Images et textes sur 'Femme et art'

 

Les yeux de vieux

Dimanche 15 mai 2011

Yeux de vieux et le vert

En vieillissant, on voit les choses invisibles à nos yeux quand on était plus jeune. Se pourrait-il que ce soit à cause de la lenteur? On dirait aussi qu’on ne se gêne plus et on prend le temps pour dire les choses, ou à rien dire.

Des choses géniales deviennent banales et parfois l’insignifiance prend le devant en murmurant : taisez-vous.

Tenez, le printemps, la période de l’année durant laquelle on ne découvre pas d’un fil et en intervalle de quelques jours, on peut tout enlever quand le mois de mai se pointe le nez.

Le vert luxuriant qui ne cesse nous étonner. Peut-être, le vert, c’est plus doux pour les yeux de vieux. À moins que le contraste complémentaire vert-rouge ait trouvé son juste milieu, le vert pour son effet rétinien, en douceur et la passion rouge trouve son refuge mental. Les vieux voient quand ils regardent dedans.

Picasso et la représentation de la femme

Mercredi 9 mars 2011

picasso et représentation de la femmeCette œuvre est adjugée pour 106,4 millions de dollars chez Christie’s à New York en 2010.

Elle est intitulée « Nu au plateau de sculpteur » et fait partie d’une série de portraits de Marie-Thérèse Walter que Picasso a peints en 1932. Un nu – sa muse, un buste et une plante verte à l’image des trèfles.

Pourquoi parler de ce tableau avec une photo en noir et blanc?

D’abord, ce tableau de Picasso est exposé en ce moment au Tate Moderne de Londres. De deux, à vous montrer une image à voyager dans le temps… en 1932, Picasso avait 45 ans et sa maitresse, dans la vingtaine. De trois, sans nous joindre au concerte d’acclamation habituelle du génie lorsqu’on parle de Picasso, mais qui est souvent vide de sens comme dans : C’est une peinture remarquable et je suis ravi que grâce à la générosité de son propriétaire, nous soyons en mesure de la montrer pour la première fois au public britannique. ;-)

Ce que nous pouvons dire compte tenu du billet d’hier, à l’époque où Picasso a peint cette Marie-Thérèse Walter nue, elle était une jeune beauté à l’image de cette jeune femme de 23 ans sur la page couverture du Magazine Sports Illustrated 2011; la représentation de Marie-Thérèse Walter dans le tableau se ressemble plutôt à la Vénus de Lespugue. L’extraordinaire de l’art de Picasso qui mérite de souligner se trouve dans cette dimension intemporelle de la représentation de la femme. Nous ne parlons pas de l’esthétisme, le beau ou encore la laideur. La pub est souvent l’idéalisation d’une réalité inaccessible à la majorité, aussi la raison d’être même de la pub. Une grande œuvre, elle contient une part de réalité, une part de nouveauté et surtout, une intemporalité pour éviter que l’œuvre subisse le sort de la dévastation du temps… mal vieillir ou démoder.

Et ce « Nu au plateau de sculpteur », est-ce une grande œuvre? Il reste bien d’autres aspects à évaluer… un tableau à 106 millions n’est qu’une appréciation du marché financier.

Picasso à Londres

Représentation de la femme

Mardi 8 mars 2011

En ce jour international de la femme, des droits de la femme ou des femmes… nous ne savons plus laquelle de ces appellations est juste.  Nous jonglons. Avant tout, deux représentations de la femme pour souligner cette journée qui symbolise l’émancipation des femmes modernes.

En fait, c’est une représentation de la femme préhistorique et une image de la femme de nos jours, largement véhiculée dans l’imagerie publicitaire.

Bon, nous sommes conscients que ça pourrait choquer certains d’accompagner ce billet de ce 8 mars d’une Pin-up. Mais imaginons dans quelques centaines d’années, lorsque l’on regardera les images de femmes de notre époque, que verraient-ils nos descendants?  Un peu comme nous qui regardons cette copie de la Vénus de Lespugue… avec une sorte de incompréhension mêlée à une compréhension approximative… Voilà pour l’art de la représentation de la femme.

Pour les intéressés, la tête d’affiche de l’édition Sports Illustrated 2011 s’appelle Brooklyn Decker, 23 ans.

Femme en 2011femme préhistoire

Se défendre contre Amour

Dimanche 13 février 2011

Jeune fille se défendant contre ErosJeune fille se défendant contre Éros… ou contre Amour. ça pourrait être une scène de genre intitulée Soeur ainée jouant avec son petit frère. Le seul hic, ils sont nus.

