Images et textes sur 'Art du nu'

 

Géant timide

Vendredi 9 juillet 2010

Un géant dénudé s’accroupit.

Est-il timide? A-t-il été puni? Ou encore, il réfléchit… à moins qu’il soit en train de méditer un geste de vengeance, mais contre qui son dessein destine-t-il? La tension de ses orteils trahit…

Lorsqu’on parcourt l’oeuvre de Ron Mueck, une chose nous semble certaine : l’art de Mueck ne fait pas dans la dentelle en ce qui concerne le sens de son oeuvre. La profondeur de son propos artistique émerge spontanément, sans prétention. Être simplement humain, c’est une qualité rare.

Mais de quoi l’artiste veut nous dit? Est-ce important de savoir « le » sens de l’oeuvre tel que pensé et conçu par l’artiste?

Géant timide

Photo de Catherine Zeta-Jones

Jeudi 22 avril 2010

Une photo de Catherine Zeta-Jones nue.

Si! C’est la douce à Michael Douglas, fils du grand Kirk – le Spartacus Hallywoodien.  Mais, ne vous inquiétez pas! Pour les potins, ce sera une autre fois, mais encore… Faut quand même honorer ce blog d’art pour vous donner au minimum, un tout petit peu d’artistique.

Aujourd’hui, encore deux images, entre hier et aujourd’hui, pour vous illustrer le regard sexué que l’on porte sur le corps féminin nu. Ça n’a pas beaucoup changé.  Car la finalité du voyeurisme admiratif et la représentation de la femme nue sont presque copie conforme entre ce fabuleux tableau intitulé « Odalisque brune » de François Boucher et la photo de Catherine Zeta-Jones dans sa robe d’Ève, paru dans le magazine Allure la semaine passée.

Eh oui! 40 ans et deux enfants, cette brune, elle est splendide!

Catherine Zeta-Jones

Odalisque brune, par François Boucher

Moulage

Jeudi 15 avril 2010

MoulageImage : REUTERS/Gerardo Garcia

Les temps changent. Le moulage du corps humain est passé de l’inacceptable à un moyen rapide pour obtenir une copie 3D du corps humain dans sa représentation la plus naturelle.

Nous avons parfois cette étrange impression que les normes de l’acceptable s’assouplissent. Elles se transforment graduellement, elles se métamorphosent et dérivent lentement au point où nous nous demandons si c’est bien encore une question de l’acceptabilité, ou bien c’est l’incapacité humaine de mettre en perspective la qualité intrinsèque d’une chose, et de l’apprécier à sa juste valeur.

La création artistique, bien qu’elle n’est qu’une petite dimension des activités humaines, elle subit et soumis au même mécanisme de mutation en matière de l’acceptabilité. La création artistique s’individualise, se multiplie et se disperse dans ce vaste monde au point où les sujets, même les plus singuliers trouvent manifestement leurs admirateurs. Ils parviennent à s’harmoniser à une panoplie d’intérêts personnels toujours un peu plus isolés, mais en croissance en termes de nombre. Par le fait, l’acceptable se définit souvent par l’acclamation.

Les travaux de moulage de Jason de Caires Taylor nous rappellent de cette histoire de moulage de Rodin. En 1877, Rodin, alors âgé de 37 ans, réalise sa première œuvre majeure : L’Âge d’airain. Une statue grandeur nature d’un jeune homme, en plâtre. Le réalisme de sa sculpture fait une telle impression parmi le public de son époque. On l’a alors accusé d’avoir fait un moulage sur un modèle vivant. Malgré le scandale (à bien y penser, le mot « scandale » est peut-être un peu fort…) le succès retentissant de cette oeuvre a permis à Rodin de mener une carrière florissante de 40 ans.

est-ce du moulage?

