Images et textes sur 'Femme et art'

 

Rencontre entre l’Orient et l’Occident

Mercredi 22 juillet 2009

Aujourd’hui, une rencontre entre l’Orient et l’Occident.

D’abord, connaissiez-vous l’histoire de Léda et le cygne? Un résumé pour ceux qui ne la connaissaient pas. Léda fut aimée par le dieu des dieux, le grand Zeus lui-même, qui se métamorphose en cygne pour la séduire. Ce fut un coup de foudre et un amour passionné dans lequel le désir divin rencontre la grâce! « Je te veux! Je ne te veux pas! »

Évidemment, cette histoire fait rêver de grands artistes, poussant ainsi les êtres à l’imagination fertile et féconde à exagérer et à repousser les limites de l’acceptable de leur époque. Da Vanci, Véronèse, Tintoret, Boucher et autres ont tous matérialisé à leur manière le fantasme que le commun des mortels n’ose point à extérioriser avec tant d’aisance.

Voici la version la moins osée, faite par François Boucher.

Léda et le cygne, par François Boucher

Le petit billet d’hier nous a conduits à faire quelques recherches plus poussées. Nous avons appris que la peinture que Guan a empruntée comme toile de fond est vieille de plus de mille ans. Son auteur est un peintre chinois célèbre qui s’appelle Zhou Fang (618-907). Dans la transcription graphique faite par Guan, la grue à tête rouge a été déplacée.

Voici l’inévitable question: la grue à calotte rouge portait-elle un symbolisme dans cette peinture chinoise ancienne?

Femmes aux fleurs, Zhou Fang

Malgré l’éloignement des deux cultures, existe-t-il une certaine similitude entre le cygne de Léda et la grue de ces femmes chinoises aux fleurs? Heureusement que Guan n’est pas un Français, sinon, nous aurions pu croire que cette grue est un clin d’oeil de l’artiste, en flanquant à la droite de son tableau cette femme à moitié nue, fort bien modelée.

Voyez-vous, celui qui regarde un tableau peut voir plus que le tableau en contient.

Femmes chinoises… de l’art chinois

Mardi 21 juillet 2009

Aujourd’hui, une peinture de dialogue… entre deux représentations de femmes orientales; entre l’aplat et le modelé; entre un art chinois ancien reproduit comme fond pour faire moderne et un art chinois aux accents contemporains, mais qui demeure assurément académique. On dirait qu’il y a une harmonie orientale dans le savoir-faire.

Il y a ces journées où nous nous disons que la prudence s’impose. Comme là, faudrait-il étaler nos vagues pensées sur cet art que l’on qualifie de l’art contemporain chinois? Devrions-nous rester objectif et voir cette peinture avec un regard détaché, peut-être même à emprunter un ton plus analytique? Ou encore, soyons tout simplement aigres-douces !?

- Euh… Bon ben, voilà tout!

- Ah oui! Qui est l’artiste? Guan Zeju.

En passant, nous avons choisi ce tableau de Guan pour la dialectique de son propos artistique et ce, même si son vocabulaire visuel est sans surprise, mais son ambiguïté est certaine.

Deux femmes chinoises

Matriarche des Balkans

Lundi 20 juillet 2009

Aujourd’hui, nous aurions pu changer de thème en vous placotant du 40e anniversaire du premier homme sur la Lune. Mais nous décidons de poursuivre ce fil d’idées sur les seins nus.  Si la sensualité peut vendre aux touristes des voyages en France, elle sera assurément bonne pour susciter l’intérêt général… non? ;-)

- Bon, d’accord. Nous exagérons un tantinet.

Elle s’appelle Marina Abramovic. Elle met son corps au service de son art depuis plus de 40 ans. L’obsessivité de cette passion viscérale pour la prestation artistique corporelle a fait d’elle sans aucune doute l’artiste par excellence de l’art performance. Elle est la Matriarche du Body Art.

