Images et textes sur 'Art du comment'

 

Développement du vocabulaire visuel

Samedi 16 janvier 2010

Bon samedi Mimi!

Tu es adorable avec tes « j’attendrai avec impatience votre billet =) »  « c’est pour quand..? »  « alors XD ? »  « voila on est samedi =) » 

Voilà le deuxième billet pour toi : développer un vocabulaire visuel personnel lorsqu’on apprend à dessiner.

développement du vocabulaire visuel

Mimi, tu sais comme tout le monde que peu de gens connaissent tous les mots du dictionnaire. Apprendre par coeur tous les mots du dictionnaire ne fait pas d’une personne poète ou écrivain. Bien connaître la définition des mots améliore grandement la capacité de composer des textes ou de s’exprimer, mais cela ne suffit pas pour écrire une oeuvre littéraire. Pour qu’un texte devienne une oeuvre, il faudrait que le texte ait d’intérêt pour les lecteurs; il faudrait que les lecteurs soient captivés par l’intrigue du texte; il faudrait qu’on décèle des sentiments, voit des couleurs, ressent des émotions, etc. Vient ensuite le style de l’auteur.

Donc, ce n’est pas nécessaire d’apprendre par coeur le dictionnaire pour écrire. Tu as probablement lu des chefs-d’oeuvre littéraires, aucun ne contient tous les mots du dictionnaire, n’est-ce pas? Pour devenir excellent en dessin, c’est à peu près pareil.

Développer un vocabulaire visuel, c’est d’arriver à élaborer un registre propre à toi, de lignes et de traits; à obtenir un certain nombre de valeurs avec n’importe quel type de crayon et à créer du relief. C’est très simple le dire comme ça… c’est plus difficile en pratique. C’est trois choses très différentes : ligne/trait, valeur, relief. Il faut d’abord que tu sois consciente de ces éléments dans un premier temps. Nous t’expliquerons en détail la nuance quand tu seras plus avancée dans ton apprentissage.

Aujourd’hui, nous utilisons ton portrait de Nathalie Portman pour une explication sommaire.

Lignes/Traits – Tu as utilisé des lignes pour faire le nez, les lèvres, les yeux, le collier, le contour du visage. Tu as des lignes sensibles et justes. Une qualité à préserver. Tu as utilisé des lignes regroupées pour faire les cheveux. Ceci est le début du développement des traits. La grande différence entre des « lignes »  et des « traits « , c’est comme un individu vs une foule. Un individu a un nom, un visage. On veut le nommer. Quant à une foule, on ne veut pas nommer tous les individus qui font la foule, on veut savoir si elle était agitée, pacifique, dense… Tu comprends?

Valeurs – Le blanc, le noir et les gris. Tout est dans le dosage. Il ne faut pas gaspiller le blanc, ni le noir. Il faut faire un choix judicieux des gris.

Relief – La création du relief viendra avec le temps, lorsque tu auras créé ton registre de lignes/traits et ta gamme de valeurs.

Petite note pour terminer : SVP! Pas de remplissage. En dessin, le « remplissage »  est inutile pour sa valeur artistique. Le remplissage est parfois rassurant pour camoufler un état d’esprit de l’artiste, la peur de laisser visible une imperfection, l’inquiétude d’un dessin raté, le désir de faire du joli. Bref, peu importe la raison, quand on fait du remplissage, on n’améliore pas son dessin, on crée des handicaps visuels et on sature la surface du dessin. C’est comme si tu insères le mot « tellement »  une dizaine de fois dans la phrase « j’aime faire du portrait et j’apprends à dessiner. » 

Nous crois-tu maintenant que tu as fait un très bon dessin avec ce portrait de Nathalie Portman? La ressemblance n’est pas l’élément primordial quand on débute en dessin.

À quand un nouveau dessin? ;-)

Apprendre à dessiner… avec Mao

Dimanche 10 janvier 2010

À toi Mimi qui veux apprendre à faire des portraits, sache qu’il existe deux approches pour apprendre à faire des portraits réalistes : par toi-même en observant les autres qui dessinent ou avec l’aide d’un professeur. C’est plus onéreux la deuxième approche. Nous écrivons donc ces lignes pour toi aujourd’hui, en espérant qu’elles ne soient pas vaines, mais utiles dans ton apprentissage, par toi-même.