L’appréciation du réalisme en art est devenue avec le temps, une affaire ordinaire et sans importance. Par contre, la singularité d’une oeuvre prend du galon dans le monde des arts visuels tant dans son acceptation par le grand public que chez les initiés. On oublie trop souvent que la singularité en art, c’est comme des nouvelles saveurs de croustilles, sans limites. Une fois le goût des chips à saveur nature connu, la suite de l’histoire des croustilles n’est-elle pas qu’une histoire de « maquillage » de goût? De nos jours, autour d’un sac de chips, il y a des gens qui travaillent pour gagner leur vie; des stratèges en marketing pour faire mousser les ventes; des publicistes talentueux pour illustrer le produit au goût renouvelé; des chercheurs émérites de nouvelles saveurs; des consommateurs à la recherche de nouvelle sensation buccale; des dirigeants producteurs de croustilles en quête des performances financières, etc. Ainsi, l’histoire des croustilles se perpétue à l’image du moulage en art. Pouvons-nous de nouveau proclamer : l’art est mort… l’art est recyclé?

Est-ce notre monde qui est fait de paradoxes et de contradictions, ou encore, parce que nous ne sommes pas en mesure d’assimiler les infinies combinaisons de perspectives pour voir notre monde? Une chose est certaine, L’ombre et lumière en volume a poursuivi l’art de Rodin jusqu’à la Porte de l’Enfer. L’audace de De Caires n’a que plongé, pour le moment, ses moulages grandeur nature au fond de l’océan.

Tunick et Greenpeace France

Dimanche 4 octobre 2009

En parlant de la photographie contemporaine, les vins de terroir sont menacés! Super Tunick s’associe à Greenpeace France hier.

« Ce que vous faites est à mi-chemin entre une oeuvre d’art et une mobilisation citoyenne, c’est vous qui écrivez l’Histoire», a lancé Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, aux 713 hommes et femmes qui ont accepté de se mettre à nus aux abords du vignoble de Fuissé (Saône-et-Loire), dans le Mâconnais.

La nudité et l’action de la mobilisation vont de pair ou presque de nos jours, si l’on veut que le monde nous regarde à la télé. Une recette gagnante comme disaient certains. Se faire photographier nu par Spencer Tunick s’avère plutôt pour plusieurs une valeur ajoutée à leur souvenir, bien loin d’une prise de conscience sociale comme d’autres veulent bien nous faire croire. Cependant, la prise de conscience est une action tellement peu spectaculaire si l’on ne se met pas tout nu… eh bien, ça n’intéresse personne sauf à soi-même.

Allez! Bon dimanche à tous, pas trop de vin! La modération a bien meilleur goût mais elle ne convient pas à tout le monde. :-)

France global Warming Tunick Tunick Mâconnais

Tunick sauver les vins de terroirImages: Jeff Pachoud/AFP/Getty Images (2, 3) François Mori/AP Photo (1)

Histoire d’une photo de Brooke Shield enfant

Dimanche 4 octobre 2009

Cette photo de Brooke Shield a été exposée à Lausanne, aussi à New York sans faire grand bruit. Elle est présentée jeudi dernier au Tate Modern dans le cadre de son exposition « Pop Life ». Cependant, une unité de Scotland Yard chargée de surveiller les « publications obscènes » a officiellement demandé au célèbre musée londonien à ne plus exposer le cliché de Brooke Schield enfant, nue et excessivement maquillée.

Une trentaine d’années après, cette photographie fait toujours scandale pour son caractère « obscène ». Pendant ce temps, une levée de bouclier pour la défense de Roman Polanski d’avoir violé une jeune fille de 13 ans, en 1977. Parfois, nous ne comprenons simplement pas ce monde dans lequel nous vivons… ça vous arrive-t-il?

La photo d’origine de Brooke Shield a été prise par Gary Gross en 1975.  Elle est sans titre. A l’époque, la mère de la jeune Brooke Shields touche 450 dollars pour une cessation totale des droits au photographe new-yorkais. A la fin des années 1990, Garry Gross, poursuivi et ruiné, cède ses droits à l’artiste photographe Richard Prince. Ce dernier, en bon photographe contemporain, repousse les limites de la créativité et rephotographie le portrait controversé de Schield. Il l’intitule « Spiritual America ».

Scandale de la photo de Brooke Shield Photo de Brooke Shield, par Richard Prince

Qu’est-ce qui distingue le non-art de l’art?

