Archive pour la catégorie 'C'est quoi ça?'

 

Promenade dans Paris

Dimanche 17 août 2008

Par Mélibée

Promenade dans Paris par un bel après-midi, le nez… un peu trop en l’air.

Promenade dans Paris

Voilà, je quitte ma minuscule studette, Paris 15e, pour aller déjeuner… au pied de la Tour Eiffel. Enfin dîner pour nous autres Canadiens, déjeuner pour vous autres Français et pour le restant de la planète… le repas du midi. Je sais, je sais… je suis un peu, tatillonne sur les précisions, je pinaille quoi.

Donc, où en étais-je… Ha oui, ma promenade.

Je me fais un sandwich avec des crudités, j’achète une bouteille d’eau au rare marchand du coin ouvert. Nous sommes dimanche. La plupart des grandes surfaces sont fermées. Je décide de prendre rue de la Convention, une rue commerçante. Mais il y a les étales des petits marchands sur la rue. Un ravissement pour les yeux… les dattes côtoient les pistaches. Un peu plus loin, il y a du poisson frais, des crevettes cuites… la file chez le boulanger… au moins vingt personnes. Une vraie vie de quartier. Je décide de prendre de petites rues, comme elles sont zigzagantes avec des bâtiments tout en hauteur… impossible à avoir un point de repère visuel… alors, je file d’une rue à une autre en regardant l’architecture… le nez en l’air. Les frises, les corniches, les lucarnes… me voilà rendue rue Vercingétorix, chef gaulois… tiens dans le 14e… ha bon! Mais ayant toujours en tête mon objectif de déjeuner au pied de la belle boulonnée… de fil en aiguille toujours le nez en l’air… tient voilà la gare Montparnasse et hop photo. Je la vois au loin… je m’active… je commence à avoir faim. J’ai fait mon jogging ce matin. Je fonce droit devant. Je viens encore de la perdre de vue… ce n’est pas grave… elle ne va pas bouger… elle va m’attendre. Alors d’une rue à une autre, de Pasteur à Commerce… en passant par le boulevard Garibaldi, chef politique italien… Ils ont le chic ces Français de mettre des mots sur… tout, tout, tout… n’en pouvant plus… je vois un parc… Place du commerce avec un petit pavillon. Jardin à la française, évidemment les arbres sont bien alignés, troncs dégagés. Le haut des arbres forme une haie de verdure, les branches tordues, sciées… faut faire prendre le bon pli… quoi. Le sandwich avalé. Je me cherche un petit café… pour siroter le précieux liquide qui éveille les sens…

Promenade du Dimanche dans Paris

Tiens, une station de métro. Ici, ils disent le Métropolitain. À New York, c’est le Subway… à Londres, Underground… à Montréal le Métro…

Merde… désolée pour le gros mot. C’est la station Félix Faure… je ne suis qu’à quelques pas de ma studette… Bon, je vais rentrer et me le faire… mon café. Zut, zut zut… j’ai tout simplement tourné en rond comme une bourrique… Voilà ce qui arrive quand on ne prend pas garde où l’on va… tiens en parlant de bourrique, connaissez-vous la mule du pape… d’Alphonse Daudet? Une bien jolie histoire.

Promenade du Dimanche dans le 15e arrondissement

Made in China

Mercredi 13 août 2008

Made in China, trois simples petits mots, alignés dans cet ordre, on peut les faire dire beaucoup et encore plus. C’est presque comme les trois couleurs de base du cercle chromatique. On peut obtenir du brun caca, tout aussi bien que des couleurs éclatantes.

Si l’on répète ce Made in China, en musique, on peut en faire des variations ornementales. Mais là, ça prend du génie. À bien y penser, c’est bien plus facile de mélanger des couleurs que faire de la musique… Loin de nous l’idée de déclarer la supériorité de la musique sur les arts visuels. Mais, soyons lucides! Un morceau de Bach coûte immensément moins cher qu’un chef d’œuvre de Maître Ancien. Si l’on cherche absolument un classement, grâce à son accessibilité, la musique surclasse bien d’autres arts coûteux.

Made in China

Made in China, cette caricature de Carlson du Milwaukee Journal Sentinel a capté notre intérêt il y a maintenant plusieurs mois. Nous l’aimons pour deux raisons. D’abord, ce regard satirique de Carlson sur cette campagne de boycottage. Aujourd’hui, nous sommes au début de la 2e semaine des Jeux Made in China. À la cérémonie d’ouverture, W y était, Poutine aussi, sans oublier ce sympathique Sarko.

« Mais, Berlusconi n’y était pas! »

Une voix dissidente s’élève. Pas facile! Il y a toujours quelques « dissidents » dans le cerveau d’artiste. Un jour, nous parviendrons à les mater tous, et pour de bon! Nous parlerons alors à unisson, sans nous faire importuner!

