Aujourd’hui, une rencontre entre l’Orient et l’Occident.
D’abord, connaissiez-vous l’histoire de Léda et le cygne? Un résumé pour ceux qui ne la connaissaient pas. Léda fut aimée par le dieu des dieux, le grand Zeus lui-même, qui se métamorphose en cygne pour la séduire. Ce fut un coup de foudre et un amour passionné dans lequel le désir divin rencontre la grâce! « Je te veux! Je ne te veux pas! »
Évidemment, cette histoire fait rêver de grands artistes, poussant ainsi les êtres à l’imagination fertile et féconde à exagérer et à repousser les limites de l’acceptable de leur époque. Da Vanci, Véronèse, Tintoret, Boucher et autres ont tous matérialisé à leur manière le fantasme que le commun des mortels n’ose point à extérioriser avec tant d’aisance.
Voici la version la moins osée, faite par François Boucher.

Le petit billet d’hier nous a conduits à faire quelques recherches plus poussées. Nous avons appris que la peinture que Guan a empruntée comme toile de fond est vieille de plus de mille ans. Son auteur est un peintre chinois célèbre qui s’appelle Zhou Fang (618-907). Dans la transcription graphique faite par Guan, la grue à tête rouge a été déplacée.
Voici l’inévitable question: la grue à calotte rouge portait-elle un symbolisme dans cette peinture chinoise ancienne?

Malgré l’éloignement des deux cultures, existe-t-il une certaine similitude entre le cygne de Léda et la grue de ces femmes chinoises aux fleurs? Heureusement que Guan n’est pas un Français, sinon, nous aurions pu croire que cette grue est un clin d’oeil de l’artiste, en flanquant à la droite de son tableau cette femme à moitié nue, fort bien modelée.
Voyez-vous, celui qui regarde un tableau peut voir plus que le tableau en contient.