Dans l’esprit de nos derniers billets, aujourd’hui, apprendre à dessiner… avec Mao. Dans une place publique à Wuhan, en Chine, un artiste qui copie une image de Mao. Il s’appelle Cong Langui, 47 ans. Nous allons commenter trois aspects de son dessin à l’aide de trois images… finalement, quatre.

Apprendre à dessiner

Pour obtenir du résultat dans ton apprentissage, Mimi, il faut apprendre à se servir des erreurs des autres et de leurs points forts pour développer tes propres aptitudes. Pour arriver à faire un portrait réussi, il faut synchroniser trois parties de ton corps: oeil, main et cerveau. Rappelles-tu de notre réponse d’hier? ;-)

Apprendre à dessiner avec une photo de Mao Tsé ToungAu début de ton apprentissage en dessin, apprends à observer, à aiguiser ton sens d’observation afin qu’il soit incisif. Pourquoi? Sois patiente, tu as 14 ans, nous te laissons le temps pour trouver le pourquoi. C’est mieux comme ça. C’est mieux te montrer comment dessiner que de te donner un truc en dessin. Comme nous t’avons dit, si tu le veux vraiment y arriver, nous t’aiderons.

Ensuite, tu dois neutraliser la « petite voix»  dans ta tête qui te dicte quoi dessiner. Sache que le cerveau humain est capable de faire un dessin, mais pas du tout capable de le mettre sur papier. Donc, tu ne dessines pas ce que tu sais, mais bien ce que tu vois.

Finalement, pratiquer, pratiquer et pratiquer encore! Car la main est maladroite à son début dans tout. Elle n’obéit pas. Elle fait des dessins tout croches. Mais à forcer de pratiquer, elle deviendra souple, précise et rassurante. Elle fera des lignes nuancées, expressives et personnelles. Qu’est-ce qu’une ligne nuancée, expressive et personnelle? Plus tard. Si tu es vraiment sérieuse et passionnée. Nous t’expliquerons.

Pas trop compliqué à comprendre pour un instant? Maintenant, regardons le dessin de cet artiste chinois et le comparer à la photo qu’il utilise comme référence. Que constates-tu? Là, c’est le temps de faire travailler ton cerveau avant de lire la suite. Regarde les trois images.

Le visage de Mao est bien réussi. Cet artiste a sans doute beaucoup pratiqué à copier la tête de Mao. Mais, pas l’oreille, ni les cheveux. L’oreille et les cheveux, il les a dessinés comme qu’il voit dans sa tête. L’image qu’il a, elle n’est possiblement pas assez précise non plus. Les mains de Mao, il les a ratés. Les mains et les pieds sont des parties du corps humain les plus difficiles à dessiner après le visage. Pour la partie du corps, il a réussi à obtenir une proportion correcte. Ça, c’est un aspect de l’observation. Mais la dimension du dessin est trop grande pour lui. Il ne sait pas comment « remplir»  l’habit vert de Mao avec de couleurs. Observe les regroupements de lignes, c’est chaotique.

En résumé, Mimi, cet artiste sait comment faire le visage selon la photo qu’il a en main. Il sait observer en partie. Il dessine souvent en fonction de ce qu’il sait, les cheveux, l’oreille, la feuille entre les mains de Mao, les boutons et les ombrages. Il n’a pas développé son vocabulaire en dessin. Cela se traduit par le chaos dans les zones sombres.

Dessinateur chinois

Dessiner un MaoPetit détail d’observation Mimi pour terminer ce billet, as-tu vu les béquilles sur la marche? C’est quoi ta conclusion?

Un indice, pense toujours au dessin et en fonction du dessin de cet artiste ambulant chinois! N’oublie pas à faire travailler l’oeil, la main et le cerveau ensemble. Nous avons improvisé ce billet avec des images que nous avons en main. À toi maintenant d’identifier une image ou une personne que tu aimes pour commencer la pratique.

Comment dessiner un Père Noël

Samedi 5 décembre 2009

Voulez-vous savoir comment dessiner un Père Noël facilement? ;-) Voici un schéma qui résume les étapes, idéal pour les ados qui souhaitent faire renaître en eux le goût de dessiner juste pour s’amuser.

