Images et textes sur 'Idées'

 

Tête d’enfant

Jeudi 8 juillet 2010

tête d'enfant géant

Grande tête de bébé

Une tête d’enfant géant, par l’artiste sculpteur hyperréaliste Ron Mueck.

L’art de Mueck est impressionnant pour deux raisons: son réalisme et sa dimension, tantôt surdimen- sionné, tantôt miniaturisé, qui modifient le rapport entre celui qui regarde l’oeuvre et l’oeuvre elle-même.

Si le talent de Mueck est indéniable, la magie de l’art de Mueck se trouve essentiellement dans notre perception.

Il y a quelque temps déjà, nous vous avons parlé de ces portraits mortuaires au Musée de Nicolet. Hier, les deux extraits de la compagne de pub de l’Ambulance St-Jean de Londres, toutes ces images  jouent sensiblement dans la même zone de sujet, soit la vie et la mort. Pourtant, l’un exploite l’empathie pour atteindre la cible de la pub,  l’autre met son accent sur la spiritualité de la démarche du couple d’artistes qui ont produit la série de photographies avant-après pour éviter toute controverse même si la facture de l’oeuvre en est.

Aviez-vous déjà réfléchi sur l’utilité de l’art? Si l’art fait réfléchir, est-il utile?

Bienvenue au paradis!

Lundi 17 mai 2010

Paradis

Eukeuu eukeuuu eukeuuu… Bienvenue au paradis!

Une amie a entendu nos toux de loin et nous a envoyé ce dessin accompagné d’un pamphlet écrit par un médecin du SMG. Quelqu’un qui sait la signification du SMG? Semble-t-il, c’est pour illustrer comment notre monde est fou.

  • 90 personnes attrapent la grippe A H1N1 et tout le monde veut porter un masque.
  • 5 millions de personnes ont le SIDA et l’église interdit l’utilisation de condoms.
  • 1000 millions meurent du paludisme en Afrique : ils sont nés au mauvais continent.

Saviez-vous, avec la grippe A, une grande majorité entre nous a appris à tousser dans le creux de son coude lorsqu’on est dans un lieu public? C’est pas mal quand même, non? La peur de la mort nous force à changer rapidement nos comportements.

Lucian Bute en images

Lundi 19 avril 2010

« Je veux faire partie du Temple de la renommée de la boxe. Je veux prendre ma retraite invaincu. Ce sont de grands objectifs », ainsi déclare Lucian Bute, champion en titre de l’IBF dans la catégorie des super moyens, quelques jours avant son combat expéditif du 17 avril 2010 contre le Colombien Edison Miranda.

Tout laisse croire que Lucian Bute ne se cache plus son objectif ultime. Être un champion du monde en boxe n’est plus un but pour lui, mais une étAndrade contre Bute, 24 octobre 2008ape. Le champion gaucher de 30 ans en veut plus. L’immortalité.

Certains disaient qu’au-delà de l’argent, Lucian Bute gagne des bourses dans les sept chiffres par combat, le champion québécois d’adoption en veut beaucoup plus que l’argent et des victoires.

Nous pensons humblement qu’il s’agit d’une vision erronée de croire que l’immortalité en boxe passe par une paire de gants de boxe accrochée dans la vitrine d’un musée. Si Lucian Bute vise une immortalité « durable », il faudrait bien qu’il continue de gagner des combats avec une maitrise parfaite de son art : rapide, fluide et puissant sur le ring; noble, charmant et responsable à l’extérieur du ring. Il faudrait aussi qu’il gagne encore plus d’argents afin que cela lui permette d’offrir des activités éducatives. Si le bien et le bon durent dans l’esprit des vivants, il fallait bien encore que l’on entretienne. Comme quoi, le salut aux âmes pieux ne se trouve pas dans la prière devant un icône doré, mais bien dans l’esprit de la sainteté, qui passe par endoctrinement.

En attendant, les images des combats qui permettent à Lucian Bute de demeurer champion incontesté, sauf peut-être pour son premier combat contre Librado Andrade, le soir du 24 octobre 2008, il a fallu de peu pour que l’immortalité de Bute se bascule.

