Images et textes sur 'Art qui choque'

 

Grand Montréal

Mercredi 4 novembre 2009

Les Montréalais ont réélu Gérald Tremblay pour un troisième mandat à la mairie dimanche dernier, et ce, malgré les nombreux scandales qui éclaboussent l’administration Tremblay. Semble-t-il que le taux de participation était de 34%. Le parti du maire élu a obtenu 37% des votes. Notre bon maire de Montréal que certains qualifiaient de « faux naïf » a obtenu 37% du 34% de 1,1 million d’électeurs montréalais.

La démocratie a exprimé, elle a tranché en faveur d’un homme qui n’a manifestement pas les ressources pour mener à terme son mandat de quatre ans. Qu’avait-il déclaré Gérald Tremblay dans son discours de victoire?

« Je suis conscient que la confiance des citoyens a été mise à rude épreuve. Je suis conscient que les citoyens veulent du changement, et nous incarnons ce changement. »

Cet homme qui incarnera le changement à l’Hôtel de Ville de Montréal pour un 3e mandat de quatre ans est aussi le Premier Citoyen de Montréal qui n’a jamais vu de magouilleurs à l’oeuvre durant les dernières huit années de son administration, entachée.

Grand Montreal

Un parallèle entre l’art contemporain qui choque et la politique municipale : lorsque le peuple se désintéresse, des incompétents se manifestent et le bon peuple subira de son propre désintéressement. La morale de cette histoire? Intéressez-vous à l’art contemporain ;-) et à la politique municipale!

En terminant, vous vous demandez probablement : mais c’est quoi ce M emmitouflé de bas Arc-en-ciel de petite fille?

C’est le logo du Grand Montréal, dévoilé depuis plusieurs mois. il s’agit d’une des réalisations dirigées et orchestrées par l’Administration Tremblay. C’a coûté aux contribuables montréalais environ $450000 pour le design du logo Grand Montréal.  Cela signifie 450 jours de travail au taux de $1000 par jour pour arriver à ce symbole qui représente le dynamisme du Grand Montréal sur la scène internationale.

Bon voilà, pour ce post sur la politique municipale vue et illustrée par des artistes.

Histoire d’une photo de Brooke Shield enfant

Dimanche 4 octobre 2009

Cette photo de Brooke Shield a été exposée à Lausanne, aussi à New York sans faire grand bruit. Elle est présentée jeudi dernier au Tate Modern dans le cadre de son exposition « Pop Life ». Cependant, une unité de Scotland Yard chargée de surveiller les « publications obscènes » a officiellement demandé au célèbre musée londonien à ne plus exposer le cliché de Brooke Schield enfant, nue et excessivement maquillée.

Une trentaine d’années après, cette photographie fait toujours scandale pour son caractère « obscène ». Pendant ce temps, une levée de bouclier pour la défense de Roman Polanski d’avoir violé une jeune fille de 13 ans, en 1977. Parfois, nous ne comprenons simplement pas ce monde dans lequel nous vivons… ça vous arrive-t-il?

La photo d’origine de Brooke Shield a été prise par Gary Gross en 1975.  Elle est sans titre. A l’époque, la mère de la jeune Brooke Shields touche 450 dollars pour une cessation totale des droits au photographe new-yorkais. A la fin des années 1990, Garry Gross, poursuivi et ruiné, cède ses droits à l’artiste photographe Richard Prince. Ce dernier, en bon photographe contemporain, repousse les limites de la créativité et rephotographie le portrait controversé de Schield. Il l’intitule « Spiritual America ».

Scandale de la photo de Brooke Shield Photo de Brooke Shield, par Richard Prince

Matriarche des Balkans aux seins nus

Lundi 20 juillet 2009

Aujourd’hui, nous aurions pu changer de thème en vous placotant du 40e anniversaire du premier homme sur la Lune. Mais nous décidons de poursuivre ce fil d’idées sur les seins nus.  Si la sensualité peut vendre aux touristes des voyages en France, elle sera assurément bonne pour susciter l’intérêt général… non? ;-)

- Bon, d’accord. Nous exagérons un tantinet.

