Images et textes sur 'Enchères'

 

Portrait d’Elizabeth Tayler, Silver Liz

Dimanche 4 juillet 2010

Portrait d'Elizabeth Tayler

Intitulé Silver Liz ou Liz d’argent, ce portrait a été adjugé pour la somme record de 10 millions de dollars aux enchères mercredi passé, à Londres. Peinte en 1963 par Warhol, cette oeuvre faisait partie d’une collection privée au cours des 20 dernières années. Elle fait partie maintenant d’une autre collection privée, mais pour combien de temps? Le marché des enchères nous le dira.

Faire figer le temps à l’aide des visages des célébrités pour « contrer » la mort. Ce fut l’idée d’un artiste obsédé par sa propre mort. Warhal a entrepris ce projet artistique dans les années 60. Il a peint entre autres les portraits de Marilyn Monroe, Mao, Liza Minnelli, Elvis Presley, Mohammed Ali…

Voici une photographie récente d’Elizabeth Taylor, prise lors des funérailles de Michael Jackson, le 3 septembre 2009. Vous voyez là une Liz qui répondait avec sourire mais contenir avec peine la peine de la perte d’un ami à la sollicitude de ses voisins, blonde et chauve. Les années ne se comptent que par l’accumulation des rides sur ce visage cléopatresque d’antan.

Nous avons refait le cadrage de cette photo de presse d’AP pour valoriser une composition plus intimiste et plus directe, pour éliminer ainsi une grande partie de cette tête chauve et la chevelure blondinette, trop claires et dérangeantes, mais aussi l’immense volume de la coiffure noire de Liz, abondamment surmontée comme une couronne.

Voilà pour les portraits de Liz jeune et vieille.

Tiens, tiens… les avez-vous remarqués? Le même rouge à lèvres et ce vert émeraude pour le maquillage des yeux. Est-ce Liz qui a influencé le choix des couleurs de Warhol ou, au contraire, c’est Liz qui a adopté le rouge et le vert de la Silver Liz? Y a-t-il quelqu’un, assez vieux, ;-) qui se souvient du maquillage d’Elizabeth Taylor des années 60?

Ô éternelles couleurs! Muses de l’inspiration! Bonne semaine à tous!

Liz Taylor

Enchères en faveur d’Haïti

Vendredi 19 février 2010

Par Mélibée

Une petite annonce, une invitation…  un rendez-vous…  un coup de main…  enfin, appelez ça comme vous voudrez…  Le 20 février 2010 soit demain… Samedi…

Il y aura des enchères, pour amasser des sous pour Haïti…  Tout l’argent…  ira à Médecins Sans Frontières…  Et je dis bien argent et non pas profit..  Hein…  alors pardi… Soyez généreux…  Les organisateurs donnent de leur temps…  les artistes de leurs œuvres…  Les musiciens sur place… de leur note… des ré, des la, des si et des do en veux-tu en voilà…  Tout ça bien organisé bien ficelé…  il ne manque plus que VOUS au rendez-vous…  Où ça..  Où ça…  me dit vous…  sur St-Laurent… à la salle Verte…  Pour ceux et celles qui sont tatillons sur la précision alors voici l’adresse exacte… (Mais je rigole…  ha, là, là…) alors, voilà… 5386 boulevard St Laurent à Montréal  Voici une des pièces qui sera mise en vente…  Il s’agit d’un dessin original fait main sur un plateau de porcelaine…  Normalement ce plateau se vend 200 $, alors l’idée d’une vente aux enchères ce n’est pas de payer le moins possible…  Enfin, normalement si…  mais dans ce cas-ci, tous les sous iront pour aider l’organisme Médecins Sans Frontières…  alors, soyez généreux pardi…  Je vous mets leur communiqué de presse…

Bonjour,

Un encan silencieux sera organisé au nom de *Médecins Sans Frontières*, accompagné de musique, pour donner de l’aide aux Haïtiens. Plusieurs artistes et créateurs de Montréal et d’ailleurs ont fait don de leurs œuvres. Veuillez trouver ci-dessous une liste partielle de ces artistes : *Neil Farber (membre de l’ancien Royal Art Lodge); Omen (artiste de graffiti connu); Tyson Bodnarchuk (Galerie & Boutique); Allison Moore; Jesse Purcell; Sheila Caplan; Brazen Design’s; Suf Creations. L’accompagnement musical sera fourni par les papercrows avec John Kerkhoven; James Irwin; et Bradley Thomas Moore.*

L’encans aura lieu samedi 20 février au Green Room, 5386, Blvd St. Laurent. Les portes s’ouvriront à 19h30.

