Images et textes sur 'Art qui choque'

 

Caricature controversée

Samedi 21 février 2009

Une caricature signée Sean Delonas, caricaturiste connu pour ses dessins caricaturaux provocateurs, publié dans l’édition de mercredi du New York Post a provoqué un tollé de protestations aux États-Unis.

La caricature controversée représente un policier qui vient d’abattre un singe, faisant référence à un chimpanzé abattu lundi par la police dans le Connecticut après avoir grièvement blessé une femme au visage. Dans le phylactère de la caricature, nous pouvons lire l’affirmation du second policier : « Ils vont devoir trouver quelqu’un d’autre pour rédiger le prochain plan de relance. »

Dans un premier temps, le rédacteur en chef du Post défend la caricature de Delonas, « ce dessin est une parodie d’un événement de l’actualité. »

Aujourd’hui, dans un éditorial, le New York Post s’excuse d’avoir publié cette caricature faisant allusion au plan de relance qui aurait été rédigé par un singe. « Mais cela a été interprété autrement – comme une représentation du président Obama, comme une expression légèrement voilée de racisme […] Nous nous excusons auprès de ceux qui ont été offensés par l’image. »

Un manque de discernement, une tentative pour élargir les limites de l’acceptable ou simplement de la paresse intellectuelle d’un caricaturiste qui aime la facilité ? Entre l’affirmation du policier et le singe abattu, il y a un si grand vide d’idée. Hélas, gênant! Malgré l’expression voilée au stéréotype de l’Afro-Américain vu comme un singe, protester contre une caricature d’une telle pauvreté, c’est viser à côté du cible.

Si vous vouliez avoir une meilleure idée des caricatures de Delonas, par ici.

Caricature controversée

Win Delvoye, No 5 Cloaca

Dimanche 1 février 2009

Que le temps file, déjà février! Nous voilà enfin arrivés à ce post sur cette exposition singulière qui se déroule à la Galerie de l’UQÀM avant qu’elle tire sa révérence et vole vers d’autres cieux culturels.

Le Cloaca No. 5 de Win Delvoye, machine imitant le système digestif humain, de la mastication à l’expulsion des déchets, est considéré tantôt étant une œuvre phare de l’art contemporain, tantôt comme une manifestation artistique qui insulte l’intelligence humaine. La série Cloaca de Wim Delvoye forme de huit prototypes qui, une fois installées et alimentées, font de la merde. Si si! Nous sommes bien sérieux. Sans le soutien financier du Conseil des Arts du Canada et du ministère du Patrimoine canadien, l’exposition à la Galerie de l’UQÀM n’aurait pas été possible. Les coûts assoiciés à l’exposition : $30,000.

Êtes-vous choqué? En voici une image de cette œuvre dite controversée de Wim Delvoye.

No 5 de Wim Delvoye

Bon, nous vous suggérons de faire un détour à la Galerie de l’UQÀM dans les prochains jours. Car l’entrée est gratuite! ;-) Si vous nous demandez la question facile : est-ce que l’exposition en vaut le déplacement?

Prenez le cas où l’on vous donne un billet de cinéma que vous n’avez pas à débourser un sou. Si vous aimiez l’exposition, ce serait pour vous une découverte artistique et une sortie culturelle commanditée par notre bon gouvernement fédéral. Pas mal, non?! Sinon, dites-vous que c’est un gros navet hollywoodien. Il vous est sûrement arrivé d’avoir payé un billet de plein tarif pour un gros navet cinématographique, non?! Vous êtes moins scandalisé par le financement de $30,000, n’est-ce pas?

Devant une œuvre de Delvoye, il y a toujours autant de détracteurs que d’admirateurs.

L’autre jour, devant cette oeuvre installée à la Galerie de l’UQAM, nous n’avons pas éprouvés d’émoi, ni d’émerveillement, ni de répugnance. Pourtant le No. 5 assimile minutieusement chaque étape du processus digestif : enzymes, bactéries et composantes chimiques; la machine/sculpture de Wim Delvoye est ultra sophistique; la démarche artistique de Wim Delvoye s’inspire de la logique marchande de notre système de consommation, fondement de notre économie; l’entreprise commerciale et artistique de Win Delvoye parodie les Branding du capitalisme qui nous sont si accoutumés : Channel No. 5, M. Net, Disney World, Coca-Cola, etc.  Win Delvoye est parmi les artistes contemporains les mieux cotés…

Nous nous demandions aussi l’autre jour, mais pourquoi cela ne nous a pas touché?

