Encre couleur
Mercredi 14 mars 2012De photographe italien Alberto Seveso, l’encre couleur sous l’eau. La pureté est une perception de notre capacité de contempler la souillure et de sublimer.

De photographe italien Alberto Seveso, l’encre couleur sous l’eau. La pureté est une perception de notre capacité de contempler la souillure et de sublimer.

Contemplons l’impureté de la couleur de ce coeur d’union pour apprécier ce monde d’amour qui n’est pas toujours d’une couleur pure.
Proust a si bien écrit que dans l’humanité la règle – qui comporte des exceptions naturellement – est que les durs sont des faibles dont on n’a pas voulu, et que les forts, se souciant peu qu’on veuille ou non d’eux, ont seuls cette douceur que le vulgaire prend pour de la faiblesse.

C’est la personne humaine, libre et créatrice qui façonne le beau et le sublime, alors que les masses restent entraînées dans une ronde infernale d’imbécillité et d’abrutissement.
Qui a dit une chose avec une telle acuité? On dirait presque méprisante dans un monde où l’on affectionne un discours de positivisme à tout prix. Eh bien, c’est le plus grand scientifique du 20e qui a dit ça. Nous la trouvons si appropriée pour le billet du jour.
En ce jour de la présidentielle russe, des images conçues par un scientifique indien de nos jours, Mohamed Babu, pour illustrer l’exercice de la démocratie en Russie et le retour de Poutine à la présidence russe.
Le bon peuple ne vit pas de politique. Il vit de son travail dans une société régularisée par un régime politique. Le bon peuple vit dans une société au rythme de l’orientation politique nationale. Le résultat de l’exercice de la démocratie est à la couleur de la capacité du peuple de vivre leur vie sous une régime politique même s’il y a apparence de dé pipé à propos du vainqueur.
Faites vos jeux; Les jeux sont faits; rien ne va plus! Allez, courage les Russes! Vive Poutine! Observons-nous maintenant l’intensité, la durée et l’ampleur des manifestations à venir en Russie à la suite de leur présidentielle.

Aujourd’hui l’image d’une femme dans de beaux draps au pied du mur et des pauvres hommes saisissent par le froid.
… Les hommes semblent éprouver un grand effroi, absolument insupportable de se trouver un beau matin, tout seuls, absolument seuls, devant le vide. Les plus audacieux, les plus téméraires se raccrochent, malgré tout, à quelque trame usagée, bienvenue, classique, éprouvée, qui les rassure et les relie aux choses raisonnables, acceptées, à la foule des personnes convenables. On dirait que le froid les saisit.
Les beaux draps, partie II, Louis Ferdinand Céline

Comme la fin du monde telle qu’annoncée n’est pas arrivée ce soir. Allons-y pour un autre billet. Le Seigneur aime sûrement les gens qui font d’efforts dans la vie. Ne l’avait-il pas dit: « Celui qui, dans son constant effort, n’épargne pas sa peine; celui-là, nous pouvons le sauver. »
L’arrivée du Jugement dernier, prévue aujourd’hui, a été annoncée par Harold Camping, ingénieur civil à la retraite, qui a bâti un empire médiatique chrétien. Il publicise ses prédictions de fin du monde depuis nombreuses années. Bon, soit son informateur est charlatan, soit son modèle de calcul est défaillant. Peut-être, son empire s’écroulerait sous peu.
Au cas où vous nous demanderiez le choix d’image d’aujourd’hui. Et bien, ça fait l’apocalypse ce corps tatoué. Cette image fait suite aussi à celle d’hier dans laquelle on camoufle le sexe, et aujourd’hui, on le cache… sous l’étoile de l’amour.
Bon. Quoi d’autre à ajouter à ce billet… Finalement, se pourrait-il que nous souhaitions aussi l’arrivée de cette fin du monde?
Rien à faire pour toujours. Nous passerions d’une nuage à l’autre, là en haut à rien faire.
Mon Dieu, l’éternité doit être longue à rien faire, non?!
Ah!
Nous avons lu récemment qu’un chercheur britannique a mis au point un modèle mathématique permettant de prédire l’allure d’un tatouage sur une longue durée. Ian Earnes, de l’University College London, a étudié la dispersion de l’encre sous la peau.
Dès l’instant où l’encre est injectée sous la peau, les globules blancs affluent pour évacuer les pigments, perçus comme étant des déchets par le système immunitaire. Une partie de cette encre est donc éliminée à travers le système lymphatique, tandis que le reste est capturé dans les cellules sous la surface de la peau. Au fur et à mesure du vieillissement, les particules d’encre vont se diffuser sous la peau alors que les cellules se divisent ou meurent. Par le fait même, le tatouage devient flou avec le temps.
Selon l’étude publiée, semble-t-il que les grands tatouages se comportent mieux sur la durée que les plus petits. Voilà, de l’apocalypse au tatou. Un tatou apocalyptique, c’est une question de temps.
Une image festive d’une « Joyeuses Pâques », du photo-journalisme de notre époque cosmopolite : de la pureté innocente en couleurs entre les mains d’une croyante. Ici, nous sommes bien loin des brebis de l’imagerie traditionnelle du christianisme. Mais tout même, le symbolisme de l’offrande demeure.
…On sentait chez cette innocente personne peut-être moins de goût pour les arts qu’un grand besoin de gagner sa vie.
Voilà, Joyeuses Pâques à tous!

