Images et textes sur 'Femme et art'

 

Femme prenant le thé

Vendredi 20 novembre 2009

En voyant cette photographie il y a quelque minutes passées, nous nous sommes dits : mais quelle coïncidence!

Sans interdit, ni censure, dans un enchainement d’idées, nous avons pensé que la nudité de cette femme mûre est déplacée; la femme semble être saine d’esprit et épanouie; c’est provocant, mais la nudité n’est pas controversée; c’est de l’art; c’est du kitsch; la composition est réfléchie; il y a de la joie de vivre; c’est spécial de prendre le thé à poil; c’est du photo-roman osé; une mise en scène bien sentie, etc.

En fait, c’est une image de calendrier, semble-t-il.

Entre cette femme prenant le thé tout nu et le vieux couple de John Currin, il y a un point en commun : créer un effet d’étonnement, provoquer un malaise et engendrer un conflit dans la perception en utilisant l’âge des personnages pour suggérer des conventions sociales « bafouées ».

femme prenant le thé
Image : REX / SIPA

Portaits de Pauline Gagnon

Jeudi 8 octobre 2009

Quoi écrire… depuis quelques jours, nous hasardons comme vous pouvez le constater. En ce moment-ci, il règne un silence apaisant de fin de soirée, l’envie d’écrire n’y est pas. Quelques idées qui datent occupent notre esprit, mais il n’y a rien qui nous allume pour en faire un billet.

Pas d’étincelle, pas de feu lent. Nous cherchons.

Nous sommes partis à faire quelques manœuvres à l’atelier. Voilà. À nouveau de retour devant l’ordi pour faire quoi de valable. C’est la nécessité de la vie d’artiste qui impose le rythme par le temps qui court. Sans cette nécessité d’artiste, même étant propriétaires de ce blog, nous n’aurions rien fait ce soir. Finalement, ce est pas si mauvais d’être artistes même si nous vivons pauvres et mangeons maigre.

Avant-hier, nous avons fait une découverte par le biais d’un commentaire, de cette lectrice qui se nomme Marie. Bon, peut-être, c’est juste une passante qui arrive par hasard sur notre blog comme ces personnes qui se croisent dans la rue, au métro, dans le parc… Ça vous dit quoi, n’est-ce pas? De temps à autre, un regard, un signe de tête, peut-être, un bonjour ou un sourire à peine voilé entre deux passants. Un bref moment de rencontre, de vie. On s’éloigne le temps de passer l’un à côté de l’autre. La vie est ponctuée de ces brefs moments et, à chacun de ces moments, il y a un, deux ou plusieurs visages silencieux. Un à un, ils disparaissent aussi tôt. Ils s’effacent de notre mémoire temporelle.

Pauline Gagnon, peintre québécoise, une artiste collectionneuse de visages. Des visages pleins de mots silencieux qui témoignent des brefs moments de vie, mais figés pour longtemps. En voici quelques portraits de Pauline Gagnon que nous choisissons pour partager avec vous ce moment présent éphémère, grâce à cette Marie, à son commentaire.

Visage silencieux Portrait de femme, par Gagnon Portrait par Pauline Gagnon Face silencieuse, Pauline Gagnon, peintre québécoise
Images : Pauline Gagnon/Galerie Jamault

Masque de grippe et photo de femme

Samedi 26 septembre 2009

Tout peut être prétexte pour parler de l’art, seul le sens du mot « art » varie. Par exemple, qu’est-ce que le pouvoir? Est-ce la mise en place des institutions, le processus d’influence, l’instrument de la domination, le jeu de rapport de forces, l’exécution du mandat confié, la puissance de la multitude…

Au fait, de quoi voudrions-nous écrire aujourd’hui?

Il y a ces moments comme présentement, nous voulions simplement écrire quelques phrases comme «Ah la grippe, source d’inspiration infinie pour des artistes à la recherche d’un sujet porteur de l’expression de leur art… » et, en vous flanquant cette photographie de femme à la masque de l’artiste Andy Julia, tout en terminant le billet avec une phrase nulle, genre, « tout est prétexte pour utiliser la grippe A comme véhicule. »

En fait, en ce moment-ci, avec ce billet intitulant Masque de grippe et photo de femme.  Une p’tite voix fatigante dit : « Aille! Que faites-vous du sens et de la portée… »

Vous le saviez sans doute, il faut parfois simplement l’ignorer.