Seins nus dans les Balkans
Image : Marina Abramovic ©

Marina Abramovic, Grand Prix de la Biennale de Venise en 1997, emploie abondamment la sexualité à travers des histoires de rites et de cultures païens balkaniques. Cette photographie est tirée de son oeuvre intitulée « Balkan Erotic Epic » dans laquelle l’artiste accompagnée d’acteurs costumés folkloriques interprètent des rites et légendes. L’artiste célèbre à travers ses performances la culture populaire des Balkans, le mythe du pouvoir de la sexualité et la tradition agricole païenne, d’une manière à la fois personnelle et archétypale.

À découvrir les nombreuses histoires racontées par l’artiste à propos de l’usage de l’érotisme et de la sexualité dans la vie quotidienne de couple, qui passe par la fertilité aux rites agricoles. Toujours au sujet de ses performances « Balkan Erotic Epic », dans une danse du Soleil, si si! Des villageoises couraient dans les champs, sous la pluie, levaient leurs jupes en montrant leur sexe pour effrayer les esprits de la pluie; des hommes « fécondaient » la terre pour favoriser des récoltes; une mère protège son enfant contre les mauvais esprits en enduisant le visage de l’enfant avec… Bref, si vous vous considérez apte à voir cet art singulier, par ici et ce, sans avoir à vous procurer un compte d’utilisateur chez Dailymotion pour prouver que vous êtes une personne majeure et vaccinée.

Le contenu du vidéo est osé, nous préférions vous le prévenir.

Déjouer les photos radars !

Dimanche 17 mai 2009

Est-ce une voiture invisible pour déjouer les photos radars qui sont sur le point de faire leur rentrée au Québec?

- Ben non, rien de cela.

Nous avons ici un joli visage de jeune fille, mais aussi une vieille idée de l’omniprésence — rendre les choses invisibles; une image unidimensionnelle, oeuvre sans substance; une technique de camouflage à peaufiner; un gros buzz sur le net; un coup de marketing bien réussi. Peut-être, une petite chose à noter, cette image a un schéma semblable à celle de la petite fille de désastres.

Déjouer les photos radars

À retenir cependant son nom : Sara Watson, 22 ans, étudiante en art plastique à l’Université de Lancashire.

- Mais pourquoi? Parce que.

- Au cas où la vie nous contredirait. :-|

« Je travaillais sur le concept de l’illusion, mais j’avais besoin de quelque chose de gros pour créer un véritable impact. Les gens s’arrêtent dans la rue pour regarder, s’approcher. Certains sont même presque entrés dedans. Elle a eu l’effet que j’espérais. » a expliqué Sara Watson au Telegraph.

Judith à la scie sauteuse

Dimanche 19 avril 2009

Un petit post dominical d’allure macabre… néanmoins artistique. Que l’on vous le dise, la scie sauteuse est un outil dangereux qui ne convient pas à toute la gent féminine…  Messieurs, éloignez-vous ou mettez un protège-cou! ;-)

Judith à la scie sauteuse

Judith, héroïne israélite et mythique, un thème autrefois prisé qui a perdu sa valeur symbolique et religieuse de nos jours. De temps à autre, nous voyons quelques artistes de notre époque qui revisitent des sujets bibliques, avec un regard nouveau. Ici, une Judith à la scie sauteuse, non dépourvue d’émotion, mais un peu à la manière du légendaire Jason Voorhees à la machette. Une finalité sans autre raison.

Cette oeuvre de la série Judith de Kosta Kulundzic relègue, en quelque sorte, l’imagerie classique de Judith sauvant son peuple sur le plan de la perception de relation homme/femme et de l’expression artistique de l’artiste, celle d’un piège mortel, une tueuse sublime … celle qui crée le désir et impose la distance avant de tronçonner. (Kosta Kulundzic)

Femmes – entre leur émancipation et leur liberté intellectuelle

Dimanche 8 mars 2009

Cette année, pour souligner ce 8 mars – journée internationale des femmes : deux passages sur l’émancipation et la liberté intellectuelle, extraits d’un célèbre livre écrit lors de la dernière crise économique que notre monde a connue, par une femme de lettres anglaise et féministe; et un tableau peint de cette même époque, par une femme artiste-peintre américaine.