Image: AP, Citation: André Gide

Un complément du billet d’hier, des désirables et sensuelles femmes selon le célèbre artiste vénitien de l’Europe des Lumières, Giovanni Battista Tiepolo ou Giambattista Tiepolo. En français, c’est Jean-Baptiste Tiépolo. La France, maître du vieux continent il y a quelques siècles passé, a tout francisé. Un jour, tout se chinoiserait ou indiennariserait. Bon, si nous réfléchissions deux secondes… hé bien, peut-être pas. Car les cycles économiques accélèrent et ils sont plus en plus brefs. Les Chinois et les Indiens n’auraient pas le temps en leur faveur. Sans le levier économique, point d’empire, adieu la
règne culturelle.
Bon, revenons à nos occupations d’artiste!
Voyez-vous, à l’autre époque, on a du « temps » pour élaborer tout un jeu de signes de mains et de jambes quand on peignait des femmes sensuelles et désirables. Un langage complexe et élaboré. Dans les Pin-up de Sundblom, les croisements de jambes se codifient. Plus rien de ces théâtralités au style rococo. Maintenant, fermez vos yeux deux secondes et voyez dans la noirceur de votre esprit lucide les défilés de mode de nos jours. Alors? Ces déhanchements de longues
jambes… Monsieur Sundblom et ses acolytes ont grandement contribué à la définition du modèle actuel de sensualité féminine.
Pour terminer, ah, c’est ça! Nous avons presque oublié… le motif principal de ce complément de billet, les couleurs de Tiepolo et de Sundblom, combien elles sont lumineuses et sensuelles! Divin!
Quant à leurs touches lisses et fluides pleinement maitrisées, pour le moment, c’est impossible à vous les montrer. Il faut voir les oeuvres aux musées. La téléviseur ou l’écran d’ordi 3D peut résoudre cette difficulté. Il faudrait patienter encore… une question de temps.
Tout le monde sait de ce que c’est un plan d’action. Mais peu de gens ont la conviction de mettre en place un plan d’action impliquant plusieurs. Si un tel plan existe, il est rare que l’on ait à la fois la rigueur pour faire les suivis et la persévérance pour l’exécuter… encore moins muni de perspicacité pour l’adapter à la réalité sans déloger de l’objectif premier du plan.
Un bon plan d’action doit aussi faire partie d’une planification stratégique et être établi en fonction d’un laps de temps déterminé pour favorise une sorte d’urgence d’agir. Un plan d’action n’amène malheureusement pas toujours son détenteur au succès attendu, le plus redoutable adversaire du plan.
Au départ, nous voulions écrire quelques lignes sur le bleu. Le bleu comme dans le fond d’écran bleu de la mort ou le fond bleu de l’espoir comme le bleu de la planète Terre. Ce bleu outremer serein, clair, mais intense, un peu comme le bleu de l’ONU. En fait, nous voulions écrire un billet court, de quelques mots, à peine. Mais nous échouons encore. Nous échouons chaque fois un peu comme un peintre à un seul tableau. Mais nous persévérons. L’idée du billet d’aujourd’hui vient de ce fond noir d’hier. C’est fou le cerveau d’artiste, n’est-ce pas?
Nous ne sommes qu’un vagabond qui suit la ligne imaginaire tracée par son chemine de quête de nourritures pour arriver finalement remblayer son estomac de restants.
Ah oui! Une illustration d’un plan d’action. Voici Obama et son sommet sur la sécurité nucléaire. S’il n’atteint pas son but, le but que vous et nous ignorons, il arriverait quand même à créer une pression légitime et les conditions qui favorisent l’atteint de ses objectifs.
L’an passé, il plaidait à Prague pour un monde sans armes nucléaires. Ensuite, il pointe du doigt Iran et Corée du Nord, mais il tend la main au monde entier. Il a signé un accord de réduction des armes nucléaires avec la Russie la semaine passée. Il a convoqué un sommet cette semaine, tenez bien, à Washington. Clic, clic, bonjour, bonjour, copain, copain, bisou Madame, par ici, bravo à tous… devant ce décor au fond bleu d’espoir à la couleur presque onusienne.
Prochaine étape? L’ONU accueille au siège des Nations Unies, à New York, à la mi-mai une conférence internationale pour examiner le traité de non-prolifération nucléaire.
Ô Seigneur! Quelle beauté, cet art diplomatique et politique, et cet « artiste » de génie.







