Archive pour la catégorie 'Idées'

Planter un arbre

Mardi 17 juin 2008

Planter un arbre est un geste relativement simple. Cela consiste à choisir un arbre en fonction du sol, de sa portée, de ses couleurs particulières : feuilles, branches et tronc, des dates de floraison et de fructification… Pour les excessifs, il existe probablement un livre, du genre, la plantation d’arbres ou la sylviculture pour les nuls. ;-)

Si vous voulez que votre geste soit durable pour l’environnement, vous feriez alors analyser votre sol. Car il peut être argileux, sablonneux ou même rocailleux. Il va donc influencer la bonne santé de votre arbre. Voyez-vous? Les complications commencent… Mais, ne découragez pas pour si peu! Une petite poignée de terre dans un contenant, et hop, à un labo. On vous renseignera pour une modique somme de quelques dollars. Le résultat sera dans votre boîte à lettres au bout de quelques jours.

Ensuite, vous devez choisir l’emplacement dans votre jardin. Évidemment, il vous faut penser à sa croissance, à l’ombre qu’il projettera avec le temps ainsi qu’aux distances réglementaires autorisées par votre municipalité. Il est aussi bien important de s’entendre avec votre voisin. Car l’arbre que vous allez planter et qui vous procura une ombre rafraîchissante durant les canicules d’été peut être considéré comme un désagrément pour votre voisin. Le bon voisinage dans la vie… c’est important, n’est-ce pas?

Ce n’est quand même pas trop compliqué, pour l’instant. Le sol et le bon voisinage, c’est réglé. Mais ultimement, il vous faut penser à l’arbre que vous voulez planter. Il faut calculer le développement racinaire de l’arbre. Règle générale, le volume occupé par les racines est proportionnel à la portée de l’arbre. Planter un érable à cinq pieds de votre maison n’est évidemment pas une bonne idée. Une fois ce détail réglé, vous être presque rendu à donner votre premier coup de pelle. Encore un petit détail! Vous devez protéger votre arbre avant sa plantation. Un arbre en pot est plus fragile. Il tolère moins bien le soleil et le vent.

Bon, quand planter? L’idéal c’est à l’automne. Car l’arbre aura le temps de développer son système racinaire durant l’hiver et prendre sa croissance au printemps. D’ailleurs, ce n’est pas mauvais non plus de planter un arbre au printemps après que le sol soit dégelé. Ça aide, pour vous et pour l’arbre. Après ça… la dimension du trou, le tuteur, l’arrosage, la fertilisation, etc.

Quand on nous promet de planter un arbre pour l’environnement si nous convertissons notre mode de facturation conventionnelle, sur papier, contre la facture électronique. Nous nous demandons: euh, mais dans quoi seront-elles injectées les économies réalisées par cette compagnie en supprimant papier, encre, enveloppe, timbre et machinerie? Pas vous? Pour une entreprise souscrite à la Bourse, un million d’arbres plantés auront-ils le même poids d’argumentation à côté d’un million de profits nets devant son Conseil administration? Ah oui, nous avons presque oublié, on plante un arbre en notre nom. On plantera même un arbre si l’on remplace notre vieux cellulaire contre un neuf comme l’indique cette pub, le futur est si simple. C’est très bien! Mais nous nous demandons qui veillera sur l’arbre planté en notre nom. Comment et où fera-t-on recycler les vieux cellulaires récupérés? Ouf! C’est épuisant juste d’y penser…

Planter un arbre

Restons simples : cette pub, elle est belle et simple; Arbre Canada, un organisme qui œuvre pour l’environnement au Canada, des spécialistes en sylviculture; Telus, une entreprise prend ses responsabilités sociales; et finalement, la firme en marketing derrière cette campagne, très ingénieuse et cette campagne-là, elle est artistiquement bien orchestrée, des feuilles, grande, moyenne et petites, le tout pour symboliser des arbres. Il y a même de la perspective.

Allons! Finissons ce billet sur le début du texte de Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres, et si vous avez le temps, relisez le texte de Giono et revoyez cet excellent film d’animation de Frédéric Back, si vous l’avez déjà vu. Quel dessinateur sensible.

Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable.

Chine Tibet, le conflit

Jeudi 10 avril 2008

Chine et Tibet - comment lire autrement l’Art de la guerre de Sun Tzu.