Jeudi 27 août 2009

Après des jeunes pisseurs cutes, des pisseuses grossières aujourd’hui!

La femme qui pisse, par Rembrandt Pisseuse de Picasso

Qu’est-ce qui distingue le non-art de l’art?

À quel niveau de qualité artistique, la vulgarité contenue dans une oeuvre d’art rompt-elle ses effets grossiers et accéde au grégaire pour son bon goût, sa distinction et son expression délicate?

Et ensuite? … d’y trouver la beauté et la sensualité artistique, avant qu’elle se hisse au piédestal de l’adulation pour acquérir finalement ses lettres de vénération. Ainsi, la vulgarité cesse d’être vulgaire, l’obscénité devient secondaire et, l’art se place à l’avant-scène.

Il y a donc ceux qui ouvrent la voie, ceux qui marchent dans leur trace, ceux qui sont de passage, ceux qui cherchent une sortie, ceux qui s’efforcent à trouver un raccourci et un jour, un qui clame : tous les chemins mènent à Rome!

Statue d’Angelina Jolie allaitant ses jumeaux

Jeudi 6 août 2009

Daniel Edwards frappe encore.

Le sculpteur fait ses choux gras sur la nudité d’Angelia Jolie cette fois-ci. Semble-t-il qu’il voulait faire une sculpture de femme allaitant depuis plus de 3 ans. Trois ans de maturation artistique! C’est en contemplant des photos faites par Brad Pitt après l’accouchement de sa femme qui lui a inspiré cette statue d’Angeline Jolie nue, assise, donnant le sein à sa progéniture.

Angelina Jolie nue en allaitant ses jumeaux

Ah oui! Nous avons presque oublié… le titre. « Landmark For Breastfeeding» .

Comme Daniel Edwards est un esprit subtil, un fin finaud. Ben, tenez-vous bien. La statue de la vedette sera officiellement dévoilée le 11 septembre prochain dans une galerie d’art d’Oklahoma City, patelin de Brad Pitt.

À noter qu’Edwards a réalisé cette oeuvre dans le cadre de la semaine mondiale pour l’allaitement naturel. Si si! La stratégie est complète : la nudité et la célébrité d’Angelina Jolie, la noble cause de l’allaitement naturel, le symbolisme de la louve, un lieu d’expo par connexe, une date de dévoilement officiel qui a marqué la mémoire collective, une Maison d’encan qui fait ses yeux doux… Sotheby’s et l’artiste négocient, parait-il. La date pour vendre l’oeuvre aux enchères serait le 6 octobre prochain.

En terminant, la sculpture manque de ressemblance. Nous l’avons dit la dernière à propos du buste de Michelle Obama. On s’en fout comme de l’an quarante ou quoi? Pourtant, nous lui a écrit… :-|

Rencontre entre l’Orient et l’Occident

Mercredi 22 juillet 2009

Aujourd’hui, une rencontre entre l’Orient et l’Occident.

D’abord, connaissiez-vous l’histoire de Léda et le cygne? Un résumé pour ceux qui ne la connaissaient pas. Léda fut aimée par le dieu des dieux, le grand Zeus lui-même, qui se métamorphose en cygne pour la séduire. Ce fut un coup de foudre et un amour passionné dans lequel le désir divin rencontre la grâce! « Je te veux! Je ne te veux pas! »

Évidemment, cette histoire fait rêver de grands artistes, poussant ainsi les êtres à l’imagination fertile et féconde à exagérer et à repousser les limites de l’acceptable de leur époque. Da Vanci, Véronèse, Tintoret, Boucher et autres ont tous matérialisé à leur manière le fantasme que le commun des mortels n’ose point à extérioriser avec tant d’aisance.

Voici la version la moins osée, faite par François Boucher.

Léda et le cygne, par François Boucher

Le petit billet d’hier nous a conduits à faire quelques recherches plus poussées. Nous avons appris que la peinture que Guan a empruntée comme toile de fond est vieille de plus de mille ans. Son auteur est un peintre chinois célèbre qui s’appelle Zhou Fang (618-907). Dans la transcription graphique faite par Guan, la grue à tête rouge a été déplacée.

