Images et textes sur 'Idées'

 

Hannibal Lecter

Mercredi 1 février 2012

Hannibal Lecter

Dans le Silence des agneaux, Hannibal Lecter disait qu’il faudrait relire Marc-Aurèle et se demander à chaque instant « comment sont les choses, quelle est en fait leur vraie nature ? »

Marc-Aurèle a écrit dans les Pensées pour moi-même, un recueil de maximes inspirées par les principes du stoïcisme : « Fais chacun de tes actes comme si c’était le dernier de ta vie. »

Il y a parfois dans la vie une telle proximité entre le bien et le mal qu’il suffit se placer sous un angle différent pour porter un regard nouveau sur le monde dans lequel nous vivons.

C’est trop chouette cette photo de chiot manipulée. On voit presque Hannibal Lecter dans les yeux du chiot. Nous ne pouvons pas rester de marbre.

Bonne semaine!

Visages tristes

Dimanche 15 janvier 2012

La tristesse vient du coeur des arbres. :) Ces visages tristes dessinés offrent une spectaculaire image de désarroi. C’est bien réussi.

Le drame de notre modernité n’est pas que l’on détruit l’environnement sciemment, mais la difficulté de l’être humain de concevoir les impacts de ses exploitations de ressources sur la perspective d’avenir de son espèce et comment ajuster son mode de vie conditionné par la performance du système économique. Couper des arbres n’est pas un drame en soi. Les arbres sont comme toute vie sur la Terre. Ils finissent par mourir un jour. C’est le déséquilibre de la déforestation sur tout l’écosystème terrestre et les impacts négatifs à long terme sur l’évolution de l’espèce humaine qui sont préoccupants.

La tristesse est un sentiment subjectif, l’intérêt d’un système économique sur lequel la vie humaine est construite est une variable à valeur absolue, ou un presque absolu. L’inefficacité des actions humaines visant à améliorer son futur se trouve dans cette opposition de subjectivité éphémère à l’inertie de l’absolu. La vraie question n’est pas de sauver la planète en coupant moins des arbres. Notre planète mourra avant l’extinction du Soleil. Le vrai enjeu, c’est de mieux vivre, en paix et en harmonie avec le reste, ici et maintenant.

visages tristes

Élection et intérêts

Mercredi 4 janvier 2012

En cette année électorale un peu partout dans le monde, une image d’élection, de gestion de priorités, de communication, du lobbyisme, de volonté et leadership…  Bref, une image qui résume le moment photogénique que les médias diffusent en boucle et à grande échelle ce que c’est le summum d’une organisation politique dans son état primaire.

élection
Note: traduction libre If you elect me and let me go first I guarantee that I will put your interests ahead of mine.

Rois mages

Lundi 26 décembre 2011

Vous connaissiez sans doute l’histoire de rois mages qui remarquèrent l’apparition d’une étoile nouvelle avant Noël. Ils suivirent l’étoile et ils se retrouvèrent près de la mer Morte. Puis, ils le perdirent de vue. Vous connaissiez la suite, n’est-ce pas?

En passant, on dirait que les rois mages sont de vraies cruches. C’est quoi l’idée d’aller voir Hérode, un roi placé sur le trône par les Romains, pour lui demander s’il savait de la naissance de « roi des Juifs » ?

C’est carrément un cadeau de grec qu’ils apportèrent à Bethléem. On devrait bannir les trois rois mages de la fête de Noël. Pensez-y, on ferait une pétition sur Facebook et on leur donnerait chacun un bonnet d’âne.

Voici une représentation moderne de trois rois mages à la recherche de l’enfant divin… au bord de la mer Morte. Regardez, ils ont l’air complètement perdus! :-)

tois rois mages

Faute d’argent

Mercredi 26 octobre 2011

La sérendipité nous amène aujourd’hui à ce double portrait, le fondateur de WikiLeaks Julian Assange à gauche et le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg à droite. Nous les jumelons à cette mésaventure financière de WikiLeaks, laquelle l’a forcé à suspendre leurs publications hier. Pour les portraits, si vous ne saviez pas, les affirmations illustrées sont en fait des propos d’Assange seul. Ils datent de 2010. L’auteur de ce duo de portraits a habilement détourné ses propos pour que la mise en place de cette opposition suscite en vous un sentiment d’injustice.