Comme plusieurs entre nous, nous observons la tournure des événements autour de l’émeute et des incendies au Tibet; nous lisons les déclarations du Dalaï-Lama dans les journaux; nous décortiquons le sens des mots émis par des porte-paroles chinois, sur le net; nous visionnons les spots d’images des manifestations pro-Tibet à la télé; nous youtubons, si si, youtubons comme dans googlons, les vidéos ayant pour sujet Tibet; nous revoyons les incidents survenus autour de la flamme olympique sur le petit écran… Grèce, Angleterre, France, États-Unis… Imaginons maintenant si ce même climat est maintenu jusqu’aux Jeux de cet été. Imaginons aussi si la montée de la ferveur nationalisme chinois, stimulé, allumé et alimenté…

Nous nous demandons si les stratèges, les penseurs, les bailleurs de fonds, les organisateurs, les conseillers de cette cause - tout laisse croire, noble et juste, ces personnes dans l’ombre que nous ne voyons pas à la télé, ou, sur YouTube : ont-ils cette sagesse bouddhiste du détachement que l’on attribue tant au Dalaï-Lama?

Ne recherchez l’image traditionnelle de l’art dans ce billet…, tout indique qu’il n’y a que le mot « Art » dans la première phrase… et là, pour la deuxième fois dans ce texte ;-)

L’Art de la Guerre, le conflit Chine et Tibet

Alors, Sun Tzu dit:

Avant d’entreprendre ce genre de combat (l’utilisation du feu), il faut avoir tout prévu. Il faut avoir reconnu la position des ennemis, il faut s’être mis au fait de tous les chemins par où il pourrait s’échapper ou recevoir du secours, il faut s’être muni des choses nécessaires pour l’exécution du projet, il faut que le temps et les circonstances soient favorables.

Préparez d’abord toutes les matières combustibles dont vous voulez faire usage: dès que vous y aurez mis le feu, faites attention à la fumée. Il y a le temps de mettre le feu, il y a le jour de le faire éclater: n’allez pas confondre ces deux choses. (…) Les cinq manières de combattre par le feu demandent de votre part une conduite qui varie suivant les circonstances: ces variations se réduisent à cinq. Je vais les indiquer, afin que vous puissiez les employer dans les occasions.

1 - Dès que vous aurez mis le feu, si, après quelque temps, il n’y a aucune rumeur dans le camp des ennemis, si tout est tranquille chez eux, restez vous-même tranquille, n’entreprenez rien; attaquer imprudemment, c’est chercher à se faire battre. Vous savez que le feu a pris, cela doit vous suffire: en attendant, vous devez supposer qu’il agit sourdement; ses effets n’en seront que plus funestes. Il est au-dedans; attendez qu’il éclate et que vous en voyiez les étincelles au-dehors, vous pourrez aller recevoir ceux qui ne chercheront qu’à se sauver.

2 - Si peu de temps après avoir mis le feu, vous voyez qu’il s’élève par tourbillons, ne donnez pas aux ennemis le temps de l’éteindre, envoyez des gens pour l’attiser, disposez promptement toutes choses, et courez au combat.

3 - Si malgré toutes vos mesures et tous les artifices que vous aurez pu employer, il n’a pas été possible à vos gens de pénétrer dans l’intérieur, et si vous êtes forcé à ne pouvoir mettre le feu que par dehors, observez de quel côté vient le vent; c’est de ce côté que doit commencer l’incendie; c’est par ce même côté que vous devez attaquer. Dans ces sortes d’occasions, qu’il ne vous arrive jamais de combattre sous le vent.

4 - Si pendant le jour le vent a soufflé sans discontinuer, regardez comme une chose sûre que pendant la nuit il y aura un temps où il cessera; prenez là-dessus vos précautions et vos arrangements.

5 - Un général qui, pour combattre ses ennemis, sait employer le feu toujours à propos est un homme véritablement éclairé (…)

Semble-t-il qu’il faut lire les textes traduits du vieux chinois comme les textes bibliques. Il ne faudrait pas oublier, dans ce cas-ci, la signification littérale, allégorique et philosophique du texte. Néanmoins, dans celui-ci, point de dimension mystique. Nous continuons…

Les différentes manières de combattre par le feu, telles que je viens de les indiquer, sont ordinairement suivies d’une pleine victoire, dont il faut que vous sachiez recueillir les fruits. Le plus considérable de tous, et celui sans lequel vous auriez perdu vos soins et vos peines est de connaître le mérite de tous ceux qui se seront distingués, c’est de les récompenser en proportion de ce qu’ils auront fait pour la réussite de l’entreprise. Les hommes se conduisent ordinairement par l’intérêt; si vos troupes ne trouvent dans le service que des peines et des travaux, vous ne les emploierez pas deux fois avec avantage.