Bon, un billet complémentaire à celui d’hier.
Aujourd’hui, du dessin de Père Noël à colorier. Oui oui, c’est du sérieux ce post de dessin à colorier! D’ailleurs, depuis quand nous ne le sommes pas?
Saviez-vous pourquoi les jeunes enfants aiment colorier des dessins comme le Père Noël à droite? Par contre, si vous leur présentiez le dessin de Père Noël de Nast du billet d’hier (Pardon! La gravure, coloriée, celle-ci d’aujourd’hui.) en leur demandant le colorier. Et ben, la majorité d’entre eux serait embêtée.
Ben, c’est très simple. D’abord, trop de détails déroutent les enfants qui n’ont pas encore développé toute leur capacité de synthèse en dessin. Ensuite, une démarcation en noir bien nette, ça rassure. Apprendre à accomplir une tâche, même artistique, c’est toujours plus facile quand les limites sont clairement identifiées et le modèle bien défini.
Voyez-vous, il y a dans le coloriage de dessins pratiqué par les enfants toute notre humanité, même encore plus. L’art est une manifestation visible de l’esprit humain même si bien souvent qu’autrement perçu comme étant un luxe bohémien.

Notre premier réflexe est d’appeler Ami Cheng pour connaître un peu plus à propos de ces deux images. C’est bien beau le tatouage, le beau corps et le mot Greenpeace. Parfois, même une image de choc ne vaut pas mille mots.
Pour provoquer une réaction instantanée chez Ami Cheng même si sa zenitude est à l’image d’une libellule dans sa posée gracieuse au bord d’une fleur de lotus. Il suffit une ou deux moustiques imprudents pour éveiller son instinct du chasseur.
- Cheng! Comme ça, vous chassez aussi des baleines comme les Japonais pour que Greenpeace s’en occupe de vous?
Cheng rit aux éclats à l’autre bout du fil et répond : Ô idiot Artiste qui ne sait que lire des messages de sot dans des biscuits chinois! Envoie-moi ton texte…
En passant, Cheng a un téléphone sans fil dernier cri. Ne le prenez pas en pitié. Mais il est toujours perspicace.
Ouste Ami artiste ignorant!
Certaines traditions, même millénaires, ne valent pas que l’on les perpétue. Japon, SVP! Cesse les massacres de baleines! Greenpeace
- Salut Cheng! Nous avons ajouté le bonhomme clin d’oeil pour perpétuer notre amitié. Longue vie à nos collaborations!
Aujourd’hui, un autre événement fortuit.
Nous avons reçu ce soir un courriel de nos amis néo-brunswickois dans lequel contient une série de photos qui illustrent la création d’un mandala. Après la présentations de «Tranquillité» d’Hirst, le billet de ce soir en est presque la suite thématique de son prédécesseur.
Un mandala, est-ce de l’art? Nous réfléchissons.
Le mot mandala signifie «Cercle sacré» ou «Cercle magique». Semble-t-il, il représente le monde idéal. Sa forme géométrique a un centre et une périphérie. Le premier symbolise la concentration et la seconde, elle se réfère à l’organisation. Chaque mandala a comme contenu un Mantra, soit l’âme du mandala.
Un mandala repose sur trois principes d’organisation : le point central, le rayonnement de ce point et la frontière extérieure circulaire. En passant, nous avons l’air très savants, méfiez-vous
nous l’avons appris à l’instant même en flânant sur le net.
Nous apprenons que C. G. Jung considère le mandala comme archétype, le reflet du Soi. Par sa double symétrie formant de carrés et de cercles, le mandala reproduit notre psychisme, contient et organise les énergies archétypales de l’inconscient, mais d’une manière assimilable par la conscience, qui fait référence à la participation au coloriage du schéma pré-tracé du mandala.
Selon le petit texte du courriel, au 7e jour, les moines qui ont créé le mandala jettent leur magnifique travail dans l’eau du fleuve pour démontrer qu’on ne doit pas s’attacher aux choses terrestres. Nous avons l’impression que cette explication accorde une trop grande importance au symbolisme de la finalité en omettant l’essentiel du processus qui, à notre humble avis, est éminemment plus important que la destruction du schéma coloré.