Beaucoup abandonnent le dessin à la fin de leur enfance lorsque leur aptitude en dessin réaliste ne se progresse pas au même rythme que l’approfondissement de leur capacité de juger et d’apprécier ce qui est un « beau dessin»  et ce, selon les conventions sociales.

comment dessiner un Père Noël

Pardonnez-moi, Seigneur

Lundi 12 octobre 2009

En ce jour de l’Action de Grâce de l’An 2009, une oeuvre contemporaine pour amorcer une peut-être méditation : Pardonnez-moi, Seigneur, parce que j’ai péché. Un titre évocateur, une oeuvre de Damien Hirst, 2006.

De quoi constitue-t-elle cette oeuvre contemporaine qui fait partie du patrimoine artistique et culturel de notre humanité? Des mouches et de la résine.

Si! Des mouches, insectes volants possédant une paire d’ailes, un corps hideux cylindrique en boule, avec une tête d’une très grande liberté de mouvement; et de la résine, matière gommée et laquée. Le triptype Forgive Me Father for I Have Sinned ou si vous préfériez Pardonnez-moi, Seigneur, car j’ai péché d’Hirst est un simple agrégat goudronné de mouches. Les scintillements et l’aspérité periphérique perceptibles des trois tableaux noirs sont des malheureuses créatures figées et fixées pour une éternité… appréhensible.

C’est tout simple à faire, mais il fallait bien d’y penser.  Conceptualiser sa pensée créatrice et doter son oeuvre une dimension du sacré et une figure religieuse pervertie, Hirst est passé maître. Pardonnez-moi, Seigneur est d’une ambiguïté certaine entre le corps périssable préservé et la résurrection incertaine, artistiquement matérialisée.

Puisque le Web ne permet pas encore aux intéressés de bien voir ce triptype d’Hirst, nous osons d’illustrer le comment. Bon début de semaine!

Pardonnez-moi! Seigneur

Art de vivre en couple

Mardi 6 octobre 2009

Un peu de légèreté ce soir : l’art de vivre en couple – mille et un secrets pour préserver la flamme dans un couple, en prose d’amour… juste pour les âmes tendues.

…l’homme qui n’en est pas à ses premières armes s’attachera peu à peu et sagement. En vieux soldat des camps de l’amour, il endurera bien des choses que le conscrit ne supporterait pas. Ce n’est pas lui qui, dans un accès de rage jalouse, ira enfoncer une porte ou y mettre le feu; ce n’est pas lui qui arrachera les joues de sa maîtresse à coup d’ongles ni qui déchirera sa tunique; et pour une boucle de vos cheveux que vous aurez laissé prendre il ne vous fera pas une scène. De tels excès sont dignes d’adolescents dont la jeunesse brûle de passion. Lui, au contraire, il saura supporter d’une âme égale les plus cruelles blessures; il ne brûle que d’un feu lent, comme fait la paille humide ou le bois vert. Son amour à lui est plus sûr, tandis que celui de l’adolescent, s’il dure moins longtemps, donne des flammes beaucoup plus hautes. Les fruits qui passent vite, il faut se dépêcher de les cueillir.

Voilà! :mrgreen:

L'art de vivre en couple

Comment jouer au Lying Down Game

Mardi 22 septembre 2009

Aviez-vous entendu parler du jeu « Lying Down Game »?

Si vous aviez des amis facebook, vous le sauriez peut-être. Le « Lying Down Game » est fort populaire sur l’Internet. Si vous souhaitiez d’y participer, voici comment ça marche le « Lying Down Game »…

Il suffit de trouver un endroit et de s’y coucher à faire semblant de stopper la mort. Oky! Disons, à faire le mort pour freiner la mort. Vous devez nécessairement avoir un ou une complice qui vous prend en photo. Ensuite vous mettez la ou les photos sur le net, par exemple, vous partagez ces clichés inusités avec vos amis facebook. Voilà! Le tout est joué. Plus l’endroit où vous vous allongez est surprenant et original, plus c’est intéressant selon les internauts adeptes du jeu « Lying Down ».