Elle s’appelle Marina Abramovic. Elle met son corps au service de son art depuis plus de 40 ans. L’obsessivité de cette passion viscérale pour la prestation artistique corporelle a fait d’elle sans aucune doute l’artiste par excellence de l’art performance. Elle est la Matriarche du Body Art.

Seins nus dans les Balkans
Image : Marina Abramovic ©

Marina Abramovic, Grand Prix de la Biennale de Venise en 1997, emploie abondamment la sexualité à travers des histoires de rites et de cultures païens balkaniques. Cette photographie est tirée de son oeuvre intitulée « Balkan Erotic Epic » dans laquelle l’artiste accompagnée d’acteurs costumés folkloriques interprètent des rites et légendes. L’artiste célèbre à travers ses performances la culture populaire des Balkans, le mythe du pouvoir de la sexualité et la tradition agricole païenne, d’une manière à la fois personnelle et archétypale.

À découvrir les nombreuses histoires racontées par l’artiste à propos de l’usage de l’érotisme et de la sexualité dans la vie quotidienne de couple, qui passe par la fertilité aux rites agricoles. Toujours au sujet de ses performances « Balkan Erotic Epic », dans une danse du Soleil, si si! Des villageoises couraient dans les champs, sous la pluie, levaient leurs jupes en montrant leur sexe pour effrayer les esprits de la pluie; des hommes « fécondaient » la terre pour favoriser des récoltes; une mère protège son enfant contre les mauvais esprits en enduisant le visage de l’enfant avec… Bref, si vous vous considérez apte à voir cet art singulier, par ici et ce, sans avoir à vous procurer un compte d’utilisateur chez Dailymotion pour prouver que vous êtes une personne majeure et vaccinée.

Le contenu du vidéo est osé, nous préférions vous le prévenir.

Adam et Ève

Mardi 9 juin 2009

Adam et Ève, tout le monde sait de qui nous parlons. Vous dites peut-être même : Eh oui! :)

Ça sonne comme un sujet démodé, n’est-ce pas? Voici une représentation classique du couple originel. Adam et Ève par Rubens, fin du 16e. Le feuillage, une nécessité d’antan. Il y avait ce «Cachez ce sein que je ne saurais voir» à cette époque. Donc, encore moins les organes reproducteurs à la vue de tous!

Adam et Eve, par Rubens

On a réglé le problème. Voici la version Adam et Ève de l’artiste Alex Sandwell Kliszynski. :-|

Adam et Eve, par Alex Sandwell Kliszynski

Ne soyez pas troublé! Voyez-vous, si peu de différence, mais combien le choc visuel est frontal, sinon carrément brutal. Une oeuvre sans détour, sans discours intellectuel parlant de l’invention de nouveaux signes, formes ou vocabulaires visuels. Ça aussi, c’est du dépassé, de l’art au mille mots.

Le sens véritable de cette oeuvre est visible, mais il n’en demeure pas pour autant évident. Les Poupées humaines de Kliszynski sont une rupture de pudeur et d’interdit – une caractéristique dominante de l’art contemporain de ce début de siècle.

Petite histoire de sexe du vendredi soir…

Vendredi 22 mai 2009

Vous avez bien lu : une petite histoire de sexe du vendredi soir… une petite histoire d’art satirique, une oeuvre d’art censurée. Une controverse créée de toutes pièces par les organisateurs de la Biennale de Venise pour faire mousser leur événement. S’il n’y a pas de controverse, ce serait ordinaire. Notre monde veut de l’extraordinaire. Mais, si vous demandiez la question aux organisateurs : « Dites, pourquoi tant de comédie? » On vous répondrait probablement « ménon, ménon, ce n’est pas de tout de la censure… Car ces oeuvres constituent une atteinte à la pudeur. » Pendant ce temps, les partisans de l’artiste censuré montent aux barricades en criant : « libérer Venise! »