La nécessité seule doit faire entreprendre la guerre. Les combats, de quelque nature qu’ils soient, ont toujours quelque chose de funeste pour les vainqueurs eux-mêmes; il ne faut les livrer que lorsqu’on ne saurait faire la guerre autrement.

Lorsqu’un souverain est animé par la colère ou par la vengeance, qu’il ne lui arrive jamais de lever des troupes. Lorsqu’un général trouve qu’il a dans le coeur les mêmes sentiments, qu’il ne livre jamais de combats. Pour l’un et pour l’autre ce sont des temps nébuleux: qu’ils attendent les jours de sérénité pour se déterminer et pour entreprendre.

S’il y a quelque profit à espérer en vous mettant en mouvement, faites marcher votre armée; si vous ne prévoyez aucun avantage, tenez-vous en repos; eussiez-vous les sujets les plus légitimes d’être irrité, vous eût-on provoqué, insulté même, attendez, pour prendre votre parti, que le feu de la colère se soit dissipé et que les sentiments pacifiques s’élèvent en foule dans votre coeur. N’oubliez jamais que votre dessein, en faisant la guerre, doit être de procurer à l’État la gloire, la splendeur et la paix, et non pas d’y mettre le trouble, la désolation et la confusion.

Ce sont les intérêts du pays et non pas vos intérêts personnels que vous défendez. Vos vertus et vos vices, vos belles qualités et vos défauts rejaillissent également sur ceux que vous représentez. Vos moindres fautes ont toujours des conséquences; les grands conflits sont souvent irréparables, et toujours très funestes. Il est difficile de soutenir un royaume que vous aurez mis sur le penchant de sa ruine; il est impossible de le relever, s’il est une fois détruit: on ne ressuscite pas un mort (…)

Nous avons supprimé quelques passages de ce texte pour éviter les longueurs… voilà notre réflexion d’artistes sur le conflit Chine et Tibet.

Violence sur la glace

Samedi 29 mars 2008

La saison de la chasse aux phoques débute aujourd’hui. Certains préfèrent probablement l’appeler la saison de la violence sur la glace. Sous peu, les Sir McCartney, vieille Dame Bardot et Cie de ce monde surgiront de nouveau à la télévision pour nous rappeler combien le Canada est une terre cruelle pour ces pauvres bêtes innocentes, ces Agnus Dei arctiques.

Violence sur la glace

Au Québec, la violence sur la glace a un nom depuis une semaine : Roy - Père et fiston Jonathan. Ailleurs, il y a les tiraillements civils, politiques et religieux aux pieds de l’Himalaya. Quand des Tibétains protestent, se fâchent et pleurent. Certes, les vagues de compassion et d’indignation se mettent en branle à travers le monde. Quand un régime politique qualifié d’autoritarisme aux yeux de l’Occident, puissance en devenir, sinon, l’est déjà, a la main mise sur le petit peuple du Toit du monde. Cela ne peut qu’échauffer nos esprits pacifiques, même les plus lucides. Finalement, malgré ce début du printemps encore emmitouflé, la violence sur la glace est partout.

Comme quoi, quand le Bon, la Brute et le Truand sont faciles à identifier, la justice n’est plus une affaire de salon. Ça nous réchauffe l’esprit, au moins! :-| Pendant ce temps, nous sommes fort occupés à notre besogne d’artistes, les mains dans la poussière et le corps dans la cave. Il nous est alors venu à l’esprit ces mots de Goethe – avec Voltaire, c’est le monde ancien qui finit. Avec Rousseau, c’est un monde nouveau qui commence. Comme nous avons peu de temps pour écrire ces jours-ci, nous vous laissons sur ces mots simples de Rousseau – si la volonté générale peut errer.

(…) la vérité ne mène point à la fortune, et le peuple ne donne ni ambassades, ni chairs, ni pensions.

Il s’ensuit de ce qui précède que la volonté générale est toujours droite et tend toujours à l’utilité publique : mais il ne s’ensuit pas que les délibérations du peuple ont toujours la même rectitude. On veut toujours son bien, mais on ne voit pas toujours. Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c’est alors seulement qu’il paraît vouloir ce qui est mal.

Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale; celle-ci ne regarde qu’à l’intérêt commun, l’autre regarde à l’intérêt privé, et n’est qu’une somme de volontés particulières : mais ôtez de ces mêmes volontés les plus et les moins qui s’entre-détruisent, reste pour somme des différences la volonté générale.

Du Rousseau, n’est-ce pas fascinant, simple, mais pas nécessairement évident? Savez-vous qu’il a préféré se consacrer à la vérité plutôt qu’à sa progéniture? Bon, assez de potin! Pendant que vous réfléchissez sur lui et sur notre époque, nous allons replonger dans la poussière… Ouf! Il n’y a rien de facile, la vie et l’art. Comme ces femmes, pour qu’une cause soit vue, on paie au prix de leur corps. C’est fou, le corps nu ne fait pas que vendre de la bière, de la voiture… et du linge, bien évidemment!

Manifestation contre l’usage de la fourrure

Le Gardien

Dimanche 17 février 2008

Par Kafka

Le Gardien de la Vérité - Walter S. Allward

Le Gardien de la Justice ou Justitia

Devant la loi se dresse le gardien de la porte. Un homme de la campagne se présente et demande à entrer dans la loi. Mais le gardien dit que pour l’instant il ne peut pas lui accorder l’entrée. L’homme réfléchit, puis demande s’il lui sera permis d’entrer plus tard. «C’est possible», dit le gardien, «mais pas maintenant». Le gardien s’efface devant la porte, ouverte comme toujours, et l’homme se baisse pour regarder à l’intérieur. Le gardien s’en aperçoit, et rit. «Si cela t’attire tellement», dit-il, «essaie donc d’entrer malgré ma défense. Mais retiens ceci: je suis puissant. Et je ne suis que le dernier des gardiens. Devant chaque salle il y a des gardiens de plus en plus puissants, je ne puis même pas supporter l’aspect du troisième après moi.» L’homme de la campagne ne s’attendait pas à de telles difficultés; la loi ne doit-elle pas être accessible à tous et toujours, mais comme il regarde maintenant de plus près le gardien dans son manteau de fourrure, avec son nez pointu, sa barbe de Tartare longue et maigre et noire, il en arrive à préférer d’attendre, jusqu’à ce qu’on lui accorde la permission d’entrer. Le gardien lui donne un tabouret et le fait asseoir auprès de la porte, un peu à l’écart. Là, il reste assis des jours, des années. Il fait de nombreuses tentatives pour être admis à l’intérieur, et fatigue le gardien de ses prières. Parfois, le gardien fait subir à l’homme de petits interrogatoires, il le questionne sur sa patrie et sur beaucoup d’autres choses, mais ce sont là questions posées avec indifférence à la manière des grands seigneurs. Et il finit par lui répéter qu’il ne peut pas encore le faire entrer. L’homme, qui s’était bien équipé pour le voyage, emploie tous les moyens, si coûteux soient-ils, afin de corrompre le gardien. Celui-ci accepte tout, c’est vrai, mais il ajoute: «J’accepte seulement afin que tu sois bien persuadé que tu n’as rien omis». Des années et des années durant, l’homme observe le gardien presque sans interruption. Il oublie les autres gardiens. Le premier lui semble être le seul obstacle. Les premières années, il maudit sa malchance sans égard et à haute voix. Plus tard, se faisant vieux, il se borne à grommeler entre les dents. Il tombe en enfance et comme, à force d’examiner le gardien pendant des années, il a fini par connaître jusqu’aux puces de sa fourrure, il prie les puces de lui venir en aide et de changer l’humeur du gardien; enfin sa vue faiblit et il ne sait vraiment pas s’il fait plus sombre autour de lui ou si ses yeux le trompent. Mais il reconnaît bien maintenant dans l’obscurité une glorieuse lueur qui jaillit éternellement de la porte de la loi. À présent, il n’a plus longtemps à vivre. Avant sa mort toutes les expériences de tant d’années, accumulées dans sa tête, vont aboutir à une question que jusqu’alors il n’a pas encore posée au gardien. Il lui fait signe, parce qu’il ne peut plus redresser son corps roidi. Le gardien de la porte doit se pencher bien bas, car la différence de taille s’est modifiée à l’entier désavantage de l’homme de la campagne. «Que veux-tu donc savoir encore?» demande le gardien. «Tu es insatiable.» «Si chacun aspire à la loi», dit l’homme, «comment se fait-il que durant toutes ces années personne autre que moi n’ait demandé à entrer?» Le gardien de la porte, sentant venir la fin de l’homme, lui rugit à l’oreille pour mieux atteindre son tympan presque inerte: «Ici nul autre que toi ne pouvait pénétrer, car cette entrée n’était faite que pour toi. Maintenant, je m’en vais et je ferme la porte.»