En passant, n’oubliez pas de cliquer sur le lien que nous avons placé sous le nom de ce photographe, le concept de mise en séquence d’images de Andy Julia est intéressant si vous vous intéressez à la représentation du « temps », aux images mentales et à l’oeil de l’artiste. Si vous n’êtes  pas intéressé à ces préoccupations formelles et abstraites d’artiste, ben, vous y trouverez quand même des photos de jolies femmes… peu vêtues.

Si si, nous ne parlons pas du voyeurisme. Sans blague, nous faisons référence à la pulsion de l’être humain qui tente de se rassurer, de sa propre normalité en observant d’autrui.

photo, masque, grippe, femme...Image : Andy Julia, photographe contemporain

Seins nus : Hier et aujourd’hui

Lundi 7 septembre 2009

Un retour sur les photos de seins nus pour la cause du cancer du sein.

On nous apprenait hier qu’un autre magazine, cette fois-ci, du côté de la France, le magazine féminin Marie Claire nous réserve eux aussi, un spécial de dix vedettes françaises posant seins nus contre le cancer. Le numéro est titré : « Elle va montrer ses seins, elle va sauver sa vie ».

Incroyable, n’est-ce pas? Les idées novatrices fusent.

Comme vous êtes des amateurs d’art et non des voyeurs… vous êtes sans doute intéressés aux arts, aux artistes créateurs, au sens profond des oeuvres d’art. Vous vous demandez à l’instant même : « Mais dites Artiste, qui est le photographe des clichés  contre le cancer du sein du magazine Marie Claire? »

- Mais voilà! Enfin une vraie question! ;-) Jeff Manzetti.

Comme vous êtes curieux de nature, vous voulez probablement savoir qui sont les femmes acceptées d’apparaitre dans Marie Claire complètement dévêtues? Pour être francs, nous n’en connaissons aucune parmi les dix, sauf peut-être le nom Depardieu. Elles sont Rachida Brakni, Hélène Darroze, Sophie Davant, Julie Depardieu, Estelle Lefébure, Mathilda May, Rossy de Palma, Nathalie Rykiel, Sylvie Testud et Elsa Zylberstein.

Tenez, la photo qui donne le ton. Elle sera sur la couverture de Marie Claire, en kiosque le 9 septembre prochain.

Elle va montrer ses seins, elle va sauver sa vie.

Bon, assez d’actualité! Pour terminer, un peu d’art du passé : Gabrielle d’Estrées et de sa soeur la duchesse de Villars. Vous pouvez voir ce tableau au Louvre.

Seins nus - Sujet toujours à la mode

Le tableau est fort connu, trop connu pour de mauvaises raisons, encore une fois.  Quels intérêts peut-il en avoir si ce n’était pas à cause de ce geste ostentatoire entre deux femmes prenant un bain?  À part la draperie rouge, c’est un tableau sans intérêt et ordinaire. Cette peinture anonyme, considérée de l’école de Fontainebleau, semblerait faire allusion à la maternité de Gabrielle et à la naissance de César de Vendôme, fils illégitime d’Henri IV. La signification semblerait se trouver dans ce pincement du mamelon du sein droit de Gabrielle d’Estrées. Ce geste étrange est souvent interprété comme étant un symbole de la grossesse de Gabrielle. Quant à la bague tenue entre ses doigts de Gabrielle, elle désigne la maternité hors mariage.

Curieux, n’est-ce pas?

Si nous laissons tomber ce blabla de sens symbolique et de style de peinture; si nous faisions fi de cette page d’histoire de la France, cette peinture ne serait pas bien différente que la page centrale d’un quelconque numéro du magazine Playboy : deux femmes nues prenant un bain ensemble.

On disait souvent que l’on dénude le corps de la femme pour de mauvaises raisons. Eh bien, le phénomène n’est peut-être pas si nouveau. Bonne semaine!

Cancer du sein et les photos du Clin d’oeil

Jeudi 3 septembre 2009

Pour la rentrée, le magazine Clin d’œil du Québec publie un numéro spécial à la cause du cancer du sein pour une quatrième année consécutive. On annonce la nomination de Geneviève Borne, qui a elle-même combattu contre cette terrible maladie. Il se trouve dans ce même numéro spécial aussi des photos de femmes artistes connues du milieu culturel québécois, la poitrine dénudée, pour promouvoir la cause.

Le geste est noble, audacieux et élogieux.