Femme et art

[...] vous pouvez me reprocher d’avoir fait la part trop grande aux choses matérielles [...] Ce sont des faits terribles, mais regardons-les en face. [...] le poète pauvre n’a pas de nos jours, et n’a pas eu depuis deux cents ans, la moindre chance de réussite. Un enfant pauvre en Angleterre n’a guère plus d’espoir que n’en avait le fils d’un esclave à Athènes de parvenir à une émancipation qui lui permette de connaître cette liberté intellectuelle qui est à l’origine des grandes œuvres. C’est cela même. La liberté intellectuelle dépend des choses matérielles. La poésie dépend de la liberté intellectuelle.

[...] me souvenant de l’amertume des jours passés, quels changements un revenu fixe peut opérer dans un caractère! Aucune puissance de ce monde ne peut m’enlever mes cinq cents livres : nourriture, maison et vêtements, je les possède à jamais. C’est pourquoi il n’est plus question d’effort et de peine, mais aussi de haine et d’amertume. Je n’ai plus besoin de flatter qui ce soit; personne ne peut plus rien me donner […] ma peur et mon amertume disparurent et je connus cette délivrance majeure qu’est la liberté de penser aux choses en elles-mêmes.

Virginia Woolf, Une chambre à soi et Tamara de Lempicka, Andromède.

Comment mettre les hommes à ses pieds

Dimanche 8 février 2009

Toujours dans cet élan Saint-Valentinnien, aujourd’hui, encore quelques lignes de ce poète mystérieux d’antan. Alors, rappelez-vous de son nom? ;-)

Pour accompagner cet autre billet sur l’art d’aimer ou comment mettre les hommes à ses pieds, nous vous proposons deux images thématiques sur l’éloquence du pouvoir féminin : du moderne au classique, sur la trame de ce texte antique.

En voici la première, une pub quelque peu placide malgré cette trainée de corps, de chair… de Ken – the Original Boy Toy qui nous a inspiré le titre de ce billet. La seconde, un peu plus loin, du grand Ingres.  Aux intéressés, si vous étiez de passage dans la ville de Québec cet été, n’oubliez pas l’exposition « Ingres et les modernes »

Comment mettre les hommes à ses pieds

Bon, maintenant le texte pour mettre les hommes à vos pieds, Mesdames!

Ce qui est caché reste inconnu; ce qui est inconnu ne peut provoquer aucun désir. Vous ne tirerez aucun profit de votre joli visage, si vous ne le montrez à personne. […]

Il est utile pour vous, jeunes beautés, de vous mêler à la foule. Ne restez pas confinées chez vous. Une jolie femme doit se montrer en public, car c’est là qu’elle trouvera celui qu’elle séduira. Soyez avide de plaire et partout où vous passez, appliquez-vous à faire valoir vos charmes.

Le hasard joue partout un grand rôle. Même dans les eaux que vous croyez les moins poissonneuses, laissez quand même prend l’hameçon, car il y a toujours un poisson à prendre. Il arrive souvent qu’après que les chiens ont couru en tous sens, en vain, les bois de la montagne, le cerf vient de lui-même se jeter dans les filets. Qui moins qu’Andromède attachée sur son rocher pouvait espérer séduire quelqu’un par ses larmes? Et cependant, un jour Persée vint la délivrer. C’est souvent aux funérailles d’un amant qu’on en trouve un autre. Une femme en deuil qui s’avance, toute éplorée et les cheveux dénoués, est en effet parfois bien séduisante.

Malgré ses deux mille ans, ce texte conserve toute sa fraicheur surprenante et charmeuse. Du machisme euphémique, du féminisme pragmatique, du coaching pour une émancipation féministe. Voilà, Mesdames, que revendiquez-vous de plus si tous les hommes sont déjà aux pieds de votre pouvoir?

Ah! Ça ira, ça ira, ça ira.  :?

Andromède, rêve d’une femme

Comment écrire une lettre d’amour

Samedi 7 février 2009

Si vous vouliez vraiment toucher quelqu’un. Lui envoyer une lettre!