Au centre, un artiste, Jacques Charlier. Pour certains, un grand artiste; pour d’autres, ils diraient discrètement « ouf! Au suivant. » Mesdames et Messieurs, ce n’est qu’une toute petite histoire de sexes d’artistes pour vous divertir. Pire! Nous y succombons. Ô Vanitas vanitatum, et omnia vanitas – vanité des vanités, et tout est vanité. :mrgreen:

Jacques Charlier a été sélectionné par la Communauté française de Belgique pour participer à la 53e biennale de Venise. On désirait faire exposer ses « 100 sexes d’artistes », sous forme d’affiches dans l’espace public de Venise. Les dessins composés depuis 1973 représentent 100 attributs de procréation des artistes qui ont marqué l’art du XXe siècle depuis Marcel Duchamp. Une idée intéressante. Un double véhicule pour diffuser la création artistique : le sexe et des artistes connus, à la fois un humble hommage aux illustres et une expression artistique singulière et débridée de l’artiste.

Que demandez-vous de plus?

Voilà, vous pouvez tout voir sur ce site à partir du 3 juin, mais nous ignorons combien de temps le site demeura en ligne. Toutefois, nous avons déniché l’un de ces 100 sexes d’artistes de Charlier pour vous! Ô Seigneur! Pardonnez-nous de cette décadence. Semble-t-il, l’artiste exposera tout de même ses œuvres, sur un bateau amarré près des Giardinis de la Biennale.

Petite histoire de sexes d’artistes
Image : Jacques Charlier

Vous saviez sans doute, à l’autre époque, il y avait à Paris, le Salon officiel pour ceux que l’on honore, et à côté, le Salon des scandaleux, des rejets, des losers, qui ont quand même noirci plusieurs pages du grand livre d’histoire de l’art. Rappelez-vous de ce que Michelange a dit à propos de la nudité contenue dans son Jugement dernier?

« Allez dire au pape que c’est un problème mineur et qu’il est facile de la rendre convenable; qu’il fasse du monde un endroit convenable et la peinture suivra le même chemin. »

Dieu, buzz et sérendipité

Vendredi 8 mai 2009

Aujourd’hui, une image, deux blogs et trois mots, sous forme d’anecdote.

Eh oui! C’est exact.. ;-) Dieu, buzz et sérendipité.

Allons! Soyons sérieux. Commençons par le commencement. L’oeuvre est de l’artiste Peter Fryer – le Crucifié assis, ou encore, le Fils de Dieu crucifié, assis sur une chaise électrique. Un buzz qui date du lundi de Pâques. C’est encore tout récent.

Dieu

Chaque fois nous traitons une image controversée ayant Dieu comme sujet, il y a toujours un afflux de réactions de ces croyants qui se fâchent aisément. À un tel point que leur colère neutralise même leur capacité de distinction. Depuis, nous avons fermé tous ces commentaires. Souvent, on nous a pris pour l’artiste de l’oeuvre maudite, ou le maudit artiste de l’oeuvre controversée, même si nous mettions en évidence le nom de l’artiste en question. (Soupir…) Pour cette raison, ce Christ en condamné à la chaise électrique est resté dans notre panier à images à traiter jusqu’au début de la semaine.

Après la publication de cette lettre « à la recherche de Paul Lajoie », nous voulions écrire sur ce Jésus électrifié, juste après « Appels entrants illimités ». D’une circonstance fortuite, nous sommes tombés sur un autre buzz, le « dessin à colorier 11 septembre », qui nous a bien fait rire. C’était dans la nuit du mardi. Nous avons alors relégué l’histoire de boîte vocale de Dieu et ce Christ sur chaise électrique à plus tard. Nous voilà aujourd’hui, 4 jours plus tard.