Il y aura une collecte des “pennies” pour l’aide à Haïti. Tout le monde est invité à amener sa tire-lire de pennies, tout l’argent reçu étant pour Médecins Sans Frontières.

Les profits bruts seront donnés à Médecins Sans Frontières lundi 22 février. Nous avons eu la chance d’avoir beaucoup d’aide bénévole dans l’organisation de ce projet, ainsi que l’espace, les œuvres d’arts, de la musique et des prospectus. Jusqu’à maintenant nous n’avons rien dépensé grace à nos bénévoles et nous aurons la possibilité de donner les profits bruts aux Médecins Sans Frontières.

Appelez-moi si vous avez des questions et parlez de nous à tout votre entourage.

haitiartauction@gmail.com

Haïti photo - Enchères Médecins sans fronctières

L’Homme au Gant blanc

Lundi 23 novembre 2009

Hier, dans un encan à New York où des objets du monde de la musique étaient proposés, on a fait renaître deux objets fétiches de Michael Jackson, le gant de golf blanc orné de strass et sa veste noire pailletée.

Le gant blanc de Michael Jackson était mis en vente pour 10,000 dollars. Mais les enchères se sont très rapidement envolées : 350,000 dollars, offre finale d’un homme d’affaires hongkongais de 36 ans, Fossman Ma. Quant à la veste, une maigre somme de 225,000 dollars. Avant sa mort, Jackson avait de la misère à départir ses biens pour éponger ses dettes. C’est fou que la mort donne de la valeur aux objets appartenus au défunt.

Si le titre de ce tableau de Titien n’avait pas effleuré notre esprit en entendant cette nouvelle sur le gant blanc, nous n’aurions pas écrit ce billet. Nous vous aurions annoncé que nous partirons dans quelques heures pour la foire One of A Kind de Toronto. Nous vous en parlerions peut-être demain si nous n’étions pas trop fatigués.

Néanmoins, nous nous demandons si celui qui a remporté les enchères du gant blanc de Jackson s’intéresse-t-il davantage au célèbre gant, à Jackson comme artiste ou à l’époque qui a produit le Roi de la Musique Pop?

L'Homme au gant presque blanc

Mais bon. Tenez, quelques lignes de Malraux à propos de l’Homme au gant… de Titien.

Si le buste de César, le Charles Quint équestre, sont encore César et Charles Quint, le duc d’Olivarès n’est que Velazquez. Que nous importe l’identité de l’Homme au Casque, de l’Homme au Gant? Ils s’appellent Rembrandt et Titien.  Le portrait cesse d’être d’abord le portrait de quelqu’un. Jusqu’au XIXe siècle, toutes les oeuvres d’art ont été l’image de quelque chose qui existait ou qui n’existait pas, avant d’être des oeuvres d’art.

Le gant blanc de Jackson a-t-il acquis hier son statut d’oeuvre d’art? À suivre.

Vieux couple

Jeudi 19 novembre 2009

Un « Vieux couple » pour $842,500. Signé John Currin, daté de 1993, vendu le 11 novembre 2009 chez Sotheby’s New York.

Quelqu’un qui connait ce John Currin? Est-ce un bon investissement?

Ce fut une découverte pour nous.

L’esprit coquin de l’artiste est mis en évidence, voire même satirique. D’ailleurs, c’est l’attitude et la physionomie du vieux couple qui a attiré notre regard. La maitrise technique du peintre est sans équivoque.

vieux couple

Machine à imprimer des billets verts

Mercredi 18 novembre 2009

Voulez-vous devenir riche? Cherchez-vous une machine à imprimer de l’argent?

