Images et textes sur 'Enchères'

 

Encre sur papier de Chine

Mardi 17 novembre 2009

Une oeuvre sans titre de Jackson Pollock, vendue le 11 novembre 2009 à New York. Devinez combien l’acheteur a payé. Un indice? Très cher.

Encre sur papier par Jackson PollockImage : Sotheby’s New York

L’estimation de sa valeur s’établit entre 1 et 1,5 million de dollars par les experts de Sotheby’s. L’oeuvre mesure 60,5 X 99,1 cm. Elle a été réalisée vers 1951, soit au sommet de la carrière de Pollock. Nous sommes fort surpris d’apprendre que Pollock a essayé l’encre sur papier de riz. Un support délicat, un papier assez buvard qui fixe rapidement l’encre déposée. Or, le geste de l’Action Painting de Pollock est connu par sa facture brutale qui confronte la charge de peinture projetée contre la toile brute, déposée au sol.

Encore plus étonnant, c’est le prix payé pour un Pollock que nous qualifierions d’oeuvre expérimentale de Jackson Pollock.

Mais bon, c’est peut-être l’argent qui a perdu sa valeur, ou peut-être, l’on cherche à donner un sens à son argent quand on en a beaucoup. Bref, $2,882,500.00 pour ce petit Pollock sur papier de Chine.

Faux Rembrandt

Dimanche 20 septembre 2009

Le nom Rembrandt évoque en nous toujours un affect bien particulier, même quand nous griffonnons quelques lignes sur un faux Rembrandt.

Devant un bon Rembrandt, même en photo, nous avons le goût de divaguer un peu. Comme cette photo de presse d’hier sur laquelle on a bien essayé de faire une mise en scène avec cette jeune femme observant l’oeuvre sous tous les angles et coutures. Nous comprenons que c’est sexy de faire poser une belle employée, semble-t-il, de Christie’s de Londres à côté d’une oeuvre du vieux Maître. Mais combien désolant quand on savait pertinent bien que seul un richissime collectionneur puisse se payer un Rembrandt, authentique ou faux. Une excellente occasion manquée pour injecter une petite dose d’authenticité dans le foisonnement d’images modernes, si souvent superficielles. Voilà pour la désolation que nous éprouvions hier soir en sélectionnant l’image la moins mauvaise du lot, et pour cette surdose de superficialité des photos de presse clichées.

Tenez, en voici quelques-unes.

Mise-en-scène devant un Rembrandt Employée femme davant un Rembrandt Femme devant un Rembrandt

Rembrandt n’est probablement, ni un saint homme, ni un esprit d’exquis de philosophe de son époque. Son extraordinaire oeuvre picturale dont peu d’artistes dans l’histoire de l’art arrivent à joindre se démarque justement par sa dimension du vrai. La lueur rembranesque, elle est matérielle tout comme ses pénombres. Les ténèbres de Rembrandt expirent au travers ses coups de brosse et aspirent à la lumière.

En 2007, il s’est vendu sur le marché de l’encan londonien un « faux » Rembrandt pour 2,2 millions de livres sterling : lot 377, Autoportait en Démocrite – philosophe riant. Un tout petit tableau considéré par les experts comme étant l’oeuvre d’un artiste qui imitait le style de Rembrandt. Il mesure 23.7 cm par 17 cm, signé RHL, date de 1629-1630.

Peu importe si c’était un faux ou un vrai Rembrandt, le ou les acquéreurs de ce petit portrait ont acheté en 2007 une oeuvre d’art peinte par un artiste digne de la définition du mot « art » au 17e siècle, soit la capacité de rendre facile ce qui est difficile.

Un faux Rembrandt ? Un petit portrait de Rembrandt

Rembrandt aux enchères chez Christie’s

Samedi 19 septembre 2009

Un Rembrandt provenant d’une collection privée est disponible pour un amateur d’art fortuné.

Un portrait d’homme peint par le célèbre peintre du siècle d’Or sera vendu aux enchères en décembre chez Christie’s pour une modique somme de quelques millions. On estime le prix entre $30 à $41M. Rembrandt aux encheres. En voici, trois Rembrandt vendus depuis 2000 :

Rembrandt aux encheres

Michael Jackson par Warhol

Lundi 10 août 2009

Portrait de Michael Jackson, par warhol

Nous sommes surpris d’apprendre que Warhol a eu le temps avant sa mort de « faire » le portrait de Michael Jackson. Il s’agit d’une simple photo de couleurs en aplat, altérée de gribouillage.  Il y a dans les oeuvres tardives de Warhol beaucoup de mécanique et du réchauffé, sans plus. Quand le monde se fait complice pour exploiter une combine, devrait-on blâmer l’artiste qui se vautre dans la facilité et à se faire un peu d’argent?

