Images et textes sur 'Art oriental'

 

Dragon féroce

Mardi 10 janvier 2012

Si les Américains ont Dieu, les Chinois ont leur Dragon. C’est curieux, nous aurions parié que les Chinois choisissent Confucius pour les représenter. Après tout, c’est un sage instruit qui inscrit des bonnes paroles sur de petits bouts de papier avant de les insérer dans des Fortune cookies

Il parait que les Chinois s’identifient comme des descendants du Dragon et ils n’aiment pas ce dragon.

Postes Chine a émis un timbre à effigie de l’animal mythique pour célébrer leur Nouvel An. Ça n’a pas plu aux internautes chinois. Ils le trouvent trop agressif, trop féroce. Ils ont chialé. Pauvres internautes chinois! On veut être un peuple fier, bon et gentil. Décidément, ils finiront un jour comme des Américains : le Mal est ailleurs.

Dragon féroce

Xu Beihong

Mardi 20 septembre 2011

Nous hésitons ce soir.

L’homme à qui nous avons confié la tâche d’investiguer sur le «socialisme scientifique» est parti sans donner de nouvelle… le fainéant. Il ne lit pas vite. Tout s’avance lentement.

Au souper, le processus d’émulation nous trotte dans la tête, avec les commentaires de Cat et de formacolor. Mais l’idée n’est pas à point… une macération de voix, nombreuses, comme d’habitude. Elles s’entremêlent, les discordantes et les veinardes. Ô les idées, elles se bâclent toujours quand la réalité leur demande la main. Fainéantes.

Que reste-t-il? Ces quelques lignes de Tao Te King pour masquer cette fin de journée peu productive et hasardeuse. En passant, Sotheby’s Hong Kong propose cette peinture d’un artiste chinois célèbre, Xu Beihong, les Buffles, aux enchères à l’automne.

Si vous renoncez à la sagesse et quittez la prudence, le peuple sera cent fois plus heureux.
Si vous renoncez à l’humanité et quittez la justice, le peuple reviendra à la piété filiale et à l’affection paternelle.
Si vous renoncez à l’habileté et quittez le lucre, les voleurs et les brigands disparaîtront.
Renoncez à ces trois choses et persuadez-vous que l’apparence ne suffit pas.
C’est pourquoi je montre aux hommes ce à quoi ils doivent s’attacher.
Qu’ils tâchent de laisser voir leur simplicité, de conserver leur pureté, d’avoir peu d’intérêts privés et peu de désirs.

Que le gouffre de ces paroles du sage nous engloutit dans un songe salutaire. On dirait que ces jours de fin d’été, les astres célestes se reprochent et l’équilibre des idées, plus délicat. Nous avons envie de prendre une pause… et que disent les fourmis?

Fainéants!

Xu Bei Hong, Buffles, 1935 (Photo: Sotheby's)

Paysage chinois

Dimanche 22 mai 2011

Paysage chinoisAujourd’hui, des créations artistiques mélangeant la quintessence de l’art chinois classique que représente le paysage au tabou des mœurs confucianistes, la nudité du corps dévoilée.

Voyez-vous, la honte d’être nu n’est pas juste biblique et occidentale. La similitude des cultures est parfois si inattendue qu’il suffît d’une curiosité comme celle-ci pour faire voir la proximité de leurs principes moraux.

Voilà l’oeuvre de l’artiste chinois, Huang Yan, qui mélange le scandaleux à la curiosité sur fond de la tradition Couple chinois numillénaire : du paysage chinois sur corps nu.

Autres que son côté insolite et son aspect débridé au sens de la tradition morale orientale, nous cherchons encore l’intérêt profond de cette oeuvre. Car ces paysages corporels nous semblent davantage à des « chinoiseries »  du temps de cabinet de curiosités. Il y a des jours comme aujourd’hui, nous avons l’impression que ce monde dans lequel nous vivons nous échappe, sans cesse.

La doute nous hante de nouveau.

Année du Lapin

Vendredi 28 janvier 2011

Année du Lapin

Publier un petit quelque chose en fonction des circonstances, c’est l’objectif que nous avons fixé depuis le début de ce blog. C’était difficile au début. Avec le temps, nous nous sommes améliorés un peu, mais encore. L’écriture demeure notre talon d’Achille inavoué. Il y a aussi ces jours où le cerveau d’artiste n’arrive tout simplement pas à triturer quelques idées sans avoir ce sentiment du réchauffé.