En passant, Hitler a aussi été l’homme de l’année du Time Magazine. Ce titre n’est pas gage de valeur humaine.

Sans cette nouvelle de manque d’argent de WikiLeaks, ces deux portraits que nous avons vus sur Facebook la semaine passée seront restés muet dans notre dossier d’images. Mais voilà WikiLeaks a été contraint de suspendre la divulgation de documents secrets, faute d’argent. Selon Assange, il y a un blocus financier depuis décembre 2010 par Visa, MasterCard, Paypal, Western Union et Bank of America autour des opérations de cueillette de fonds de WikiLeaks pour « détruire 95% » de revenus à WikiLeaks.

La capacité à suivre les financements n’est-il pas le toute premier indicateur pour comprendre le monde politique ou qui touche le monde politique? Blocus, soit; destruction de revenus, probablement véridique; mais à 95%, ça reste à voir…

Bon, dans un monde d’image et d’apparence, qui n’aurait pas dit que ce Assange a un air de scélérat et le jeune Zuckerberg, avec ses cheveux bouclés, un vrai jeune de bonne famille, presque angélique. Qu’il soit l’homme de l’année ou pas. Zuckerberg aide les gens à avoir des milliers « amis » et Assange gagne des ennemis par centaine à chaque fuite de secret d’état mal gardé.

La dénonciation est un geste d’impuissance même si elle est faite au nom de la vérité, elle peut être perçue par certains comme étant un acte héroïque et une contribution à la justice. Car la justice dénonciatrice est épuisante, beaucoup accepteraient la tranquillité d’une paix approximative qu’une justice bien rendue. Même si Assange n’a pas problème d’argent. Ce n’est qu’une question de temps avant que WikiLeaks s’écroule.

Le bon gars et le mauvais gars
Note : En décembre 2010, Assange a dit : I give you private information on corporations for free and I’m a villain. Mark Zuckerberg gives your private information to corporations for money and he’s ‘Man of the Year’.

Demain

Mardi 11 octobre 2011

Mon Dieu, l’avenir est à droite.

… la Chine demeurerait capitaliste; la Grèce ferait faillite; Obama serait défait et Sarkozy gagnerait en 2012. Ce demain est effrayant! Tellement, il nous a poussés brusquement hors de ce doux rêve de cette fin d’après-midi d’automne. Ô Délires insensés!

Demain

Grand palais en ruines

Lundi 3 octobre 2011

Grand palaisImage : Adek Berry/AFP/Getty Images

Pendant plusieurs jours, nous cherchons dans notre souvenir l’arrière plan de cette photo… où l’avons-nous vu la dernière fois, les ruines de cet édifice?

Pour accompagner cette image de moutons, poussière et enfant berger sur fond de ruines du Palais Darul Aman, à Kaboul, encore un peu de Laozi.

Peut-être trop hermétique, un peu de paraboles, assurément et surtout, poétique…

Je suis seul. Immobile. Je parais démuni de tout, je parais ignorant, je parais abandonné, sans but, sans logis.

La multitude s’affaire à accroitre ses biens.

Moi seul ne possède rien.

L’homme de la foule a des idées sur tout. Moi seul hésite.

L’homme de la foule est actif, efficace.

Seul, je reste immobile. Je regarde sans voir.

Mes pensées, égarées, m’échappent pour danser, dans les nuages et le vent, parmi les vagues de l’océan.

La multitude des hommes d’affaire, réalise, construit. Je demeure absent, délaissé, inutile.

Et pourtant, mes haillons cachent la plus grande des richesses.

Seul, je diffère des autres.

Je suis l’enfant de la Voie.

Voilà, l’autre scène de Kaboul… ça fait à peine quelques mois. Déjà, la mémoire égare ses souvenirs. Une chance, le blog conserve, témoigne.

