Archive pour la catégorie 'Art publicitaire'

 

Métro Montréal

Jeudi 21 février 2008

Le Métro de Montréal est une formidable ville souterraine qui fait la fierté des Montréalais. Le Métro de Montréal est un moyen de transport efficace et écologique emprunté quotidiennement par de milliers d’utilisateurs. Le Métro de Montréal est un réseau grouillant de vie et parfois, le lieu de drames humains. Quand cette voix neutre du Métro de Montréal annonce que son service est interrompu sur la ligne X à cause d’une intervention des ambulanciers. Les habitués du Métro savent qu’il y a eu fort probablement un suicide sur les rails, surtout si l’arrêt de service dure plus d’une demi-heure.

Le suicide dans le Métro est sans aucun doute un événement traumatisant pour la plupart des gens qui sont témoins du drame: le chauffeur de métro, les ambulanciers, les proches de la victime et les usagers. Le Métro de Montréal ne parle pas de « ses » suicides. C’est un choix. Il est peu probable que l’on change cette loi du silence sur les suicides. Est-ce bien ou le contraire? Nous, nous pensons qu’il s’agit d’un phénomène social, il est donc préférable d’en parler que de voiler une réalité. Non?

La firme Métromédia qui gère l’espace publicitaire a recommandé récemment à la STM de refuser l’affiche de la production théâtrale Blasté. On jugeait que l’image est trop violente. D’exposer une image d’un personnage ensanglanté dans le métro peut générer une émotion trop forte sur certaines personnes à tendance suicidaire.

Évidemment, la metteure en scène dit, ne pas comprendre cette décision de la STM qui censure sa campagne de pub. Selon elle, l’affiche est artistique et non choquante qui fait la promotion d’une pièce de théâtre et non pas celle de la violence. Voici l’image partielle que nous avons dénichée sur le site de l’Usine C.

Métro Montréal - Suicide - Image censurée

Quant à l’histoire de la pièce de théâtre, elle est d’actualité.

Blasté est l’histoire de Ian, de son calvaire et de sa renaissance.

Écrite il y a dix ans, cette première pièce visionnaire de Sarah Kane dénonce en partie nos aveuglements et notre impuissance face au conflit yougoslave, dont la barbarie était diffusée à l’époque en direct sur CNN. L’illusion d’un quelconque progrès dans les rapports humains semble plus que jamais d’actualité. L’écriture de Sarah Kane élève cette histoire épouvantable et inconcevable à la hauteur des mythes antiques.

« Nous devons parfois descendre en enfer par l’imagination pour éviter d’y aller dans la réalité. » Sarah Kane

Blasté sera créé pendant la saison des 10 ans de Sibyllines et permettra à Brigitte Haentjens de retrouver certains des acteurs d’exception qui ont singulièrement marqué son parcours artistique.

(Texte extrait du site de l’Usine C)

En guise de conclusion, tout en images, une tête faite de sang congelé de l’artiste, par Mark Quinn (1991) et la tête ensanglanté de Christ, par Dürer (1493, détail) Oui, oui! Du vrai sang humain de l’artiste lui-même. Bon vendredi!

Tête de sang et Tête ensanglantée

Comment réussir à atteindre sa cible

Mardi 22 janvier 2008

Nous faisons aujourd’hui un retour sur notre dernier sujet, la cible manquée par Citroën. Comment une entreprise d’une telle envergure, avec un budget publicitaire, sans doute, tout aussi impressionnante que la taille de l’entreprise elle-même, peut-elle rater son coup aussi lamentablement? Sa gestion de crise de la publicité retirée nous laisse croire à de l’improvisation en remplaçant un Mao qui louche par un Napoléon en furie. Tout un phénomène organisationnel, curieux et intriguant, n’est-ce pas?!

Décortiquons ensemble, aujourd’hui, trois images de trois compagnes de publicité où trois femmes, trois cibles arrivent à trois résultats : la première, intelligente, comme une dissertation d’un élève studieux qui applique la théorie. La deuxième, des hommes athlétiques et un femme mince, une recette à succès maintes fois utilisée dans les années fin 1990, qui pour arriver à surprendre, use de la controversée pour repousser les limites. Et la dernière, non la moindre, une pub réfléchie et voulue qui s’inscrit dans une perspective de campagne publicitaire globale d’une multinationale. Le message est soutenu, clair et direct, mais combien sous-entendu. À vous d’en juger… du comment atteindre sa cible dans ce cas-ci.

Tout d’abord, une pub de Bayer pour venter les mérites d’un indicateur de glycémie. Une femme fixée et attachée comme dans un numéro de cirque. Bon, disons que c’est correct, mais sans plus. La femme, belle et jeune, habillée selon le goût vestimentaire d’une époque, cependant la pub demeure passéiste, sans sérénité, ni assurance, même si l’on promeut la précision du nouvel indicateur par opposition à la maladresse, ou, à la danger d’une geste approximative du lanceur de couteaux. Comme quoi réussir à atteindre sa cible en pub n’est pas facile.

Comment réussir à atteindre sa cible

La deuxième, une pub controversée à cause de sa suggestivité d’un viol collectif. Ici, la femme « joue » son traditionnel rôle d’objet sexuel. Bon! Enfin, passons… Elle est le centre de l’attention, couchée et dominée par quatre hommes. On crée un encerclement suggestif en absence de la cible-symbole. Eh oui, on vend du linge de luxe, du Dolce & Gabbana! La compagne de publicité a soulevé un tollé de protestations un peu partout en Europe. La pub a été retirée partout ailleurs, sauf en Italie, si notre mémoire ne nous fait pas défaut.