Voilà un billet d’image aujourd’hui pour souligner l’arrivée prochaine du Nouvel An chinois, une peinture chinoise de facture classique, le lapin.

Le seul commentaire qui nous passe à l’esprit en ce moment est cette zone vide de cette aquarelle. Ce vide semble déséquilibrer sa composition. À ce que nous nous rappelons de la lecture du « Vide et plein » de Français Cheng, la profondeur telle que nous connaissions en peinture occidentale occupe une place moins centrale dans un tableau chinois. La notion de la profondeur est obtenue par la disposition des éléments picturaux : étalage, superposition, vue aérienne, contre-plongée, etc. L’équilibre des éléments formant le vide et le plein est plus qu’essentiel.

Dans un tableau chinois ancien, il y aurait un texte calligraphié qui occupe le vide pictural, partie supérieure gauche, de cette peinture de lapin pour faire contre poids à la zone occupée par le lapin, les fleurs, l’herbe et les graminées. Le texte aurait joué le rôle du plein en composition et préserver ainsi l’esprit du vide de la représentation picturale.

Vous nous suiviez? Deux niveaux de lecture, l’un, la représentation graphique; l’autre, la composition qui mixe le texte et l’image. Le vide de l’un devient le plein de l’autre. Le Yin et le Yang.

Peut-être, notre compréhension du vide et plein est trop théorique…voila la doute de l’artiste, le danger d’un billet de blog sans filet.

Mais bon, en tout cas, Bonne année aux Chinois!

Pour le Nouvel An chinois… nous sommes un peu d’avance. Nous le savons. Mais nous vous parlerons de l’Amour en février. ;-)

Tatou chinois

Vendredi 24 septembre 2010

Un tatou chinois.

Ne trouvez-vous pas l’acte de se faire tatouer radical? Il nous semble que la peau, fragile et manière à détérioration, soit vraiment un « support »  de prédilection pour recevoir une image à l’encre indélébile et ce, quelle que ce soit sa qualité et sa beauté. Il faudrait être convaincu pour se faire tatouer comme cet homme, non? À moins que la douleur de se faire piquer innombrable fois durant une séance de tatouage soit partie intégrante de l’expérience de recevoir un totoo sur la peau.

Tatou chinois

Lanterne chinoise

Lundi 12 avril 2010

Voilà. Une lanterne chinoise géante, une oeuvre d’Ai Wei Wei.

Eh oui! Nous avons prévu le coup. ;-)

Comme vous êtes des êtres curieux et vous brûlez d’impatience de savoir qui est Ai Wei Wei en lisant notre dernier billet. Nous nous sommes dits: Voilà, une image en vaut mille mots. Mais, pour l’installation vidéo de cet artiste chinois qui remplacera la Petite Sirène au port de Copenhengue durant le périple chinois de celle-ci, ce sera pour une autre fois.

Lanterne chinoise

Préparation pour le Nouvel An

Lundi 28 décembre 2009

Des enfants chinois qui se préparent pour l’arrivée du 2010, l’année du Tigre.

Année  du Tigre

Nouvel An chinois 2010

Dans l’apprentissage, il y a l’appropriation des connaissances.

Il y a deux aspects intéressants dans le comportement de prendre à son compte une chose qui n’est pas à soi : «voler» comme dans le plagiat et, «s’approprier». Dans l’action de s’approprier une connaissance, il peut y avoir successivement l’immersion, l’absorption, la compréhension, la réinterprétation, l’appropriation et la revendication. La schématisation du masque africain dans le cubisme de Picasso en est un exemple.

L’action de s’approprier un symbolisme culturel, le transformer en revendication de paternité artistique au sein de la même population est beaucoup plus difficile, surtout dans une société à la culture millénaire. Car la codification est si ancrée parmi cette population, il en est quasi impossible de bien réussir une transgression de sens en modifiant la forme.  Par contre, cela devrait une manifestation de l’exotisme culturel si elle était exposée ailleurs.