Le phénomène n’est cependant pas nouveau. Partout ailleurs, des femmes influentes acceptent de se faire photographier les seins nus pour cette même cause… sexy.

Bon, soyons lucides pour un seul instant. Montrant des femmes artistes connues localement, belles et jeunes, seins nus suscite assurément un certain intérêt général.  Cela attire aussi des regards parfois simplement voyeurs. Cela retient l’attention du public le temps des effets de la nouveauté. Certes, c’est très vendeur pour créer un mouvement de foule. Une tactique marketing privilégiée et largement utilisée.

Mais une question demeure : après avoir dévoilé la poitrine féminine de la colonie artistique locale pour la cause du cancer du sein, que fera-t-on l’an prochain? De quoi encore plus marketing… pour cette cause qui continuera à avaler des vies l’an prochain?

Ça ne vous donne pas cette impression du dévoilement de bilan financier d’une entreprise qui souscrit à la Bourse ?

Cancer du sein et les photos du Clin d'oeil

Images de l’obésité

Dimanche 30 août 2009

À propos de l’obésité ou des personnes de taille forte, il est aisé que l’on y aille, modérément ou allégrement, d’ironie, de moquerie ou de méchanceté. Ça se peut que nous nous trompions. La méchanceté, il devrait en avoir autant avant et après nous. Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie.

Un fait, ni scientifique, ni empirique. Simplement la vie.

Cependant, nous savions pertinent bien que le mode de vie moderne de la société de consommation favorise la prise de poids corporel. La sédentarisation et l’abondance de la nourriture… dans des pays développés, y contribuent de façon proéminente. Même si cette modernité donne à un plus grand nombre de personnes l’accès à l’éducation, à la connaissance générale et spécialisée, à l’information omniprésente et à un tas de bienfaits, l’obésité gagne du terrain également parmi cette même population privilégiée.  Si la modernité est bonne pour l’humanité, ses effets néfastes sont tout autant parmi nous.

Mais si vous parliez à ceux qui connaissent un peu l’art ou l’évolution de l’art comme nous, si si, le petit « nous » ;-) il est rare que l’on aborde le côté sombre… moins luisant, de l’évolution de l’art. On parle bien souvent de l’apport artistique des génies, du progrès accompli par l’avant-garde d’hier et d’aujourd’hui, des nouvelles formes d’art progressistes, des préoccupations artistiques à saveur sociale, environnementale, écologique, technologique, scientifique, etc.  Nous arrêtons ici.

C’est fou, n’est-ce pas? Ces arts semblent toujours meilleurs…

Bon, trop de blabla! Pour terminer ce billet de ce début de semaine ou de fin de mois, quelques images ayant l’obésité comme enveloppe dont la signification est bien loin de la dénonciation, aucune nouveauté non plus. Elles sont cependant plus fines, plus obscures, plus soutenues et plus personnelles. Nous, nous l’appelons souvent, de l’art qui transcende.

L'obésité dans l'art ancien

De l’art très ancien, tout petit, mais immense. Cette obésité enveloppante a-t-elle le même sens que celui de nos jours?

Une femme artiste, l'obésité et de l'art autobiographique

Une artiste et son regard autobiographique du corps, Jenny Saville : l’art peut être cruel; l’image peut être crue; le corps peut être un chantier d’expérimentation. Lorsque l’artiste est grand, son art transcende.

L'art et l'obésité

Son grand-père analysait l’inconscient de ses patients; lui, il scrute ses modèles, Lucian Freud.

Voilà, de l’art frontal et sans détour, à la fois pour les sens et le cerveau, plus soutenu que l’image accompagne le billet précédent.  L’autre, intéressante, mais comme un vin, de la présence assurément, mais sans corps et jeune.

Rencontre entre l’Orient et l’Occident

Mercredi 22 juillet 2009

Aujourd’hui, une rencontre entre l’Orient et l’Occident.

D’abord, connaissiez-vous l’histoire de Léda et le cygne? Un résumé pour ceux qui ne la connaissaient pas. Léda fut aimée par le dieu des dieux, le grand Zeus lui-même, qui se métamorphose en cygne pour la séduire. Ce fut un coup de foudre et un amour passionné dans lequel le désir divin rencontre la grâce! « Je te veux! Je ne te veux pas! »

Évidemment, cette histoire fait rêver de grands artistes, poussant ainsi les êtres à l’imagination fertile et féconde à exagérer et à repousser les limites de l’acceptable de leur époque. Da Vanci, Véronèse, Tintoret, Boucher et autres ont tous matérialisé à leur manière le fantasme que le commun des mortels n’ose point à extérioriser avec tant d’aisance.

