Archive pour la catégorie 'Enchères'

Record Monet

Jeudi 26 juin 2008

Un tableau de Claude Monet, Le Bassin aux Nymphéas, est adjugé pour environ $80M à Londres au début de la semaine, établissant un nouveau record pour une oeuvre du maître impressionniste. Les enchères ont atteint le double de ce que l’on souhaitait chez Christie’s.

Le précédent record pour une toile de Monet date à peine d’un mois. Le Pont du chemin de fer à Argenteuil de Monet est vendu pour $41,5M par la maison Christie’s le 6 mai, cette fois-là, à New York.

Bon, tout cela est une affaire de riches investisseurs et de marchands d’art. Pas bien différent des barils de pétrole qui se transigent à la Bourse de New York. Mais pour les amateurs d’art, c’est avant tout un rendez-vous à l’Orangerie, à Paris qui s’impose. Espérons du fond de notre coeur d’amateur de la peinture de Monet que l’Orangerie cessera de mettre cette musique d’ambiance quétaine - ces petits oiseaux qui gazouillent, dans leurs salles d’exposition d’oeuvres de Monet. C’est peut-être bien de vouloir allonger un peu un café expresso pour ceux qui tolèrent moins bien la charge excessive de café ou le goût amer, mais de mettre du lait, de la mousse, de l’essence de vanille, ou encore, le soupourdrer de poudres de chocolat et en ajoutant deux cubes de sucre… on n’appelle plus de ça un Expresso.

Un bon Monet aux nymphéas, c’est des panneaux de 8 pieds par 4 pieds, sur lesquels, le surface à peindre est à l’image d’un mur de marbre ciselé grossièrement, comme si les traces de lame édentée du ciseau de maçon cohabitent les coups de pinceau. Chaque trait, laissé par le Maître, onctueux, mais presque sec, se brise, se fractionne sur les astéries de la surface de la toile. C’est là, le summum de l’impressionnisme à la Monet. Ça, l’on ne les trouve pas sur des tableaux d’un mètre par un mètre, ou même, de deux fois de cette dimension. Ceux-ci, Monet les a peints pour arrondir ses fins de mois et pour payer ses jardiniers de Giverny. ;-)

Monet n’a pas juste réfléchi sur la lumière, les motifs, la production de tableaux en série… Il a aussi réfléchi sur la préparation du surface à peindre et le fondement de l’impressionnisme en peinture, beaucoup moins visibles que des jolis nymphéas.

Record Monet

Million Dollar Baby

Jeudi 15 mai 2008

Million Dollar Baby - Détrompez-vous, même si les festivités de Cannes battent leur plein, nous ne vous parlons pas d’un vieux film qui date… ;-) Quoique cette œuvre cinématographique de Clint Eastwood demeure un chef-d’œuvre en soi, toujours intéressante à être visionnée, de nouveau, et encore.

Nous empruntons cette expression de stéréotype le temps d’un petit billet, pour vous parler d’une œuvre picturale de Lucian Freud : « Benefits Supervisor Sleeping ». Ce nu du grand peintre britannique a été adjugé mardi soir pour près de 34 millions de dollars aux enchères d’art contemporain chez Christie’s. Cette somme établit ainsi un nouveau record de ventes pour un artiste vivant. Le précédent record était détenu par l’artiste Jeff Koons pour une oeuvre qui avait atteint 23 millions de dollars à l’automne 2007 à New York.

Cette nouvelle Million Dollar Baby a un nom, elle s’appelle Sue Tilley. Elle a été muse de Lucian Freud durant plusieurs années. La série d’œuvres issues de cette collaboration porte aujourd’hui un surnom, « Big Sue ».

Million Dollar Baby

Si la muse n’est pas une femme d’une beauté placide. La pose, elle, elle est forte paisible, n’est-ce pas? Quant à l’œuvre de Freud, elle est toujours un peu, beaucoup et passionnément torturée, marquée par le passage du temps et imprègne d’une souillure indescriptible…ment humaine.

Collectionneur chinois

Dimanche 13 avril 2008

Finalement, cette photographie de nu de Carla Bruni, épouse du président français Nicolas Sarkozy a été adjugée jeudi chez Christie’s à un collectionneur chinois pour $91,000 USD.

Collectionneur chinois

Mangues ou asperges?

Samedi 12 avril 2008

Mangues

Dans une économie mondialisée, tout n’est, encore bien plus, qu’une question de marchandage et de profit : l’offre et la demande d’Adam Smith fait partie de notre compréhension du monde; l’argent et le pouvoir d’achat, des mots de notre langage usuel; le bas coût de production et le bénéfice toujours le plus élevé, un jargon vulgarisé; l’enchère et Ebay, des synonymes et de l’accès à Internet aux foyers modestes…

Deux mangues japonaises de la préfecture méridionale de Miyazaki, surnommé « oeufs de soleil », ont été vendues aux enchères pour la somme record de 200,000 yens, a indiqué le grossiste Tokyo Seika. Cette somme fracasse ainsi le record établi l’an dernier, également au Japon: soit de 38,000 yens pour deux mangues.

