Une caricature et deux discours
Jeudi 6 novembre 2008Une caricature et deux discours - Il est difficile pour des gens en dehors du Québec d’apprécier cette caricature à sa juste signification sans connaître le contexte de la malheureuse déclaration de l’ancien Premier ministre du Québec après la 2e défaite référendaire sur l’indépendance du Québec.

Pour ceux qui ont entendu les deux discours, celui de John McCain qui lui, reconnait sa défaite avec dignité mardi soir et celui de Jacques Parizeau au soir du 30 octobre 1995, avec beaucoup d’amertume après la défaite référendaire, vous remarquez sans doute la subtilité démagogue de l’artiste de la caricature de réduire un McCain au silence et de placer seulement ces mots regrettables de Parizeau : « encore l’argent et le vote ethnique! »
La caricature est un art que l’on peut qualifier, à juste titre, une image vaut mille mots, mais pas n’importe quels mille mots. Il y a bien souvent plusieurs mille mots si le caricaturiste est de talent. Parfois, il faut juste sourire et louanger l’habileté de l’artiste de faire du collage avec plusieurs réalités différentes à l’aide d’un dessin pour illustrer un contexte tout nouveau qui nous fait sourire, rire ou réfléchir.
Pour rester bref, nous vous citons ci-dessous le début des deux discours de défaite, celui du candidat républicain John McCain qui reconnait sa défaite et mentionnant qu’il a téléphoné à son adversaire démocrate Barack Obama pour le féliciter pour sa victoire à l’élection présidentielle américaine devant ses partisans rassemblés à Phoenix.
Mes chers amis,
Nous en sommes venus au bout d’un long voyage. Le peuple américain s’est exprimé. Il s’est exprimé clairement. Il y a quelque instants, j’ai eu l’honneur d’appeler le sénateur Obama pour le féliciter. (Des huées parmi la foule, McCain leur fait signe de se calmer et dit : «je vous en prie.») Pour le féliciter pour son élection au poste le plus haut du pays que nous aimons tous les deux.
Dans une compétition aussi longue et difficile que cette campagne, son seul succès m’impose le respect, pour sa compétence et sa persévérance. Mais qu’il ait réussi en suscitant l’espoir chez des millions d’Américains qui croyaient faussement qu’ils n’avaient aucune influence, est une chose que j’admire profondément et pour laquelle je le félicite.
[…] Cet échec c’est le mien, pas le vôtre. […]
Également, le début du discours de Parizeau au Palais des Congrès de Montréal, en 1995.
Mes amis,
C’est raté, mais pas de beaucoup. Puis c’est réussi, c’est réussi sur un plan. Si vous voulez, on va cesser de parler des francophones du Québec voulez-vous? On va parler de nous à 60%. On a voté pour. On s’est bien battu, et nous, on a quand même réussi à indiquer clairement ce qu’on voulait. Puis on a raté par une petite marge, quelques dizaines de milliers de voix. Bon ben dans un cas comme ça qu’est-ce qu’on fait? On se crache dans les mains et on recommence.
J’aurais bien voulu que ça passe. J’aurais tellement voulu comme vous tous que ça passe. On était si proches du pays. […]
C’est quand même beau ce qui s’est passé, de voir dans les assemblées l’une après l’autre ces jeunes dont on disait que l’avenir de leur pays, ça n’a pas d’importance et qui venaient de plus en plus nombreux en disant : le pays on veut l’avoir et tant que les jeunes penseront ça, on l’aura le pays.
C’est vrai, c’est vrai qu’on a été battus, au fond, par quoi ? Par l’argent puis des votes ethniques, essentiellement. […]
Voilà, une caricature et deux discours.




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