Une peinture de la fin 19e siècle, par Bouguereau. Une autre courante artistique de cette époque: un académisme suave, mais un art pratiqué avec justesse et acuité.

Comme notre monde a tant parlé des artistes du mouvement Impressionnisme les dernières décennies, cela donne cette impression qu’autres que les impressionnistes, les autres préoccupations du monde artistique du 19e semblent être vieillottes, dépassées et sans intérêt. Pourtant, l’imagerie destinée au grand public de notre temps s’inscrit plutôt dans la continuité de cet art dit académique que celle de l’Impressionnisme.

Jeune fille à la marmotte

Vendredi 4 février 2011

Jeune fille à la marmotteEn parlant de la marmotte et de la prédiction de la fin d’hiver, cela nous fait penser à cette petite peinture de Fragonard, la Jeune fille à la marmotte.

Une oeuvre sans grande importance, peinte avec de jus de pipe que les peintres qualifient de cette brun commune – de la Terre de Sienne brulée mélangée au médium à peindre – préparation à base de liant et diluant pour modifier la consistance de la peinture.

Cette jeune fille à la marmotte n’a donc ni de valeur artistique extraordinaire, ni de charge émotionnelle à couper de souffle. L’oeuvre est pourtant répertoriée et citée. Selon nous, cela est dû à la marmotte, cette marmotte presque invisible sinon en mot et grâce au titre du tableau.

À moins qu’elle a aussi vu son ombre… ;-)

Peindre est comme toute action humaine, si l’action n’inscrit pas dans un schéma que les autres puissent reconnaître, on s’engage dans un monde désertique où le buisson ardent n’est réservé qu’au rare prophète. Prêcher seul dans le désert, ça doit être terrible… sauf si l’on aime d’être seul.

Comme Fragonard est un coquin de sa nature d’homme, il a donc peint au service des hommes avec ses mille et une jeunes filles dans leur état de grâce. Il est vrai que c’est plus noble et savant de parler le médium à peindre de Fragonard, de ses couleurs pastels, de ses touches… alors que c’est la vie que l’on doit s’intéresser en première, avant tout art.

Voilà tout pour la marmotte et l’amour pour la vie libidinale… et artistique de Fragonard en ce jour 4 du mois de l’amour.

Tiepolo et trois femmes sensuelles

Mercredi 5 janvier 2011

Tiepolo, trois femmes sensuelles du siècle des Luminières

Femme, TiepoloUn complément du billet d’hier, des désirables et sensuelles femmes selon le célèbre artiste vénitien de l’Europe des Lumières, Giovanni Battista Tiepolo ou Giambattista Tiepolo. En français, c’est Jean-Baptiste Tiépolo. La France, maître du vieux continent il y a quelques siècles passé, a tout francisé. Un jour, tout se chinoiserait ou indiennariserait. Bon, si nous réfléchissions deux secondes… hé bien, peut-être pas. Car les cycles économiques accélèrent et ils sont plus en plus brefs. Les Chinois et les Indiens n’auraient pas le temps en leur faveur. Sans le levier économique, point d’empire, adieu la Femme de l'époque Rococorègne culturelle.

Bon, revenons à nos occupations d’artiste!

Voyez-vous, à l’autre époque, on a du « temps » pour élaborer tout un jeu de signes de mains et de jambes quand on peignait des femmes sensuelles et désirables. Un langage complexe et élaboré. Dans les Pin-up de Sundblom, les croisements de jambes se codifient. Plus rien de ces théâtralités au style rococo. Maintenant, fermez vos yeux deux secondes et voyez dans la noirceur de votre esprit lucide les défilés de mode de nos jours. Alors? Ces déhanchements de longues Rinaldo et Armida, une série de tableaux de Tiepolo jambes… Monsieur Sundblom et ses acolytes ont grandement contribué à la définition du modèle actuel de sensualité féminine.

Pour terminer, ah, c’est ça! Nous avons presque oublié… le motif principal de ce complément de billet, les couleurs de Tiepolo et de Sundblom, combien elles sont lumineuses et sensuelles! Divin!

Quant à leurs touches lisses et fluides pleinement maitrisées, pour le moment, c’est impossible à vous les montrer. Il faut voir les oeuvres aux musées. La téléviseur ou l’écran d’ordi 3D peut résoudre cette difficulté. Il faudrait patienter encore… une question de temps.

De désirables Pin-up à la femme idéale

Mardi 4 janvier 2011

Une couple de rêve...  des années 50? Souveniez-vous de l’artiste américain Haddon Sundblom?