Aujourd’hui, dans cet autre post d’Avant Saint-Valentin, l’art d’écrire des lettres d’amour… SVP! N’essayez pas d’arracher vos yeux à décortiquer les mots d’amour contenus dans cette autre pub de Saatchi & Saatchi.

Mais cette image-là, elle est géniale, n’est-ce pas?

comment écrire une lettre d'amour

Bon, avant d’entrer dans le vif du sujet d’aujourd’hui – comment écrire une lettre d’amour. Une question s’impose : vous est-il arrivé un jour de trouver dans un bouquin, de façon anodine, une de vos idées que vous n’avez pas partagé avec quiconque, exprimée dans des mots encore plus justes que votre obscure pensée enfouie?

Voilà, tout à l’heure, nous recherchions parmi nos humbles étagères de livres, quelques paroles sages d’illustres auteurs sur l’art d’écrire des lettres d’amour, nous sommes tombés sur un petit bouquin un peu coquin que nous ignorons même son titre. Au hasard, nous sommes tombés sur ceci : Je vous conseille, jeunes gens, de prendre des cours de dictions et d’éloquence. Non pas tant pour devenir avocat et défendre devant un tribunal des accusés tremblants, mais parce que la femme – encore plus que le peuple, les juges ou les parlementaires – est sensible à l’éloquence et de laisse vaincre par de belles paroles.

Vous en voulez un peu plus? Voilà! Vous acquiescez d’un signe de tête. Bravo! Quelle perspicacité! ;-)

Le texte intitule « Les billets doux et les mots tendres » :

C’est l’écriture qui doit être le premier véhicule de ton désir. C’est par lettre d’abord que tu dois adresser tes compliments, tes mots d’amour, tes serments et prières. Ne sois pas chiche de promesse : elles ne coûtent rien. En promesses, n’importe qui peut être riche. L’espérance, du moment qu’on y ajoute foi, dure longtemps : c’est une déesse menteuse, mais bien utile.

[…] Mais soyez discrets dans vos effets. Évitez le bavardage et la pédanterie. Il faut être stupide pour se mettre à déclamer devant sa tendre amie.

Il en va de même quand on écrit. Souvent le style ampoulé d’une lettre suffit à en faire détester l’auteur. Il convient avant tout d’être naturel : n’emploie que des mots usuels – ils n’en seront pas moins tendres – de sorte qu’en te lisant on ait l’impression de t’entendre parler.

Même si elle te renvoie ton billet sans l’avoir lu, garde l’espoir qu’elle le lira une autre fois et persévère dans ton entreprise.

[…] Voilà que la belle a lu ton billet, mais elle ne veut pas y répondre : eh bien! ne lui fais pas violence. Arrange-toi seulement pour qu’elle lise bien jusqu’au bout toutes les tendresses que tu lui écris. Car, après avoir lu, on a toujours envie de répondre : petit à petit tu en viendras ainsi à tes fins. […]

Fin pour ce post sur comment écrire une lettre d’amour. :D

Femme fatale

Samedi 3 janvier 2009

Aujourd’hui, nous vous présentons des femmes fatales en images. Olé!

Toujours sous l’effet magique du chevalet. Notre œil d’artiste, aiguisé; notre esprit d’artiste, épuré; notre cœur d’artiste gagne en compassion, sans compter que notre cerveau d’artiste revigore. En ce début du nouvel an, nos sens sont en effusion. Nous sommes enfin prêts pour aborder ces histoires sulfureuses.

Mais, pas trop! Comme diraient des sages, la modération a bien meilleur goût. Donc, trois femmes fatales pour le moment. Elles sont de cette race de pompette voluptueuse, de princesse guerrière sensuelle ou encore de Pin-up girl mystique. En les fréquentant, des pauvres hommes de l’autre époque en perdaient leur tête.

De l’attraction charnelle et fatale! 8O

Femme fatale - Judith

La première femme fatale, Judith. Une jeune veuve d’une beauté exquise.