Ceux qui ont vécu dans un vieux pays ont probablement déjà entendu quand vient le temps d’un changement, certains ont tendance à demander : mais dites, c’est pour quoi ce changement?

Enfants chinois

Dimanche 18 octobre 2009

Enfants chinois

Bon, nous faisons un retour à cette exposition d’art qui a eu lieu à Xian en Chine pour ce moment de vie capté sur le vif.

Il nous manque toutefois un peu de renseignements pour commenter cette oeuvre appuyée contre le mur: absence de titre, pas de nom de l’artiste, aucun détail concernant les matériaux utilisés. Bref, nous ne savons pas non plus si l’oeuvre est considérée comme étant une installation ou encore une sculpture. En fait, nous avons retenu cette image pour ce petit garçon chinois qui observe cette oeuvre et non par intérêt marqué pour cette dite oeuvre d’art contemporain chinois.

Car si elle est considérée comme une installation. Eh bien, c’est raté! Cette espèce de podium drapé qui sert de présentoir supprime toute notion d’installation, et ce, malgré la taille des bébés. Si les deux bébés, probablement fabriqués selon la précédée de sculpture en cire, sont considérés comme une sculpture à la manière de Ron Mueck. Ben, là encore, c’est raté. Car l’on n’innove ni par le style, ni dans la mise en scène.

Par contre, l’aviez-vous remarqué l’expression faciale de ce petit garçon chinois qui observe? C’est génial. Ce moment de vie de ce jeune chinois, ce mélange de sourire interrogatif, surpris et manifestement intéressé donne, du coup, un sens certain à cette oeuvre qui, à notre humble avis, demeure bien ordinaire.

À moins que ce soit la fatigue qui altère notre jugement. Si c’était le cas, nous remédierions à cette situation un peu plus tard.

Art chinois

Jeudi 1 octobre 2009

Art Chinois

De l’art chinois pour le 60e aujourd’hui.

Un ami nous a fait penser à cet anniversaire ce matin. Au fait, existe-t-il vraiment un art portant une identité nationale? À bien y penser, nous n’avons point de réponse. Nous avons alors ouvert le dictionnaire pour le plaisir : caractère de deux choses exactement identiques, de même nature.

Bon, pas plus avancé pour cette question d’identité, si simple et si compliqué à la fois. Car il faudrait identifier un caractère permanent et stable de cette multitude qu’est la culture chinoise si nous voulons appeler cette image de l’art chinois…

Tenez, une idée. Soyons simples pour terminer ce billet ce soir.  Mon Dieu, déjà octobre… Chapitre 60 du Livre de la Voie et de la Vertu : pour gouverner un grand royaume, on doit imiter celui qui fait cuire un petit poisson.

Vous dites mais pourquoi? Si l’on fait cuire de petits poissons en les retournant continuellement et les agitant sans cesse, ou trop brutalement. Et bien, ils se désagrégeront, et finiront en miettes.

60 ans, c’est peu dans l’histoire d’un empire de 5000 ans.

Cavalier ou cavalière?

Lundi 27 juillet 2009

Ami Cheng étant en vacances, nous perdons momentanément notre référence chinoise. Ô notre petit Guide rouge bien cher!

Ce soir, au lieu d’un enrichissement culturel, nous nous contentons d’un bref regard d’artiste, subjectif, éphémère et sans retenu, sur ces deux œuvres chinoises.

Cavalier

Cavalière

L’une, antique, par le peintre Han Gan (720-780), grand spécialiste des chevaux. Merci Wikipédia! L’histoire de l’art chinois n’a plus de secret avec Wiki. L’autre, de l’artiste contemporaine, Guan Zeju, spécialiste des nus bien en chair…  Ô Internet, les arts n’ont plus de frontières! :D

Mon Dieu, mais quel gâchis!

Voilà une peinture égal à un chef-d’œuvre d’Ingrès, se fait arnaquer son cavalier barbu au nom de l’art, de la sensualité sexy pour ne pas dire sexuée, ou peut-être, de la modernité artistique…

On a rompu l’équilibre entre le vide et le plein en substituant ce peut-être dompteur de chevaux, ce cowboy chinois antique de toute subtilité par une femme nue – une masse de couleurs et de chair qui fait courbée l’échine du cheval blanc; au nom d’une habileté au réalisme, on a cassé l’harmonie de cette composition de sobriété alors que ces lignes contours légèrement ombragés de couleurs étaient, sensualité et rigueur.

