Archive pour la catégorie 'Art publicitaire'

Planter un arbre

Mardi 17 juin 2008

Planter un arbre est un geste relativement simple. Cela consiste à choisir un arbre en fonction du sol, de sa portée, de ses couleurs particulières : feuilles, branches et tronc, des dates de floraison et de fructification… Pour les excessifs, il existe probablement un livre, du genre, la plantation d’arbres ou la sylviculture pour les nuls. ;-)

Si vous voulez que votre geste soit durable pour l’environnement, vous feriez alors analyser votre sol. Car il peut être argileux, sablonneux ou même rocailleux. Il va donc influencer la bonne santé de votre arbre. Voyez-vous? Les complications commencent… Mais, ne découragez pas pour si peu! Une petite poignée de terre dans un contenant, et hop, à un labo. On vous renseignera pour une modique somme de quelques dollars. Le résultat sera dans votre boîte à lettres au bout de quelques jours.

Ensuite, vous devez choisir l’emplacement dans votre jardin. Évidemment, il vous faut penser à sa croissance, à l’ombre qu’il projettera avec le temps ainsi qu’aux distances réglementaires autorisées par votre municipalité. Il est aussi bien important de s’entendre avec votre voisin. Car l’arbre que vous allez planter et qui vous procura une ombre rafraîchissante durant les canicules d’été peut être considéré comme un désagrément pour votre voisin. Le bon voisinage dans la vie… c’est important, n’est-ce pas?

Ce n’est quand même pas trop compliqué, pour l’instant. Le sol et le bon voisinage, c’est réglé. Mais ultimement, il vous faut penser à l’arbre que vous voulez planter. Il faut calculer le développement racinaire de l’arbre. Règle générale, le volume occupé par les racines est proportionnel à la portée de l’arbre. Planter un érable à cinq pieds de votre maison n’est évidemment pas une bonne idée. Une fois ce détail réglé, vous être presque rendu à donner votre premier coup de pelle. Encore un petit détail! Vous devez protéger votre arbre avant sa plantation. Un arbre en pot est plus fragile. Il tolère moins bien le soleil et le vent.

Bon, quand planter? L’idéal c’est à l’automne. Car l’arbre aura le temps de développer son système racinaire durant l’hiver et prendre sa croissance au printemps. D’ailleurs, ce n’est pas mauvais non plus de planter un arbre au printemps après que le sol soit dégelé. Ça aide, pour vous et pour l’arbre. Après ça… la dimension du trou, le tuteur, l’arrosage, la fertilisation, etc.

Quand on nous promet de planter un arbre pour l’environnement si nous convertissons notre mode de facturation conventionnelle, sur papier, contre la facture électronique. Nous nous demandons: euh, mais dans quoi seront-elles injectées les économies réalisées par cette compagnie en supprimant papier, encre, enveloppe, timbre et machinerie? Pas vous? Pour une entreprise souscrite à la Bourse, un million d’arbres plantés auront-ils le même poids d’argumentation à côté d’un million de profits nets devant son Conseil administration? Ah oui, nous avons presque oublié, on plante un arbre en notre nom. On plantera même un arbre si l’on remplace notre vieux cellulaire contre un neuf comme l’indique cette pub, le futur est si simple. C’est très bien! Mais nous nous demandons qui veillera sur l’arbre planté en notre nom. Comment et où fera-t-on recycler les vieux cellulaires récupérés? Ouf! C’est épuisant juste d’y penser…

Planter un arbre

Restons simples : cette pub, elle est belle et simple; Arbre Canada, un organisme qui œuvre pour l’environnement au Canada, des spécialistes en sylviculture; Telus, une entreprise prend ses responsabilités sociales; et finalement, la firme en marketing derrière cette campagne, très ingénieuse et cette campagne-là, elle est artistiquement bien orchestrée, des feuilles, grande, moyenne et petites, le tout pour symboliser des arbres. Il y a même de la perspective.

Allons! Finissons ce billet sur le début du texte de Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres, et si vous avez le temps, relisez le texte de Giono et revoyez cet excellent film d’animation de Frédéric Back, si vous l’avez déjà vu. Quel dessinateur sensible.

Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable.

Comment arrêter de fumer…

Mardi 3 juin 2008

Nous avons vu tous, si vous êtes fumeur, encore plus souvent que les autres, des images chocs sur les paquets de cigarettes. À notre avis, les publicistes sont des artistes qui maitrisent l’art rhétorique expéditif en images. Comme l’on dit, ils n’ont pas peur d’aller droite au but. Peu importe le pays ou la culture populaire, les moyens empruntés se ressemblent.