Pour défendre son pays, elle se faisait introduire, bien entendu, par ruse et charme auprès d’un général un peu tapon des Assyriens, Holopherne. À peine quelques jours de fréquentation, elle parvenait à trancher la tête d’Holopherne ivre mort après un banquet bien arrosé. Holopherne voulait juste faire chiqua chico chiqua boum avec cette femme qui le médusait. Mais quelle insouciance de la part d’un général qui ne savait pas comment se protéger! Pas d’eunuque, ni de garde pour faire dodo avec une femme vient du camp de l’ennemie.

Judith et Holopherne, un tableau peint par une femme artiste de la Renaissance, Artémisia Gentileschi. Cette scène violente, sanglante et cette Judith en femme forte sont bien loin du texte de l’Ancien Testament.

Femme fatale - Salomé

La deuxième femme fatale, Salomé. Une adolescente au corps de déesse émancipé, d’une beauté sans égale.

Elle dansait probablement comme une Britney Spears dans Baby One More Time devant son beau-père, un tétrarque de Galilée et de Pérée de l’Empire romain. Celui-ci, complètement subjugué par la danse, lui disait devant ses convives : « Ma chère enfant, demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. » Probablement, lui aussi, ivre et charmé par un corps pubère et émancipé de Salomé, il en rajoutait : « Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume.  »

Mais, qu’il est con?! Ou, quel rusé! … comme celui qui se lave les mains. :mrgreen:

La jeune Salomé se vantait probablement d’un air coquin auprès de sa mère du pouvoir de séduction de son corps Pin-up girl : « Maman, que demanderai-je? » La mère, une femme divorcée et remariée. Son mari déchu fut nul autre que le demi-frère du tétrarque.  Deviner quoi?  Selon les moeurs de cette époque, ce mariage adultère est inacceptable, sermonné et désapprouvé par Jean-Baptiste, the Superstar Precher de Galilée. Devinez la suite? Ce fut un prédicateur au cachot sous l’ordre du tétrarque.

La mère de Salomé qui voulait tuer Jean-Baptiste aurait dit à la jeune fille : « Demande-lui la tête de Jean-Baptiste sur un plateau. »

Il existe d’innombrables tableaux sur ce sujet depuis que la peinture a été inventée. Vous saviez, lorsque vous mettez un artiste devant son chevalet, avec une telle histoire : une jeune beauté ravissante, la danse, le pouvoir, la religion, le complexe d’Œdipe et tout et tout. Ça stimule la créativité!  Nous avons choisi cette scène funeste peinte par Lovis Corinth.

Mais pourquoi Corinth, Artiste?

D’abord, c’est un très bon tableau. Ensuite, pour souligner cette attitude insolente et révoltante que les gens ont avec la vie des autres. Mais, aussi pour Lovis Corinth, l’un des artistes méconnus qui a noblement fait avancer la cause de la peinture figurative à la fin du 19e et au début du 20e : un propos pictural raffiné, cru et sans artifice.

Femme fatale

Finalement, la dernière femme fatale pour aujourd’hui, Dalila. Celle qui a coupé les longues tresses de Samson dédiées à Dieu.

Dalila rendait ainsi ce géant impuissant de sa force légendaire, alors qu’il dormait paisiblement près d’elle après une folle nuit d’amour. Paf! On lui crève un oeil et tant de atrocités sur ce beau de corps aussi tôt les mèches coupées. Il est réduit en prisonnier et esclave. Voilà pour cette triste histoire de quelques nuits torrides entre Samson et Dalila.

Nous avons choisi un tableau signé Rubens. Mais pourquoi Rubens, demandez-vous ;-) sans doute.

Parce que le tableau est d’une qualité douteuse, signé Rubens.  Si l’intensité, la composition et les couleurs de Rubens sont au rendez-vous, l’exécution est bâclée. Regardez le positionnement du bras de Samson, il donne cette impression qu’il y a une distance d’un pied entre ce bras et la jupe. Nous avons bien dit la jupe, par gentillesse. Car la cuisse de Dalila est carrément absente sous cette draperie, sans parler de ces mains de bucheron de Dalila et ces pieds, disloqués et difformes. Probablement à cause d’une promotion de quelques apprentis encore incompétents, à moins que ce soit le Maître obnubilé par le pognon, à en manquer de jugement?