Peint en 1984 par le maitre du Pop Art, Andy Warhol, ce portrait de Michael Jackson sera mis aux enchères le 18 août prochain dans une galerie de l’état de New York.

Ce portrait du Roi de la Pop immortalisé à l’âge de 25 ans était une commande passée à Andy Warhol, 2 ans avant la mort du Roi du Pop’Art, par le Time Magazine pour célébrer, semble-t-il,  le succès de l’album Thriller. Le temps pour monétiser la mort de Jackson est venu. On y touchera le retour de l’investissement, c’est assuré. C’est plate de voir ainsi, mais comme l’on disait, ainsi va la vie.

Le prix de départ du tableau sera de $800,000, mais il pourrait atteindre des sommets si l’on y mettait un peu de « sentiment ».

Carla Bruni nue

Samedi 30 mai 2009

Voilà, encore un peu de Carla Bruni. Comment…? D’accord! Nous reprenons.

Voilà, encore un peu de Carla Bruni-Sarkozy. Ça ne vous passionne pas? Oké, nous faisons ça court et bref. Promis!

Carla Bruni nue

Une photo de la Première-Dame de France qui date de 1994, sera mise aux enchères à Berlin, prix de départ? Pour une modique somme de 3000 euros. Carla est souvent photographiée dans le plus simple appareil, rendant probablement plusieurs jalouses. :-|

Sur celle-ci, elle avait alors 26 ans, aujourd’hui, elle a… Combien, dites-vous? 41. Bon voilà, elle a 41 cette année.

La photo en noir et blanc de l’Américaine Pamela Hanson est titrée « Carla Bruni in Bed », qui la présente en amoureuse qui languit au lit : bras levés et mains jointes, regard fixe au luminaire… Si! C’est le luminaire et non le plafond qu’elle fixe; seins nus, bas-ventre artistiquement dissimulé; son corps de fine taille abandonné dans de beaux draps… froissés et d’un blanc immaculé. Vous comprenez bien que l’utilisation du mot « immaculé » n’enferme pas d’autres références que simplement pour vous donner une échelle d’appréciation des nuances de la photographie en noir et blanc, entre le noir sombre et dense de sa chevelure, défaite, et le blanc, clair et lumineux des draps.

Eh oui! Nous sommes comme ça… ;-) la rigueur et la précision, c’est important quand on est un artiste. Car, en raison de la nature de l’expression artistique, qui est généralement considérée comme floue – le flou artistique, un sain équilibre s’impose donc entre la raison et l’expression.

Conséquemment, comprenez-vous que nous ne laissons pas ce billet dans un tel état de légèreté insoutenable, n’est-ce pas? En voici une célèbre peinture pour clore le sujet du jour : une femme nue, d’un corps gracieux à la taille généreuse, disposée selon le même schéma graphique que « Carla Bruni au lit ». Bien que le perroquet dans la «Femme au perroquet » de Courbet soit un accessoire répondant aux conventions sociales de l’époque, le coin du drap blanc qui cache le bas-ventre de la maîtresse du peintre fut traité comme un élément accessoire, alors que sur la photo de Hanson, une mise en plis du drap soigneusement disposé entre les cuisses et les mollets de Carla que l’on dirait de l’art nordique du 15e siècle.

Femme au perroquet, par Courbet

Si certains petits détails font des images des grandes oeuvres, d’autres ne relèvent que l’envergure réelle du talent de l’artiste. Quel dommage que Carla porte en elle un si grand amour pour la présence de la caméra en oubliant de jouer son rôle de langoureuse amoureuse. À moins que le modèle et l’artiste aient toutes les deux oublié l’essentiel.