Au début de la semaine, dans une conversation engagée avec un ami sur l’évolution du Web et de l’arrivée du Twitter, ami en question, érudit réfléchi, nous a parlé du mot sérendipité en évoquant ces découvertes inattendues de nouveaux vocabulaires en consultant un dictionnaire et le surf web en utilisant un moteur de recherche, par lequel, on passe d’un site à un autre.

Plus tard dans la journée, en feuilletant un dictionnaire, nous réalisions que le mot sérendipité est un néologisme n’ayant pas encore son logis parmi ses semblables. Déroutés, nous délaissions le dictionnaire pour Google où l’on trouve tout. Les clics nous ont conduits à cet article « Mais que fait mon cerveau? » Devinez, le sujet de son article? Si vous êtes intéressé, à ne pas manquer. Vous y trouveriez plusieurs références très intéressantes.

Sans ce post sur le dessin 11 septembre à colorier, il n’y aurait pas eu ce post sur la « prière aux victimes du 11 septembre ». Ce billet sur le Christ en chaise électrique aurait donc été bien différent s’il avait été écrit en début de la semaine. Il n’y aurait pas ce commentaire qui nous a conduits sur ce blog ayant pour mission le christianisme, fort surprenant, qui vous donne de plus amples informations sur cette oeuvre controversée, et évidemment, ce billet ne sera pas terminé comme là, avec ce large extrait que nous venons tout juste finir de lire aujourd’hui.

Voilà, de la sérendipité.

Mon père me donnait personnellement des cours d’instruction religieuse en vue de la confirmation, ce qui m’ennuyait au-delà de toute mesure. Un jour que je feuilletais le catéchisme pour trouver autre chose que les fadaises coutumières, d’ailleurs incompréhensibles et inintéressantes, sur le « Seigneur Jésus », je tombai sur le paragraphe concernant la trinité de Dieu. Voilà qui suscita mon intérêt : une unité qui est en même temps une « trinité »! C’était un problème dont la contradiction interne me captivait. J’attendais avec impatience l’instant où nous abordions cette question. Quand nous y fûmes, mon père dit : « Nous en arrivons maintenant à la Trinité; mais nous allons passer là-dessus, car, à vrai dire, je n’y comprends rien. »  D’une part, j’admirai la sincérité de mon père, mais d’autre part je fus fortement déçu et je pensai : « Nous y voilà! Ils n’en savent rien et n’y réfléchissent pas. » […]

Malgré l’ennui que j’éprouvais, je faisais tous mes efforts pour me contraindre à croire sans comprendre – attitude qui me semblait correspondre à celle de mon père – et je me préparai à la communion en laquelle j’avais mis mon dernier espoir. Il ne s’agissait que d’une communion commémorative, une sorte de fête à la mémoire du « Seigneur Jésus » […] « Prenez et mangez, ceci est mon corps » , désignant le pain de la communion que nous devions manger comme étant son corps qui pourtant à l’origine était chair; nous devions aussi boire le vin qui à l’origine était sang. […]

Soudain, ce fut mon tour. Je mangeai le pain; il était fade, comme je m’y attendais. Le vin, dont je ne pris qu’une toute petite gorgée, était léger et aigrelet; évidemment, ce n’était pas du meilleur. Puis ce fut la prière finale et tous sortirent, ni accablés, ni réjouis, mais avec des visages qui disaient : « ouf, c’est fait! »

