Images et textes sur 'Idées'

 

Moulage

Jeudi 15 avril 2010

MoulageImage : REUTERS/Gerardo Garcia

Les temps changent. Le moulage du corps humain est passé de l’inacceptable à un moyen rapide pour obtenir une copie 3D du corps humain dans sa représentation la plus naturelle.

Nous avons parfois cette étrange impression que les normes de l’acceptable s’assouplissent. Elles se transforment graduellement, elles se métamorphosent et dérivent lentement au point où nous nous demandons si c’est bien encore une question de l’acceptabilité, ou bien c’est l’incapacité humaine de mettre en perspective la qualité intrinsèque d’une chose, et de l’apprécier à sa juste valeur.

La création artistique, bien qu’elle n’est qu’une petite dimension des activités humaines, elle subit et soumis au même mécanisme de mutation en matière de l’acceptabilité. La création artistique s’individualise, se multiplie et se disperse dans ce vaste monde au point où les sujets, même les plus singuliers trouvent manifestement leurs admirateurs. Ils parviennent à s’harmoniser à une panoplie d’intérêts personnels toujours un peu plus isolés, mais en croissance en termes de nombre. Par le fait, l’acceptable se définit souvent par l’acclamation.

Les travaux de moulage de Jason de Caires Taylor nous rappellent de cette histoire de moulage de Rodin. En 1877, Rodin, alors âgé de 37 ans, réalise sa première œuvre majeure : L’Âge d’airain. Une statue grandeur nature d’un jeune homme, en plâtre. Le réalisme de sa sculpture fait une telle impression parmi le public de son époque. On l’a alors accusé d’avoir fait un moulage sur un modèle vivant. Malgré le scandale (à bien y penser, le mot « scandale » est peut-être un peu fort…) le succès retentissant de cette oeuvre a permis à Rodin de mener une carrière florissante de 40 ans.

est-ce du moulage?

L’appréciation du réalisme en art est devenue avec le temps, une affaire ordinaire et sans importance. Par contre, la singularité d’une oeuvre prend du galon dans le monde des arts visuels tant dans son acceptation par le grand public que chez les initiés. On oublie trop souvent que la singularité en art, c’est comme des nouvelles saveurs de croustilles, sans limites. Une fois le goût des chips à saveur nature connu, la suite de l’histoire des croustilles n’est-elle pas qu’une histoire de « maquillage » de goût? De nos jours, autour d’un sac de chips, il y a des gens qui travaillent pour gagner leur vie; des stratèges en marketing pour faire mousser les ventes; des publicistes talentueux pour illustrer le produit au goût renouvelé; des chercheurs émérites de nouvelles saveurs; des consommateurs à la recherche de nouvelle sensation buccale; des dirigeants producteurs de croustilles en quête des performances financières, etc. Ainsi, l’histoire des croustilles se perpétue à l’image du moulage en art. Pouvons-nous de nouveau proclamer : l’art est mort… l’art est recyclé?

Est-ce notre monde qui est fait de paradoxes et de contradictions, ou encore, parce que nous ne sommes pas en mesure d’assimiler les infinies combinaisons de perspectives pour voir notre monde? Une chose est certaine, L’ombre et lumière en volume a poursuivi l’art de Rodin jusqu’à la Porte de l’Enfer. L’audace de De Caires n’a que plongé, pour le moment, ses moulages grandeur nature au fond de l’océan.

Façade

Jeudi 8 avril 2010

On dit souvent que le jugement le plus sévère que l’on porte sur nos gestes et actions vienne de soi-même. On dit souvent que notre monde est matériel; des actions sont de courte vue; la performance est privilégiée au sens profond des actions réfléchies. Bref, l’ordre est vu comme étant passé et le degré de désordre croit avec le temps.

Nous sommes tombés par hasard sur cette photo prise sur les chantiers des Grands Moulins de Pantin. On conserve sa façade. Car la façade a une valeur visible. Pour le reste des Grands Moulins de Pantin, c’est de la complication si l’on avait décidé de le préserver au nom de la conservation du patrimoine architectural.

Le visible a une valeur plus grande que l’on peut s’imaginer.