Voici la version la moins osée, faite par François Boucher.

Léda et le cygne, par François Boucher

Le petit billet d’hier nous a conduits à faire quelques recherches plus poussées. Nous avons appris que la peinture que Guan a empruntée comme toile de fond est vieille de plus de mille ans. Son auteur est un peintre chinois célèbre qui s’appelle Zhou Fang (618-907). Dans la transcription graphique faite par Guan, la grue à tête rouge a été déplacée.

Voici l’inévitable question: la grue à calotte rouge portait-elle un symbolisme dans cette peinture chinoise ancienne?

Femmes aux fleurs, Zhou Fang

Malgré l’éloignement des deux cultures, existe-t-il une certaine similitude entre le cygne de Léda et la grue de ces femmes chinoises aux fleurs? Heureusement que Guan n’est pas un Français, sinon, nous aurions pu croire que cette grue est un clin d’oeil de l’artiste, en flanquant à la droite de son tableau cette femme à moitié nue, fort bien modelée.

Voyez-vous, celui qui regarde un tableau peut voir plus que le tableau en contient.

Femmes chinoises… de l’art chinois

Mardi 21 juillet 2009

Aujourd’hui, une peinture de dialogue… entre deux représentations de femmes orientales; entre l’aplat et le modelé; entre un art chinois ancien reproduit comme fond pour faire moderne et un art chinois aux accents contemporains, mais qui demeure assurément académique. On dirait qu’il y a une harmonie orientale dans le savoir-faire.

Il y a ces journées où nous nous disons que la prudence s’impose. Comme là, faudrait-il étaler nos vagues pensées sur cet art que l’on qualifie de l’art contemporain chinois? Devrions-nous rester objectif et voir cette peinture avec un regard détaché, peut-être même à emprunter un ton plus analytique? Ou encore, soyons tout simplement aigres-douces !?

- Euh… Bon ben, voilà tout!

- Ah oui! Qui est l’artiste? Guan Zeju.

En passant, nous avons choisi ce tableau de Guan pour la dialectique de son propos artistique et ce, même si son vocabulaire visuel est sans surprise, mais son ambiguïté est certaine.

Deux femmes chinoises

Matriarche des Balkans aux seins nus

Lundi 20 juillet 2009

Aujourd’hui, nous aurions pu changer de thème en vous placotant du 40e anniversaire du premier homme sur la Lune. Mais nous décidons de poursuivre ce fil d’idées sur les seins nus.  Si la sensualité peut vendre aux touristes des voyages en France, elle sera assurément bonne pour susciter l’intérêt général… non? ;-)

- Bon, d’accord. Nous exagérons un tantinet.

Elle s’appelle Marina Abramovic. Elle met son corps au service de son art depuis plus de 40 ans. L’obsessivité de cette passion viscérale pour la prestation artistique corporelle a fait d’elle sans aucune doute l’artiste par excellence de l’art performance. Elle est la Matriarche du Body Art.

Seins nus dans les Balkans
Image : Marina Abramovic ©

Marina Abramovic, Grand Prix de la Biennale de Venise en 1997, emploie abondamment la sexualité à travers des histoires de rites et de cultures païens balkaniques. Cette photographie est tirée de son oeuvre intitulée « Balkan Erotic Epic » dans laquelle l’artiste accompagnée d’acteurs costumés folkloriques interprètent des rites et légendes. L’artiste célèbre à travers ses performances la culture populaire des Balkans, le mythe du pouvoir de la sexualité et la tradition agricole païenne, d’une manière à la fois personnelle et archétypale.

À découvrir les nombreuses histoires racontées par l’artiste à propos de l’usage de l’érotisme et de la sexualité dans la vie quotidienne de couple, qui passe par la fertilité aux rites agricoles. Toujours au sujet de ses performances « Balkan Erotic Epic », dans une danse du Soleil, si si! Des villageoises couraient dans les champs, sous la pluie, levaient leurs jupes en montrant leur sexe pour effrayer les esprits de la pluie; des hommes « fécondaient » la terre pour favoriser des récoltes; une mère protège son enfant contre les mauvais esprits en enduisant le visage de l’enfant avec… Bref, si vous vous considérez apte à voir cet art singulier, par ici et ce, sans avoir à vous procurer un compte d’utilisateur chez Dailymotion pour prouver que vous êtes une personne majeure et vaccinée.