Mur de Berlin

Dimanche 14 août 2011

Hier, il y a 50 ans, le mur de Berlin devient la ligne de séparation entre deux idéologies.

Depuis, l’une des deux a chuté par suffocation de son économie. Sa mort a permis à l’autre de se ressaisir momentanément, le temps de quelques décennies. À son tour, par cupidité, triomphalisme et nonchalance, la seconde est tombée malade… de ses propres excès.

Sans limite et repère, la nature humaine est source du chaos. Avoir de la vision ne sauve cependant pas le monde de ses désastres, mais la version permet néanmoins de restaurer des repères égarés, réactualiser les valeurs humaines et éviter la panique à la demeure, le brouhaha du dénie au sommet social et le chahut initiatique de la foule, trop éphémère, manque de retenu… qui, ma foi, demeure cependant la seul force du changement initiateur. Paradoxe de toujours.

Le mur de Berlin en trois images, une séquence d’un monde changeant.

Mur de Berlin

Mur de berlin, peu avant sa chute

Mur de Berlin artistique

Imitation du vrai

Samedi 30 juillet 2011

Art de l'imitation - Vache - Emiko KuriyamaLe «vrai», l’«authentique», l’«honnête», le «bon», le «réalisme» … un groupe de mots homogène. Lorsqu’ils sont réunis, il se produit un effet de transfert de qualité. Depuis un peu plus d’une décennie, le «vrai» est de plus en plus présent dans des oeuvres d’art pour ne pas employer le mot «omniprésent» au risque de faire choquer le très plus puissant Créateur de la belle et merveilleuse nature.

…le ciel a tonné la nuit dernière. Terrifiant.

Petit à petit, des belles créatures trouvent leur statut d’objets d’art à force de se faire accrocher à des lieux que l’on appelle «Musée» et d’autres deviennent des oeuvres d’art.  À une époque où l’on cherche éperdument l’authenticité et l’éthique dans nos faits et gestes, et à changer l’eau en vin ou à ajouter de l’eau dans son vin pour en avoir plus, ajouter du «vrai» pour se donner une légitimité et ce, bénéficier l’effet du transfert de qualité est donc compréhensible.

Nous avons souvent dit que le talent est un amas d’aptitudes qui se développe.

N’en déplaise à plusieurs, c’est une phrase qui désacralise le talent, l’inné, le don, le merveilleux, l’inexplicable ou quoi. Que le très puissant Créateur de ce monde nous pardonne, il a peut-être aussi laissé aux confins de l’univers des oeuvres inachevées, inconsistantes et impertinentes. Peut-être, il a aussi d’autres chefs-d’oeuvre invisibles aux yeux des mortels, nous, les sanctificateurs du vrai. Ne sommes-nous pas au fond que des faibles imitations du Merveilleux?

Aujourd’hui, quelques imitations du vrai aux piédestaux illustrant la glissade artistique. Mon Dieu, nous glissons.

Ci-haut, photo de la foire artistique de Tokyo 2011. Ci-dessous, l’un des igloos de Mario Merz, pionnier du mouvement Arte Povera; le Musée national de l’Écosse après sa récente rénovation; une autre artiste japonaise au Art Fair Toyko 2011 et finalement, au Genuine Contemporary Beast, l’oeuvre de l’artiste mexicain Renato Garza Cervera.

Imitation d'Igloo, Mario Merz

Musée national de l'Écosse

Art Fair Tokyo 2011 - Katsura Funakoshi

Genuine Contemporary Beast - Renato Garza Cervera

Picasso, le Baiser

Mardi 12 juillet 2011

Cet état fusionnel entre l’homme et la femme que Platon raconte dans son histoire d’androgynes a été représenté plus d’une fois dans l’oeuvre de Picasso. Ici, le baiser, un tableau de 1969.

On dirait que cette oeuvre est une transcription d’un souvenir. Pas grand d’artificiel, ni de doute dans le geste, sauf peut-être ces traite gris au-dessus de l’épaule de l’homme pour couvrir les rayures vertes et noires qui dérangent l’harmonie du tableau. Le vert n’a pas sa raison d’être dans ce coin. Picasso semble vouloir tout simplement les atténuer un peu.