Voici l’inévitable question: la grue à calotte rouge portait-elle un symbolisme dans cette peinture chinoise ancienne?

Femmes aux fleurs, Zhou Fang

Malgré l’éloignement des deux cultures, existe-t-il une certaine similitude entre le cygne de Léda et la grue de ces femmes chinoises aux fleurs? Heureusement que Guan n’est pas un Français, sinon, nous aurions pu croire que cette grue est un clin d’oeil de l’artiste, en flanquant à la droite de son tableau cette femme à moitié nue, fort bien modelée.

Voyez-vous, celui qui regarde un tableau peut voir plus que le tableau en contient.

Matriarche des Balkans aux seins nus

Lundi 20 juillet 2009

Aujourd’hui, nous aurions pu changer de thème en vous placotant du 40e anniversaire du premier homme sur la Lune. Mais nous décidons de poursuivre ce fil d’idées sur les seins nus.  Si la sensualité peut vendre aux touristes des voyages en France, elle sera assurément bonne pour susciter l’intérêt général… non? ;-)

- Bon, d’accord. Nous exagérons un tantinet.

Elle s’appelle Marina Abramovic. Elle met son corps au service de son art depuis plus de 40 ans. L’obsessivité de cette passion viscérale pour la prestation artistique corporelle a fait d’elle sans aucune doute l’artiste par excellence de l’art performance. Elle est la Matriarche du Body Art.

Seins nus dans les Balkans
Image : Marina Abramovic ©

Marina Abramovic, Grand Prix de la Biennale de Venise en 1997, emploie abondamment la sexualité à travers des histoires de rites et de cultures païens balkaniques. Cette photographie est tirée de son oeuvre intitulée « Balkan Erotic Epic » dans laquelle l’artiste accompagnée d’acteurs costumés folkloriques interprètent des rites et légendes. L’artiste célèbre à travers ses performances la culture populaire des Balkans, le mythe du pouvoir de la sexualité et la tradition agricole païenne, d’une manière à la fois personnelle et archétypale.

À découvrir les nombreuses histoires racontées par l’artiste à propos de l’usage de l’érotisme et de la sexualité dans la vie quotidienne de couple, qui passe par la fertilité aux rites agricoles. Toujours au sujet de ses performances « Balkan Erotic Epic », dans une danse du Soleil, si si! Des villageoises couraient dans les champs, sous la pluie, levaient leurs jupes en montrant leur sexe pour effrayer les esprits de la pluie; des hommes « fécondaient » la terre pour favoriser des récoltes; une mère protège son enfant contre les mauvais esprits en enduisant le visage de l’enfant avec… Bref, si vous vous considérez apte à voir cet art singulier, par ici et ce, sans avoir à vous procurer un compte d’utilisateur chez Dailymotion pour prouver que vous êtes une personne majeure et vaccinée.

Le contenu du vidéo est osé, nous préférions vous le prévenir.

Adam et Ève

Mardi 9 juin 2009

Adam et Ève, tout le monde sait de qui nous parlons. Vous dites peut-être même : Eh oui! :)

Ça sonne comme un sujet démodé, n’est-ce pas? Voici une représentation classique du couple originel. Adam et Ève par Rubens, fin du 16e. Le feuillage, une nécessité d’antan. Il y avait ce «Cachez ce sein que je ne saurais voir» à cette époque. Donc, encore moins les organes reproducteurs à la vue de tous!

Adam et Eve, par Rubens

On a réglé le problème. Voici la version Adam et Ève de l’artiste Alex Sandwell Kliszynski. :-|

Adam et Eve, par Alex Sandwell Kliszynski

Ne soyez pas troublé! Voyez-vous, si peu de différence, mais combien le choc visuel est frontal, sinon carrément brutal. Une oeuvre sans détour, sans discours intellectuel parlant de l’invention de nouveaux signes, formes ou vocabulaires visuels. Ça aussi, c’est du dépassé, de l’art au mille mots.

