle n’a ni valeur, ni signification qu’une simple voiture suspendue même si l’on se tortille quelques neurones pour lui trouver un sens; l’autre, bien qu’elle soit identifiée comme étant un objet de consommation, son enveloppe luxuriante et rutilante attire de regards admiratifs.

Chute d'autos - Cai Gue-Qiang

Devant ces véhicules suspendus, pour des connaisseurs d’autos, on arrive facilement à identifier la marque et le modèle des autos utilisés par l’artiste contemporain chinois Cai Guo-Qiang. Lors de son passage au Guggenheim, la disposition de cette oeuvre est bien différente de ce que les Québécois qui l’ont vu au Centre d’exposition de Shawinigan. L’espace muséal du célèbre musée new-yorkais conditionne son accrochage. Le vrai point de mire de cette oeuvre, tel que pensé par l’artiste, n’est ni dans la chute des voitures, ni dans la représentation de l’automobile, mais bien l’explosion. Ses véhicules ne sont qu’un vecteur d’idée, bons pour leur dimension archétypale qui permet à une connexion à la réalité du public de son époque.

L’artiste peut, pour créer, partir d’une préoccupation personnelle, mais s’il ne trouve pas de véhicule à son idée pour accéder à la réalité de la perception de son public. Son œuvre verra peut-être le jour, mais elle mourra à brève échéance au même titre d’un objet de consommation. Une fois usé, bon pour la ferraille.

Voiture accrochée

Lundi 18 janvier 2010

Vous le saviez évidemment : un vivace vit arraché sur une falaise est une plante alpine; une voiture accrochée au mur d’un musée est une oeuvre d’art.

Un musée est un lieu qui donne aux objets qui s’y trouvent une valeur. Contrairement à la falaise qui permet aux plantes de se développer et acquérir une caractéristique ne rend que les plantes inaccessibles… ou presque. Par contre, dans un musée, on accroche, mais on décroche assurément.

Vue au Mac/Val, le musée d’art contemporain de Créteil, une voiture suspendue.

une voiture accrochée

Entre fantasme et réalité

Mercredi 21 octobre 2009

Ce soir, une histoire entre fantasme et réalité… Pas d’inquiétude! C’est juste un titre accrocheur. Pas de sexe, pas d’image osée, pas besoin de faire éloigner vos enfants! ;-)

Voilà, une personne de fort de taille, si si, c’est du vrai! Il a un nom et il existe. Ce n’est pas une effigie en cire. Un mur, bien sûr et du duct tape gris, le scotch tape de construction, vous vous en souvenez? Un artiste a transformé tout ça en installation artistique. Du concret, du vrai, de la réalité! Il s’est passé en 1999. Voici une photo qui témoigne.

Entre fantasme et réalité

Et le fantasme?

La légende raconte qu’un jour, un célèbre artiste contemporain mécontent. Cependant, nous ignorons la raison de son mécontentement. Semblerait-il que cette vedette, cet autre enfant terrible de la scène artistique contemporaine, mécontent, a scotché son galeriste sur un mur de sa galerie en lui disant de vendre lui-même.

Risible mais mythique comme histoire, n’est-ce pas?

Si l’on y réfléchissait deux secondes ou une seconde et demie, on s’en douterait de la véracité du récit. Mais bon, on préfère peut-être des histoires à coucher dehors. La réalité, si vous permettez, c’est un coup de Marketing pour faire parler de soi, tant pour l’artiste que pour le galeriste. Le hic… le point délicat est de le dire comme nous faisons là, c’est-à-dire, crever la bulle. Plus de fantasme, juste de la réalité… subjective. Vous le saviez, ceux qui osent franchir les limites franchissent à la fois une étape nouvelle que l’on appelle souvent phénomène de l’évolution. Cette oeuvre est un cas parmi tant d’autres.

L’oeuvre intitulée « A Perfect Day ». Le galeriste s’appelle Massimo De Carlo, sa galerie milanaise existe toujours. L’artiste, si vous ne le connaissiez pas, il s’appelle Cattelan, Maurizio Cattelan.