Façade des Grands Moulins de Pantin

Le chantier des Grands Moulins de Pantin a duré trois ans. Il a coûté 100 millions d’euros. Il est situé entre le canal de l’Ourcq et la voie de chemin de fer.

Se cacher

Mercredi 7 avril 2010

Le divin se cache, parait-t-il.

Les rameaux tressés pour la messe des Rameaux est une véritable oeuvre d’art. Selon la tradition, on reçoit des rameaux coupés en se rendant à l’église le dimanche qui précède Pâques. Alors, iriez-vous à la messe des Rameaux l’an prochain? ;-)

Klee disait que l’art ne représente pas le visible, il rend visible. Ce que Klee ne disait pas, l’art rend visible le sacré au service d’un idéal suprême. Certains diraient, par contre exemple, que l’Islam interdisse la représentation. Sachons que par le fait même, on renforce l’idée du sacré. Le résultat demeure le même.

se cacherImage : REUTERS / Alessandro Bianchi

Gagner

Mardi 6 avril 2010

Voilà, Tiger a encore donné une conférence de presse sans trop de conviction, durant laquelle il s’est excusé auprès des golfeurs d’avoir été dérangés par ses frasques. Mais, ces paroles d’un repenti n’émeuvent personne.

Tiger doit gagner au golf pour se sortir du pétrin que lui-même il s’est plongé. Même si la vie n’est pas un chemin droit, pour regagner son lustre d’antan, seules des victoires éclatantes sur les terrains de golf lui permettront de retrouver son droit chemin. Sinon, il ne sera qu’une question de temps que Nike, son commanditaire le plus fidèle le largue également.

Tiger se doit de gagner au golf. En gagnant de nouveau dans le sport qui lui a rendu célèbre, il regagnera la sympathie de ceux qui se sont éloignés de lui. S’il ne gagne pas,  même s’il devient le meilleur mari au monde et le père le plus exemplaire, ses histoires de mœurs l’engloutiront comme un Michael Jackson après les rumeurs de pédophilie. Jackson n’a pas réussi. Car il n’a jamais regagné le sommet du palmarès des chansons.

Notre monde veut des histoires de gagnants au firmament, ou des gagnants aux déchéances.

Tiger gagnera-t-il à nouveau? Car, à partir de maintenant, son passé glorieux ne compte que pour très peu.

Gagner

Absence

Dimanche 21 mars 2010

L’absence a ses effets omnipotents qui effacent le temps. On peut se faire graduellement oublier en être vivant. L’absence brise des liens et rapproche des événements. Elle transforme des faits divers éparpillés dans le temps pour en faire un sujet d’intérêt qui aurait été, sinon, anodin. Peut-être même, exagéré. Semble-t-il, Tiger sera de retour. Faut pas lui en vouloir, ou encore, se brise le cœur pour ses frasques. Saint Augustin était un coureur de jupons éperdu avant ses Confessions.

Non?! :-|

La vie est comme une œuvre d’art. Elle peut être insignifiante, ordinaire, bonne, excellente ou extraordinaire. Tout est dans le perfectible à condition que l’on sache comment y parvenir.

60% d’interprétation et 40% d’information. Le génie ne se trouve pas dans l’inné,  il est parsemé de savoir-faire.

absence

Produits chinois : Oba Mao

Samedi 9 janvier 2010

Des commerçants chinois ont recours à une vieille méthode à la Warhol pour créer un nouveau produit de masse : l’effigie d’Obama en habit communiste vert olive, accompagnée du slogan « Au service du peuple » calligraphié et signé « Mao Ze Dong ».

Leurs produits artisanaux portant cette image insolite sont intitulés des «ObaMao».

Oba Mao, produit chinois
Image : REUTERS/David Gray

Sérigraphie Obama ou Oba MaoQuand on pense aux oeuvres de Warhol, très prisées sur le marché des enchères au coût de plusieurs dizaines de millions de dollars et à ces produits touristiques de notre époque, t-shirts, macarons et gugusse de tous azimuts à quelques piastres mais qui sont vendus à de centaines de milliers de copies. Une seule conclusion, du point de vue de l’économie : la différence se trouve dans le nom, Warhol ou « Sans nom ». Pour le reste, un même résultat : des millions de dollars de profits qui circulent.