Le contenu du vidéo est osé, nous préférions vous le prévenir.

Déjouer les photos radars !

Dimanche 17 mai 2009

Est-ce une voiture invisible pour déjouer les photos radars qui sont sur le point de faire leur rentrée au Québec?

- Ben non, rien de cela.

Nous avons ici un joli visage de jeune fille, mais aussi une vieille idée de l’omniprésence — rendre les choses invisibles; une image unidimensionnelle, oeuvre sans substance; une technique de camouflage à peaufiner; un gros buzz sur le net; un coup de marketing bien réussi. Peut-être, une petite chose à noter, cette image a un schéma semblable à celle de la petite fille de désastres.

Déjouer les photos radars

À retenir cependant son nom : Sara Watson, 22 ans, étudiante en art plastique à l’Université de Lancashire.

- Mais pourquoi? Parce que.

- Au cas où la vie nous contredirait. :-|

« Je travaillais sur le concept de l’illusion, mais j’avais besoin de quelque chose de gros pour créer un véritable impact. Les gens s’arrêtent dans la rue pour regarder, s’approcher. Certains sont même presque entrés dedans. Elle a eu l’effet que j’espérais. » a expliqué Sara Watson au Telegraph.

Judith à la scie sauteuse

Dimanche 19 avril 2009

Un petit post dominical d’allure macabre… néanmoins artistique. Que l’on vous le dise, la scie sauteuse est un outil dangereux qui ne convient pas à toute la gent féminine…  Messieurs, éloignez-vous ou mettez un protège-cou! ;-)

Judith à la scie sauteuse

Judith, héroïne israélite et mythique, un thème autrefois prisé qui a perdu sa valeur symbolique et religieuse de nos jours. De temps à autre, nous voyons quelques artistes de notre époque qui revisitent des sujets bibliques, avec un regard nouveau. Ici, une Judith à la scie sauteuse, non dépourvue d’émotion, mais un peu à la manière du légendaire Jason Voorhees à la machette. Une finalité sans autre raison.

Cette oeuvre de la série Judith de Kosta Kulundzic relègue, en quelque sorte, l’imagerie classique de Judith sauvant son peuple sur le plan de la perception de relation homme/femme et de l’expression artistique de l’artiste, celle d’un piège mortel, une tueuse sublime … celle qui crée le désir et impose la distance avant de tronçonner. (Kosta Kulundzic)

Femmes – entre leur émancipation et leur liberté intellectuelle

Dimanche 8 mars 2009

Cette année, pour souligner ce 8 mars – journée internationale des femmes : deux passages sur l’émancipation et la liberté intellectuelle, extraits d’un célèbre livre écrit lors de la dernière crise économique que notre monde a connue, par une femme de lettres anglaise et féministe; et un tableau peint de cette même époque, par une femme artiste-peintre américaine.

Femme et art

[...] vous pouvez me reprocher d’avoir fait la part trop grande aux choses matérielles [...] Ce sont des faits terribles, mais regardons-les en face. [...] le poète pauvre n’a pas de nos jours, et n’a pas eu depuis deux cents ans, la moindre chance de réussite. Un enfant pauvre en Angleterre n’a guère plus d’espoir que n’en avait le fils d’un esclave à Athènes de parvenir à une émancipation qui lui permette de connaître cette liberté intellectuelle qui est à l’origine des grandes œuvres. C’est cela même. La liberté intellectuelle dépend des choses matérielles. La poésie dépend de la liberté intellectuelle.

[...] me souvenant de l’amertume des jours passés, quels changements un revenu fixe peut opérer dans un caractère! Aucune puissance de ce monde ne peut m’enlever mes cinq cents livres : nourriture, maison et vêtements, je les possède à jamais. C’est pourquoi il n’est plus question d’effort et de peine, mais aussi de haine et d’amertume. Je n’ai plus besoin de flatter qui ce soit; personne ne peut plus rien me donner […] ma peur et mon amertume disparurent et je connus cette délivrance majeure qu’est la liberté de penser aux choses en elles-mêmes.

Virginia Woolf, Une chambre à soi et Tamara de Lempicka, Andromède.