Récemment, le ministère de la Santé du Brésil a dévoilé 10 publicités chocs qui illustrent les méfaits de la cigarette sur la santé. Si vous vous demandez encore comment arrêter de fumer, encourage! Mais si vous voulez faire arrêter de fumer à quelqu’un, vous pouvez alors vous y inspirer : un fœtus gisant sur un cendrier, un homme souffrant d’impuissance… un classique! Ou encore, une famille au chevet d’un homme mourant. On dit souvent qu’une image vaut mille mots, mais ne trouvez-vous pas que parfois, quelques mots suffissent à vous donner des images à faire frémir… non?

Pour ne pas briser notre habitude de joindre une image aux mots… en voici une belle image, si l’on neutralise notre côté rationnel. Mon Dieu, ce n’est que de l’accoutumance! ;-)

Comment arrêter de fumer

Sans image

Samedi 31 mai 2008

Une image, mais sans image. ;-) Il s’agit d’une publicité du gouvernement québécois pour informer la population que les produits du tabac ne seront plus visibles aux points de vente à compter d’aujourd’hui. Nous la trouvons très efficace. Il y a presque du Malevitch

Sans image

Bon, en dehors de notre préoccupation artistique, à bien y penser, nous croyons que fumer demeure un choix, celui du fumeur. Même si ce choix individuel répercutera sur les charges du reste de la société, soit en termes de coûts médicaux et de santé, on ne devrait toutefois pas limiter le libre choix des individus dans une société dite libérale. Puisque toute interdiction implique nécessairement de l’immaturité - élément perturbateur à l’équilibre social.

Sous le choc

Dimanche 4 mai 2008

Nonnnn! La saison du Canadien de Montréal est terminée prématurément!

Sous le choc

Est-ce que les amateurs sont tous sous le choc comme cet homme qui exprime l’insupportable pression d’une visite au célèbre musée viennois, le Kunsthalle? … une publicité artistique efficace pour représenter une émotion intense.

Opéra affiche

Mercredi 16 avril 2008

Pour susciter l’intérêt du public pour l’opéra, certain se sert de la mise en scène controversée en faisant défiler des figurants nus sur la scène, d’autres, anonymes, participent à l’élaboration d’un esthétisme renouvelé. Depuis plusieurs années, l’Opéra de Montréal mise sur l’extraordinaire talent d’une équipe de maquilleurs pour nous livrer des affiches efficaces, esthétiques et minimalistes : un visage, un masque peint et surtout, de l’émotion.

La saison d’abonnement 2008-2009 de l’Opéra de Montréal est maintenant en cours. Vous avez possiblement vu sa pub télé. Alors, que préfériez-vous? La stratégie de marketing préconisée par l’Opéra de Montréal ou celle de l’Opéra d’Erfurt?

Opéra affiche

Si l’Opéra de Montréal est toujours en cours de restructuration financière et d’effectifs, et ce, depuis 2006, il nous proposera néanmoins cinq productions pour sa 29e saison qui passe du classicisme à la modernité : Macbeth de Verdi, Lucia di Lammermoor de Donizetti, La fanciulla del West de Puccini, les Pêcheurs de perles de Bizet, et Opéra plus Starmania de Plamondon.

Métro Montréal

Jeudi 21 février 2008

Le Métro de Montréal est une formidable ville souterraine qui fait la fierté des Montréalais. Le Métro de Montréal est un moyen de transport efficace et écologique emprunté quotidiennement par de milliers d’utilisateurs. Le Métro de Montréal est un réseau grouillant de vie et parfois, le lieu de drames humains. Quand cette voix neutre du Métro de Montréal annonce que son service est interrompu sur la ligne X à cause d’une intervention des ambulanciers. Les habitués du Métro savent qu’il y a eu fort probablement un suicide sur les rails, surtout si l’arrêt de service dure plus d’une demi-heure.

Le suicide dans le Métro est sans aucun doute un événement traumatisant pour la plupart des gens qui sont témoins du drame: le chauffeur de métro, les ambulanciers, les proches de la victime et les usagers. Le Métro de Montréal ne parle pas de « ses » suicides. C’est un choix. Il est peu probable que l’on change cette loi du silence sur les suicides. Est-ce bien ou le contraire? Nous, nous pensons qu’il s’agit d’un phénomène social, il est donc préférable d’en parler que de voiler une réalité. Non?

La firme Métromédia qui gère l’espace publicitaire a recommandé récemment à la STM de refuser l’affiche de la production théâtrale Blasté. On jugeait que l’image est trop violente. D’exposer une image d’un personnage ensanglanté dans le métro peut générer une émotion trop forte sur certaines personnes à tendance suicidaire.

Évidemment, la metteure en scène dit, ne pas comprendre cette décision de la STM qui censure sa campagne de pub. Selon elle, l’affiche est artistique et non choquante qui fait la promotion d’une pièce de théâtre et non pas celle de la violence. Voici l’image partielle que nous avons dénichée sur le site de l’Usine C.

Métro Montréal - Suicide - Image censurée

Quant à l’histoire de la pièce de théâtre, elle est d’actualité.

