Images et textes sur 'Idées'

 

Produits chinois : Oba Mao

Samedi 9 janvier 2010

Des commerçants chinois ont recours à une vieille méthode à la Warhol pour créer un nouveau produit de masse : l’effigie d’Obama en habit communiste vert olive, accompagnée du slogan « Au service du peuple » calligraphié et signé « Mao Ze Dong ».

Leurs produits artisanaux portant cette image insolite sont intitulés des «ObaMao».

Oba Mao, produit chinois
Image : REUTERS/David Gray

Sérigraphie Obama ou Oba MaoQuand on pense aux oeuvres de Warhol, très prisées sur le marché des enchères au coût de plusieurs dizaines de millions de dollars et à ces produits touristiques de notre époque, t-shirts, macarons et gugusse de tous azimuts à quelques piastres mais qui sont vendus à de centaines de milliers de copies. Une seule conclusion, du point de vue de l’économie : la différence se trouve dans le nom, Warhol ou « Sans nom ». Pour le reste, un même résultat : des millions de dollars de profits qui circulent.

Par contre, dans les manuels d’histoire, il y a Andy Warhol, artiste qui a révolutionné le monde des arts.

Bon, voilà une autre leçon de vie que tous les artistes ont intérêt à considérer : de la simplicité. Un écran de sérigraphie, quelques couleurs, des aplats, une signature, connue.

Nous pensons toutefois que Warhol n’ait pas fait sécher ses tableaux au séchoir à cheveux.

Lettre au Père Noël

Vendredi 4 décembre 2009

Sur cette lancée de billets autour du thème Père Noël, ce soir, garçon écrivant sa lettre au Père Noël, une oeuvre de Norman Rockwell.

lettre au Père Noel

L’art de la pub a bien changé. Autrefois, entre les deux Guerres, l’illustration du type « lettre au Père Noël»  se matérialise dans une facture réaliste et populiste, comme témoigne cette oeuvre de Rockwell.  Les images, mêmes publicitaires étaient conçues comme des tableaux, soit pour durer. Aujourd’hui, la représentativité de la population est largement prise en compte dans la fabrication de ce genre d’images. Quant au style, c’est plutôt le plus simple possible, puisque c’est « jetable et à recommencer l’an prochain» . Quelque chose qui dure est en réalité une bien mauvaise affaire pour l’économie.

Dans un autre ordre d’idées, cela nous fait penser à ce commentaire laissé par une lectrice qui cite Paul Ardenne, disant qu’il s’agit plus aujourd’hui pour l’artiste d’« Habiter le monde plutôt que l’imager. » Nous pensons qu’il y a plus encore, soit un art laissant le public d’habiter le monde imaginé par l’artiste.

Bon, un autre détour à Toronto demain pour la fin d’One of a Kind de Toronto. Ensuite, direction États-Unis pour notre participation à la première édition d’One of a Kind, version new-yorkaise. Donc, possiblement quelques jours sans post…

Femme prenant le thé

Vendredi 20 novembre 2009

En voyant cette photographie il y a quelque minutes passées, nous nous sommes dits : mais quelle coïncidence!

Sans interdit, ni censure, dans un enchainement d’idées, nous avons pensé que la nudité de cette femme mûre est déplacée; la femme semble être saine d’esprit et épanouie; c’est provocant, mais la nudité n’est pas controversée; c’est de l’art; c’est du kitsch; la composition est réfléchie; il y a de la joie de vivre; c’est spécial de prendre le thé à poil; c’est du photo-roman osé; une mise en scène bien sentie, etc.

En fait, c’est une image de calendrier, semble-t-il.

Entre cette femme prenant le thé tout nu et le vieux couple de John Currin, il y a un point en commun : créer un effet d’étonnement, provoquer un malaise et engendrer un conflit dans la perception en utilisant l’âge des personnages pour suggérer des conventions sociales « bafouées ».

femme prenant le thé
Image : REX / SIPA

Grand Montréal

Mercredi 4 novembre 2009

Les Montréalais ont réélu Gérald Tremblay pour un troisième mandat à la mairie dimanche dernier, et ce, malgré les nombreux scandales qui éclaboussent l’administration Tremblay. Semble-t-il que le taux de participation était de 34%. Le parti du maire élu a obtenu 37% des votes. Notre bon maire de Montréal que certains qualifiaient de « faux naïf » a obtenu 37% du 34% de 1,1 million d’électeurs montréalais.

