
Sur l’autel du sacrifice, quoi de mieux que du sang d’un innocent pour laver tous les péchés du monde porcin? Ô l’impureté!
Désolé! On doit fusiller Porcinet.
Car Porcinet semble être le candidat tout désigné : hésitant, bégayant, timide et peureux jusqu’à avoir des tremblements corporels. Bref, idéal à être désigné comme victime de la grippe mexicaine et porter le blâme de cette souche de virus d’influenza: grippe porcine, grippe mexicaine, grippe nord-américaine… L’heure est au choix! Comment bien choisir le nom de cette nouvelle pandémie afin d’éviter une accusation à tort d’une malheureuse origine… et surtout pour éviter les conséquences économiques. Quoi de mieux que Porcinet qui est du pays imaginaire?!
On a finalement décidé: la grippe A (H1N1).
Bon, maintenant un peu de sérieux, et un peu d’art pour ne pas déshonorer l’esprit artistique de ce blog. L’idée d’utiliser cette caricature vient du tableau de Manet – l’Exécution de l’empereur mexicain Maximilien. L’événement est considéré comme le dernier épisode de la guerre du Mexique.

Maximilien de Habsbourg-Lorraine est exécuté en compagnie de ses deux fidèles: le général Tomás Mejía et l’ancien président et général d’infanterie Miguel Miramón. En 1864, Maximilien, frère de l’empereur d’Autriche, s’est installé sur le trône du Mexique sous la protection de l’empereur Napoléon III et de l’armée française. Mais Napoléon a retiré ses fantassins moins de trois ans plus tard, alors que Maximilien refuse de partir en même temps, affirmant qu’« un Habsbourg ne désertera point le poste que la Providence lui a confié. »
En réalité, Maximilien voulait conserver son pouvoir sur le pays avec l’intention de rivaliser la montée des États-Unis sur le continent. Mais il n’était pas de taille à maîtriser les événements sur son propre territoire. Le 19 juin 1867, il est arrêté, jugé, condamné et exécuté par Juárez, représentant des forces du précédent gouvernement mexicain. La nouvelle de son exécution parvient à Paris 11 jours plus tard, la presse parisienne s’empare alors de l’événement sensationnel et fait de Maximilien une victime, plus tard, héros et martyr de la résistance libérale.
Voilà, ne trouvez-vous pas que Porcinet serait excellent pour porter le titre du saint martyr de la grippe A – H1N1?
Bon, sachez que l’image est une merveilleuse menteuse sans vergogne quand l’artiste manipule, avec opportunisme et habileté.