Les Cloaca de Win Delvoye sont une continuité méditée et élaborée d’une gaminerie qui date des années soixante. Contrairement à Piero Manzoni, Win Delvoye vend de la merde d’artiste comme produits dérivés et artistiques aux collectionneurs. Sauf que lui, il connait du succès et dicte sa façon de faire au marché des produits artistiques et dérivés. Partout où il passe, on lui déroule le tapis rouge. Pendant ce temps, lui, semble-t-il,  il nous fait réfléchir sur un tas de choses : l’art, la vie, la démarcation entre la consommation et l’art, l’utilitaire et le sacré…

Wim Delvoye, produit dérivé artistique

L’exposition de la machine Cloaca No. 5 de Win Delvoye peut être comparable à n’importe quelle exposition de machine imaginaire et imaginée par un artiste renommé. Serions-nous scandalisés si l’on dépense $30,000 pour exposer la maquette d’une machine de guerre imaginée par Da Vinci?

Bon, soyez ouvert d’esprit et curieux, c’est une chance inouïe pour nous les Montréalais de voir cette oeuvre. Soyez amoureux, elle est là jusqu’au 14 février. ;-)

Croix Saint-André, la croix de saint André

Mardi 9 décembre 2008

Comme on dit, le peuple a voté, le Québec a choisi et la démocratie a gagné.

Rassurez-vous, pas de politique aujourd’hui. Un peu d’histoire, cela veut dire inévitablement un peu de religion, mais surtout, du symbolisme. Dites, ceux qui ont bravé ce froid sibérien… d’accord, ce froid québécois ;-) pour exercer son choix électoral? Comment avez-vous marqué votre bulletin de vote?

Est-ce comme le Bureau du directeur général des élections – DGE qui vous a suggéré? Comme ceci?

Voter avec un X

Si vous avez posé un tel « X » à côté du nom du candidat de votre choix, vous avez alors marqué votre bulletin de vote d’une croix encadrée. Parfois, on l’appelle aussi croix en sautoir ou croix de Bourgogne.

Vous saviez évidemment que ce « X » si banal, vous l’écrivez des milliers de fois au cours de votre vie, porte un nom biblique célèbre. On l’appelle « croix Saint-André » ou la croix de saint André. Vous comprenez que c’est sur laquelle saint André a été crucifié, après avoir été prêché dans la Mésie – contrée balkanique de l’Europe ancienne, entre le Danube et la Macédoine.

La croix du martyre d’André en forme de « X » apparaît pour la première fois au Xe siècle, depuis, elle devient le symbole iconographique que l’on associe au premier apôtre appelé par Jésus. En passant, selon ce que nous avons lu, cette tradition ne s’appuie sur aucun texte historique. Cette crucifixion sur une croix dite la crux decussata, a été imaginée en pendant à celle de Pierre, son frère. Celui-ci a été crucifié la tête en bas sur une croix latine.

Qu’est-ce qu’une croix latine? Une croix latine a la branche inférieure plus longue que les autres… si vous préfériez, la croix de crucifixion de Jésus, est-ce plus clair?

Voilà, pour la croix de saint André ou la croix Saint-André. Si vous travaillez dans le domaine de la construction, une croix Saint-André est un composant qui vous est probablement fort familier, sinon il se pourrait que le terme vous soit encore rébarbatif.

Michelle Obama, par Daniel Edwards

Samedi 20 septembre 2008

Un buste de Michelle Obama, la possible future First Lady légèrement nue.

Y a-t-il sujet à crier le scandale? Vous verrez dans les prochains jours que les mots scandale, provocation et controverse seront au rendez-vous. L’Amérique serait-elle encore un peu puritaine, ou encore, certains mots ont-ils perdu leur sens véritable? À moins que c’est nous qui sommes devenus insensibles? Peut-être.

Il s’agit de la toute dernière création de Daniel Edwards, Michelle Obama – « Makeover for America ». Le soi-disant controversé sculpteur américain fait des oeuvres en modelage, toujours très réaliste, toujours avec un brin de désir de provoquer, mais d’une approche usée comme l’habit d’un sans abri.