Lucian Bute contre Alejandro Berrio, 19 octobre 2007
Lucian Bute contre Alejandro Berrio, 19 octobre 2007

Lucian Bute contre Williams Joppy, 29 février 2008Lucian Bute contre Williams Joppy, 29 février 2008
(Crédit photo : Natalie-Claude Bélanger)

Lucian Bute contre Librado Andrade
Lucian Bute contre Librado Andrade

Lucian Bute contre Fulgencio Zuniga, 13 mars 2009
Contre Fulgencio Zuniga pour sa 2e défense obligatoire, le 13 mars 2009

Bute contre Miranda
Bute contre Miranda, le 17 avril 2010

Moulage

Jeudi 15 avril 2010

MoulageImage : REUTERS/Gerardo Garcia

Les temps changent. Le moulage du corps humain est passé de l’inacceptable à un moyen rapide pour obtenir une copie 3D du corps humain dans sa représentation la plus naturelle.

Nous avons parfois cette étrange impression que les normes de l’acceptable s’assouplissent. Elles se transforment graduellement, elles se métamorphosent et dérivent lentement au point où nous nous demandons si c’est bien encore une question de l’acceptabilité, ou bien c’est l’incapacité humaine de mettre en perspective la qualité intrinsèque d’une chose, et de l’apprécier à sa juste valeur.

La création artistique, bien qu’elle n’est qu’une petite dimension des activités humaines, elle subit et soumis au même mécanisme de mutation en matière de l’acceptabilité. La création artistique s’individualise, se multiplie et se disperse dans ce vaste monde au point où les sujets, même les plus singuliers trouvent manifestement leurs admirateurs. Ils parviennent à s’harmoniser à une panoplie d’intérêts personnels toujours un peu plus isolés, mais en croissance en termes de nombre. Par le fait, l’acceptable se définit souvent par l’acclamation.

Les travaux de moulage de Jason de Caires Taylor nous rappellent de cette histoire de moulage de Rodin. En 1877, Rodin, alors âgé de 37 ans, réalise sa première œuvre majeure : L’Âge d’airain. Une statue grandeur nature d’un jeune homme, en plâtre. Le réalisme de sa sculpture fait une telle impression parmi le public de son époque. On l’a alors accusé d’avoir fait un moulage sur un modèle vivant. Malgré le scandale (à bien y penser, le mot « scandale » est peut-être un peu fort…) le succès retentissant de cette oeuvre a permis à Rodin de mener une carrière florissante de 40 ans.

est-ce du moulage?

L’appréciation du réalisme en art est devenue avec le temps, une affaire ordinaire et sans importance. Par contre, la singularité d’une oeuvre prend du galon dans le monde des arts visuels tant dans son acceptation par le grand public que chez les initiés. On oublie trop souvent que la singularité en art, c’est comme des nouvelles saveurs de croustilles, sans limites. Une fois le goût des chips à saveur nature connu, la suite de l’histoire des croustilles n’est-elle pas qu’une histoire de « maquillage » de goût? De nos jours, autour d’un sac de chips, il y a des gens qui travaillent pour gagner leur vie; des stratèges en marketing pour faire mousser les ventes; des publicistes talentueux pour illustrer le produit au goût renouvelé; des chercheurs émérites de nouvelles saveurs; des consommateurs à la recherche de nouvelle sensation buccale; des dirigeants producteurs de croustilles en quête des performances financières, etc. Ainsi, l’histoire des croustilles se perpétue à l’image du moulage en art. Pouvons-nous de nouveau proclamer : l’art est mort… l’art est recyclé?

Est-ce notre monde qui est fait de paradoxes et de contradictions, ou encore, parce que nous ne sommes pas en mesure d’assimiler les infinies combinaisons de perspectives pour voir notre monde? Une chose est certaine, L’ombre et lumière en volume a poursuivi l’art de Rodin jusqu’à la Porte de l’Enfer. L’audace de De Caires n’a que plongé, pour le moment, ses moulages grandeur nature au fond de l’océan.

Façade

Jeudi 8 avril 2010

On dit souvent que le jugement le plus sévère que l’on porte sur nos gestes et actions vienne de soi-même. On dit souvent que notre monde est matériel; des actions sont de courte vue; la performance est privilégiée au sens profond des actions réfléchies. Bref, l’ordre est vu comme étant passé et le degré de désordre croit avec le temps.

Nous sommes tombés par hasard sur cette photo prise sur les chantiers des Grands Moulins de Pantin. On conserve sa façade. Car la façade a une valeur visible. Pour le reste des Grands Moulins de Pantin, c’est de la complication si l’on avait décidé de le préserver au nom de la conservation du patrimoine architectural.

Le visible a une valeur plus grande que l’on peut s’imaginer.

Façade des Grands Moulins de Pantin

Le chantier des Grands Moulins de Pantin a duré trois ans. Il a coûté 100 millions d’euros. Il est situé entre le canal de l’Ourcq et la voie de chemin de fer.