[…] Ce n’est que peu à peu, au cours des jours suivants, que l’idée émergea en moi: rien ne s’est passé! J’avais cependant atteint l’apogée de l’initiation religieuse où je pensais trouver du nouveau – sans savoir quoi – mais rien n’était arrivé! Je savais que Dieu aurait pu se manifester à moi de manière inouïe, créer des choses de feu et de lumière supraterrestres; mais cette célébration solennelle, pour moi du moins, n’avait contenu aucune trace de Dieu : il y était question de Lui, mais ce n’était que des mots. Chez les autres non plus, je n’avais perçu ni désespoir déchirant, ni saisissement bouleversant, non plus que cette grâce débordante qui, pour moi, constituait l’essence de Dieu. […] Pourquoi devrait-on s’unifier à Lui? On l’appelle « Fils de Dieu »? C’était donc, semble-t-il, un demi-dieu comme les héros grecs? Comment un homme ordinaire peut-il s’unifier à Lui? […] Par contre, il était parfaitement clair que Jésus, l’homme, avait affaire à Dieu. Il était désespéré à Gethsémani et sur la croix, après avoir enseigné que l’amour et la bonté de Dieu étaient ceux d’un bon père. Mais ensuite, il avait aussi vu combien Dieu était terrible. […] Et peu à peu, il devint clair en moi que cette communion avait été une déplorable expérience. Il s’en résultait que du vide; plus encore, c’était une perte. […]

Je fus saisi d’une pitié violente pour mon père. D’un seul coup, je compris le tragique de sa profession et de sa vie. Il luttait contre une mort dont il ne pouvait admettre l’existence. Un abîme s’était ouvert entre lui et moi, et je ne voyais aucune possibilité de jeter un pont sur cette faille sans fond. […]

Dans la plupart des buzz artistiques, il y a fort peu d’art, sinon, pas du tout. Il y a souvent dans ces oeuvres d’art controversées, d’expressions mal articulées et sans profondeur, parfois, de gesticulations d’une pâle imitation ou quelques simagrées absentes de sens. Demain, peut-être après-demain, nous vous parlerons d’un petit crucifié controversé, semble-t-il, de Michel-Ange… du moins, comme point de départ.

Caricature controversée

Samedi 21 février 2009

Une caricature signée Sean Delonas, caricaturiste connu pour ses dessins caricaturaux provocateurs, publié dans l’édition de mercredi du New York Post a provoqué un tollé de protestations aux États-Unis.

La caricature controversée représente un policier qui vient d’abattre un singe, faisant référence à un chimpanzé abattu lundi par la police dans le Connecticut après avoir grièvement blessé une femme au visage. Dans le phylactère de la caricature, nous pouvons lire l’affirmation du second policier : « Ils vont devoir trouver quelqu’un d’autre pour rédiger le prochain plan de relance. »

Dans un premier temps, le rédacteur en chef du Post défend la caricature de Delonas, « ce dessin est une parodie d’un événement de l’actualité. »

Aujourd’hui, dans un éditorial, le New York Post s’excuse d’avoir publié cette caricature faisant allusion au plan de relance qui aurait été rédigé par un singe. « Mais cela a été interprété autrement – comme une représentation du président Obama, comme une expression légèrement voilée de racisme […] Nous nous excusons auprès de ceux qui ont été offensés par l’image. »

Un manque de discernement, une tentative pour élargir les limites de l’acceptable ou simplement de la paresse intellectuelle d’un caricaturiste qui aime la facilité ? Entre l’affirmation du policier et le singe abattu, il y a un si grand vide d’idée. Hélas, gênant! Malgré l’expression voilée au stéréotype de l’Afro-Américain vu comme un singe, protester contre une caricature d’une telle pauvreté, c’est viser à côté du cible.

Si vous vouliez avoir une meilleure idée des caricatures de Delonas, par ici.

Caricature controversée

Win Delvoye, No 5 Cloaca

Dimanche 1 février 2009

Que le temps file, déjà février! Nous voilà enfin arrivés à ce post sur cette exposition singulière qui se déroule à la Galerie de l’UQÀM avant qu’elle tire sa révérence et vole vers d’autres cieux culturels.