Selon certains adeptes du jeu « Couche-toi et fais le mort », leurs manifestations sont interprétées comme étant le retour à la nature, un geste créatif et écologique.

Se pourrait-il que le monde s’ennuie, ou encore, c’est juste pour le plaisir? Voici une image de l’authentique « Lying Down Game »

Lying down Game Facebook

Un ours imitateur du « Lying Down » dans la nature.

Lying down Game

Et maintenant le « Lying Down Game » selon Rembrandt, une preuve tangible que Rembrandt est un vrai artiste visionnaire! Nous vous avons promis un autre billet sur Rembrandt. Et bien, le voilà! :-)

Lying down Game selon Rembrandt

Comment peindre un zèbre

Mercredi 2 septembre 2009

Nous voulions vous parler du Cavalier polonais de Rembrandt hier pour souligner le 70e anniversaire de l’invasion allemande de la Pologne. Mais pas de temps, trop occupés, encore aujourd’hui. Nous apprenons comment peindre un zèbre.

Saviez-vous comment peindre un zèbre? C’est comme ça… Ne soyez pas jaloux, SVP! Ce n’est pas tout le monde qui est né avec un talent d’artiste : des gestes larges et sures; des lignes souples et régulières; bien charger le pinceau de peinture noire harmonieusement mélangée.

Voilà pour le moment. Nous continuons notre perfectionnement. ;-)

Comment peindre un zèbre

Comment regarder l’art abstrait…

Lundi 17 août 2009

Comment regarder l’art abstrait… en fait, le titre de ce billet est un peu traître!

Plusieurs de nos amis aiment les arts sans être des artistes. Mais ils n’apprécient guère l’art contemporain, particulièrement, en ce qui traite des oeuvres abstraites. Bien qu’ils soient des gens instruits, intelligents et curieux. Nous avons que des amis de qualité. ;-) Ils sont généralement déroutés en voyant une oeuvre à la Pollock, par exemple.

Une confession de foi : nous aimons toujours éperdument les bonnes oeuvres de Pollock et nous éprouvons une grande affection pour des oeuvres abstraites. C’est quoi un bon Pollock? Du dripping pur, sans altération. The Deep, rare présence de Pollock sur le sol européen, au Pompidou, est un mauvais Pollock qui représente au plus l’esprit agité d’un alcoolique désespéré face à un cul de sac artistique.

À quelques reprises, nous avons écrit ici, peut-être, pas dans ces mots-ci, que l’évolution de l’art abstrait est un échec parmi plusieurs autres expériences humaines du 20e. Le communisme, formidable idéologie qui finissait en désastre, en est une expérience humaine douloureuse et égarée. L’abstraction l’est également, à cause du grand nombre d’artistes qui se centrent sur leurs préoccupations personnelles au nom de l’art, en privant au public de presque toute référence « humainement » perceptible. Pour ceux qui s’intéressent à l’aventure de l’art abstrait, la vie de Malévitch est un cas qui illustre bien la formidable expérience théorique et expérimentale de ces deux aventures du 20e.

Malévitch est un autre spécimen extraordinaire : artiste, théoricien, mystique et politique.

Le phénomène de l’art abstrait ancré sur le « moi-et-ma-façon-de-voir » s’est intensifié durant la 2e moitié du siècle passé, grâce à la quête d’un art, toujours et plus que « nouveau », et à l’intellectualisation à l’outrance des démarches artistiques. On crée alors un monde où l’artiste se fait sanctifier par ses pairs pour son excessive singularité. La relation entre l’art abstrait et son public se limite à des regards interrogateurs de ce dernier, attirés par des exploits artistiques qui font scandales. N’y a-t-il pas là les germes de nos émissions télévisuelles de Reality Show?

L’artiste devrait-il construire sa démarche artistique autour des préoccupations personnelles et professionnelles? Bien sûr. Au fait, il s’agit d’un idéal légitime et humain. Un art qui évolue sainement doit puiser de la Vie, se transcender la vie personnelle et trouver son écho auprès d’un large public sans recours au sensationnisme débridé.

Mon Dieu, est-ce possible?