Par contre, dans les manuels d’histoire, il y a Andy Warhol, artiste qui a révolutionné le monde des arts.

Bon, voilà une autre leçon de vie que tous les artistes ont intérêt à considérer : de la simplicité. Un écran de sérigraphie, quelques couleurs, des aplats, une signature, connue.

Nous pensons toutefois que Warhol n’ait pas fait sécher ses tableaux au séchoir à cheveux.

Lettre au Père Noël

Vendredi 4 décembre 2009

Sur cette lancée de billets autour du thème Père Noël, ce soir, garçon écrivant sa lettre au Père Noël, une oeuvre de Norman Rockwell.

lettre au Père Noel

L’art de la pub a bien changé. Autrefois, entre les deux Guerres, l’illustration du type « lettre au Père Noël»  se matérialise dans une facture réaliste et populiste, comme témoigne cette oeuvre de Rockwell.  Les images, mêmes publicitaires étaient conçues comme des tableaux, soit pour durer. Aujourd’hui, la représentativité de la population est largement prise en compte dans la fabrication de ce genre d’images. Quant au style, c’est plutôt le plus simple possible, puisque c’est « jetable et à recommencer l’an prochain» . Quelque chose qui dure est en réalité une bien mauvaise affaire pour l’économie.

Dans un autre ordre d’idées, cela nous fait penser à ce commentaire laissé par une lectrice qui cite Paul Ardenne, disant qu’il s’agit plus aujourd’hui pour l’artiste d’« Habiter le monde plutôt que l’imager. » Nous pensons qu’il y a plus encore, soit un art laissant le public d’habiter le monde imaginé par l’artiste.

Bon, un autre détour à Toronto demain pour la fin d’One of a Kind de Toronto. Ensuite, direction États-Unis pour notre participation à la première édition d’One of a Kind, version new-yorkaise. Donc, possiblement quelques jours sans post…

Femme prenant le thé

Vendredi 20 novembre 2009

En voyant cette photographie il y a quelque minutes passées, nous nous sommes dits : mais quelle coïncidence!

Sans interdit, ni censure, dans un enchainement d’idées, nous avons pensé que la nudité de cette femme mûre est déplacée; la femme semble être saine d’esprit et épanouie; c’est provocant, mais la nudité n’est pas controversée; c’est de l’art; c’est du kitsch; la composition est réfléchie; il y a de la joie de vivre; c’est spécial de prendre le thé à poil; c’est du photo-roman osé; une mise en scène bien sentie, etc.

En fait, c’est une image de calendrier, semble-t-il.

Entre cette femme prenant le thé tout nu et le vieux couple de John Currin, il y a un point en commun : créer un effet d’étonnement, provoquer un malaise et engendrer un conflit dans la perception en utilisant l’âge des personnages pour suggérer des conventions sociales « bafouées ».

femme prenant le thé
Image : REX / SIPA

Grand Montréal

Mercredi 4 novembre 2009

Les Montréalais ont réélu Gérald Tremblay pour un troisième mandat à la mairie dimanche dernier, et ce, malgré les nombreux scandales qui éclaboussent l’administration Tremblay. Semble-t-il que le taux de participation était de 34%. Le parti du maire élu a obtenu 37% des votes. Notre bon maire de Montréal que certains qualifiaient de « faux naïf » a obtenu 37% du 34% de 1,1 million d’électeurs montréalais.

La démocratie a exprimé, elle a tranché en faveur d’un homme qui n’a manifestement pas les ressources pour mener à terme son mandat de quatre ans. Qu’avait-il déclaré Gérald Tremblay dans son discours de victoire?

« Je suis conscient que la confiance des citoyens a été mise à rude épreuve. Je suis conscient que les citoyens veulent du changement, et nous incarnons ce changement. »

Cet homme qui incarnera le changement à l’Hôtel de Ville de Montréal pour un 3e mandat de quatre ans est aussi le Premier Citoyen de Montréal qui n’a jamais vu de magouilleurs à l’oeuvre durant les dernières huit années de son administration, entachée.