Se cacher

Mercredi 7 avril 2010

Le divin se cache, parait-t-il.

Les rameaux tressés pour la messe des Rameaux est une véritable oeuvre d’art. Selon la tradition, on reçoit des rameaux coupés en se rendant à l’église le dimanche qui précède Pâques. Alors, iriez-vous à la messe des Rameaux l’an prochain? ;-)

Klee disait que l’art ne représente pas le visible, il rend visible. Ce que Klee ne disait pas, l’art rend visible le sacré au service d’un idéal suprême. Certains diraient, par contre exemple, que l’Islam interdisse la représentation. Sachons que par le fait même, on renforce l’idée du sacré. Le résultat demeure le même.

se cacherImage : REUTERS / Alessandro Bianchi

Gagner

Mardi 6 avril 2010

Voilà, Tiger a encore donné une conférence de presse sans trop de conviction, durant laquelle il s’est excusé auprès des golfeurs d’avoir été dérangés par ses frasques. Mais, ces paroles d’un repenti n’émeuvent personne.

Tiger doit gagner au golf pour se sortir du pétrin que lui-même il s’est plongé. Même si la vie n’est pas un chemin droit, pour regagner son lustre d’antan, seules des victoires éclatantes sur les terrains de golf lui permettront de retrouver son droit chemin. Sinon, il ne sera qu’une question de temps que Nike, son commanditaire le plus fidèle le largue également.

Tiger se doit de gagner au golf. En gagnant de nouveau dans le sport qui lui a rendu célèbre, il regagnera la sympathie de ceux qui se sont éloignés de lui. S’il ne gagne pas,  même s’il devient le meilleur mari au monde et le père le plus exemplaire, ses histoires de mœurs l’engloutiront comme un Michael Jackson après les rumeurs de pédophilie. Jackson n’a pas réussi. Car il n’a jamais regagné le sommet du palmarès des chansons.

Notre monde veut des histoires de gagnants au firmament, ou des gagnants aux déchéances.

Tiger gagnera-t-il à nouveau? Car, à partir de maintenant, son passé glorieux ne compte que pour très peu.

Gagner

Absence

Dimanche 21 mars 2010

L’absence a ses effets omnipotents qui effacent le temps. On peut se faire graduellement oublier en être vivant. L’absence brise des liens et rapproche des événements. Elle transforme des faits divers éparpillés dans le temps pour en faire un sujet d’intérêt qui aurait été, sinon, anodin. Peut-être même, exagéré. Semble-t-il, Tiger sera de retour. Faut pas lui en vouloir, ou encore, se brise le cœur pour ses frasques. Saint Augustin était un coureur de jupons éperdu avant ses Confessions.

Non?! :-|

La vie est comme une œuvre d’art. Elle peut être insignifiante, ordinaire, bonne, excellente ou extraordinaire. Tout est dans le perfectible à condition que l’on sache comment y parvenir.

60% d’interprétation et 40% d’information. Le génie ne se trouve pas dans l’inné,  il est parsemé de savoir-faire.

absence

Produits chinois : Oba Mao

Samedi 9 janvier 2010

Des commerçants chinois ont recours à une vieille méthode à la Warhol pour créer un nouveau produit de masse : l’effigie d’Obama en habit communiste vert olive, accompagnée du slogan « Au service du peuple » calligraphié et signé « Mao Ze Dong ».

Leurs produits artisanaux portant cette image insolite sont intitulés des «ObaMao».

Oba Mao, produit chinois
Image : REUTERS/David Gray

Sérigraphie Obama ou Oba MaoQuand on pense aux oeuvres de Warhol, très prisées sur le marché des enchères au coût de plusieurs dizaines de millions de dollars et à ces produits touristiques de notre époque, t-shirts, macarons et gugusse de tous azimuts à quelques piastres mais qui sont vendus à de centaines de milliers de copies. Une seule conclusion, du point de vue de l’économie : la différence se trouve dans le nom, Warhol ou « Sans nom ». Pour le reste, un même résultat : des millions de dollars de profits qui circulent.

Par contre, dans les manuels d’histoire, il y a Andy Warhol, artiste qui a révolutionné le monde des arts.

Bon, voilà une autre leçon de vie que tous les artistes ont intérêt à considérer : de la simplicité. Un écran de sérigraphie, quelques couleurs, des aplats, une signature, connue.

Nous pensons toutefois que Warhol n’ait pas fait sécher ses tableaux au séchoir à cheveux.