Rater sa cibler en publicité

La dernière image est une pub de la compagnie américaine Target, l’ennemi juré de Wal-Mart. Il semblerait que Target est perçu comme le gentil marchand aux Etats-Unis, tandis que Wal-Mart est mondialement perçu comme un méchant capitaliste, celui qui exploite employés, fournisseurs et partenaires. Chez l’un, le bas prix prime, chez l’autre, on trouve un citoyen corporatif consciencieux. Target laisse comprendre qu’il aime les siens. Il suffit de deux ou trois clics sur le site officiel de Target pour constater l’immense effort que ce dernier mise en œuvre pour promouvoir ses responsabilités sociales. Ils ont même un fond d’aide à la création artistique. Rien de moins!

Bref, leur publicité est centrée sur un élément, la cible. Nous vous faisons grâce d’un jeu de mots facile entre sa raison sociale et sa pub… Ouf! C’est tout un art que d’atteindre sa cible.

Une pub qui atteint sa cible

Pour clore cet article, l’un de ses panneaux publicitaires : une femme et une cible… ni plus ni moins. À un point tel que la cible devient tantôt un fond, tantôt lignes courbes, tantôt centre focal. Mais vous, que voyez-vous?

Publicité Citroën et Mao

Samedi 19 janvier 2008

Une publicité de Citroën controversée, le constructeur automobile français Citroën s’est excusé pour avoir utilisé l’image d’un Mao peu flatteur qui louche et à la bouche tordue dans une publicité en Espagne. Le portrait de Mao Zedong apparaît au-dessus d’un modèle de la marque française avec le slogan: « Rendre à César ce qui est à César ».

La publicité avait suscité un certain émoi… émotion, réaction, manifestation d’identité, affirmation identitaire… ouf! Pas facile de choisir le bon mot en tout cas. Semble-t-il que le mécontentement de la communauté chinoise en Espagne a fait réfléchir le constructeur automobile français du sacrilège commis. Citroën recule, s’engageant à ne plus utiliser le portrait de Mao et remplacé le leader chinois par un français très connu.

Pub Mao

Non, non, pas Sarkozy! Quoique ça pourrait être un excellent choix pour susciter des réactions. Même Sarkozy lui-même, aurait réagir!

Le remplaçant… nul autre que l’Empereur Bonaparte, cette fois-ci, la nouvelle version de la publicité fait apparaître un Napoléon, l’air furieux. Les Français seraient-ils heureux de ça? Quoiqu’un air furieux est le stéréotype d’un homme romantique comme un Rousseau, un Beethoven, un Châteaubriand… Revenons au sujet, focusons Artistes MY Arts! ;-)

Mao, mort le 9 septembre 1976 est une icône de la Chine du XXe. Sa dépouille est exposée au Mausolée du Timonier de la place Tiananmen à Pékin. Sa biographie n’est pas finie d’être écrite, réécrite, et réécrite encore et encore dans les prochaines années. Nous n’avons pas fini d’entendre parler de lui. Comme quoi, un symbole dure longtemps. Cette pub qui remplace Mao par Napoléon révèle simplement l’histoire d’un graphiste paresseux qui abuse de l’utilisation de Photoshop, une stratégie publicitaire ratée et le pouvoir incommensurable d’une masse critique. Cela nous laisse croire qu’un potentiel de 1,5 milliard de consommateurs est un argument convaincant, chinois, indien ou autre.

Québécois et Québécoises, peuple du Québec, il faudrait faire des bébés! :-|

Violence contre les femmes

Mardi 27 novembre 2007

Québec relance une campagne de publicité crue, « La violence conjugale est un crime. Appelez votre service de police ». La pub-choc montre un homme qui s’en prend violemment à sa conjointe. Celle-ci croule sous les coups et disparaît de l’écran. L’homme lui demande alors de se lever. Sous des appels répétés, c’est un policier qui se lève devant lui.

La pub a retenu l’attention du public lors de son premier passage à la télé. Québec et sa ministre de la Condition féminine ont décidé de donner une seconde vie à cette pub contre la violence faite aux femmes.

Dans un autre ordre d’idée, en art contemporain, l’approche-choc privilégiée par plusieurs artistes pour parler de leur art, n’est-elle pas en réalité un moyen efficace de provoquer une réaction chez un public qui ne réagit plus au Luxe, calme et volupté?

Pub contre la violence conjugale

Publicité des années 60

Lundi 26 novembre 2007

On les appelle Les Sixities pour ceux qui les ont connues et vécues. Un petit recueil fort instructif de publicités mode des années 60 publié chez Taschen, de Maybelline à Cutex, en passant par Davidow, Sears, voire Kotex, Tampax ou ce bon vieux Old Spice, les années yé-yé revivent en images grâce à des pubs parfois jolies, parfois nous font tout simplement sourire

Le contraste entre une pub de Maindenform des années 1960 et celle de la même marque, mais de nos jours, est saisissante, n’est-ce pas? Une seule constante, l’image est toujours en noir et blanc.

Les publicités de mode des années 60