En effet, nous trouvons que sa formule est plutôt usée.  L’artiste semble cependant fort habile de ses mains, un beau sens d’observation académique et un flaire pour identifier des sujets qui suscitent des réactions : Britney Spears accouche, autopsie de Paris Hilton, mort du Prince Harry, Fidel Castro sur son lit de mort, buste d’Hillary Clinton légèrement vêtue, etc. Depuis hier, Michelle Obama s’est jointe à cette liste de célébrités malgré elle. Si Obama gagnait la présidence en novembre, cette sculpture de Michelle Obama fera parler de l’artiste.

Michelle Obama, par Daniel Edwards

Daniel Edwards choisit un personnage connu pour sa visibilité, facilement reconnaissable par le grand public. Évidemment, une telle proie ne peut qu’attiser notre monde avide de nouvelles sensationnelles. L’image de son oeuvre est donc vite transportée à l’avant-scène par les journalistes et… les blogueurs.

Généralement, très vite, en quelques jours, le phénomène s’essouffle, fin de l’épisode. À nouveau, l’artiste se met à la recherche de sa prochaine proie artistique et sensationnelle. Malgré son habilité, Daniel Edwards demeure fort limité dans sa formulation du scandale : masque mortuaire, buste nu, posture d’un mannequin plastique et objet insolite. Même si la mort est un thème récurrent dans son oeuvre, Daniel Edwards n’a pas su comment en faire une variation sur un thème. Il s’est contenté de camper sur ses habilités tactiles et à faire de la permutation.

Fort triste, on dirait qu’il y a blocage, ou une espèce de confort rassurant.

Grenouille crucifiée

Jeudi 4 septembre 2008

Êtes-vous étonné par cette œuvre controversée?  Une grenouille crucifiée pour parodier le symbole du Christ crucifié.

Au musée d’art moderne de Bolzano en Italie, une sculpture de l’artiste allemand Martin Kippenberg représentant une grenouille crucifiée tenant une chope de bière dans une patte et un œuf dans l’autre suscite la controverse et provoque la colère parmi les croyants catholiques. Même le pape Benoit XVI avait protesté.

Tout laisse croire qu’après s’en être pris aux musulmans, quelques artistes contemporains à la recherche de notoriété, et ce, avec la complicité de quelques petits musées régionaux, également à la recherche de visibilité s’attaquent cette fois-ci aux catholiques. Bon, et la prochaine cible? Les bouddhistes?

Nous mentionnons à quelques reprises ici que l’art n’est plus un représentant de l’idéal platonique et classique. L’art d’aujourd’hui est à l’image de la vie. Cette grenouille crucifiée en est un autre exemple parmi tant d’autres, l’art contemporain patauge entre les extrêmes, à l’image de la nature humaine.

Savez-vous que 2008 a été désignée par la communauté scientifique internationale comme étant « l’Année de la grenouille »? Bon, vous saviez ça.

Mais, savez-vous que l’on a trouvé une grenouille sans poumon qui respire par la peau dans une région reculée dans l’Indonésie cette année? Bon, ça, vous la saviez également…

Bon bien, nous n’avons plus rien à ajouter dans ce cas-ci. Allons écouter le discours de John McCain pour terminer la soirée. En espérons qu’il dise quoi de bon.

Grenouille crucifiée

La tête du dictateur

Vendredi 11 juillet 2008

Il suffit trois petites minutes pour faire tomber la tête d’un des dictateurs notoires de l’histoire moderne. Dès les premiers instants de l’ouverture du Musée Madame Tussauds de Berlin, on a décapité la statue de cire d’Adolf Hitler.

Avant sa rentrée parmi les quelque 70 effigies de personnages-clés de l’Histoire dans la célèbre Maison de Madame Tussauds, version berlinoise, la statue en cire du dictateur nazi a fait couler beaucoup d’encre en Europe. La controverse demeure entière sur la présence d’Hitler parmi eux. La direction du Musée a pris un pari autant que cet homme arracheur de tête. Interpellé par la police, l’homme de 41 ans explique que la motivation de son geste est un pari avec ses amis. Tout cela fait maintenant partie de la petite histoire des faits divers de la saison estivale.

La tête du dictateur

Semble-t-il que le Musée n’a pas encore pris de décision concernant l’éventuel retour de la statue décapitée. Nous nous demandons si l’on considère ce type de statue comme étant une oeuvre d’art. Chose certaine, si elle avait été signée par l’artiste italien Cattelan, elle en serait une, sans doute.