La démocratie a exprimé, elle a tranché en faveur d’un homme qui n’a manifestement pas les ressources pour mener à terme son mandat de quatre ans. Qu’avait-il déclaré Gérald Tremblay dans son discours de victoire?

« Je suis conscient que la confiance des citoyens a été mise à rude épreuve. Je suis conscient que les citoyens veulent du changement, et nous incarnons ce changement. »

Cet homme qui incarnera le changement à l’Hôtel de Ville de Montréal pour un 3e mandat de quatre ans est aussi le Premier Citoyen de Montréal qui n’a jamais vu de magouilleurs à l’oeuvre durant les dernières huit années de son administration, entachée.

Grand Montreal

Un parallèle entre l’art contemporain qui choque et la politique municipale : lorsque le peuple se désintéresse, des incompétents se manifestent et le bon peuple subira de son propre désintéressement. La morale de cette histoire? Intéressez-vous à l’art contemporain ;-) et à la politique municipale!

En terminant, vous vous demandez probablement : mais c’est quoi ce M emmitouflé de bas Arc-en-ciel de petite fille?

C’est le logo du Grand Montréal, dévoilé depuis plusieurs mois. il s’agit d’une des réalisations dirigées et orchestrées par l’Administration Tremblay. C’a coûté aux contribuables montréalais environ $450000 pour le design du logo Grand Montréal.  Cela signifie 450 jours de travail au taux de $1000 par jour pour arriver à ce symbole qui représente le dynamisme du Grand Montréal sur la scène internationale.

Bon voilà, pour ce post sur la politique municipale vue et illustrée par des artistes.

Rencontre divine

Jeudi 22 octobre 2009

Nous avons rencontré Dieu aujourd’hui.

Il s’appelle Christ Jesus, ça s’écrit sans accent, anglophone, semble-t-il. Nous sommes maintenant des amis. Merci Monsieur Facebook pour avoir rendu cette rencontre possible!

Jesus Christ

Nous avons retenu cette image du Christ pour agrémenter les quelques lignes de ce soir et pour faire la transition de sujets. Ce petit crucifié en ivoire, monté sur plexiglas confère à cette image un caractère sacré et vivant, nous l’avons vu sur Expertissim. Ceci étant dit, il nous a amenés sur la piste du prochain billet. Mais, nous sommes un peu fatigués pour écrire tout de suite ces choses que l’on appelle espace, sens, transgression, etc.

Bon! Même si Christ Jesus de Facebook nous a conduits sur le chemin… euh, du prochain billet. Le labeur nous assomme. À demain les amis de ce monde!

Idée de décoration pour Holloween

Mardi 20 octobre 2009

Décoration Halloween

Duct taper son frère au mur le soir du 31 octobre pourrait être une idée folle…mais artistique pour fêter Halloween. Mais soyez rassuré, aucun enfant n’est mis en danger dans cette image. C’est juste une photo manipulée.

Savez-vous qu’est-ce que le duct tape? Eh bien, c’est le fameux « tape gris ». Un ruban adhésif inventé par 3M, très résistant. On l’utilise souvent dans la construction. Il existe de nombreuses couleurs.

Si cette image était vraie, on l’aurait appelé installation, une forme d’art contemporain qui date des années 1960.  Les artistes en installation tentent souvent de modifier la perception de l’oeuvre d’art et l’expérience artistique du spectateur par la mise en scène d’une oeuvre qui intègre parfois plusieurs médiums, tantôt dans la nature, tantôt dans un lieu de diffusion traditionnel. Bien que l’installation soit considérée comme une forme d’art récente, le défi artistique demeure similaire aux autres formes d’art, plus anciennes : introduire le spectateur dans l’espace pictural, suggérer un sens, modifier la perception, déclencher le processus de réflexion, etc.

Si cette scène de duct taper son frérot… ou sa petite soeur était une installation, la petite fille orientale aux pieds nus, tenant un rouleau de tape aurait joué le rôle de personnage qui introduit le spectateur dans l’espace de l’oeuvre. Tenez, cette autre petite fille joue un rôle similaire dans ce célèbre tableau de Rembrandt.

Une autre petite fille

Copie conforme

Lundi 19 octobre 2009

Souhaitez-vous à savoir comment se passer dans le cerveau des artistes? Nous vous expliquons… ;-)

Eh oui! Ça arrive à nous aussi d’avoir cette envie de se confier.