Le blog n’est vraiment pas fait pour ce genre de billet, peu productif. Nous n’avons même pas encore effleuré les deux mots les plus importants, la source de cette évolution artistique : la démocratisation et la spécialisation. Mais, nous avons largement atteint le quota de mots. Assez pour aujourd’hui!

Bon, aujourd’hui, pour finir ce billet, des images pour illustrer un aspect de l’art abstrait : la distance et la perspective jouent un grand rôle dans la formation d’une oeuvre abstraite. Parfois, bien saisir la perspective pour observer une chose permet d’amorcer la démystification de celle-ci. Après cela, il faudrait y trouver l’intérêt. C’est plus difficile.

De l'art abstrait ?

Lire le reste de cet article »

Réussir en art comme Jeff Koons

Dimanche 24 mai 2009

Jeff Koons, artiste contemporain, célèbre pour son art du kitsch format monumental. Jeff Koons, adorateur de Salvador Dalí, peintre de formation au Maryland Institute of Art, apprenti de la culture du monde financier à Wall Street avant sa carrière artistique et finalement, artiste connu depuis les années 1980 et aujourd’hui reconnu mondialement.

Vous souvenez-vous des années 1980? C’était le début de l’évolution du capitaux-communisme en Chine : s’enrichir en misant au rancart momentanément l’idéologie politique; c’était aussi la fin agonisante de l’URSS qui a connu un peu plus tard la Perestroïka et la Glasnost. En Occident, c’était le début des années Reagan et Thatcher… Mulroney au Canada. C’était l’alliance de la révolution conservatrice pour le libre marché, la privatisation et la déréglementation qui nous a légué ce krach d’abord boursier, ensuite financier et maintenant économique.

L’émergence de Koons date de ces années-là. Sa réussite artistique est loin d’un calque du modèle de Factory d’Andy Warhol que l’on semble affectionner à répéter. Considérer Koons comme étant une continuité de la mouvance artistique de Warhol ou le renouveau du Pop’Art est comme regarder l’évolution de l’art contemporain dans un rétroviseur. L’art contemporain depuis les années 1980 est en grande partie financier. L’art de Koons a atteint sa pleine maturité grâce au monde financier effervescent de New York. À la même manière, les Yaung British Artists dont fait partie Damien Hirst ont pris leur envol sous la protection du publiciste Saatchi&Saatchi qui a fait fortune durant les années Thatcher, dans un Londres devenu le centre financier du monde. La réussite artistique de Koons a été ensuite confirmée par les énormes capitaux que faisait circuler le marché d’encan d’oeuvres d’art, particulièrement depuis la fin des années 1990. Cette fois-ci, s’ajoutent dans les rangs de collectionneurs des nouveaux milliardaires chinois et russes.

Comme artiste, Koons a innové le concept de la création artistique : l’artiste ne travaille plus seul, ni en groupe artistique ou informe, mais agissant en entrepreneur; l’idée artistique est secondaire; le processus de création n’est plus fait d’étapes isolées : explorer une démarche artistique, chercher l’inspiration d’une expression, élaborer une idée, essayer de représenter son monde imaginaire, mettre en place un concept visuel, peaufiner son oeuvre, construire peut-être même un discours et évidemment, tenter de vendre en dernier lieu son oeuvre pour un « toi marchand, moi artiste, 50-50 » Voyez-vous, c’est long de les énumérer, imaginez maintenant un peu en mode réalisation… de la misère noire ou quoi?! ;-)

Faire de l’art comme Koons
Image : Librado Romero/The New York Times

Le modèle koonsien est principalement fondé sur trois phrases : la conquête de la visibilité auprès des gens influents à son début; ensuite, la mise en marché de quelques oeuvres vedettes et finalement l’exploitation. Il n’y a plus de « 15 minutes de gloire » à la Warhol. De nos jours, ce sont des topos de 15-30 secondes à la télé; une transformation en oeuvre d’art extraordinaire un objet ordinaire – le kitsch – en faisant appel aux spécialistes de la mise en forme; et, finalement, donner à la masse populaire le vertige d’un art réussi au plus solennel sanctuaire muséal, mais seuls les riches peuvent se payent un Koons. Le carnet de commandes de Koons fait assurément envie à bien de mégaconglomérats inscrits en Bourse qui tentent désespérément de fortifier leurs pieds d’argile au talon d’Archille, surtout en ce temps difficile.