Le Cloaca No. 5 de Win Delvoye, machine imitant le système digestif humain, de la mastication à l’expulsion des déchets, est considéré tantôt étant une œuvre phare de l’art contemporain, tantôt comme une manifestation artistique qui insulte l’intelligence humaine. La série Cloaca de Wim Delvoye forme de huit prototypes qui, une fois installées et alimentées, font de la merde. Si si! Nous sommes bien sérieux. Sans le soutien financier du Conseil des Arts du Canada et du ministère du Patrimoine canadien, l’exposition à la Galerie de l’UQÀM n’aurait pas été possible. Les coûts assoiciés à l’exposition : $30,000.

Êtes-vous choqué? En voici une image de cette œuvre dite controversée de Wim Delvoye.

No 5 de Wim Delvoye

Bon, nous vous suggérons de faire un détour à la Galerie de l’UQÀM dans les prochains jours. Car l’entrée est gratuite! ;-) Si vous nous demandez la question facile : est-ce que l’exposition en vaut le déplacement?

Prenez le cas où l’on vous donne un billet de cinéma que vous n’avez pas à débourser un sou. Si vous aimiez l’exposition, ce serait pour vous une découverte artistique et une sortie culturelle commanditée par notre bon gouvernement fédéral. Pas mal, non?! Sinon, dites-vous que c’est un gros navet hollywoodien. Il vous est sûrement arrivé d’avoir payé un billet de plein tarif pour un gros navet cinématographique, non?! Vous êtes moins scandalisé par le financement de $30,000, n’est-ce pas?

Devant une œuvre de Delvoye, il y a toujours autant de détracteurs que d’admirateurs.

L’autre jour, devant cette oeuvre installée à la Galerie de l’UQAM, nous n’avons pas éprouvés d’émoi, ni d’émerveillement, ni de répugnance. Pourtant le No. 5 assimile minutieusement chaque étape du processus digestif : enzymes, bactéries et composantes chimiques; la machine/sculpture de Wim Delvoye est ultra sophistique; la démarche artistique de Wim Delvoye s’inspire de la logique marchande de notre système de consommation, fondement de notre économie; l’entreprise commerciale et artistique de Win Delvoye parodie les Branding du capitalisme qui nous sont si accoutumés : Channel No. 5, M. Net, Disney World, Coca-Cola, etc.  Win Delvoye est parmi les artistes contemporains les mieux cotés…

Nous nous demandions aussi l’autre jour, mais pourquoi cela ne nous a pas touché?

Les Cloaca de Win Delvoye sont une continuité méditée et élaborée d’une gaminerie qui date des années soixante. Contrairement à Piero Manzoni, Win Delvoye vend de la merde d’artiste comme produits dérivés et artistiques aux collectionneurs. Sauf que lui, il connait du succès et dicte sa façon de faire au marché des produits artistiques et dérivés. Partout où il passe, on lui déroule le tapis rouge. Pendant ce temps, lui, semble-t-il,  il nous fait réfléchir sur un tas de choses : l’art, la vie, la démarcation entre la consommation et l’art, l’utilitaire et le sacré…

Wim Delvoye, produit dérivé artistique

L’exposition de la machine Cloaca No. 5 de Win Delvoye peut être comparable à n’importe quelle exposition de machine imaginaire et imaginée par un artiste renommé. Serions-nous scandalisés si l’on dépense $30,000 pour exposer la maquette d’une machine de guerre imaginée par Da Vinci?

Bon, soyez ouvert d’esprit et curieux, c’est une chance inouïe pour nous les Montréalais de voir cette oeuvre. Soyez amoureux, elle est là jusqu’au 14 février. ;-)

Croix Saint-André, la croix de saint André

Mardi 9 décembre 2008

Comme on dit, le peuple a voté, le Québec a choisi et la démocratie a gagné.

Rassurez-vous, pas de politique aujourd’hui. Un peu d’histoire, cela veut dire inévitablement un peu de religion, mais surtout, du symbolisme. Dites, ceux qui ont bravé ce froid sibérien… d’accord, ce froid québécois ;-) pour exercer son choix électoral? Comment avez-vous marqué votre bulletin de vote?