Ce nom n’est pas aussi connu des amateurs d’art tels que Picasso, Monet ou Rembrandt, mais les personnages de sa création ont assurément marqué plusieurs générations d’Américains, enfants et adultes. Nous avons parlé de lui il y a deux années passées… durant les fêtes de la fin d’année.

Sundblom est reconnu pour ses Pères Noël qui boivent du Coke. Il est aussi en quelque sorte le mentor d’Elvgren, en le prenant sous ses ailes pour travailler les pubs de Coca-Cola. L’industrie femme idéale des années 50américaine de l’art publicitaire avant et après guerre porte parfois de grands noms, mais il y a aussi des artistes de grand talent qui travaillaient ou maturaient dans l’ombre de leur mentor et parfois, ils émergent du halo éblouissant de leur ainé avec éclat. Nous revenons un peu plus tard sur les oeuvres coquines d’Elvgren, un vrai Fragonard ou Boucher du 20e. L’autre duo qui nous vient à l’esprit, le roi de l’Art Pop, Warhol et son protégé, Basquiat. Mais, pour aujourd’hui, nous vous faisons découvrir trois images de Pin-up et une scène romantique à la Sundblom.

Ne trouvez-vous pas ces jeux de jambes divinement peints? Ces coups de pinceau onctueux et lisses, ces couleurs rafraichissants et éclatants, c’est carrément du Tiepolo sans ses sujets historiques, mythologiques  ou du christianisme comme toile de fond, non?!

Voilà, de désirables Pin-up à la femme idéale, par l’un des plus célèbres peintres de Pères Noël – Haddon Sundblom, des images à vous rappeler Noël prochain quand vous attendrez en fil pour la séance de photos de vos enfants ou petits-enfants avec le vieux bonhomme joufflu qui fait des Hohoho! ;-)

Pin-up, par Sundblom Femme et son chien

Le corps d’une femme artiste

Mardi 21 septembre 2010

La première fois quand nous avons vu l’oeuvre de Jenny Saville, nous étions subjugués par la qualité de son travail. C’était en 2007, nous ne savions pas qui était Jenny Saville, nous ne connaissions pas son oeuvre autre que ce tableau vendu aux enchères pour $179,559, Étude de chair, simplement. Nous étions médusés pendant de longs moments devant cette étude de Saville. Si nous possédions cette somme d’argent, nous l’aurions acheté sans hésitation.

Trois ans plus tard, si nous ne pouvions utiliser qu’un mot pour qualifier son oeuvre, ce serait le mot « abandon ». Un abandon de son corps au profit de sa peinture; un abandon de censure pour une mise en accent de son corps, qui est loin des critères de la beauté idéale du corps de femme que l’on monte au public au grand jour; un abandon d’artifices visuels pour embellir; un abandon du soi, une chair qui déborde.

Dans les autoportraits de Kahol, il y a cette douleur qu’elle cherchait à illustrer, ce dedans à ouvrir et à extirper. Chez Saville, elle semble chercher à faire « transpirer » son être par la chair.

Autoportrait d'une femme artiste

Autoportrait de Frida Kahlo

Lundi 20 septembre 2010

Autoportrait Frida Kahol

Qu’est-ce qui pousse un artiste à faire des autoportraits? Dans le cas de Frida Kahlo, c’est sa condition humaine.

Atteinte par la poliomyélite à 10 ans, devenue handicapée de sa jambe droite atrophiée; grièvement blessée à 18 ans, abdomen transpercé, un grand nombre de fractures aux deux jambes. Le bassin, les côtes et la colonne vertébrale brisés. Mais c’est seulement un an après l’accident que l’on remarque qu’une de ses vertèbres lombaires est aussi fracturée. Alitée, Frida Kahl0 commence à peindre des autoportraits.

Femme de liberté, Frida Kahl0 est intéressée par la condition féminine et le sort des femmes, elle refuse une vie de femme traditionnelle mexicaine. Communiste à 21 ans, elle rencontre Diego Rivera, renommé muraliste. Mariée à celui-ci l’année suivante, mais Rivera l’a trompé peu de temps après leur mariage.

Elle a détesté son séjour aux États-Unis. Durant cette période, deux fausses couches et une décès, celle de sa mère. Pendant qu’elle est hospitalisée aux États-Unis, Diego Rivera a eu une liaison avec la soeur de Kaklo.

Malgré une profonde amitié entre elle et la femme d’André Breton et admirée par ce dernier, elle se défend d’être une surréaliste. Elle peint sa vie et non de rêves. Elle a d’ailleurs tout aussi détesté son séjour en France.