Nous nous disons : capitalisons ce moment et sacrifions-nous pour l’art! Vous comprenez qu’il n’est pas toujours évident d’être artiste. En ce moment, l’angoisse nous prend à la gorge et ces voix qui s’élèvent çà et là dans le cerveau d’artiste. C’est carrément insupportable!

Dans le cerveau d’artiste, il se trouve essentiellement deux « choses », des voix qui parlent et des images qui glanent. Le copier/coller, le garçon chinois, les bébés, la copie conforme…

Voilà pour ce autre moment de confident artistique. Bonne semaine!

Copie conforme en image

Sarkozy, père désepéré ?

Mercredi 14 octobre 2009

L’aviez-vous entendu parler de cette annonce de l’éventuelle arrivée de Jean Sarkozy, fiston de l’autre, à la tête de l’Établissement public d’aménagement du quartier d’affaires de La Défense (EPAD)? Sarkozy fils a 23 ans, sa désignation a provoqué un tollé médiatique en France. On dirait que l’ascension fulgurante du fils de Sarkozy ne fait pas plaisir à tous.

Vous dites peut-être en ce moment : euh… pourquoi ça, ce post sur Sarkozy?

En fait, ce soir, c’est juste pour partager une image avec vous. Elle est là depuis longtemps. Nous la trouvons excellente. Cette histoire du fiston Sarkozy nous a fait penser, tout simplement. Ne trouvez-vous pas souvent chez Nicolas Sarkozy un air tendu? Que ce soit dans son expression faciale ou dans son langage corporel en général, quand il parle, il articule toujours en gesticulant. Une sorte d’impatience…

Voilà, Nicolas Sarkozy devant « Le Désespéré » de Courbet.

Sarkozy devant "Le Désespéré"Image : AP Photo/François Guillot

Mouches et créativité

Mardi 13 octobre 2009

Pour bien soutenir le billet de ce soir, des images de mouches.

En passant, que ceux qui éprouvent du dégoût de corps morts s’abstiennent! Il y a quand même un brin d’air macabre malgré la créativité ludique débordante de ces scènes de mouches mortes. Merci à Jo pour les images hilarantes!

Mouche et créativité Mouches mortes
Mouches acrobats Compétition de mouches sprinters
Mouches mâles Mouche en équitation Images: Magnus Muhr

Dès que l’on aborde un sujet traitant de prés ou de loin la mort, la sensibilité de certains est à fleur de peau. Voulez-vous un exemple? Tenez, plusieurs n’apprécient guère la morte d’une souris. Mais bon. C’est comme ça la vie. Nous y habituons lentement. Par contre, un échange avec un lecteur nous a ravis aujourd’hui. Il nous a reconduit sur le processus artistique d’Hirst. Bref, tout s’équilibre dans le grand cycle de la vie.

Revenons sur ces images de mouches mortes, selon vous, est-ce de l’art? Il y a manifestement de la créativité, mais est-ce suffisant de les considérer comme étant des oeuvres d’art? Si c’est signé Hirst, et bien, elles seraient assurément considérées comme de l’art. Sinon, on pourrait les considérer de l’art insolite. Pourquoi?

Une partie de la réponse se trouve dans la définition d’un produit. Une oeuvre faite de mouches mortes signée Damien Hirst est un produit artistique et culturel qui répond à la définition du cycle de vie d’un produit. Il s’agit d’une règle définie de notre société moderne. Elle régularise le fonctionnement de la productivité, fondement de l’économie. Quant à ces images de mouches, elles ne sont que l’embryon d’une idée créative.

Une autre partie de réponse réside dans cette variation sur un terme de mouches, qui illustre par son vocabulaire visuel la limite de cette belle créativité macabre mais délirante. Malgré l’illustration de lieux communs, cette créativité ne génère guère de sens autre que la représentation humanoïde des mouches. Néanmoins, ces images de mouches mortes font sourire. Elles nous procurent un moment de détente bénéfique pour parler de l’art. En espérant que ce soit tout autant pour vous!

Prix Nobel de la Paix

Dimanche 11 octobre 2009

Obama Nobel de la Paix, vous le saviez assurément. Puisque tout le monde en parle. Est-ce bien qu’on lui décerne si vite ce prestigieux prix? Nous le pensons, mais en attendant que les commentateurs débattent la question, allons-y d’un peu d’art.

Ce Super « O »  Obama est d’Alex Ross.