Berlusconi n’y était pas pour une bonne raison: il fait chaud et humide à Beijing. Lui, il ne tolère pas la chaleur, encore moins l’humidité. Il l’avait dit. Ça, c’est plus honnête qu’un W Bush. Celui-là, il patouillait la vertu à Beijing en vivant sur du temps présidentiel emprunté, bientôt honorifique. Il ne se gêne pas à faire la leçon aux Chinois… Pardon, aux dirigeants communistes chinois! C’est important la nuance. Pour certain, il vaut mieux pilonner un pays en leur apportant de la démocratie en échange du pétrole que de laisser 1,6 milliard de Chinois décident leur vie. Leur laissent gérer leurs propres droit, liberté et gouvernance. Si la majorité de ce milliard d’humains décide de vivre sous ce régime, elle n’est pas pour autant innocente et inconsciente qu’un autre peuple qui a élu W Bush deux fois en sachant qu’un dénommé Al Gore aurait aimé être leur président.

« Et le Tibet?! »

« W a triché. Le peuple des États-Unis a été trompé! »

Ô Seigneur! Faites quelque chose, un miracle! Nous ne pouvons plus supporter ces voix d’infidèles!

Nous aimons cette caricature aussi pour l’utilisation de tous ces Made in China dans le dessin. Car la bidimensionnalité est une facette fondamentale de l’évolution de la peinture au 20e siècle.

Dans ce même 20e siècle, nos grands-parents ont connu des produits Made in Germany, nos parents ont connus des produits Made in Japan, Made in Taiwan, Made in Hong Kong, Made in Corea, Made in Thailande et d’autres Made in quelque part. Mais le Made in China est parmi nous pour un long moment.

Aujourd’hui, le Made in China approvisionne les Wal-Mart de ce monde pour alimenter la demande de notre consommation effrénée. Le Made in China culturel est déjà à notre porte, semble-t-il, nous aimons cet exotisme. Des artistes chinois contemporains, de fabrication occidentale, sont sur le point de prendre la relève des artistes de l’Après-Guerre chez Sotheby’s et chez Christie’s. Quelques réalisateurs chinois gagnent des Prix, ici et là, Berlin, Cannes, L.A. Demain, les leaders politiques de droite déchireront leur chemise pour défendre la production artistique locale avec autant de véhémences qu’ils font aujourd’hui pour la perte d’emplois manufacturiers. Demain, des banques Made in China ouvriront leurs succursales ailleurs qu’en Chine.

Aujourd’hui, une nouvelle qui annonce la naissance du China Commercial Aircraft à Shanghai avec un capital de départ de 2,7G$ à la nième page des journaux. Demain, quand les avions de ce CCA compétitionneront ceux de fabrication Bombardier, par exemple, assurez-vous, nos journaux et nos journalistes nous colporteront des manchettes à tout casser. En attendant, ils nous parlent de la vérité cachée de cette petite Chinoise qui chantait l’hymne national comme s’ils ont découvert personnellement ce « secret », en oubliant nous mentionner que cette nouvelle est sortie à la télé chinoise.

Anodin, n’est-ce pas? La China Commercial Aircraft devrait être en mesure de construire des avions de plus de 150 places dans quelques années. Car les Chinois veulent réduire leur dépendance envers les leaders mondiaux du secteur de l’aviation, Boeing et Airbus.

Voilà pour l’Économie 101 sur le Made in China : après le développement des secteurs primaire et secondaire, le tertiaire. Sur ce, nous allons vaquer à nos occupations d’artiste dans notre prochain texte. Le savoir-être est une veilleuse que chacun porte sur sa conscience et la vertu, une voile diaphane que l’on jette sur soi pour embellir ses valeurs morales… peut-être, on ne les a même pas.

Une femme géorgienne

Dimanche 10 août 2008

Notre dernier petit texte sur les trois artistes « défenseurs » des innocents a été écrit tout juste après celui sur Srebrenica. Comme nous étions insatisfaits du texte, le brouillon est resté là plusieurs jours. Encore aujourd’hui, nous demeurons insatisfaits. Nous aurions aimé ajouter un 4e artiste, contemporain, Anselm Kiefer.

L’œuvre de Kiefer est construite autour du sens de la matière, de la mémoire, de l’absence, du manque. Mais surtout, ne serait-ce pour déplaire aux inconditionnels de Kiefer, que d’évoquer une dimension moins visible, mais fondamentale dans l’oeuvre de Kiefer: lui-même, l’homme, l’artiste et… le grand créateur. Eh oui, tout artiste travaille pour son alter ego et celui-ci peut prendre parfois une dimension gigantesque.