Patrimoine culturel de l’humanité

Lundi 16 mars 2009

Aujourd’hui, un billet de suivi. Un retour sur un sujet abordé dernièrement en passant par la réouverture du Musée d’Irak, à Bagdad, pour finalement aboutir à un texte d’Hugo. Si vous préfériez, du coq à l’âne. :-)

Musée de Bagdad, IrakImage : Anja Niedringhaus/AP

En fin février 2009, un peu moins de six ans après l’invasion américaine de l’Irak, le Musée de Bagdad a réouvert ses portes. Au cours de cette longue période de fermeture, des spécialistes, enquêteurs, soldats, policiers et Interpol ont tenté de récupérer et restituer une partie des collections d’oeuvres assyriennes et babyloniennes, pillées, volées et ravagées durant les premiers jours de l’arrivée des troupes américaines dans la capitale irakienne. Si l’on croit à la Convention internationale de La Haye sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé, l’obligation incombe à la puissance occupante… et protectrice.

Hélas, ce ne fut pas le cas en 2003. La mise à sac de la Bibliothèque et du Musée de Bagdad a eu lieu sous les yeux des troupes de l’envahisseur.

Un fait intéressant à retenir, le Musée de Bagdad est reconnu comme le 3e musée du monde en richesse des biens culturels de la Mésopotamie antique, après le British Museum de Londres et le Louvre de Paris.

Patrimoine culturel de l’HumanitéImage : Thomas Coex/AFP

Au cours de cette même semaine de février 2009, il y a eu des enchères à Paris, une mise en vente de la Collection YSL-Bergé au Grand Palais. L’événement a été organisé par la Maison Christie’s de Pinault. Rappelez-vous de la polémique autour des deux têtes d’animaux en bronze ? Compte tenu de l’impossibilité à récupérer légalement les deux antiquités réclamées, par stratagème «Si vous ne nous les restituez pas, nous vous forcerions à vous les garder», un collectionneur chinois, Cai MingChao, a acheté les deux têtes le soir du 23 février, avant de déclarer son refus du paiement. On a su plus tard que Cai dirige une maison d’enchères située à Xiamen. Il est l’un des conseillers du Fonds du patrimoine national de Chine, un organisme paragouvernemental qui a pour but de récupérer des objets pillés au cours du 19e siècle par les puissances européennes.

N’est-ce pas toute une coïncidence que ces deux événements soient déroulés durant la même semaine ?

- Et alors? diriez-vous, peut-être.

En fait, nous nous demandons simplement pourquoi personne ne s’est intéressé à ces deux événements conjointement et pourquoi l’histoire se répète malgré la succession des empires et des conventions internationales renouvelées.

Bref, nous vous laissons sur ce beau texte du grand Hugo que nous avons entendu parler depuis un bon moment sans que nous soyons capable de mettre la main dessus. Voilà, c’est fait pour nous et maintenant, en le partageant avec vous. Bonne semaine! ;-)

Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l’expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l’empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l’Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d’approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici. Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s’appelait le Palais d’été. L’art a deux principes, l’Idée, qui produit l’art européen, et la Chimère, qui produit l’art oriental. Le Palais d’été était à l’art chimérique ce que le Parthénon est à l’art idéal. Tout ce que peut enfanter l’imagination d’un peuple presque extra-humain était là. Ce n’est pas, comme le Parthénon, une oeuvre rare et unique ; c’était une sorte d’énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle. Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d’été.

Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des Mille et Une Nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d’éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce monument.

Il avait fallu, pour le créer, le long travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l’énormité d’une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? Pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l’homme. Les artistes, les poètes, les philosophes connaissent le Palais d’été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d’été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C’était une sorte d’effrayant chef-d’oeuvre inconnu, entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule comme une silhouette de la civilisation d’Asie sur horizon de la civilisation d’Europe.

Cette merveille a disparu.

Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à demi entre deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu’on avait fait au Parthénon, on l’a fait au Palais d’été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l’Orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’oeuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits.

Nous Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

L’Empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été.

J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée. En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate. Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à l’expédition de Chine.

Sculptures animalières en bronze

Lundi 23 février 2009

Saviez-vous qu’un très très grand encan d’oeuvres d’art débute aujourd’hui à Paris?

Il s’agit de la vente de 732 oeuvres d’art de la collection Yves St-Laurent et Pierre Bergé chez Christie’s. Deux des sculptures animalières en bronze font objet d’un litige : des têtes de rat et de lapin, pillées à Pékin il y a près de 150 ans au Palais d’été par les troupes franco-britanniques lors de la seconde guerre de l’opium. Après le vol, les troupes de l’Alliance ont incendié le Palais comme celui qui a incendié la semaine passée l’église de Saint-Philibert, en Beauce.