Lettre au Père Noël

Vendredi 4 décembre 2009

Sur cette lancée de billets autour du thème Père Noël, ce soir, garçon écrivant sa lettre au Père Noël, une oeuvre de Norman Rockwell.

lettre au Père Noel

L’art de la pub a bien changé. Autrefois, entre les deux Guerres, l’illustration du type « lettre au Père Noël»  se matérialise dans une facture réaliste et populiste, comme témoigne cette oeuvre de Rockwell.  Les images, mêmes publicitaires étaient conçues comme des tableaux, soit pour durer. Aujourd’hui, la représentativité de la population est largement prise en compte dans la fabrication de ce genre d’images. Quant au style, c’est plutôt le plus simple possible, puisque c’est « jetable et à recommencer l’an prochain» . Quelque chose qui dure est en réalité une bien mauvaise affaire pour l’économie.

Dans un autre ordre d’idées, cela nous fait penser à ce commentaire laissé par une lectrice qui cite Paul Ardenne, disant qu’il s’agit plus aujourd’hui pour l’artiste d’« Habiter le monde plutôt que l’imager. » Nous pensons qu’il y a plus encore, soit un art laissant le public d’habiter le monde imaginé par l’artiste.

Bon, un autre détour à Toronto demain pour la fin d’One of a Kind de Toronto. Ensuite, direction États-Unis pour notre participation à la première édition d’One of a Kind, version new-yorkaise. Donc, possiblement quelques jours sans post…

Femme prenant le thé

Vendredi 20 novembre 2009

En voyant cette photographie il y a quelque minutes passées, nous nous sommes dits : mais quelle coïncidence!

Sans interdit, ni censure, dans un enchainement d’idées, nous avons pensé que la nudité de cette femme mûre est déplacée; la femme semble être saine d’esprit et épanouie; c’est provocant, mais la nudité n’est pas controversée; c’est de l’art; c’est du kitsch; la composition est réfléchie; il y a de la joie de vivre; c’est spécial de prendre le thé à poil; c’est du photo-roman osé; une mise en scène bien sentie, etc.

En fait, c’est une image de calendrier, semble-t-il.

Entre cette femme prenant le thé tout nu et le vieux couple de John Currin, il y a un point en commun : créer un effet d’étonnement, provoquer un malaise et engendrer un conflit dans la perception en utilisant l’âge des personnages pour suggérer des conventions sociales « bafouées ».

femme prenant le thé
Image : REX / SIPA

Grand Montréal

Mercredi 4 novembre 2009

Les Montréalais ont réélu Gérald Tremblay pour un troisième mandat à la mairie dimanche dernier, et ce, malgré les nombreux scandales qui éclaboussent l’administration Tremblay. Semble-t-il que le taux de participation était de 34%. Le parti du maire élu a obtenu 37% des votes. Notre bon maire de Montréal que certains qualifiaient de « faux naïf » a obtenu 37% du 34% de 1,1 million d’électeurs montréalais.

La démocratie a exprimé, elle a tranché en faveur d’un homme qui n’a manifestement pas les ressources pour mener à terme son mandat de quatre ans. Qu’avait-il déclaré Gérald Tremblay dans son discours de victoire?

« Je suis conscient que la confiance des citoyens a été mise à rude épreuve. Je suis conscient que les citoyens veulent du changement, et nous incarnons ce changement. »

Cet homme qui incarnera le changement à l’Hôtel de Ville de Montréal pour un 3e mandat de quatre ans est aussi le Premier Citoyen de Montréal qui n’a jamais vu de magouilleurs à l’oeuvre durant les dernières huit années de son administration, entachée.

Grand Montreal

Un parallèle entre l’art contemporain qui choque et la politique municipale : lorsque le peuple se désintéresse, des incompétents se manifestent et le bon peuple subira de son propre désintéressement. La morale de cette histoire? Intéressez-vous à l’art contemporain ;-) et à la politique municipale!

En terminant, vous vous demandez probablement : mais c’est quoi ce M emmitouflé de bas Arc-en-ciel de petite fille?

C’est le logo du Grand Montréal, dévoilé depuis plusieurs mois. il s’agit d’une des réalisations dirigées et orchestrées par l’Administration Tremblay. C’a coûté aux contribuables montréalais environ $450000 pour le design du logo Grand Montréal.  Cela signifie 450 jours de travail au taux de $1000 par jour pour arriver à ce symbole qui représente le dynamisme du Grand Montréal sur la scène internationale.

Bon voilà, pour ce post sur la politique municipale vue et illustrée par des artistes.