Le Hitler en cire, à genoux en train de prier de Cattelan fait partie maintenant de la fameuse collection privée d’art contemporain de François Pinault. Qui est François Pinault? ;-) Si vous lisez notre blog, point de présentation ne requiert. Sinon, par ici, ici aussi… et . Cette œuvre de la série Lui de Cattelan est perçue comme une « humanisation » du Führer. Elle a déclenché un tollé de protestation en 2002. Depuis, le silence fut. Sauf peut-être, la présence du nom de l’artiste parmi les manchettes dites culturelles, ponctuées de ces fluctuations du marché d’art, et de ces records aux enchères, dont plusieurs, signés Cattelan. Comme quoi, savoir choquer et savoir se vendre sont les mamelles d’une réussie artistique certaine… et d’empire financier.

Avortement

Mercredi 9 juillet 2008

Presque une semaine après le docteur Henry Morgentaler, qui défend et milite depuis des années 70 en faveur du droit des femmes à l’avortement, est honoré d’une médaille de l’Ordre du Canada. Les réactions sont encore nombreuses, elles fusent de tous les côtés. Le Dr Morgentaler s’est dit, la semaine passée, surpris de recevoir l’Ordre du Canada : « Je sais qu’à trois reprises, le comité qui décide de ces choses-là avait refusé de reconnaître ma contribution. Et finalement, c’est arrivé comme une surprise pour moi. Je suis très content qu’ils aient reconnu mes services aux femmes du Canada. »

Le communiqué diffusé par Rideau Hall explique que le Dr Morgentaler est honoré « pour avoir donné aux femmes diverses options concernant leurs soins de santé, pour sa détermination à influencer les politiques publiques canadiennes et son rôle de chef de file au sein d’organisations humanistes et civiles. » Dans cette belle formulation officielle, le mot « avortement » est ignoré du vocabulaire pour probablement accommoder les opposants à l’avortement et le très conservateur gouvernement minoritaire d’Ottawa.

L’Ordre du Canada est la plus haute récompense du régime canadien de distinctions honorifiques. Il couronne l’œuvre d’une vie, le dévouement exceptionnel d’une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation. Des Canadiennes et des Canadiens de tous les milieux de la société ont reçu l’Ordre du Canada. La nature de leurs réalisations est extrêmement variée, mais la façon dont ils ont changé nos vies et le visage de notre pays les unit. La devise de l’Ordre, DESIDERANTES MELIOREM PATRIAM, signifie « ils veulent une patrie meilleure ».

Les protestations contre la nomination de Morgentaler viennent du fait que cet homme est qualifié par certains comme un professionnel qui tue des bébés. On oublie que le fondement et la devise de l’Ordre du Canada est : ils veulent une patrie meilleure, ou simplement, un monde meilleur pour des femmes qui ont recours à l’avortement dans le cas d’Henry Morgentaler. De ce point de vue, toute la polémique autour de cette nomination n’est plus qu’un simple débat idéologique, loin de la contribution concrète du Dr. Morgentaler.

Un peu d’art pour conclure. Une œuvre controversée, en provenance de la Chine. Cependant, une vieille controverse qui date, ;-) sur fond d’avortement ou de fœtus avorté. Elle est conçue et cultivée dans des incubateurs de l’art d’avant-garde de Pékin des années 90, organisée et transportée sur la scène européenne de l’art contemporain par un ancien diplomate, mécène et peut-être, investisseur. Comme l’on dit, l’art est sans limites et sans frontières. Mais cet art contribue-t-il à l’exaltation des valeurs humaines autre que sa vertu provocatrice?

Avortement

Éthanol

Mardi 6 mai 2008

Aujourd’hui, trois mots et une image.

D’abord, « éthanol », l’éthanol est, semble-t-il, l’alcool qui se retrouve dans toutes les boissons alcoolisées. On l’appelle autre fois « esprit de vin » ou « alcool de grains ». Car on le fabrique anciennement par fermentation directe de sucres naturels. De nos jours, on l’obtient par hydratation de l’éthylène. Il pourrait être la solution pour notre monde qui est au bord du gouffre du pétrole. Le site du gouvernement canadien nous fournit quelques pages fortes informatives sur l’éthanol.

Ensuite, le mot « famine », celui-ci regagne sa popularité après quelques années d’absence… des manchettes. Nous vous présentons aujourd’hui cette photo célèbre de Kevin Carter. Une photo prise en 1993 en pleine période de famine au Soudan. La photographie est ensuite vendue au New York Times. L’année suivante, le photographe gagne le prix Pulitzer, mais critiqué pour ne pas avoir porté secours à la jeune mourante affamée.