Le sens véritable de cette oeuvre est visible, mais il n’en demeure pas pour autant évident. Les Poupées humaines de Kliszynski sont une rupture de pudeur et d’interdit – une caractéristique dominante de l’art contemporain de ce début de siècle.

Grande femme enceinte

Samedi 23 mai 2009

Savez-vous que demain aura lieu la 5e édition de la « Journée mondiale de la Femme enceinte » à Montréal?

Eh oui! Vous le savez maintenant. Si vous êtes à Montréal, une activité en famille pour souligner cette autre journée mondiale vous attend au Relais Mont-Royal. Par contre, si vous étiez occupé, alors, un peu d’art dès maintenant! Nous avons tout prévu. ;-)

Grande femme enceinte
Image : Tobias Schwarz/Reuters

Ron Mueck, sculpteur d’origine australienne, vit en Angleterre. Ses sculptures représentent des hommes et femmes, souvent nus, à échelle géante, mais toujours d’un réalisme saisissant.

Son célèbre « Garçon accroupi » géant a été exposé à la Biennale de Venise il y a quelques années passées. Cette grande « Femme enceinte » date de 2002, elle fait partie de la collection de la National Gallery of Australia.

Comment sauver sa peau…

Mercredi 20 mai 2009

Depuis le post du Christ sur la chaise électrique, le nom de Michelange ne cesse de résonner dans le cerveau ultra spatial de l’artiste. À bien y penser, c’est bien à cause de cette histoire de crucifié que l’on attribue au plus grand génie artistique de la Renaissance dont nous voulions y consacrer quelques lignes, mais qui tarde à se concrétiser. Le hasard et les choix délibérés des derniers jours font dévier sans cesse nos sujets. Nous voilà aujourd’hui enfin un sujet sur Michelange : comment sauver sa peau au Jugement dernier. :-|

Le libre cours que chaque blogueur s’adonne avec son blogue, au point à se perdre dans les méandres de sa plus folle passion jusqu’à la besogne le plus vile, est sans doute l’un des aspects qui motive le maintien d’un blogue jour après jour. Comme là, nous tentons de reconduire les affluents de notre pensée toujours trop éphémère au sujet qui nous tient à coeur, mais sans trop succès.

Aujourd’hui, c’est ce tee-shirt unique de l’artiste suédois qui nous a poussé vers Bart… le Saint-Bartholomée du Jugement dernier de Michelange.

Sauver sa peau

Il y a bien souvent dans des oeuvres charnières et majeures d’un grand artiste des éléments picturaux qui se présentent telles que des excentricités, des énigmes et parfois, une clé d’accès à de vastes dédales de sa pensée. Si visible en image, mais si obscure en intension, cet autoportrait de Michelange en enveloppe de peau tenant dans la main de Saint-Bartholomée de la Chapelle Sixitine est à lui seul, un élément méritoire qui invite son public à de mures et profondes réflexions : quand tous sont représentés dans une nudité sans exception, y comprenant les damnés, les anges, les démons, les Martyrs et le Christ. Pourquoi alors lui, se représente-t-il en enveloppe de peau morne dans le Jugement dernier, ultime moment du christianisme?

L’artiste qui a jadis gravé sa signature d’artiste « Michael Angelus Bonarotus Florentinus Faciebat » sur la ceinture rubanée qui croise la poitrine d’une Marie plus jeune que le Christ crucifié; qui, mécontent de la mauvaise réception que fit le pape à l’une autre de son oeuvre, a déclaré « Je fais savoir à Votre Sainteté que, dorénavant, si Elle me veut, Elle devra me faire chercher partout ailleurs qu’à Rome. » Quelque 40 ans plus tard, en réponse à l’indignation d’un autre pape, à propos de cette nudité générale et non convenable de son célèbre Jugement dernier, Michelange a rétorqué « Allez dire au pape que c’est un problème mineur et qu’il est facile de la rendre convenable; qu’il fasse du monde un endroit convenable et la peinture suivra le même chemin. »

Que devrions-nous comprendre de cette enveloppe de peau qui représente lui-même alors que même le Christ est en habit neuf de l’empereur? Voilà une grande oeuvre, grand buzz de la Renaissance et un grand artiste.