Archive pour la catégorie 'Art qui choque'

 

Grenouille crucifiée

Jeudi 4 septembre 2008

Êtes-vous étonné par cette œuvre controversée?  Une grenouille crucifiée pour parodier le symbole du Christ crucifié.

Au musée d’art moderne de Bolzano en Italie, une sculpture de l’artiste allemand Martin Kippenberg représentant une grenouille crucifiée tenant une chope de bière dans une patte et un œuf dans l’autre suscite la controverse et provoque la colère parmi les croyants catholiques. Même le pape Benoit XVI avait protesté.

Tout laisse croire qu’après s’en être pris aux musulmans, quelques artistes contemporains à la recherche de notoriété, et ce, avec la complicité de quelques petits musées régionaux, également à la recherche de visibilité s’attaquent cette fois-ci aux catholiques. Bon, et la prochaine cible? Les bouddhistes?

Nous mentionnons à quelques reprises ici que l’art n’est plus un représentant de l’idéal platonique et classique. L’art d’aujourd’hui est à l’image de la vie. Cette grenouille crucifiée en est un autre exemple parmi tant d’autres, l’art contemporain patauge entre les extrêmes à l’image de la nature humaine.

Savez-vous que 2008 a été désignée par la communauté scientifique internationale comme étant « l’Année de la grenouille »? Bon, vous saviez ça.

Mais, savez-vous que l’on a trouvé une grenouille sans poumon qui respire par la peau dans une région reculée dans l’Indonésie cette année? Bon, ça, vous la saviez également…

Bon bien, nous n’avons plus rien à ajouter dans ce cas-ci. Allons écouter le discours de John McCain pour terminer la soirée.

Grenouille crucifiée

La tête du dictateur

Vendredi 11 juillet 2008

Il suffit trois petites minutes pour faire tomber la tête d’un des dictateurs notoires de l’histoire moderne. Dès les premiers instants de l’ouverture du Musée Madame Tussauds de Berlin, on a décapité la statue de cire d’Adolf Hitler.

Avant sa rentrée parmi les quelque 70 effigies de personnages-clés de l’Histoire dans la célèbre Maison de Madame Tussauds, version berlinoise, la statue en cire du dictateur nazi a fait couler beaucoup d’encre en Europe. La controverse demeure entière sur la présence d’Hitler parmi eux. La direction du Musée a pris un pari autant que cet homme arracheur de tête. Interpellé par la police, l’homme de 41 ans explique que la motivation de son geste est un pari avec ses amis. Tout cela fait maintenant partie de la petite histoire des faits divers de la saison estivale.

La tête du dictateur

Semble-t-il que le Musée n’a pas encore pris de décision concernant l’éventuel retour de la statue décapitée. Nous nous demandons si l’on considère ce type de statue comme étant une oeuvre d’art. Chose certaine, si elle avait été signée par l’artiste italien Cattelan, elle en serait une, sans doute.

Le Hitler en cire, à genoux en train de prier de Cattelan fait partie maintenant de la fameuse collection privée d’art contemporain de François Pinault. Qui est François Pinault? ;-) Si vous lisez notre blog, point de présentation ne requiert. Sinon, par ici, ici aussi… et . Cette œuvre de la série Lui de Cattelan est perçue comme une « humanisation » du Führer. Elle a déclenché un tollé de protestation en 2002. Depuis, le silence fut. Sauf peut-être, la présence du nom de l’artiste parmi les manchettes dites culturelles, ponctuées de ces fluctuations du marché d’art, et de ces records aux enchères, dont plusieurs, signés Cattelan. Comme quoi, savoir choquer et savoir se vendre sont les mamelles d’une réussie artistique certaine… et d’empire financier.

Avortement

Mercredi 9 juillet 2008

Presque une semaine après le docteur Henry Morgentaler, qui défend et milite depuis des années 70 en faveur du droit des femmes à l’avortement, est honoré d’une médaille de l’Ordre du Canada. Les réactions sont encore nombreuses, elles fusent de tous les côtés. Le Dr Morgentaler s’est dit, la semaine passée, surpris de recevoir l’Ordre du Canada : « Je sais qu’à trois reprises, le comité qui décide de ces choses-là avait refusé de reconnaître ma contribution. Et finalement, c’est arrivé comme une surprise pour moi. Je suis très content qu’ils aient reconnu mes services aux femmes du Canada. »

Le communiqué diffusé par Rideau Hall explique que le Dr Morgentaler est honoré « pour avoir donné aux femmes diverses options concernant leurs soins de santé, pour sa détermination à influencer les politiques publiques canadiennes et son rôle de chef de file au sein d’organisations humanistes et civiles. » Dans cette belle formulation officielle, le mot « avortement » est ignoré du vocabulaire pour probablement accommoder les opposants à l’avortement et le très conservateur gouvernement minoritaire d’Ottawa.

L’Ordre du Canada est la plus haute récompense du régime canadien de distinctions honorifiques. Il couronne l’œuvre d’une vie, le dévouement exceptionnel d’une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation. Des Canadiennes et des Canadiens de tous les milieux de la société ont reçu l’Ordre du Canada. La nature de leurs réalisations est extrêmement variée, mais la façon dont ils ont changé nos vies et le visage de notre pays les unit. La devise de l’Ordre, DESIDERANTES MELIOREM PATRIAM, signifie « ils veulent une patrie meilleure ».