Voilà! Un cavalier cavalièrement détrôné.

Rencontre entre l’Orient et l’Occident

Mercredi 22 juillet 2009

Aujourd’hui, une rencontre entre l’Orient et l’Occident.

D’abord, connaissiez-vous l’histoire de Léda et le cygne? Un résumé pour ceux qui ne la connaissaient pas. Léda fut aimée par le dieu des dieux, le grand Zeus lui-même, qui se métamorphose en cygne pour la séduire. Ce fut un coup de foudre et un amour passionné dans lequel le désir divin rencontre la grâce! « Je te veux! Je ne te veux pas! »

Évidemment, cette histoire fait rêver de grands artistes, poussant ainsi les êtres à l’imagination fertile et féconde à exagérer et à repousser les limites de l’acceptable de leur époque. Da Vanci, Véronèse, Tintoret, Boucher et autres ont tous matérialisé à leur manière le fantasme que le commun des mortels n’ose point à extérioriser avec tant d’aisance.

Voici la version la moins osée, faite par François Boucher.

Léda et le cygne, par François Boucher

Le petit billet d’hier nous a conduits à faire quelques recherches plus poussées. Nous avons appris que la peinture que Guan a empruntée comme toile de fond est vieille de plus de mille ans. Son auteur est un peintre chinois célèbre qui s’appelle Zhou Fang (618-907). Dans la transcription graphique faite par Guan, la grue à tête rouge a été déplacée.

Voici l’inévitable question: la grue à calotte rouge portait-elle un symbolisme dans cette peinture chinoise ancienne?

Femmes aux fleurs, Zhou Fang

Malgré l’éloignement des deux cultures, existe-t-il une certaine similitude entre le cygne de Léda et la grue de ces femmes chinoises aux fleurs? Heureusement que Guan n’est pas un Français, sinon, nous aurions pu croire que cette grue est un clin d’oeil de l’artiste, en flanquant à la droite de son tableau cette femme à moitié nue, fort bien modelée.

Voyez-vous, celui qui regarde un tableau peut voir plus que le tableau en contient.

Peinture chinoise

Jeudi 4 juin 2009

Ouf! Déjà et enfin vendredi… après un beau dodo, une longue semaine éprouvante.

Bon, fini cette banale intro d’un bref instant de notre humanité éphémère!  :roll: Nous vous présentons une peinture représentant la vie citadine des Chinois d’une époque lointaine, un bref instant de leur humanité éphémère immortalisée. Dommage! Le site du musée ne permet pas une vue agrandie du tableau. Car plusieurs auraient passé de plus longs moments à parcourir, de regards, ces lieux mystérieux, et peut-être même trouver un ou deux artistes orientaux.

Peinture chinoise

Reçu le lien du site web d’une amie qui nous disait de prendre notre temps. Et bien, à notre tour, nous vous disons : prenez votre temps, après tout, c’est vendredi demain! Vous contrôlez la vitesse de défilement du tableau virtuel avec votre souris, un peu difficile à notre goût. C’est peut-être dû à l’âge vénérable de notre souris… Lorsque vous verrez apparaître des cadres blancs, n’oubliez pas de cliquer à l’intérieur des carrés blancs et allumez votre son, si vous étiez curieux.

C’est une peinture très célèbre en Chine. La version originale a été peinte vers 1085-1145, elle se trouve à Beijing. Elle mesure 5 mètres 28 de large et 24,8 cm en hauteur. On dénombre 814 personnages au total. Le tableau a été repeint – une réadaptation de l’image, au cours de la dernière dynastie chinoise. Cette version plus récente, elle se trouve à Taipei.

Le tableau est considéré comme un des grands trésors de Chine. Il existe plusieurs versions du tableau, reproduites, imitées et pastichées, au fil des siècles. Pour mieux apprécier cette peinture chinoise, il faudrait aborder un peu l’histoire chinoise, l’esprit de l’art chinois classique, l’intention de l’artiste, celui de la version originale. Un peu compliqué… tout ça. :-|