Est-ce comme le Bureau du directeur général des élections – DGE qui vous a suggéré? Comme ceci?

Voter avec un X

Si vous avez posé un tel « X » à côté du nom du candidat de votre choix, vous avez alors marqué votre bulletin de vote d’une croix encadrée. Parfois, on l’appelle aussi croix en sautoir ou croix de Bourgogne.

Vous saviez évidemment que ce « X » si banal, vous l’écrivez des milliers de fois au cours de votre vie, porte un nom biblique célèbre. On l’appelle « croix Saint-André » ou la croix de saint André. Vous comprenez que c’est sur laquelle saint André a été crucifié, après avoir été prêché dans la Mésie – contrée balkanique de l’Europe ancienne, entre le Danube et la Macédoine.

La croix du martyre d’André en forme de « X » apparaît pour la première fois au Xe siècle, depuis, elle devient le symbole iconographique que l’on associe au premier apôtre appelé par Jésus. En passant, selon ce que nous avons lu, cette tradition ne s’appuie sur aucun texte historique. Cette crucifixion sur une croix dite la crux decussata, a été imaginée en pendant à celle de Pierre, son frère. Celui-ci a été crucifié la tête en bas sur une croix latine.

Qu’est-ce qu’une croix latine? Une croix latine a la branche inférieure plus longue que les autres… si vous préfériez, la croix de crucifixion de Jésus, est-ce plus clair?

Voilà, pour la croix de saint André ou la croix Saint-André. Si vous travaillez dans le domaine de la construction, une croix Saint-André est un composant qui vous est probablement fort familier, sinon il se pourrait que le terme vous soit encore rébarbatif.

Une autre image qui vaut mille mots pour vous aider à vous en souvenir, pour toujours.

Croix Saint-André, Croix de saint André

Michelle Obama, par Daniel Edwards

Samedi 20 septembre 2008

Un buste de Michelle Obama, la possible future First Lady légèrement nue.

Y a-t-il sujet à crier le scandale? Vous verrez dans les prochains jours que les mots scandale, provocation et controverse seront au rendez-vous. L’Amérique serait-elle encore un peu puritaine, ou encore, certains mots ont-ils perdu leur sens véritable? À moins que c’est nous qui sommes devenus insensibles? Peut-être.

Il s’agit de la toute dernière création de Daniel Edwards, Michelle Obama – « Makeover for America ». Le soi-disant controversé sculpteur américain fait des oeuvres en modelage, toujours très réaliste, toujours avec un brin de désir de provoquer, mais d’une approche usée comme l’habit d’un sans abri.

En effet, nous trouvons que sa formule est plutôt usée.  L’artiste semble cependant fort habile de ses mains, un beau sens d’observation académique et un flaire pour identifier des sujets qui suscitent des réactions : Britney Spears accouche, autopsie de Paris Hilton, mort du Prince Harry, Fidel Castro sur son lit de mort, buste d’Hillary Clinton légèrement vêtue, etc. Depuis hier, Michelle Obama s’est jointe à cette liste de célébrités malgré elle. Si Obama gagnait la présidence en novembre, cette sculpture de Michelle Obama fera parler de l’artiste.

Michelle Obama, par Daniel Edwards

Daniel Edwards choisit un personnage connu pour sa visibilité, facilement reconnaissable par le grand public. Évidemment, une telle proie ne peut qu’attiser notre monde avide de nouvelles sensationnelles. L’image de son oeuvre est donc vite transportée à l’avant-scène par les journalistes et… les blogueurs.

Généralement, très vite, en quelques jours, le phénomène s’essouffle, fin de l’épisode. À nouveau, l’artiste se met à la recherche de sa prochaine proie artistique et sensationnelle. Malgré son habilité, Daniel Edwards demeure fort limité dans sa formulation du scandale : masque mortuaire, buste nu, posture d’un mannequin plastique et objet insolite. Même si la mort est un thème récurrent dans son oeuvre, Daniel Edwards n’a pas su comment en faire une variation sur un thème. Il s’est contenté de camper sur ses habilités tactiles et à faire de la permutation.