Depuis quelques années, si nous ne nous trompions pas, ça fait maintenant trois ans que l’association WWF organise l’opération «60 minutes pour la Terre». Pour les amateurs de lutte professionnelle, détrompez-vous! Ce n’est pas votre gang de comédiens pleins de stéroïdes qui organisent cette party de conscience planétaire, mais bien le World Wide Fund – un organisme international de développement durable, de protection de la nature et de l’environnement. WWF était anciennement World Wrestling Federation. Quand on lutte un jour, on lutte toujours.
L’opération 60 minutes sans lumière a pour objectif de mobiliser, entreprises et particuliers, à éteindre leurs lumières pour prendre conscience de la consommation d’électricité en 1 heure et de montrer… ou de démontrer qu’il est important de réduire notre consommation pour lutter contre le réchauffement climatique. Noble geste. Mais, dites, pourquoi des adultes – contribuables de leur être, et des citoyens corporatifs – personnes morales de droit public, privé ou mixte, ont-ils besoin qu’on leur dise à ne pas gaspiller une ressource collective? Si nous pensions collectivement que ce geste en vaut la peine, pourquoi juste une fois par an? Au fond, nous voulons peut-être juste nous faire rassurer par la petite lumière vacillante que nous avons derrière nos yeux : vous êtes sur le bon chemin! Allez! Encore une petite cueillette de mian mian!
C’est fatigant cette petite lumière-là! Devrions-nous l’éteindre aussi ce soir en même temps? Juste 60 minutes…
Ce soir, lorsque nous nous prolongerez collectivement dans la grande noirceur pour prendre conscience de la quantité d’électricité consommée en 60 minutes, des êtes curieux comme nous tous, nous nous affairions évidemment à nos activités spirituelles comme la méditation, le yoga ou la création artistique.
Pour apporter notre humble contribution à l’humanité, nous les artistes méconnus, nous n’éteindrons pas nos lumières, car vous, vous le ferez pour tous, n’est-ce pas?
Nous, nous devons travailler pour arrondir notre fin de mois d’artistes. Si! Il nous reste encore 3 jours et demi en mars. Vous saviez peut-être, mais si vous ne le saviez pas, être artiste, c’est comme embrasser la foi. C’est pour toujours. En parlant de cette chose que l’on appelle la foi, l’autre jour, nous faisions rencontre avec un autobus qui nous disait que Dieu n’existe peut-être pas… le Salaud! Ça lui prend tout ce temps pour nous dire un matin d’hiver que Dieu n’existe peut-être pas, il faut profiter la vie. Ce fut la noirceur totale derrière nos yeux grand ouverts durant de longues minutes. Pourtant nous prenons l’autobus 5 jours par semaine. Ce matin-là, nous avions le goût d’abandonner le mécréant d’autobus!
Ce soir, entre 20h30 et 21h30, nous allons embrasser la poussière afin que la terre prenne forme et qu’elle se peaufine. Nous avons besoin de la lumière pour bien travailler, pour gagner quelques maigres sous. Car boire de l’eau claire n’affaiblit pas juste le corps, ce substitut alimentaire détériore aussi l’esprit. Vous l’avez constaté ici?!
Bon, en terminant ce post, nous pensons à vous. Nous vous laissons sur cette oeuvre d’un grand artiste du XXe, Pierre Soulages, l’une de ses «Lumières noires». Vous le connaissiez? Si vous ne l’aimez pas, faites un effort… peut-être, vous allez aimer la noirceur un jour.