Le capitalisme culturel, la spécialisation de la production et le principe de Peter ne sont pas des inventions du XXe.

Bague Chaumet

Lundi 24 novembre 2008

Les symboles sont importants, ça fait une différence capitale avec ou sans bague Chaumet sur l’annulaire. Semble-t-il que ce n’est pas seulement en art que les symboles sont importants. C’est le cas aussi en politique : l’image du Père, les objets de richesse, le rôle de mère, le mariage… traditionnel, etc.

Bague Chaumet

Si vous n’avez jamais vu une bague Chaumet. C’est joli, n’est-ce pas? Un très bel objet à offrir en cadeau ce Noël. Cette bague figure ci-contre, en or gris, incrustée de diamants, avec deux liens en forme de X, pavés de diamants. Semble-t-il assez dispendieux.

Une bague Chaumet sur un doigt a une signification profonde. Car cette bague Chaumet est l’objet de la polémique en France depuis quelques jours. Si vous n’avez pas encore entendu parler de cette histoire. En voici le résumé :

Le 19 novembre, Le Figaro publie un entretien avec la ministre de la Justice, Rachida Dati, qui répond aux 534 magistrats ayant signé un texte de protestation contre elle. Le célèbre journal français publie une photo de Madame la ministre. Mais on a pris soin de supprimer la bague Chaumet qu’elle porte.  Eh oui, encore une affaire de photoshop! Mais, pourquoi fallait-il publier cette photo-ci et pas une autre? :-|

Bague Chaumet de Rachida Dati

Du coup, une bague Chaumet sur un doigt de ministre, ou sans bague devient un intérêt public.

Semble-t-il, Rachida Dati est souvent critiquée par une partie de l’opinion publique française pour son goût du luxe, mais aussi, assez ou trop proche du président Sarkozy. De plus, Madame va bientôt accoucher, mais toujours célibataire de son état. Cela signifie bientôt une mère monoparentale. À bien y penser, c’est une charge sociale accrue pour la France. Toujours selon les grands quotidiens français, une autre partie de l’opinion publique française cherche encore et toujours à savoir qui est le père de l’enfant à naître. Sans doute, on tient à coeur que cet enfant ait un modèle paternel.

Mais nous nous demandons si c’est un désir profond du bon peuple, ou bien c’est la presse française qui tient à coeur de bien informer son peuple l’état de Madame Dati. Mais, soyons pragmatique! Dirait l’une de nos amis. C’est le résultat qui compte.

Une bague Chaumet sur l’annulaire d’une Ministre bientôt mère célibataire que l’on ne connait pas encore le nom du père de l’enfant, c’est trop symbolique au pays de Voltaire.  Une chance que Voltaire est déjà dans sa tombe depuis longtemps. Sinon, il s’y retournerait en TGV.

Voici un tableau célèbre comme conclusion, « Les Époux Arnolfini », peint en 1434 par Jan Van Eyck.

Les Époux Arnolfini

« Le couple d’époux » de Rembrandt aurait été un bon choix. Mais après mûre réflexion, de quelques secondes, le tableau nous semble trop moderne et trop peu de symboles pour accompagner ce billet. Dans le tableau de Van Eyck, tout est là : La femme semble porter un enfant. Mais, son époux légitime est présent. Des témoins devant eux. Regardez bien, ils sont dans le miroir décoré de médaillons représentant la passion du Christ.

Vous ne les voyez pas… Pas grave, croyez-nous sur parole! Donc, Dieu et ses témoins sont là.  Le père, la mère et l’enfant à naître, l’ami fidèle de l’homme, tout le monde est là. N’est-ce pas beau? ;-) Bonne semaine!