Ces deux têtes faisaient partie d’un ensemble de douze animaux symboliques de l’astrologie chinoise. Les sculptures en bronzes entouraient jadis une fontaine conçue par le jésuite français Michel Benoist.

Sculpture animalière en bronze

Si le droit international interdit le commerce d’oeuvres d’art volées, il n’est toutefois pas rétroactif et ne peut être appliqué aux biens culturels volés dans les années 1860. Une demande symbolique de l’annulation de la vente de ces têtes a été déposée par l’Association pour la protection de l’art chinois en Europe (APACE). Elle sera examinée aujourd’hui, à Paris. Les deux sculptures sont évaluées entre 8 et 10 millions d’euros chacune. Elles doivent être mises aux enchères mercredi soir.

Au cours des dernières années, de richissimes hommes d’affaires chinois ont acheté cinq des douze têtes dans des ventes aux enchères pour les offrir à la Chine. En 2007, le milliardaire des casinos de Macao, Stanley Ho, a déboursé 8,8 millions de dollars pour la tête de cheval chez Sotheby’s Hong Kong avant de l’offrir à la Chine. Plusieurs de ces têtes d’animaux en bronze étaient en circulation depuis fort longtemps. Cependant, elles ne font objet d’une réclamation que récemment. On dirait que la montée en puissance d’une nation s’enorgueillisse sa voix officielle.

Pour des pays comme Égypte ou Irak, à quand leur tour? :-|

Portrait du Roi de la Pop

Vendredi 20 février 2009

Ce portrait du Roi de la Pop déchu, réalisé en 1995 par le peintre américain Norman Oak est estimé pour la modique somme de quelque 4,000 dollars. Au plus, on espère en obtenir 6,000 dollars. Ce tableau fait partie d’une collection de 2,000 objets ayant appartenu à Michael Jackson, qui seront vendus aux plus offrants en avril prochain. Après ses années fastes, l’empire du Roi de la Pop vit ses derniers soubresauts, les contractions d’une longue agonie.

Portrait du Roi de la Pop

Discours de Lincoln

Jeudi 12 février 2009

Aujourd’hui, c’est aussi le jour du 200e anniversaire du 16é président américain Abraham Lincoln. En ce jour où les Américains fêtent l’un de leurs grands présidents, un manuscrit de Lincoln a été vendu pour $3,4M chez Christie’s, à New York.

Habituellement, nous vous parlons des oeuvres d’art vendues aux enchères. Semble-t-il que le montant constitue un record pour un manuscrit d’un discours de Lincoln, lequel a été prononcé le 10 novembre 1864 depuis une fenêtre de la Maison Blanche. Tout juste après sa réélection.

Un ami nous a longtemps parlé des discours de Lincoln comme des chefs-d’oeuvre. Il nous a cité à quelques reprises le 2e discours inaugural de Lincoln en soulignant l’intelligence, l’habileté et l’élégance de Lincoln comme orateur. Pour ce second bicentenaire de la naissance de la journée, un passage du discours que Lincoln a prononcé lors du jour de l’inauguration de son second mandat.

Que ce terrible fléau de la guerre disparaisse rapidement, c’est notre espoir le plus sincère, et notre prière la plus ardente. Mais, si Dieu veut qu’elle continue jusqu’à ce que toutes les richesses accumulées par le travail non payé des esclaves aient été détruites et jusqu’à ce que chaque goutte de sang arrachée par le fouet ait été payée par une goutte de sang tirée par l’épée, alors que ce qui a été dit il y a trois mille ans soit redit aujourd’hui, « les jugements du Seigneur sont justes et bons ».  Sans malveillance à l’égard de qui que ce soit, avec charité envers tous, avec la fermeté du bon droit, tel que Dieu nous permet de le comprendre, finissons le travail dans lequel nous sommes engagés.

Discours de Lincoln

Damien Hirst et son pari

Mardi 16 septembre 2008

Damien Hirst a gagné son pari : au lieu qu’une œuvre soit vendue pour le prix affiché, il l’offre aux centaines d’acheteurs potentiels.  Rien de nouveau?