Warhol, lui, il en avait une. Il a imprimé beaucoup d’argents, dont 200 billets d’un dollar en 1962.

D’après vous, combien en valent-ils aujourd’hui ces 200 billets d’un dollar?

Avec l’inflation et la dépréciation du dollar, les 200 billets imprimés par Warhol valent aujourd’hui 43,7 millions beaux dollars américains!

Vous dites peut-être : hé Man! Es-tu sérieux? Bon, soyons sérieux! ;-)

Un tableau d’Andy Warhol mesure 203.8 x 234.3 cm, réalisé par le Roi du Pop’Art entre mars et avril 1962. Il est intitulé « 200 One Dollar Bills ». On l’a estimé entre $8,000,000-$12,000,000. Elle est vendue pour $43,762,500 le 11 novembre dernier.

En passant, nous avons essayé pour vous la nouvelle interface pour visionner des oeuvres sur le site de Sotheby’s. C’est fort bien fait. Quant à l’oeuvre de Warhol, c’est toujours un peu bâclé. Nous avons beau fait agrandir l’image comme témoigne la capture d’écran. Même si le zoom était au maximum, c’est toujours flou et un peu mal foutu!

Pour terminer, ça sert à quoi d’apprendre aux enfants à bien travailler? Si c’est juste bon pour en faire des honnêtes travailleurs de demain? Par contre, savoir bien exploiter le système, ça, ça vaut son pesant d’or! :-|

La morale de cette histoire? La valeur ne se trouve pas dans la visible.  À la prochaine!

machine à imprimer de l'argent

Encre sur papier de Chine

Mardi 17 novembre 2009

Une oeuvre sans titre de Jackson Pollock, vendue le 11 novembre 2009 à New York. Devinez combien l’acheteur a payé. Un indice? Très cher.

Encre sur papier par Jackson PollockImage : Sotheby’s New York

L’estimation de sa valeur s’établit entre 1 et 1,5 million de dollars par les experts de Sotheby’s. L’oeuvre mesure 60,5 X 99,1 cm. Elle a été réalisée vers 1951, soit au sommet de la carrière de Pollock. Nous sommes fort surpris d’apprendre que Pollock a essayé l’encre sur papier de riz. Un support délicat, un papier assez buvard qui fixe rapidement l’encre déposée. Or, le geste de l’Action Painting de Pollock est connu par sa facture brutale qui confronte la charge de peinture projetée contre la toile brute, déposée au sol.

Encore plus étonnant, c’est le prix payé pour un Pollock que nous qualifierions d’oeuvre expérimentale de Jackson Pollock.

Mais bon, c’est peut-être l’argent qui a perdu sa valeur, ou peut-être, l’on cherche à donner un sens à son argent quand on en a beaucoup. Bref, $2,882,500.00 pour ce petit Pollock sur papier de Chine.

Faux Rembrandt

Dimanche 20 septembre 2009

Le nom Rembrandt évoque en nous toujours un affect bien particulier, même quand nous griffonnons quelques lignes sur un faux Rembrandt.

Devant un bon Rembrandt, même en photo, nous avons le goût de divaguer un peu. Comme cette photo de presse d’hier sur laquelle on a bien essayé de faire une mise en scène avec cette jeune femme observant l’oeuvre sous tous les angles et coutures. Nous comprenons que c’est sexy de faire poser une belle employée, semble-t-il, de Christie’s de Londres à côté d’une oeuvre du vieux Maître. Mais combien désolant quand on savait pertinent bien que seul un richissime collectionneur puisse se payer un Rembrandt, authentique ou faux. Une excellente occasion manquée pour injecter une petite dose d’authenticité dans le foisonnement d’images modernes, si souvent superficielles. Voilà pour la désolation que nous éprouvions hier soir en sélectionnant l’image la moins mauvaise du lot, et pour cette surdose de superficialité des photos de presse clichées.

Tenez, en voici quelques-unes.