Le musée Picasso est fermé pour des travaux de rénovation, les oeuvres prennent le chemin du voyageur-exposant. Elles font un arrêt estival au Musée national d’Histoire, à Taipei. Au total, 62 oeuvres et une quarantaine de photographies retraçant la vie et la carrière de Pablo Picasso (1881-1973). Ce Baiser en fait partie.

Picasso, le baiser, 1969

Du sang bleu

Lundi 11 juillet 2011

Du sang bleu artistiqueImage : REUTERS/John Stillwell

Du sang bleu artistique! :-)

William et Catherine visitent Inner City Arts, à Los Angeles. Le temps d’une performance artistique en direct, on voit le travail de Will, timide et réservé; quant à sa douce moitié, elle s’acquitte sa tâche avec affirmation et rapidité. Mais tous les deux se heurtent à un support à peindre au format le plus difficile, le carré. Car le centre d’un carré est une zone réconfortante, il est cependant sans pitié pour ceux qui ne connaissent pas les rudiments de la composition.

Pour faire intéressant, en terminant ce billet sans trop savoir comment…  nous vous demandons : saviez-vous d’où vient l’expression « douce moitié » ?

[...] Qu’était la nature humaine, et que lui est-il arrivé ? Notre nature était autrefois différente : il y avait trois catégories d’êtres humains, le mâle, la femelle, et l’androgyne. De plus, la forme humaine était celle d’une sphère avec quatre mains, quatre jambes et deux visages, une tête unique et quatre oreilles, deux sexes, etc. Les humains se déplaçaient en avant ou en arrière, et, pour courir, ils faisaient des révolutions sur leurs huit membres. Le mâle était un enfant du soleil, la femelle de la terre, et l’androgyne de la lune. Leur force et leur orgueil étaient immenses et ils s’en prirent aux dieux. Zeus trouva un moyen de les affaiblir sans les tuer, ne voulant pas anéantir la race comme il avait pu le faire avec les Titans : il les coupa en deux. Il demanda ensuite à Apollon de retourner leur visage et de coudre le ventre et le nombril du côté de la coupure.

Mais chaque morceau, regrettant sa moitié, tentait de s’unir à elle : ils s’enlaçaient en désirant se confondre et mouraient de faim et d’inaction. Zeus décida donc de déplacer les organes sexuels à l’avant du corps. Ainsi, alors que les humains surgissaient auparavant de la terre, un engendrement mutuel fut possible par l’accouplement d’un homme et d’une femme. Alors, les hommes qui aimaient les femmes et les femmes qui aiment les hommes (moitiés d’androgynes) permettraient la perpétuité de la race; et les hommes qui aiment les hommes (moitiés d’un mâle), plutôt que d’accoucher de la vie, accoucheraient de l’esprit.

Voilà! Du Platon, le Banquet, sur Wiki.

Moutons bleus

Dimanche 10 juillet 2011

Moutons bleus
Image : EPA / Herbert Knosowski

Ils sont deux artistes, Bonk Rainer et Berta Maria Reetz. Au total, une centaine de moutons blues, faits de résine polyester, broutent l’air des villes européennes. Ils sont arrivés sur la Place du Château, Schlossplatz, à Berlin. Les boutons blues font partie d’un projet de tolérance.

Depuis 2010, bien de villes les invitent à venir faire un tour chez eux. On les accueille avec engouement. Le troupeau de moutons bleus passe le temps d’une journée au pied d’institutions ou de bâtiments prestigieux pour promouvoir la tolérance, la paix et le «vivre ensemble». N’est-ce pas une belle carte de visite, joliment illustrée, de se faire connaitre auprès des touristes? Plusieurs achètent, pardon, adoptent l’un de ces moutons résistant aux intempéries de l’artiste pour une modique somme de 130 euros, à la fin d’une journée d’exposition.

Souveniez-vous des flamants roses en plastique dans les jardins? Le message fait toute la différence quand un artiste connait le «besoin» de notre époque.

Bonne semaine!