Nous terminons aujourd’hui avec les dernières lignes de son journal avant sa mort : On m’a amputé la jambe il y a six mois qui me paraissent une torture séculaire et quelques fois, j’ai presque perdu la tête. J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche, car je m’imagine que je pourrais lui manquer. Il me l’a dit, et je le crois. Mais jamais de toute ma vie, je n’ai souffert davantage. J’attendrai encore un peu…

Voilà, on peint et vit parfois pour les autres, mais au nom de soi-même. Frida Kahlo en a peint plusieurs autoportraits pour les autres en considérant sa propre condition humaine.

Femme et squelette

Samedi 18 septembre 2010

Lady Gaga et squelette

Femme et squelette

Deux versions de la redéfinition des limites.

Lady Gaga, véhicule d’excentricités qui a pour but de promouvoir une entreprise de divertissement lucrative que représente elle-même. Pour réussir, elle doit accaparer le temps d’antenne de la télé, attirer l’attention du public, soulever la foule par sa présence, être le focus des médias… faire parler le plus souvent que possible d’elle afin de ne pas se faire substituer par une autre vedette.

Marina Abeamovic, grand-mère de l’Art performance. Elle est intéressée par l’art qui dérange et qui pousse la représentation du danger. Et puis, l’observation de public doit être dans l’ici et maintenant. Garder l’attention sur le danger; c’est se mettre au centre de l’instant présent.

Lady Gaga à la viande

Jeudi 16 septembre 2010

Lady Gaga, Vogue Hommes JaponFin d’été 2010, l’artiste Pop de l’heure, Lady Gaga pose pour le magazine Vogue nippon pour hommes, presque nue, ornementée de quelques tranches de viande, fraichement dépecées et ce, sans doute photoshoppement rehaussées afin que la chair de la jeune dame soit tendrement délicate, et qu’elle réponde aux critères esthétiques de la région, et que les maigres tranches de viande qui couvrent celle-ci semblent de qualité supérieure et exquise, même si elles étaient mangées crue par un brave téméraire nippon, sa santé ne serait point en danger.

Bon, la deuxième image maintenant.

Toujours en 2010, dimanche dernier, Lady Gaga a été consacrée l’artiste de l’année et couvert d’honneurs aux MTV Video Awards, à Los Angeles. Sans doute pour une question d’auditoire de tout âge, elle s’est présentée cette fois-ci sous les feux de la rampe habillée d’une robe en viande, bien en chair. Si la chair semble de moins bonne qualité dimanche dernier, elle est plus vraie, plus coriace et plus sombre. Cependant, le scandale, il est de taille au pays de la Liberté.

Lady Gaga en robe de viandeLes défenseurs de la cause des animaux mal traités sont sur les dents… avec la Dame Gaga sous les dents. L’organisation internationale de défense des droits des animaux, PETA – People for the ethical treatment of animals, trouve que la jeune prodige dépasse les limites : « Peu importe que cela soit esthétiquement bien présenté. La viande crue représente la violence sanglante et la souffrance. »

Lady Gaga s’empresse de s’expliquer lendemain sur le port de la robe en viande, signé Franc Fernandez, mais elle s’est empêtrée dans des détours de sa pensée : « Je voulais dire que si nous ne prenons pas position pour nos convictions, si nous ne combattons pas pour nos droits, bientôt ils seront aussi réduits que cette viande sur nos os. »

Robe de chair, Jana SterbakPour terminer aujourd’hui, connaissez-vous l’artiste Jana Sterbak? Voici la troisième image.

C’était en 1987, un an après la naissance de Lady Gaga, Jana Sterbak a soulevé l’irrite du public canadien avec sa Robe de Chair, intitulée Vanitas, Robe de Chair pour Albinos Anorexique. Saviez-vous pourquoi le public canadien, pacifique et raisonnable, était hors d’eux-mêmes?

Parce qu’on trouvait le geste de notre Musée national d’Ottawa inconcevable de dépenser l’argent des contribuables canadiens pour subvenir une artiste et encourager la décadence du milieu des arts contemporains. Franchement! Une robe de viande. Ben voyons donc!

Et la morale de cette histoire? ;-)

Sans Photoshop, sans designer de renom, comment s’appelle-t-il encore celui-là? Ah! Franc Fernandez. Eh bien, c’est moche!

Bonne Fête des Mères

Dimanche 9 mai 2010

Mères

Un tableau, deux mères et trois âges, par Klimt.

Il y a la jeune mère et son enfant pour faire éloge à la beauté et à la jeunesse; il y a aussi son pendant pour le côté moralisateur de la vision du peintre, la vieille mère affligée symbolisant la déchéance du grand cycle de la vie. Voir la version intégrale des Trois âges de la femme.

Bonne fête aux Mères de ce monde!