Les protestations contre la nomination de Morgentaler viennent du fait que cet homme est qualifié par certains comme un professionnel qui tue des bébés. On oublie que le fondement et la devise de l’Ordre du Canada est : ils veulent une patrie meilleure, ou simplement, un monde meilleur pour des femmes qui ont recours à l’avortement dans le cas d’Henry Morgentaler. De ce point de vue, toute la polémique autour de cette nomination n’est plus qu’un simple débat idéologique, loin de la contribution concrète du Dr. Morgentaler.

Un peu d’art pour conclure. Une œuvre controversée, en provenance de la Chine. Cependant, une vieille controverse qui date, ;-) sur fond d’avortement ou de fœtus avorté. Elle est conçue et cultivée dans des incubateurs de l’art d’avant-garde de Pékin des années 90, organisée et transportée sur la scène européenne de l’art contemporain par un ancien diplomate, mécène et peut-être, investisseur. Comme l’on dit, l’art est sans limites et sans frontières. Mais cet art contribue-t-il à l’exaltation des valeurs humaines autre que sa vertu provocatrice?

Avortement

Éthanol

Mardi 6 mai 2008

Aujourd’hui, trois mots et une image.

D’abord, « éthanol », l’éthanol est, semble-t-il, l’alcool qui se retrouve dans toutes les boissons alcoolisées. On l’appelle autre fois « esprit de vin » ou « alcool de grains ». Car on le fabrique anciennement par fermentation directe de sucres naturels. De nos jours, on l’obtient par hydratation de l’éthylène. Il pourrait être la solution pour notre monde qui est au bord du gouffre du pétrole. Le site du gouvernement canadien nous fournit quelques pages fortes informatives sur l’éthanol.

Ensuite, le mot « famine », celui-ci regagne sa popularité après quelques années d’absence… des manchettes. Nous vous présentons aujourd’hui cette photo célèbre de Kevin Carter. Une photo prise en 1993 en pleine période de famine au Soudan. La photographie est ensuite vendue au New York Times. L’année suivante, le photographe gagne le prix Pulitzer, mais critiqué pour ne pas avoir porté secours à la jeune mourante affamée.

Carter relate son récit :

A environ 300 mètres du centre d’Ayod, j’ai croisé une toute petite fille au bord de l’inanition qui tentait d’atteindre le centre d’alimentation. Elle était si faible qu’elle ne pouvait faire plus d’un ou deux pas à la fois, retombant régulièrement sur son derrière, cherchant désespérément à se protéger du soleil brûlant en se couvrant la tête de ses mains squelettiques. Puis elle se remettait péniblement sur ses pieds pour une nouvelle tentative, gémissant doucement de sa petite voix aiguë. Bouleversé, je me retranchai une fois de plus derrière la mécanique de mon travail, photographiant ses mouvements douloureux. Soudain la petite bascula en avant, son visage plaqué dans la poussière. Mon champ de vision étant limité à celui de mon téléobjectif, je n’ai pas tout de suite remarqué le vol des vautours qui se rapprochaient, jusqu’à ce que l’un d’eux se pose, apparaissant dans mon viseur. J’ai déclenché, puis j’ai chassé l’oiseau d’un coup de pied. Un cri montait en moi. J’avais dû parcourir 1 ou 2 kilomètres depuis le village avant de m’écrouler en larmes.

Kevin Carter, anéanti par l’assassinat de son ami reporter Ken Oosterbroek, souffrant de dépression et d’atrocités dont il a été témoin, et accaparé par les critiques suite à la remise du prix Pulitzer, choisit de se donner la mort dans le désert, le matin du 27 juillet 1994… au bord de sa voiture.

Quant au troisième mot… nous hésitons. Nous vous laissons le soin de choisir le mot qui vous conviendra dans le paragraphe ci-dessus. Voici maintenant l’image qui accompagne de ce billet sur l’éthanol.

Éthanol ?

Figurants nus aux masques de Mickey

Mardi 15 avril 2008

Trente-cinq hommes et femmes de plus de 50 ans jouent nus dans une interprétation insolite de l’opéra de Giuseppe Verdi, Le Bal masqué, à Erfurt, dans l’est de l’Allemagne.

L’histoire du bal masqué de Verdi est inspirée des événements de l’assassinat du roi Gustave III de Suède au cours d’un bal masqué dans l’Opéra royal de Stockholm.

Le metteur en scène est le chorégraphe autrichien Johann Kresnik, un habitué de controverses, connu notamment pour des mises en scène en faisant jouer des figurants nus. Cette fois-ci, les figurants portent des masques de Mickey tout au long du spectacle, sur fond de décor représentant les ruines du World Trade Center. Nous cherchons encore le lien entre Mickey, les ruines du World Trade Center et l’histoire du Bal masqué de Verdi.

« Le concept est un critique envers l’Amérique, ce monde de l’Amérique d’aujourd’hui avec ses habitants très riches et d’autres très pauvres, avec la guerre et les excès », indique Guy Montavon, le directeur de l’Opéra d’Erfurt.

Figurants nue aux masques de Mickey

Insolite, dites-vous? ;-) Le point positif est peut-être de faire défiler des figurants nus de plus de 50 ans à une époque où l’on fait si souvent l’éloge à la jeunesse, à tout prix, même au botox! :-|