Cependant, de mêler ces aspects du travail artistique de Kiefer au texte qui traite les œuvres de Rubens, Picasso et Motherwell nous semble apporter plus de confusion que clarté. Bien entendu, si nous n’allongions pas le texte.

Au premier jour du blog MY Arts, nous avons choisi comme orientation de rester simple et accessible avec nos petits textes, pour deux raisons: nous sommes particulièrement malhabiles en écriture et l’un des artistes parmi nous, celui au cerveau à la Homer Simpson déteste particulièrement les longs textes. Ne l’invitez pas à une séance de lecture à la recherche du temps perdu. Vous le tuerez au bout de vingt minutes et ce, même avec du thé et des madeleines. C’est assuré!

Au lendemain de la mise en ligne du texte sur le massacre des Innocents, notre monde connaît à nouveau la guerre. Nous sommes tombés sur cette photographie de Gelb Garanich de Reuters. Une Géorgienne blessée dans l’attaque des Russes sur Gori, en Ossétie du Sud. Pourtant, la veille, Poutine était à Beijing, de bonne humeur et il prodiguait de grandes accolades à ses pairs.

Sur cette image, que de désarroi d’une femme géorgienne, point de vernis humain, ni de moi-artiste surdimensionné.

On vient nous faire signe. Oui… d’accord! Semble-t-il que ce n’est pas tout le monde qui connaît Kiefer… même s’il est entré au Louvre.

Une femme géorgienne

Avortement

Mercredi 9 juillet 2008

Presque une semaine après le docteur Henry Morgentaler, qui défend et milite depuis des années 70 en faveur du droit des femmes à l’avortement, est honoré d’une médaille de l’Ordre du Canada. Les réactions sont encore nombreuses, elles fusent de tous les côtés. Le Dr Morgentaler s’est dit, la semaine passée, surpris de recevoir l’Ordre du Canada : « Je sais qu’à trois reprises, le comité qui décide de ces choses-là avait refusé de reconnaître ma contribution. Et finalement, c’est arrivé comme une surprise pour moi. Je suis très content qu’ils aient reconnu mes services aux femmes du Canada. »

Le communiqué diffusé par Rideau Hall explique que le Dr Morgentaler est honoré « pour avoir donné aux femmes diverses options concernant leurs soins de santé, pour sa détermination à influencer les politiques publiques canadiennes et son rôle de chef de file au sein d’organisations humanistes et civiles. » Dans cette belle formulation officielle, le mot « avortement » est ignoré du vocabulaire pour probablement accommoder les opposants à l’avortement et le très conservateur gouvernement minoritaire d’Ottawa.

L’Ordre du Canada est la plus haute récompense du régime canadien de distinctions honorifiques. Il couronne l’œuvre d’une vie, le dévouement exceptionnel d’une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation. Des Canadiennes et des Canadiens de tous les milieux de la société ont reçu l’Ordre du Canada. La nature de leurs réalisations est extrêmement variée, mais la façon dont ils ont changé nos vies et le visage de notre pays les unit. La devise de l’Ordre, DESIDERANTES MELIOREM PATRIAM, signifie « ils veulent une patrie meilleure ».

Les protestations contre la nomination de Morgentaler viennent du fait que cet homme est qualifié par certains comme un professionnel qui tue des bébés. On oublie que le fondement et la devise de l’Ordre du Canada est : ils veulent une patrie meilleure, ou simplement, un monde meilleur pour des femmes qui ont recours à l’avortement dans le cas d’Henry Morgentaler. De ce point de vue, toute la polémique autour de cette nomination n’est plus qu’un simple débat idéologique, loin de la contribution concrète du Dr. Morgentaler.

Un peu d’art pour conclure. Une œuvre controversée, en provenance de la Chine. Cependant, une vieille controverse qui date, ;-) sur fond d’avortement ou de fœtus avorté. Elle est conçue et cultivée dans des incubateurs de l’art d’avant-garde de Pékin des années 90, organisée et transportée sur la scène européenne de l’art contemporain par un ancien diplomate, mécène et peut-être, investisseur. Comme l’on dit, l’art est sans limites et sans frontières. Mais cet art contribue-t-il à l’exaltation des valeurs humaines autre que sa vertu provocatrice?

Avortement

Semaine Sainte

Jeudi 20 mars 2008

Voilà, déjà la semaine Sainte pour certains, pour d’autres, la semaine de Pâques. Le printemps est à nos portes.

Il est un peu facile à vous parler de la peinture, mais pas sûr que vous soyez intéressé par le sujet : carême, brebis, crucifixion, ténèbres, résurrection, évangiles, passion, ou bien, oeuf, lapin, chocolat, congé, repos… peut-être un peu plus.

Voilà deux images pour voir différemment.

Image pour une semaine de Pâques

Une image pour la semaine Sainte

La première est de Chardin, l’autre, par Rembrandt.