Les mangues de Miyazaki sont extrêmement populaires au Japon, un phénomène renforcé par la promotion qu’en fait le gouverneur de la région, le comédien Hideo Higashikokubaru. Le prix des fruits produits localement est exorbitant au Japon.

Ici, le prix de nos produits locaux sont encore raisonnables. Nous appelons ce phénomène, encourager l’économie locale, n’est-ce pas? Même si c’est un peu plus cher comme l’on dit.

Voici une vieille histoire: un richissime client qui acheta à Manet, peintre impressionniste, à ne pas confondre avec l’autre artiste impressionniste tout aussi célèbre que ce dernier, une nature morte, la « Botte d’asperges », il fut ravi de son acquisition qu’il paya 1000 francs au lieu de 800 francs convenus. Manet fut si touché par le geste qu’il peignit un second tableau représentant une asperge et le fit porter au mécène avec un mot de remerciement : « Il en manquait une à votre botte. »

Asperge

Dali et la photographie

Mardi 8 avril 2008

Dali a dit à plusieurs reprises au cours de sa vie que sa peinture n’est autre que de la photographie, faite à la main et en couleur. Évidemment, il parlait de la photographie des années 50, en noir et blanc. Si l’on ôte l’aspect surréaliste de la peinture de Dali, il ne reste presque que du réalisme académique. Les propos de Dali prennent alors tout son sens. Nous pouvons dire qu’il y a là, une réelle affinité entre l’art de Dali et la photographie.

Dali a collaboré avec plusieurs photographes, d’abord Man Ray et Brassaï, puis avec Cecil Beaton et Philippe Halsman. Aujourd’hui, il s’est vendu à New York une photographie de Halsman qui fait partie de la série Skull, exécutée en 1951 avec Dali. Elle s’intitule Crâne et Dali, pour une petite somme de $18,750.

Cette photographie, un nu constitué d’un montage de corps à partir d’une esquisse de Dali. Lorsqu’on la regarde à une distance suffisamment éloignée, l’enchevêtrement des sept corps de femme suggère l’illusion d’un crâne. Le crâne symbolise la vanité dans la peinture classique. Dali et Halsman voulaient revisiter ce symbole de la vanité en créant une version moderne de la vanité.

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Marilyn Monroe, 6 Mai 1957, New York City

Lundi 7 avril 2008

Marilyn Monroe, 6 Mai 1957, New York City

Une photographie par Richard Avedon, « Marilyn Monroe, 6 mai 1957, New York City » ou « Femme devant miroir ». En avez-vous entendu parler dans les journaux, à la radio ou à la télé? Nous en doutons. Marilyn Monroe, bien qu’elle soit un sexe-symbole pour toujours, le temps efface lentement cette fragilité délicate de Monroe… Hélas! Les dernières fois que l’on a parlé d’elle, c’était la vente de l’Orange Marilyn, peinte par Warhol; c’était le temps d’une exposition de Stern; c’était aussi un remake de photographies de Marilyn par Lindsay Lohan…

Alors, achèterez-vous cette photographie de la maîtresse d’un président icône, ou celle de la femme de l’autre président? Les seins nus d’une jeune mannequin, ou la détresse inexprimable d’une star?

Marilyn Mooroe, 6 mai 1957, New York City, vendu aujourd’hui à New York pour $457,000 USD. Pour ceux qui s’intéressent à la dimension de l’oeuvre, c’est environ 285$ par centimètre carré.

Bizarre

Mercredi 2 avril 2008

Contrairement à ce que pensent certains, l’œuvre de Thomas Grünfeld n’est pas ambiguë. Elle est simplement bizarre à cause des corps hybrides. Elle mise sur une réalité naturaliste, mais impossible.

« Misfits » est une série importante de Grünfeld. Le travail de Grünfeld mise sur l’antiesthétisme ou le Kitsch, une tendance en vogue durant les années 80. Cette copie a été vendue aujourd’hui chez Sotheby’s pour $34000. Une somme tout même non négligeable, mais tout un animal bizarre!

Bizarre ou Bizart?

Beaucoup d’artistes contemporains misent sur la réaction provoquée chez les spectateurs pour accoler à son œuvre une dimension interrogative sur la nature de l’art. Dès que la réaction se dissipe. L’œuvre perd bien souvent son sens propre. Cette approche tente de fragiliser le statut d’œuvre d’art classique, soit précieuse, contemplative, distingue, élitiste, etc. En revanche, ce type d’art revendique tout autant l’unicité de son propre statut.

Bizarre, n’est-ce pas? Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, l’œuvre cherche toujours son piédestal… Dans le fond, qui est le véritable Maître? L’artiste ou son œuvre? :-|