Le pari de Damien Hirst est une exposition individuelle intitulée « Beautiful Inside My Head Forever » chez l’une des deux plus prestigieuses Maisons d’encan au monde au lieu de se contenter une exposition dans une galerie pour toucher environ 50% de la recette des ventes. Deux séances chez Sotheby’s Londres, hier soir la première et une autre aujourd’hui, totalisant $200,752,180 USD. Du coup, Hirst vient de redéfinir le mot « exposition ». Il vient d’ajouter à la structure traditionnelle de lieux de diffusion, tels que galerie, centre de diffusion, festival, biennal et foire, une supra couche qu’est une Maison d’encan, dans un seul et unique but de générer davantage de profits avec les mêmes produits, soit ses créations récentes.

Rappelez-vous de ses généreux cadeaux de Noël offerts à la Tate de Londres? Hirst sait comment se mettre en valeur… et se faire aimer.

Damien Hirst et son pari

En ce début de siècle, Hirst a maintenant la main mise sur le titre du plus grand artiste du 21e, plus qu’aucun autre artiste vedette des arts visuels contemporains : faire de la réussite financière la continuité de sa réussite artistique. Chutera-t-il ou ne chutera-t-il pas, l’indicateur Hirst?

Il y a dorénavant pas la cote d’artiste de Damien Hirst, mais bien la valeur de l’indicateur Hirst. Cet indicateur n’est plus artistique à la saveur financière, mais bien une industrie artistique à la Hirst comme Google qui n’est pas juste un puissant moteur de recherche avec ses succès commerciaux et ses éminents cerveaux d’ingénieur-informaticien. C’est l’action Google qui symbolise la réussite de Google au même titre que le prix unitaire d’un hamburger MacDonald à une époque non lointaine.

Souvenez-vous de cela? À une autre époque où la santé et les gras trans n’étaient pas encore un enjeu que tout le monde en parle, on évaluait la valeur d’une devise à l’aide du prix d’un Big Mac.  32 roubles pour un Big Mac à Moscou, à 50 renminbis à Pékin ou une quelconque somme de couronnes à Prague. Le prix d’un Big Mac a été un indicateur du progrès économique d’un pays.

Le premier chapitre de l’histoire de l’art du 21e a commencé par Hirst en 1998. Depuis, il a sans cesse noirci des pages de ce grand livre. L’histoire ne réserve que de maigres marges pour les autres artistes, même si l’on s’appelle Jeff Koons.

En art, Picasso et Warhol se sont départagés les moments forts du 20e siècle.

Picasso a fait détrôner le Beau de son piédestal des Beaux-Arts par le Laid. Si vous préfériez, le Cubisme et plus tard, le grotesque. Picasso a su donner à l’effondrement du système classique du Monde Ancien, absolu et hiérarchique, une imagerie alternative à l’image du Relativisme de la physique moderne, le Darwinisme pour l’évolution des espèces, la psychanalyse de Freud et la mort de Dieu de Nietzsche.

Warhol a fait exister le « Moi – artiste » à travers le Star Systeme. Ce que l’artiste est capable de faire ou dire est peut-être important. Mais rien n’est plus important que de faire dire, faire voir et faire percevoir au public.  Warhol a fait en art à la 2e moitié du XXe à l’image du Marketing est au développement d’un nouveau produit : créer le besoin en image; innover le concept; ensuite, miser sur la télé et le vedettariat pour faire propager et aimer son produit.

L’importance de l’Orange Marilyn n’est ni la couleur, ni Marilyn elle-même. Mais bien l’image d’une Marilyn morte sur fond orangé iconique choisi par Warhol, à l’aide d’une technique moderne de reproduction qu’est la sérigraphie. Warhol a inventé sa machine à imprimer des billets Warhol.

Bon, il se fait tard. Quand on est vieux, on a beaucoup à dire, une chance, l’appel du sommeil rééquilibre le tout. Ah oui, la conclusion… Picasso a laissé tomber le fignolage pour produire, plus et encore plus d’œuvres, signées Picasso; Warhol a su miser sur la mécanique pour reproduire des images à volonté; Hirst, à l’aide de ses cahiers des charges, il sait obtenir de ses centaines assistants des produits artistiques et originaux, d’une qualité homologuée, signés Hirst.

Connaissez-vous le pari de Pascal? Blaise Pascal.

Le pari de Pascal n’est pas seulement de croire en Dieu. Bon, si ça ne vous tente pas de lire ses Pensées, nous vous ferons un résumé la prochaine fois si nous n’avions pas de sujet d’actualité à radoter.

Tête de licorne

Mercredi 10 septembre 2008

Une tête de licorne – Ça fait quelque temps que nous ne vous avons pas parlé de l’art qui génère du cash.