Un texte symbolique qui résume, selon nous, l’essentiel de l’oeuvre littéraire de Kakfa, publié après la mort de l’écrivain, vers 1934. Il s’intitule Devant la Loi, parfois, le Gardien de la Loi.

Femme en rouge

Jeudi 7 février 2008

Qu’est-ce que nous pouvons bien vous raconter aujourd’hui? Compte tenu de l’heure tardive et de la fatigue d’une journée d’atelier, même si l’essence Grumtine n’est pas toxique. Il s’agit quand même de la térébenthine, si bien qu’il y a encore un peu d’ivresse dans l’air, les muses, elles sont déjà dans les bras d’Orphée. Triste existence d’artiste! ;-)

Nous allons donc rester simples pour ce petit texte du petit matin de jeudi. Allons-y, parlons de la Femme et du Rouge, ou encore, la femme en rouge pour être un peu plus poétique, après tout, ce sera bientôt la fête des amoureux.

Femme en rouge par Soutine

Le rouge, une couleur de l’action et du dynamisme, de la jeunesse et de la santé. Mais aussi le sang qui répand. Dans certaines sociétés primitives, le rouge évoque le principe vital et symbolise la guerre, l’agressivité et la violence. Dans Égypte Ancien, le rouge était la couleur du Mal, Seth aux yeux et cheveux rouges inspirait la destruction. Dans l’art chrétien, on utilise parfois le rouge pour habiller le bourreau et la force du Mal. Si le rouge attire l’attention, il met aussi en garde la force antagoniste. Cependant, la couleur rouge est associée à des valeurs positives en Orient, elle incarne la sincérité et le bonheur. Les mariées sont habillées d’étoffe rouge et la décoration de la célébration du Nouvel An est saturée de rouge. N’est-ce pas époustouflant comme enchaînement? Car aujourd’hui, c’est le Jour de l’An du calendrier chinois.

Et maintenant, quelques images de la femme en rouge : Pontormo, maître de la Renaissance, portrait d’une femme en rouge; la Dame orientale par Lecomte-Vernet, la Fille en rouge par Degas et la Femme en rouge de Soutine, ci-dessus.

Dame orientale en rouge Fille en rouge de Degas Portrait d’une femme en rouge

L’éloge de la laideur est une préoccupation purement artistique du XXe. Il s’agit d’une forme artificiellement créée pour repousser les limites de la représentation. La paternité de la cacophonie de la « laideur » revient évidemment à Picasso avec ses Demoiselles d’Avignon. Si plusieurs artistes de l’art moderne ont su créer et maintenir leurs démarches artistiques autour du laid, ou encore, du kitch, l’idéal de la beauté féminine demeure toutefois le « beau » classique et harmonieux, teinté de la couleur propre à chaque époque : femme en rouge de coca-cola, Marilyn Monroe en rouge, jeune fille aux yeux verts en sont des exemples parmi biens d’autres.

Femme en rouge de Coco-cola Marilyn Monroe en rouge Fille Afghan aux yeux verts

 

Test d’intelligence

Samedi 26 janvier 2008
is vuos pvueoz lrie ccei, vuos aevz asusi nu dôrle de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt 55 porsnenes sur cnet en snot cpalabes. Je n’en cyoaris pas mes yuex que je sios cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le povuoir phoémanénl du crveeau huamin. Soeln une rcheerche fiat à l’Unievristé de Cmabridge, il n’y a pas d’ iromtpance sur l’odrre dnas luqeel les lerttes snot, la suele cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à la bnone palce. La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos par letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt n’est-ce pas? Et moi qui ai tujoours psneé que svaoir élpeer éatit ipomratnt! Si vuss poevuz le lrie, fitaes le svirue !

Selon certains, vous êtes parmi des gens les plus intelligents si vous parveniez à lire et à comprendre le sens du texte ci-dessus. Car vous venez de réussir un test d’intelligence. D’autres diraient le contraire, qu’il n’est pas question d’intelligence, mais d’aptitude, habilité et connaissance. Bref, quelle importance? Après tout, ce n’est qu’un petit jeu amusant.