Blasté est l’histoire de Ian, de son calvaire et de sa renaissance.

Écrite il y a dix ans, cette première pièce visionnaire de Sarah Kane dénonce en partie nos aveuglements et notre impuissance face au conflit yougoslave, dont la barbarie était diffusée à l’époque en direct sur CNN. L’illusion d’un quelconque progrès dans les rapports humains semble plus que jamais d’actualité. L’écriture de Sarah Kane élève cette histoire épouvantable et inconcevable à la hauteur des mythes antiques.

« Nous devons parfois descendre en enfer par l’imagination pour éviter d’y aller dans la réalité. » Sarah Kane

Blasté sera créé pendant la saison des 10 ans de Sibyllines et permettra à Brigitte Haentjens de retrouver certains des acteurs d’exception qui ont singulièrement marqué son parcours artistique.

(Texte extrait du site de l’Usine C)

En guise de conclusion, tout en images, une tête faite de sang congelé de l’artiste, par Mark Quinn (1991) et la tête ensanglanté de Christ, par Dürer (1493, détail) Oui, oui! Du vrai sang humain de l’artiste lui-même. Bon vendredi!

Tête de sang et Tête ensanglantée

Comment réussir à atteindre sa cible

Mardi 22 janvier 2008

Nous faisons aujourd’hui un retour sur notre dernier sujet, la cible manquée par Citroën. Comment une entreprise d’une telle envergure, avec un budget publicitaire, sans doute, tout aussi impressionnante que la taille de l’entreprise elle-même, peut-elle rater son coup aussi lamentablement? Sa gestion de crise de la publicité retirée nous laisse croire à de l’improvisation en remplaçant un Mao qui louche par un Napoléon en furie. Tout un phénomène organisationnel, curieux et intriguant, n’est-ce pas?!

Décortiquons ensemble, aujourd’hui, trois images de trois compagnes de publicité où trois femmes, trois cibles arrivent à trois résultats : la première, intelligente, comme une dissertation d’un élève studieux qui applique la théorie. La deuxième, des hommes athlétiques et un femme mince, une recette à succès maintes fois utilisée dans les années fin 1990, qui pour arriver à surprendre, use de la controversée pour repousser les limites. Et la dernière, non la moindre, une pub réfléchie et voulue qui s’inscrit dans une perspective de campagne publicitaire globale d’une multinationale. Le message est soutenu, clair et direct, mais combien sous-entendu. À vous d’en juger… du comment atteindre sa cible dans ce cas-ci.

Tout d’abord, une pub de Bayer pour venter les mérites d’un indicateur de glycémie. Une femme fixée et attachée comme dans un numéro de cirque. Bon, disons que c’est correct, mais sans plus. La femme, belle et jeune, habillée selon le goût vestimentaire d’une époque, cependant la pub demeure passéiste, sans sérénité, ni assurance, même si l’on promeut la précision du nouvel indicateur par opposition à la maladresse, ou, à la danger d’une geste approximative du lanceur de couteaux. Comme quoi réussir à atteindre sa cible en pub n’est pas facile.

Comment réussir à atteindre sa cible

La deuxième, une pub controversée à cause de sa suggestivité d’un viol collectif. Ici, la femme « joue » son traditionnel rôle d’objet sexuel. Bon! Enfin, passons… Elle est le centre de l’attention, couchée et dominée par quatre hommes. On crée un encerclement suggestif en absence de la cible-symbole. Eh oui, on vend du linge de luxe, du Dolce & Gabbana! La compagne de publicité a soulevé un tollé de protestations un peu partout en Europe. La pub a été retirée partout ailleurs, sauf en Italie, si notre mémoire ne nous fait pas défaut.

Rater sa cibler en publicité

La dernière image est une pub de la compagnie américaine Target, l’ennemi juré de Wal-Mart. Il semblerait que Target est perçu comme le gentil marchand aux Etats-Unis, tandis que Wal-Mart est mondialement perçu comme un méchant capitaliste, celui qui exploite employés, fournisseurs et partenaires. Chez l’un, le bas prix prime, chez l’autre, on trouve un citoyen corporatif consciencieux. Target laisse comprendre qu’il aime les siens. Il suffit de deux ou trois clics sur le site officiel de Target pour constater l’immense effort que ce dernier mise en œuvre pour promouvoir ses responsabilités sociales. Ils ont même un fond d’aide à la création artistique. Rien de moins!

Bref, leur publicité est centrée sur un élément, la cible. Nous vous faisons grâce d’un jeu de mots facile entre sa raison sociale et sa pub… Ouf! C’est tout un art que d’atteindre sa cible.

Une pub qui atteint sa cible

Pour clore cet article, l’un de ses panneaux publicitaires : une femme et une cible… ni plus ni moins. À un point tel que la cible devient tantôt un fond, tantôt lignes courbes, tantôt centre focal. Mais vous, que voyez-vous?