Bah, nous aurions pu dire de « l’art qui génère de l’argent ». Mais, le mot Cash, il sonne avec une plus grande conviction dans un monde où l’argent domine.  À bien d’y penser, le monde a toujours été dominé par l’argent et ce, depuis que le monde existe. Non?

Bon d’accord… vous marquez un point important, nous n’y étions pas… en effet. Ni de l’ancien, ni du monde à venir.

Allons, cessons ces tergiversations entre hier, aujourd’hui et demain! Vivons et replongeons au sujet artistique du jour: on a tué une licorne. Le braconnier est un artiste. C’est tragique!

Bon, l’essentiel est maintenant dit.

Néanmoins, l’artiste n’est pas tombé dans la barbarie en ne conservant que la précieuse corne torsadée et abandonner le corps de la pauvre et malheureuse bête sur le sinistre et fatal lieu. On fait mieux quand on est un artiste. On a conservé la tête cornue et l’arme du crime pour témoigner l’exploit. L’affirmation de la supériorité de l’art sur les autres domaines d’activités humaines mercantiles est de nouveau mise en évidence. La tête de cet animal de bonne fortune qu’est la licorne serait à vous, si vous disposez un minimum de 760,000 euros. La tête de licorne de l’artiste anglais et international le plus célèbre au monde sera vendu chez Sotheby’s ce mois-ci.

Vous dites, Madame? Oui, oui, vous-là!

Qui est cet artiste? Cet être pur comme une vierge qui avait piégé l’animal mythique, à moins que ce soit à la suite d’un combat épique. Traraam, nul autre anglais et international Damien Hirst!

Tête de licorne

Toutefois, ne vous déplacez pas pour rien si vous n’avez que cette somme minimale.

Si vous en avez plus? Ne vous déplacez pas non plus, faites faire par une tierce personne compétente et vous, vous pouvez profiter du beau temps automnal en vous prélassant sur votre bateau dans les mers du Nord, ou bien, tenez, du Sud! C’est plus clément l’atmosphère du Sud, si bien entendu, sans tempête, ni tornade, c’est bien mieux.

Par amour

Mercredi 23 juillet 2008

Connaissez-vous de l’état d’euphorie-dépendance de votre cerveau?

Quelque temps après que vous vous éprenez éperdument d’un autre, vous êtes dans cette période de bonheur intérieur, moins intense, mais tout même euphorique. Vous êtes alors « cérébralement » lié à la présence de l’autre. On appelle cette période de l’euphorie-dépendance du cerveau émotionnel. À l’origine de votre relation amoureux, il y avait de l’excitation amoureuse, maintenant, vous éprouvez la joie intérieure, vous êtes calme et sereine, mais l’absence de l’Autre crée de l’angoisse et sa présence vous apaise. Rappelez-vous de ces choses que vous faites pour l’Autre, par amour?

Dites-vous une chose, ça se passe de la même façon chez les milliardaires! Eux aussi, ils font de ces choses surprenantes par amour! On n’a pas à les envier, sauf que…

Bon, un peu de sérieux! :-| Lui, orphelin devenu milliardaire, à 41 ans, il nage dans le succès, aujourd’hui la 15e fortune mondiale. Elle, 26 ans, ex-mannequin qui aime l’art. Vous avez deviné la suite de l’histoire? Bon sang! Évidemment, ils sont amoureux. Plus encore! L’homme riche a offert à sa belle douce moitié deux tableaux pour l’aider à mettre en place un centre d’art contemporain. Juste comme ça, quelques millions, deux coups de téléphone. « Coucou Chérie, voilà pour toi. Je t’aime! »

C’est beau, hein?! Vous voulez des détails?

Lui, il s’appelle Roman Abramovitch. Elle, Dasha Zhukova. Le centre d’art a pris ses assises dans un centre de bus désaffecté de Moscou. Un édifice dessiné en 1927 par l’architecte constructiviste Konstantin Melnikov. En 2009, le centre d’art de Dasha Zhukova accueillera deux rétrospectives sur Francis Bacon et Lucian Freud.

Vous voulez voir aussi les tableaux? ;-)

Voici le Triptych de Francis Bacon, acheté pour 86,3 M$ et Benefits Supervisor Sleeping de Lucian Freud, devenu pour 33,6 M$, l’œuvre d’un artiste vivant la plus chère du monde.

Par amour