Comment trouver un sens sur un tableau de motifs
Christopher Wool

Au sujet de notre capacité de « lire », elle semble demander bien souvent des conditions appropriées qui favorisent la lecture. Est-ce d’être actif par rapport à l’information lue? Est-ce de posséder des références culturelles requises, d’avoir une certaine expérience de vie, d’être capable de s’ajuster par rapport à une réalité qui nous étonne? Peut-être, c’est un peu de tout, et bien plus encore. Selon vous, pourquoi il est si difficile de saisir le « sens » d’une oeuvre abstraite à la Pollock, d’un monochrome à la Newman, d’une feuille en acier de Serra, ou encore, du tissage de motifs et de la variation sur un terme dans une œuvre picturale non-figurative?

À défaut de faire une analyse approfondie, voici, des images en vrac. L’idée d’élaborer ce type de sujets est lancé, cependant, seul son aboutissement pourrait réellement donner vie à l’idée elle-même. Nous en reparlerons davantage un jour, peut-être… car il y a aussi le sens qui dicte l’orientation du cheminement d’une idée, là, c’est plus compliqué à expliquer.

Tester votre capacité de lire?
Richard Serra

Références d’une lecture
Kenneth Noland

Y a-t-il un sens dans un tableau de Newman?
Barnett Newman

La peinture de Pollock ferait-elle de vous intelligent?
Jackson Pollock

Comment dessiner un portrait

Vendredi 11 janvier 2008

Toute personne souhaite apprendre à dessiner a tenté, un jour ou l’autre, de dessiner un portrait. C’est très attrayant de réussir un portrait d’enfant, le beau visage d’un être cher, ou encore, un autoportrait. Tenez, un visage crispé et angoissé à la Van Gogh, un visage interrogatif et envahi de doute à la Rembrandt, un visage à la manière de Schiele pour fixer un état d’esprit de l’artiste sur papier, ainsi de suite, mille et une possibilités de dessiner le visage, autoportrait ou pas.

Autoportrait par Rembrandt

Le défi du portrait est de taille, même pour un portraitiste, de traduire la ressemblance en utilisant un crayon. Alors, pourquoi, vous, si vous tentez d’apprendre à dessiner comme les plus grands artistes choisir d’attaquer à un tel défi technique? Le résultat serait à coup sûr un échec démoralisant et peu souhaitable pour vous qui débute, n’est-ce pas?

Un piège qui vous guette lorsque vous tentez de dessiner le visage, c’est la ressemblance! C’est comme un papillon de nuit qui voit de loin une source de lumière. Vous allez immanquablement à utiliser la finesse du crayon pour mettre l’accent sur les détails du visage que vous voulez dessiner. Que ce soit par des nuances en tons dégradés ou des lignes, vous perdez ainsi la vue de l’ensemble. Vous commettez alors la première erreur majeure de votre échec! ;-)

Sachez que les détails du visage que vous trouviez beau, à la rigueur, peuvent être servis comme de références. Pour autant que vous gardez en esprit qu’un portrait est un ensemble, pas une ligne sensuelle, un beau nez ou une mèche de cheveux gracieux.

En général, il n’y a pas de visages pareils, même pas pour des jumeaux. Pourtant, si vous feuilletez les livres qui relatent les secrets du dessin, on vous parle souvent des proportions, la distance référentielle entre les yeux, les oreilles, etc. Erreur numéro deux! Ne vous fiez pas à ces généralités qui font intervenir votre faculté de juger, de mémoriser, d’analyser au cours du processus de dessiner. Ces théories sont bonnes pour être enfermées dans un livre. Vous devez analyser ce que vous voulez dessiner, soit le visage, avant de commencer à dessiner. Quand vous vous mettez en oeuvre, vous devez traduire en lignes, zones et réseaux que vous voyiez sur le visage. Pas ce que vous pensez comprendre du « visage standard ». Vous ne réfléchissez pas à chacune de vos respirations, donc, apprenez à dessiner sans réfléchir! Si vous y tenez, faites-le avant ou après. Apprendre à dessiner un portrait réaliste, il faudrait être le plus possible, mécanique.

Dites-vous que votre main qui tient le crayon est l’extension de votre cerveau. L’art du dessin, c’est du travail. Habituellement, les muses vous rendraient visite que beaucoup plus tard. :-| D’ailleurs, ceci n’est pas une leçon de dessin. Ce sont des rudiments préparatoires à l’apprentissage du dessin de portrait. La vraie leçon du comment dessiner un portrait, réaliste ou autre, se trouve en vous!