Grand Montreal

Un parallèle entre l’art contemporain qui choque et la politique municipale : lorsque le peuple se désintéresse, des incompétents se manifestent et le bon peuple subira de son propre désintéressement. La morale de cette histoire? Intéressez-vous à l’art contemporain ;-) et à la politique municipale!

En terminant, vous vous demandez probablement : mais c’est quoi ce M emmitouflé de bas Arc-en-ciel de petite fille?

C’est le logo du Grand Montréal, dévoilé depuis plusieurs mois. il s’agit d’une des réalisations dirigées et orchestrées par l’Administration Tremblay. C’a coûté aux contribuables montréalais environ $450000 pour le design du logo Grand Montréal.  Cela signifie 450 jours de travail au taux de $1000 par jour pour arriver à ce symbole qui représente le dynamisme du Grand Montréal sur la scène internationale.

Bon voilà, pour ce post sur la politique municipale vue et illustrée par des artistes.

Rencontre divine

Jeudi 22 octobre 2009

Nous avons rencontré Dieu aujourd’hui.

Il s’appelle Christ Jesus, ça s’écrit sans accent, anglophone, semble-t-il. Nous sommes maintenant des amis. Merci Monsieur Facebook pour avoir rendu cette rencontre possible!

Jesus Christ

Nous avons retenu cette image du Christ pour agrémenter les quelques lignes de ce soir et pour faire la transition de sujets. Ce petit crucifié en ivoire, monté sur plexiglas confère à cette image un caractère sacré et vivant, nous l’avons vu sur Expertissim. Ceci étant dit, il nous a amenés sur la piste du prochain billet. Mais, nous sommes un peu fatigués pour écrire tout de suite ces choses que l’on appelle espace, sens, transgression, etc.

Bon! Même si Christ Jesus de Facebook nous a conduits sur le chemin… euh, du prochain billet. Le labeur nous assomme. À demain les amis de ce monde!

Idée de décoration pour Holloween

Mardi 20 octobre 2009

Décoration Halloween

Duct taper son frère au mur le soir du 31 octobre pourrait être une idée folle…mais artistique pour fêter Halloween. Mais soyez rassuré, aucun enfant n’est mis en danger dans cette image. C’est juste une photo manipulée.

Savez-vous qu’est-ce que le duct tape? Eh bien, c’est le fameux « tape gris ». Un ruban adhésif inventé par 3M, très résistant. On l’utilise souvent dans la construction. Il existe de nombreuses couleurs.

Si cette image était vraie, on l’aurait appelé installation, une forme d’art contemporain qui date des années 1960.  Les artistes en installation tentent souvent de modifier la perception de l’oeuvre d’art et l’expérience artistique du spectateur par la mise en scène d’une oeuvre qui intègre parfois plusieurs médiums, tantôt dans la nature, tantôt dans un lieu de diffusion traditionnel. Bien que l’installation soit considérée comme une forme d’art récente, le défi artistique demeure similaire aux autres formes d’art, plus anciennes : introduire le spectateur dans l’espace pictural, suggérer un sens, modifier la perception, déclencher le processus de réflexion, etc.

Si cette scène de duct taper son frérot… ou sa petite soeur était une installation, la petite fille orientale aux pieds nus, tenant un rouleau de tape aurait joué le rôle de personnage qui introduit le spectateur dans l’espace de l’oeuvre. Tenez, cette autre petite fille joue un rôle similaire dans ce célèbre tableau de Rembrandt.

Une autre petite fille

Copie conforme

Lundi 19 octobre 2009

Souhaitez-vous à savoir comment se passer dans le cerveau des artistes? Nous vous expliquons… ;-)

Eh oui! Ça arrive à nous aussi d’avoir cette envie de se confier.

Nous nous disons : capitalisons ce moment et sacrifions-nous pour l’art! Vous comprenez qu’il n’est pas toujours évident d’être artiste. En ce moment, l’angoisse nous prend à la gorge et ces voix qui s’élèvent çà et là dans le cerveau d’artiste. C’est carrément insupportable!

Dans le cerveau d’artiste, il se trouve essentiellement deux « choses », des voix qui parlent et des images qui glanent. Le copier/coller, le garçon chinois, les bébés, la copie conforme…

Voilà pour ce autre moment de confident artistique. Bonne semaine!

Copie conforme en image