Mise-en-scène devant un Rembrandt Employée femme davant un Rembrandt Femme devant un Rembrandt

Rembrandt n’est probablement, ni un saint homme, ni un esprit d’exquis de philosophe de son époque. Son extraordinaire oeuvre picturale dont peu d’artistes dans l’histoire de l’art arrivent à joindre se démarque justement par sa dimension du vrai. La lueur rembranesque, elle est matérielle tout comme ses pénombres. Les ténèbres de Rembrandt expirent au travers ses coups de brosse et aspirent à la lumière.

En 2007, il s’est vendu sur le marché de l’encan londonien un « faux » Rembrandt pour 2,2 millions de livres sterling : lot 377, Autoportait en Démocrite – philosophe riant. Un tout petit tableau considéré par les experts comme étant l’oeuvre d’un artiste qui imitait le style de Rembrandt. Il mesure 23.7 cm par 17 cm, signé RHL, date de 1629-1630.

Peu importe si c’était un faux ou un vrai Rembrandt, le ou les acquéreurs de ce petit portrait ont acheté en 2007 une oeuvre d’art peinte par un artiste digne de la définition du mot « art » au 17e siècle, soit la capacité de rendre facile ce qui est difficile.

Un faux Rembrandt ? Un petit portrait de Rembrandt

Rembrandt aux enchères chez Christie’s

Samedi 19 septembre 2009

Un Rembrandt provenant d’une collection privée est disponible pour un amateur d’art fortuné.

Un portrait d’homme peint par le célèbre peintre du siècle d’Or sera vendu aux enchères en décembre chez Christie’s pour une modique somme de quelques millions. On estime le prix entre $30 à $41M. Rembrandt aux encheres. En voici, trois Rembrandt vendus depuis 2000 :

Rembrandt aux encheres

Michael Jackson par Warhol

Lundi 10 août 2009

Portrait de Michael Jackson, par warhol

Nous sommes surpris d’apprendre que Warhol a eu le temps avant sa mort de « faire » le portrait de Michael Jackson. Il s’agit d’une simple photo de couleurs en aplat, altérée de gribouillage.  Il y a dans les oeuvres tardives de Warhol beaucoup de mécanique et du réchauffé, sans plus. Quand le monde se fait complice pour exploiter une combine, devrait-on blâmer l’artiste qui se vautre dans la facilité et à se faire un peu d’argent?

Peint en 1984 par le maitre du Pop Art, Andy Warhol, ce portrait de Michael Jackson sera mis aux enchères le 18 août prochain dans une galerie de l’état de New York.

Ce portrait du Roi de la Pop immortalisé à l’âge de 25 ans était une commande passée à Andy Warhol, 2 ans avant la mort du Roi du Pop’Art, par le Time Magazine pour célébrer, semble-t-il,  le succès de l’album Thriller. Le temps pour monétiser la mort de Jackson est venu. On y touchera le retour de l’investissement, c’est assuré. C’est plate de voir ainsi, mais comme l’on disait, ainsi va la vie.

Le prix de départ du tableau sera de $800,000, mais il pourrait atteindre des sommets si l’on y mettait un peu de « sentiment ».

Carla Bruni nue

Samedi 30 mai 2009

Voilà, encore un peu de Carla Bruni. Comment…? D’accord! Nous reprenons.

Voilà, encore un peu de Carla Bruni-Sarkozy. Ça ne vous passionne pas? Oké, nous faisons ça court et bref. Promis!

Carla Bruni nue

Une photo de la Première-Dame de France qui date de 1994, sera mise aux enchères à Berlin, prix de départ? Pour une modique somme de 3000 euros. Carla est souvent photographiée dans le plus simple appareil, rendant probablement plusieurs jalouses. :-|

Sur celle-ci, elle avait alors 26 ans, aujourd’hui, elle a… Combien, dites-vous? 41. Bon voilà, elle a 41 cette année.