Fort triste, on dirait qu’il y a blocage, ou une espèce de confort rassurant.

Grenouille crucifiée

Jeudi 4 septembre 2008

Êtes-vous étonné par cette œuvre controversée?  Une grenouille crucifiée pour parodier le symbole du Christ crucifié.

Au musée d’art moderne de Bolzano en Italie, une sculpture de l’artiste allemand Martin Kippenberg représentant une grenouille crucifiée tenant une chope de bière dans une patte et un œuf dans l’autre suscite la controverse et provoque la colère parmi les croyants catholiques. Même le pape Benoit XVI avait protesté.

Tout laisse croire qu’après s’en être pris aux musulmans, quelques artistes contemporains à la recherche de notoriété, et ce, avec la complicité de quelques petits musées régionaux, également à la recherche de visibilité s’attaquent cette fois-ci aux catholiques. Bon, et la prochaine cible? Les bouddhistes?

Nous mentionnons à quelques reprises ici que l’art n’est plus un représentant de l’idéal platonique et classique. L’art d’aujourd’hui est à l’image de la vie. Cette grenouille crucifiée en est un autre exemple parmi tant d’autres, l’art contemporain patauge entre les extrêmes, à l’image de la nature humaine.

Savez-vous que 2008 a été désignée par la communauté scientifique internationale comme étant « l’Année de la grenouille »? Bon, vous saviez ça.

Mais, savez-vous que l’on a trouvé une grenouille sans poumon qui respire par la peau dans une région reculée dans l’Indonésie cette année? Bon, ça, vous la saviez également…

Bon bien, nous n’avons plus rien à ajouter dans ce cas-ci. Allons écouter le discours de John McCain pour terminer la soirée. En espérons qu’il dise quoi de bon.

Grenouille crucifiée

La tête du dictateur

Vendredi 11 juillet 2008

Il suffit trois petites minutes pour faire tomber la tête d’un des dictateurs notoires de l’histoire moderne. Dès les premiers instants de l’ouverture du Musée Madame Tussauds de Berlin, on a décapité la statue de cire d’Adolf Hitler.

Avant sa rentrée parmi les quelque 70 effigies de personnages-clés de l’Histoire dans la célèbre Maison de Madame Tussauds, version berlinoise, la statue en cire du dictateur nazi a fait couler beaucoup d’encre en Europe. La controverse demeure entière sur la présence d’Hitler parmi eux. La direction du Musée a pris un pari autant que cet homme arracheur de tête. Interpellé par la police, l’homme de 41 ans explique que la motivation de son geste est un pari avec ses amis. Tout cela fait maintenant partie de la petite histoire des faits divers de la saison estivale.

La tête du dictateur

Semble-t-il que le Musée n’a pas encore pris de décision concernant l’éventuel retour de la statue décapitée. Nous nous demandons si l’on considère ce type de statue comme étant une oeuvre d’art. Chose certaine, si elle avait été signée par l’artiste italien Cattelan, elle en serait une, sans doute.

Le Hitler en cire, à genoux en train de prier de Cattelan fait partie maintenant de la fameuse collection privée d’art contemporain de François Pinault. Qui est François Pinault? ;-) Si vous lisez notre blog, point de présentation ne requiert. Sinon, par ici, ici aussi… et . Cette œuvre de la série Lui de Cattelan est perçue comme une « humanisation » du Führer. Elle a déclenché un tollé de protestation en 2002. Depuis, le silence fut. Sauf peut-être, la présence du nom de l’artiste parmi les manchettes dites culturelles, ponctuées de ces fluctuations du marché d’art, et de ces records aux enchères, dont plusieurs, signés Cattelan. Comme quoi, savoir choquer et savoir se vendre sont les mamelles d’une réussie artistique certaine… et d’empire financier.