Qui est Alex Ross? Nelson Alexander Ross est un dessinateur et peintre de comic books. Il est considéré comme le grand superstar du monde de comics. Le parallèle entre Ross et Obama est donc fort aisé à établir. Ross a été élu meilleur dessinateur en 1994 et 1997 par les Harvey Award. Sa grande mérite est d’avoir « modernisé »  l’univers de la BD américaine en lui apportant le photoréalisme, un style considérant dépassé du point de vue de l’histoire de la peinture, mais toujours largement apprécié par le grand public.

Voyez-vous, les connaisseurs peuvent bien poser des étiquettes, la masse populaire peut y voir autrement.

Obama Nobel
Image: Alex Ross

Politique culturelle chinoise…

Vendredi 2 octobre 2009

Il y a ces journées comme aujourd’hui où nous avons une multitude de sujets en tête, sauf assez de temps pour les écrire tous. Nous aurions aimé parler de Roman Polanski et de sa célébrité, de cette photo de Brooke Shield, enfant, nue, de l’importance des titres dans l’oeuvre d’un artiste, du suicide, de l’art chinois… eh oui, encore! Nous voulions aussi écrire quelques lignes à propos des impacts de l’évolution technologique sur la vie des portraitistes de Mao.

Saviez-vous que cet immense portrait de Mao à la Place Tienanmen est peint par des humains? Si si! Comme dans le bon vieux temps. Bref, il faudrait avoir plusieurs heures devant nous pour ficeler des petits billets autour de ces images que nous avons en tête. Encore ce soir, nous filons juste pour un billet de flirt.

C’est quoi encore cette chanson française? Pour un flirt avec toi, je ferais n’importe quoi, pour un flirt avec toi… pour un petit tour, un petit jour…

Bon, en ce lendemain du 60e anniversaire de la Chine communiste, un passage du Petit Livre rouge de Mao sur l’art et la culture pour clore le billet.

La politique « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » vise à stimuler le développement de l’art et le progrès de la science, ainsi que l’épanouissement de la culture socialiste dans notre pays. Dans les arts, formes différentes et styles différents peuvent se développer librement, et dans les sciences, les écoles différentes s’affronter librement. Il serait, à notre avis, préjudiciable au développement de l’art et de la science de recourir aux mesures administratives pour imposer tel style ou telle école et interdire tel autre style ou telle autre école. Le vrai et le faux en art et en science est une question qui doit être résolue par la libre discussion dans les milieux artistiques et scientifiques, par la pratique de l’art et de la science et non par des méthodes simplistes.

Ainsi écrivait le Grand Timonier Mao le 27 février 1957 dans « De la juste solution des contradictions au sein du peuple » C’est écrit presque dix ans avant que le début de la révolution culturelle chinoise durant laquelle ce slogan « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » s’est transformé en bouleversement social, politique et culturel.

Avez-vous remarqué que le style de discours de Mao ressemble beaucoup à un texte biblique, formulation très simple, de la répétition. Une sorte de message contorsionniste en cascade qui s’adresse à la masse populaire.

Politique culturelle chinoise

Tenez, encore un peu de Mao pour accompagner ce monument chinois. « Oeuvres choisies de Mao Tsétoung, III », 1944 : Une armée sans culture est une armée ignorante, et une armée ignorante ne peut vaincre l’ennemi.

Art chinois

Jeudi 1 octobre 2009

Art Chinois

De l’art chinois pour le 60e aujourd’hui.

Un ami nous a fait penser à cet anniversaire ce matin. Au fait, existe-t-il vraiment un art portant une identité nationale? À bien y penser, nous n’avons point de réponse. Nous avons alors ouvert le dictionnaire pour le plaisir : caractère de deux choses exactement identiques, de même nature.

Bon, pas plus avancé pour cette question d’identité, si simple et si compliqué à la fois. Car il faudrait identifier un caractère permanent et stable de cette multitude qu’est la culture chinoise si nous voulons appeler cette image de l’art chinois…

Tenez, une idée. Soyons simples pour terminer ce billet ce soir.  Mon Dieu, déjà octobre… Chapitre 60 du Livre de la Voie et de la Vertu : pour gouverner un grand royaume, on doit imiter celui qui fait cuire un petit poisson.

Vous dites mais pourquoi? Si l’on fait cuire de petits poissons en les retournant continuellement et les agitant sans cesse, ou trop brutalement. Et bien, ils se désagrégeront, et finiront en miettes.

60 ans, c’est peu dans l’histoire d’un empire de 5000 ans.