La photo en noir et blanc de l’Américaine Pamela Hanson est titrée « Carla Bruni in Bed », qui la présente en amoureuse qui languit au lit : bras levés et mains jointes, regard fixe au luminaire… Si! C’est le luminaire et non le plafond qu’elle fixe; seins nus, bas-ventre artistiquement dissimulé; son corps de fine taille abandonné dans de beaux draps… froissés et d’un blanc immaculé. Vous comprenez bien que l’utilisation du mot « immaculé » n’enferme pas d’autres références que simplement pour vous donner une échelle d’appréciation des nuances de la photographie en noir et blanc, entre le noir sombre et dense de sa chevelure, défaite, et le blanc, clair et lumineux des draps.

Eh oui! Nous sommes comme ça… ;-) la rigueur et la précision, c’est important quand on est un artiste. Car, en raison de la nature de l’expression artistique, qui est généralement considérée comme floue – le flou artistique, un sain équilibre s’impose donc entre la raison et l’expression.

Conséquemment, comprenez-vous que nous ne laissons pas ce billet dans un tel état de légèreté insoutenable, n’est-ce pas? En voici une célèbre peinture pour clore le sujet du jour : une femme nue, d’un corps gracieux à la taille généreuse, disposée selon le même schéma graphique que « Carla Bruni au lit ». Bien que le perroquet dans la «Femme au perroquet » de Courbet soit un accessoire répondant aux conventions sociales de l’époque, le coin du drap blanc qui cache le bas-ventre de la maîtresse du peintre fut traité comme un élément accessoire, alors que sur la photo de Hanson, une mise en plis du drap soigneusement disposé entre les cuisses et les mollets de Carla que l’on dirait de l’art nordique du 15e siècle.

Femme au perroquet, par Courbet

Si certains petits détails font des images des grandes oeuvres, d’autres ne relèvent que l’envergure réelle du talent de l’artiste. Quel dommage que Carla porte en elle un si grand amour pour la présence de la caméra en oubliant de jouer son rôle de langoureuse amoureuse. À moins que le modèle et l’artiste aient toutes les deux oublié l’essentiel.

Patrimoine culturel de l’humanité

Lundi 16 mars 2009

Aujourd’hui, un billet de suivi. Un retour sur un sujet abordé dernièrement en passant par la réouverture du Musée d’Irak, à Bagdad, pour finalement aboutir à un texte d’Hugo. Si vous préfériez, du coq à l’âne. :-)

Musée de Bagdad, IrakImage : Anja Niedringhaus/AP

En fin février 2009, un peu moins de six ans après l’invasion américaine de l’Irak, le Musée de Bagdad a réouvert ses portes. Au cours de cette longue période de fermeture, des spécialistes, enquêteurs, soldats, policiers et Interpol ont tenté de récupérer et restituer une partie des collections d’oeuvres assyriennes et babyloniennes, pillées, volées et ravagées durant les premiers jours de l’arrivée des troupes américaines dans la capitale irakienne. Si l’on croit à la Convention internationale de La Haye sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé, l’obligation incombe à la puissance occupante… et protectrice.

Hélas, ce ne fut pas le cas en 2003. La mise à sac de la Bibliothèque et du Musée de Bagdad a eu lieu sous les yeux des troupes de l’envahisseur.

Un fait intéressant à retenir, le Musée de Bagdad est reconnu comme le 3e musée du monde en richesse des biens culturels de la Mésopotamie antique, après le British Museum de Londres et le Louvre de Paris.

Patrimoine culturel de l’HumanitéImage : Thomas Coex/AFP

Au cours de cette même semaine de février 2009, il y a eu des enchères à Paris, une mise en vente de la Collection YSL-Bergé au Grand Palais. L’événement a été organisé par la Maison Christie’s de Pinault. Rappelez-vous de la polémique autour des deux têtes d’animaux en bronze ? Compte tenu de l’impossibilité à récupérer légalement les deux antiquités réclamées, par stratagème «Si vous ne nous les restituez pas, nous vous forcerions à vous les garder», un collectionneur chinois, Cai MingChao, a acheté les deux têtes le soir du 23 février, avant de déclarer son refus du paiement. On a su plus tard que Cai dirige une maison d’enchères située à Xiamen. Il est l’un des conseillers du Fonds du patrimoine national de Chine, un organisme paragouvernemental qui a pour but de récupérer des objets pillés au cours du 19e siècle par les puissances européennes.