Carter relate son récit :

A environ 300 mètres du centre d’Ayod, j’ai croisé une toute petite fille au bord de l’inanition qui tentait d’atteindre le centre d’alimentation. Elle était si faible qu’elle ne pouvait faire plus d’un ou deux pas à la fois, retombant régulièrement sur son derrière, cherchant désespérément à se protéger du soleil brûlant en se couvrant la tête de ses mains squelettiques. Puis elle se remettait péniblement sur ses pieds pour une nouvelle tentative, gémissant doucement de sa petite voix aiguë. Bouleversé, je me retranchai une fois de plus derrière la mécanique de mon travail, photographiant ses mouvements douloureux. Soudain la petite bascula en avant, son visage plaqué dans la poussière. Mon champ de vision étant limité à celui de mon téléobjectif, je n’ai pas tout de suite remarqué le vol des vautours qui se rapprochaient, jusqu’à ce que l’un d’eux se pose, apparaissant dans mon viseur. J’ai déclenché, puis j’ai chassé l’oiseau d’un coup de pied. Un cri montait en moi. J’avais dû parcourir 1 ou 2 kilomètres depuis le village avant de m’écrouler en larmes.

Kevin Carter, anéanti par l’assassinat de son ami reporter Ken Oosterbroek, souffrant de dépression et d’atrocités dont il a été témoin, et accaparé par les critiques suite à la remise du prix Pulitzer, choisit de se donner la mort dans le désert, le matin du 27 juillet 1994… au bord de sa voiture.

Quant au troisième mot… nous hésitons. Nous vous laissons le soin de choisir le mot qui vous conviendra dans le paragraphe ci-dessus. Voici maintenant l’image qui accompagne de ce billet sur l’éthanol.

Éthanol ?

Figurants nus aux masques de Mickey

Mardi 15 avril 2008

Trente-cinq hommes et femmes de plus de 50 ans jouent nus dans une interprétation insolite de l’opéra de Giuseppe Verdi, Le Bal masqué, à Erfurt, dans l’est de l’Allemagne.

L’histoire du bal masqué de Verdi est inspirée des événements de l’assassinat du roi Gustave III de Suède au cours d’un bal masqué dans l’Opéra royal de Stockholm.

Le metteur en scène est le chorégraphe autrichien Johann Kresnik, un habitué de controverses, connu notamment pour des mises en scène en faisant jouer des figurants nus. Cette fois-ci, les figurants portent des masques de Mickey tout au long du spectacle, sur fond de décor représentant les ruines du World Trade Center. Nous cherchons encore le lien entre Mickey, les ruines du World Trade Center et l’histoire du Bal masqué de Verdi.

« Le concept est un critique envers l’Amérique, ce monde de l’Amérique d’aujourd’hui avec ses habitants très riches et d’autres très pauvres, avec la guerre et les excès », indique Guy Montavon, le directeur de l’Opéra d’Erfurt.

Figurants nue aux masques de Mickey

Des Mickey au théâtre

Insolite, dites-vous? ;-) Le point positif est peut-être de faire défiler des figurants nus de plus de 50 ans à une époque où l’on fait si souvent l’éloge à la jeunesse, à tout prix, même au botox! :-|

Christ en croix

Mardi 1 avril 2008

L’an passé, ce Christ en croix, fait entièrement en chocolat, a soulevé l’indignation des chrétiens.

Christ en croix

L’oeuvre intitulée My Sweet Lord qui fait peut-être allusion à une chanson de George Harrison. On pourrait traduire librement par « Mon doux Jésus ». Bon, ne cherchons pas de liens faciles! « Mon doux Jésus » est une expression forte commune.

La sculpture a été réalisée par Cosimo Cavallaro, un artiste new yorkais.  Tout en chocolat, l’oeuvre représentait un Jésus nu, suspendu au plafond, à taille humaine et en position crucifié. Initialement, ce Christ en croix de Cavallaro devait faire l’objet d’une exposition dans un hôtel de New York durant la semaine Sainte. L’exposition du Christ en chocolat a été annulée suite aux protestations des chrétiens catholiques.