Femme orientale d’Halloween

Vendredi 31 octobre 2008

Décidément, pour ce petit billet thématique anodin d’Halloween de l’autre jour, nous n’avions ni attente, ni espérance, mais nous avons reçu un commentaire, de l’un de nos fervents supporteurs de la blogosphère et deux courriels provenant d’ailleurs qui nous demandent le sens du mot « maniérisme ».

Wow, nous sommes touchés et émus!

Voyez-vous, ça ne prend pas grande chose pour émouvoir des artistes méconnus. Vous achetez l’une de leurs oeuvres pour une bouchée de pain, vous être automatique mécène.  Tenez, nous sommes ainsi condamnés au dépassement : voilà, un autre billet sur Halloween.

Dans le but d’illustrer le maniérisme en réponse des courriels de Cylon et de Mykko, voici l’image artistique d’une femme orientale d’Halloween. C’est bien simple, voyez-vous sur cette image de femme orientale d’Halloween… à la Madame Buttefly?

… Qui est Madame Buttefly? Ô boy! Laissez faire la Madame! ;-) Regardez juste l’image : tout est là, les caractéristiques du maniérisme.

Le maniérisme est un mouvement artistique de la Renaissance. Tout juste après les Da Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Botticelli et autres, des jeunes artistes de cette époque étaient tellement écoeurés par l’art de leurs aînés.  Ils voulaient quoi de nouveau. C’est normal. À chaque époque, il y a des artistes qui cherchent à « dépasser » leurs prédécesseurs comme à chaque génération, on essaie de refaire le monde. C’est comme ça. Faut pas chercher à comprendre. Ça fait partie de notre humanité.

Femme orientale d’Halloween

Donc, les artistes maniéristes cherchaient à rompre délibérément avec l’art de la Renaissance. L’art qui appuie sur des principes comme l’exactitude des proportions, l’harmonie des couleurs, la perspective de l’espace ou l’espace euclidien, etc.

En d’autres mots, on avait marre d’imiter la nature. On cherchait à produire un effet artistique nouveau qui suscite l’émotion. Exactement comme des ados qui en ont marre des principes de leurs parents.

Alors, Cylon et Mykko, l’image de cette femme orientale d’Halloween vous aide à comprendre le maniérisme?

- On imite encore la nature, mais on exagère certaines propositions.
- On introduit une dimension imaginaire dans l’oeuvre et la distorsion dans l’imitation.
- On exagère la tonalité des couleurs pour s’éloigner de l’imitation de la nature.

Voilà.

Et la mâchoire du crâne de la femme orientale? Ça, c’est pour la thématique d’Halloween.  ;-)

Artiste amoureux et persévérant

Dimanche 22 juin 2008

L’artiste portraitiste anglais, Craig Wylie, a décroché le Prix du Portrait 2008 de la National Portrait Gallery de Londres et une somme de £25,000. Il lui a fallu six tentatives pour gagner enfin ce prix tant convoité. Un fait inusité : depuis six ans, Wylie a soumis à ce même concours six portraits de sa petite amie, Katie Raw. Un vrai artiste amoureux et persévérant.

L’œuvre gagnante intitule « K ». Elle est la troisième version du même portrait. Si vous trouvez que la femme du peintre un peu moche sur le tableau. Vous n’êtes pas le seul! Puisque le modèle… le pense également. Mme Raw, une attachée de presse du Tate Moderne de Londres déclare que l’œuvre gagnante est basée sur une photo d’elle à la fin d’une journée quand elle revenait du travail. Elle avait faim et froid. Vraiment pas facile la vie de femme d’un artiste méconnu. Quant à l’artiste, on lui dirait : Franchement! On ne prend pas sa femme en photo quand elle n’ a rien sous les dents, surtout après une dure journée de labeur. ;-)

Artiste amoureux et persévérant - Craig Wylie

Toutefois, la douce moitié de Wylie trouve que le travail de ce dernier est « honnête » et qu’elle se sent toujours « dévoilée » dans les tableaux de Wylie, particulièrement dans celui-ci. Elle trouve que son artiste amoureux a capté quelque chose d’elle qui n’a pas encore été dévoilée. Cela est fantastique, à son avis.