La conclusion? Cattelan préfère de loin des efflgies en cire qui peuvent lui raporter des millions. Cela ne lui empêche pas à faire des oeuvres controversées. Coller une personne sur un mur a une duré limitée, après une telle performance artistique, il ne peut que vendre des photographies. Financièrement, c’est beaucoup moins attrayant.

Idée de décoration pour Holloween

Mardi 20 octobre 2009

Décoration Halloween

Duct taper son frère au mur le soir du 31 octobre pourrait être une idée folle…mais artistique pour fêter Halloween. Mais soyez rassuré, aucun enfant n’est mis en danger dans cette image. C’est juste une photo manipulée.

Savez-vous qu’est-ce que le duct tape? Eh bien, c’est le fameux « tape gris ». Un ruban adhésif inventé par 3M, très résistant. On l’utilise souvent dans la construction. Il existe de nombreuses couleurs.

Si cette image était vraie, on l’aurait appelé installation, une forme d’art contemporain qui date des années 1960.  Les artistes en installation tentent souvent de modifier la perception de l’oeuvre d’art et l’expérience artistique du spectateur par la mise en scène d’une oeuvre qui intègre parfois plusieurs médiums, tantôt dans la nature, tantôt dans un lieu de diffusion traditionnel. Bien que l’installation soit considérée comme une forme d’art récente, le défi artistique demeure similaire aux autres formes d’art, plus anciennes : introduire le spectateur dans l’espace pictural, suggérer un sens, modifier la perception, déclencher le processus de réflexion, etc.

Si cette scène de duct taper son frérot… ou sa petite soeur était une installation, la petite fille orientale aux pieds nus, tenant un rouleau de tape aurait joué le rôle de personnage qui introduit le spectateur dans l’espace de l’oeuvre. Tenez, cette autre petite fille joue un rôle similaire dans ce célèbre tableau de Rembrandt.

Une autre petite fille

Têtes de mort

Dimanche 5 juillet 2009

En ce dimanche soir estival, une brise douce et un air frais. Tout est calme et paisible. Nous savourons doucement ce silence de fin de soirée en pensant à ce billet à poster avant d’aller au lit.  Une autre semaine de travail débutera dans quelques heures.  Mais il suffit d’allumer l’ordinateur et cliquer sur Twitter pour constater de nouveau que le monde vit frénétiquement des jours mouvementés depuis maintenant plusieurs semaines.

Il y a eu ces mouvements de foule en Iran pour contester les résultats de l’élection présidentielle, l’horreur du vidéo de la jeune Neda tuée par balle par des milices. Presque en direct. Puis, on annonce le décès de Jackson. Du coup, on ne parle que du Roi de la Pop. Sans oublier ces deux accidents d’avion, des centaines de victimes et une survivante miraculeuse. Là, c’est au Honduras, on annonce deux morts parmi les manifestants qui soutiennent le retour du président déchu Manuel Zelaya, mais son avion est interdit d’atterrissage… Voilà, le charme est rompu.

Nous avons cette impression que nous ne parlons pas beaucoup de l’art ces derniers jours. Une oeuvre d’art contemporain pour accompagner ce billet : l’ombre de deux têtes de mort.

Une photo/installation de deux artistes anglais, Tim Noble et Sue Webster. Ils font partie de la Génération post-YBA (Young British Artists), comme leurs prédécesseurs les YBA, ils sont des protégés du célèbre Saatchi Gallery, la pouponnière de l’art contemporain anglais.

Il est un peu difficile de qualifier le travail de ce couple d’artistes. Il y a un amalgame de sculpture, d’installation et de photographie. Nous le qualifierions de l’art éphémère. Dans un monde où l’on parle de plus en plus de la récupération des matières recyclables, on y trouve dans leurs oeuvres, charme, intelligence et actualité. Si le concept est vieux comme le monde, son ingéniosité est pleine d’innovation.

Voilà pour ce zigzag de maux supportables pour certains, intolérables pour d’autres, et pour cet amalgame d’actualités traitant des droits inaliénables… la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Il n’en demeure pas moins que dans les marges de la vie, on y trouve des peuples qui cherchent, des victimes et des morts.

Duex têtes de mort