Métro Montréal

Jeudi 21 février 2008

Le Métro de Montréal est une formidable ville souterraine qui fait la fierté des Montréalais. Le Métro de Montréal est un moyen de transport efficace et écologique emprunté quotidiennement par de milliers d’utilisateurs. Le Métro de Montréal est un réseau grouillant de vie et parfois, le lieu de drames humains. Quand cette voix neutre du Métro de Montréal annonce que son service est interrompu sur la ligne X à cause d’une intervention des ambulanciers. Les habitués du Métro savent qu’il y a eu fort probablement un suicide sur les rails, surtout si l’arrêt de service dure plus d’une demi-heure.

Le suicide dans le Métro est sans aucun doute un événement traumatisant pour la plupart des gens qui sont témoins du drame: le chauffeur de métro, les ambulanciers, les proches de la victime et les usagers. Le Métro de Montréal ne parle pas de « ses » suicides. C’est un choix. Il est peu probable que l’on change cette loi du silence sur les suicides. Est-ce bien ou le contraire? Nous, nous pensons qu’il s’agit d’un phénomène social, il est donc préférable d’en parler que de voiler une réalité. Non?

La firme Métromédia qui gère l’espace publicitaire a recommandé récemment à la STM de refuser l’affiche de la production théâtrale Blasté. On jugeait que l’image est trop violente. D’exposer une image d’un personnage ensanglanté dans le métro peut générer une émotion trop forte sur certaines personnes à tendance suicidaire.

Évidemment, la metteure en scène dit, ne pas comprendre cette décision de la STM qui censure sa campagne de pub. Selon elle, l’affiche est artistique et non choquante qui fait la promotion d’une pièce de théâtre et non pas celle de la violence. Voici l’image partielle que nous avons dénichée sur le site de l’Usine C.

Métro Montréal - Suicide - Image censurée

Quant à l’histoire de la pièce de théâtre, elle est d’actualité.

Blasté est l’histoire de Ian, de son calvaire et de sa renaissance.

Écrite il y a dix ans, cette première pièce visionnaire de Sarah Kane dénonce en partie nos aveuglements et notre impuissance face au conflit yougoslave, dont la barbarie était diffusée à l’époque en direct sur CNN. L’illusion d’un quelconque progrès dans les rapports humains semble plus que jamais d’actualité. L’écriture de Sarah Kane élève cette histoire épouvantable et inconcevable à la hauteur des mythes antiques.

« Nous devons parfois descendre en enfer par l’imagination pour éviter d’y aller dans la réalité. » Sarah Kane

Blasté sera créé pendant la saison des 10 ans de Sibyllines et permettra à Brigitte Haentjens de retrouver certains des acteurs d’exception qui ont singulièrement marqué son parcours artistique.

(Texte extrait du site de l’Usine C)

En guise de conclusion, tout en images, une tête faite de sang congelé de l’artiste, par Mark Quinn (1991) et la tête ensanglanté de Christ, par Dürer (1493, détail) Oui, oui! Du vrai sang humain de l’artiste lui-même. Bon vendredi!

Tête de sang et Tête ensanglantée

Mao en femme

Mercredi 20 février 2008

La révolution et le symbolisme en art nous ont conduits aujourd’hui à Mao femme. Nous avons déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises. Non, non! Nous ne parlons pas du côté féminin de Mao, mais Mao tout court.

Voilà, Mao en femme, le révolutionnaire et l’Empereur Rouge en art pop chinois, ou encore, Miss Mao.

Mao en femme ou Miss Mao

Il s’agit des sculptures des Frères Gao, deux artistes contemporains chinois qui attisent des réactions par des oeuvres controversées, mais ils se défendent de créer une œuvre à connotation politique et polémique. Pour ces seins à la Pamela Anderson de Mao et de son nez de Pinocchio, l’un des frères Gao explique que durant les années de la Révolution culturelle, on mentait comme Pinocchio, et on disait aussi que le Parti communiste était la mère du peuple. Sacrés artistes à l’esprit habile pour les associations d’idées! Si nous fermons les yeux et essayons de penser fort fort… Nous parvenons quand même à suivre la logique de leur démarche artistique.

Mais, Messieurs Gao, ;-) entre-nous, disons que ce n’est pas de l’art sacré quand vous fabriquez des sculptures de cette taille en vous servant d’un symbole sur lequel repose l’idéologie d’un régime politique qui a marqué l’histoire chinoise récente.

Et vous, qu’en pensez-vous de ça? Est-ce vraiment plus possible de faire un art actuel, bon et de bon « goût » ? Et ce « goût », il est tout aussi varié que l’art lui-même.