N’est-ce pas toute une coïncidence que ces deux événements soient déroulés durant la même semaine ?

- Et alors? diriez-vous, peut-être.

En fait, nous nous demandons simplement pourquoi personne ne s’est intéressé à ces deux événements conjointement et pourquoi l’histoire se répète malgré la succession des empires et des conventions internationales renouvelées.

Bref, nous vous laissons sur ce beau texte du grand Hugo que nous avons entendu parler depuis un bon moment sans que nous soyons capable de mettre la main dessus. Voilà, c’est fait pour nous et maintenant, en le partageant avec vous. Bonne semaine! ;-)

Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l’expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l’empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l’Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d’approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici. Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s’appelait le Palais d’été. L’art a deux principes, l’Idée, qui produit l’art européen, et la Chimère, qui produit l’art oriental. Le Palais d’été était à l’art chimérique ce que le Parthénon est à l’art idéal. Tout ce que peut enfanter l’imagination d’un peuple presque extra-humain était là. Ce n’est pas, comme le Parthénon, une oeuvre rare et unique ; c’était une sorte d’énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle. Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d’été.

Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des Mille et Une Nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d’éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce monument.

Il avait fallu, pour le créer, le long travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l’énormité d’une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? Pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l’homme. Les artistes, les poètes, les philosophes connaissent le Palais d’été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d’été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C’était une sorte d’effrayant chef-d’oeuvre inconnu, entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule comme une silhouette de la civilisation d’Asie sur horizon de la civilisation d’Europe.

Cette merveille a disparu.

Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à demi entre deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu’on avait fait au Parthénon, on l’a fait au Palais d’été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l’Orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’oeuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits.

Nous Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

L’Empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été.

J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée. En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate. Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à l’expédition de Chine.

Sculptures animalières en bronze

Lundi 23 février 2009

Saviez-vous qu’un très très grand encan d’oeuvres d’art débute aujourd’hui à Paris?

Il s’agit de la vente de 732 oeuvres d’art de la collection Yves St-Laurent et Pierre Bergé chez Christie’s. Deux des sculptures animalières en bronze font objet d’un litige : des têtes de rat et de lapin, pillées à Pékin il y a près de 150 ans au Palais d’été par les troupes franco-britanniques lors de la seconde guerre de l’opium. Après le vol, les troupes de l’Alliance ont incendié le Palais comme celui qui a incendié la semaine passée l’église de Saint-Philibert, en Beauce.

Ces deux têtes faisaient partie d’un ensemble de douze animaux symboliques de l’astrologie chinoise. Les sculptures en bronzes entouraient jadis une fontaine conçue par le jésuite français Michel Benoist.

Sculpture animalière en bronze

Si le droit international interdit le commerce d’oeuvres d’art volées, il n’est toutefois pas rétroactif et ne peut être appliqué aux biens culturels volés dans les années 1860. Une demande symbolique de l’annulation de la vente de ces têtes a été déposée par l’Association pour la protection de l’art chinois en Europe (APACE). Elle sera examinée aujourd’hui, à Paris. Les deux sculptures sont évaluées entre 8 et 10 millions d’euros chacune. Elles doivent être mises aux enchères mercredi soir.

Au cours des dernières années, de richissimes hommes d’affaires chinois ont acheté cinq des douze têtes dans des ventes aux enchères pour les offrir à la Chine. En 2007, le milliardaire des casinos de Macao, Stanley Ho, a déboursé 8,8 millions de dollars pour la tête de cheval chez Sotheby’s Hong Kong avant de l’offrir à la Chine. Plusieurs de ces têtes d’animaux en bronze étaient en circulation depuis fort longtemps. Cependant, elles ne font objet d’une réclamation que récemment. On dirait que la montée en puissance d’une nation s’enorgueillisse sa voix officielle.

Pour des pays comme Égypte ou Irak, à quand leur tour? :-|