Devenu l’artiste-entrepreneur, Koons dirige au lieu de bricoler; comme l’artiste-sculpteur, Koons nivelle vers le bas en symbolisme, mais il donne au kitsch ses lettres de noblesse à la manière d’un roi qui anoblissait un roturier. Avec Koons, le kitsch est rutilant, gigantesque et dispendieux.

Dans un insignifiant petit chien ballon que les amuseurs publics offrent aux enfants, c’est peut-être juste une clownerie amusante aux yeux d’un adulte. Sachez cependant que les quelques gestes transformant un petit ballon filiforme en un symbolique et adorable fidèle compagnon de l’Homme font jaillir toujours des yeux d’enfants étincelants mille éclairs.

Chien Ballon de Koons

Koons a su comment faire transformer l’ordinaire en art extraordinaire et le vendre aux milliardaires en quête de sens existentiel ou d’innocence perdue. Parmi ses collectionneurs et amis, un dénommé Français Pinault, notamment propriétaire du musée Palazzo Grassi et de la Maison d’encan Christie’s.

Quoi retenir à propos de l’art de Jeff Koons? Sulfureux, kitsch et richissime.

Bonne semaine! À demain, si Dieu le veut!

Comment sauver sa peau…

Mercredi 20 mai 2009

Depuis le post du Christ sur la chaise électrique, le nom de Michelange ne cesse de résonner dans le cerveau ultra spatial de l’artiste. À bien y penser, c’est bien à cause de cette histoire de crucifié que l’on attribue au plus grand génie artistique de la Renaissance dont nous voulions y consacrer quelques lignes, mais qui tarde à se concrétiser. Le hasard et les choix délibérés des derniers jours font dévier sans cesse nos sujets. Nous voilà aujourd’hui enfin un sujet sur Michelange : comment sauver sa peau au Jugement dernier. :-|

Le libre cours que chaque blogueur s’adonne avec son blogue, au point à se perdre dans les méandres de sa plus folle passion jusqu’à la besogne le plus vile, est sans doute l’un des aspects qui motive le maintien d’un blogue jour après jour. Comme là, nous tentons de reconduire les affluents de notre pensée toujours trop éphémère au sujet qui nous tient à coeur, mais sans trop succès.

Aujourd’hui, c’est ce tee-shirt unique de l’artiste suédois qui nous a poussé vers Bart… le Saint-Bartholomée du Jugement dernier de Michelange.

Sauver sa peau

Il y a bien souvent dans des oeuvres charnières et majeures d’un grand artiste des éléments picturaux qui se présentent telles que des excentricités, des énigmes et parfois, une clé d’accès à de vastes dédales de sa pensée. Si visible en image, mais si obscure en intension, cet autoportrait de Michelange en enveloppe de peau tenant dans la main de Saint-Bartholomée de la Chapelle Sixitine est à lui seul, un élément méritoire qui invite son public à de mures et profondes réflexions : quand tous sont représentés dans une nudité sans exception, y comprenant les damnés, les anges, les démons, les Martyrs et le Christ. Pourquoi alors lui, se représente-t-il en enveloppe de peau morne dans le Jugement dernier, ultime moment du christianisme?

L’artiste qui a jadis gravé sa signature d’artiste « Michael Angelus Bonarotus Florentinus Faciebat » sur la ceinture rubanée qui croise la poitrine d’une Marie plus jeune que le Christ crucifié; qui, mécontent de la mauvaise réception que fit le pape à l’une autre de son oeuvre, a déclaré « Je fais savoir à Votre Sainteté que, dorénavant, si Elle me veut, Elle devra me faire chercher partout ailleurs qu’à Rome. » Quelque 40 ans plus tard, en réponse à l’indignation d’un autre pape, à propos de cette nudité générale et non convenable de son célèbre Jugement dernier, Michelange a rétorqué « Allez dire au pape que c’est un problème mineur et qu’il est facile de la rendre convenable; qu’il fasse du monde un endroit convenable et la peinture suivra le même chemin. »

Que devrions-nous comprendre de cette enveloppe de peau qui représente lui-même alors que même le Christ est en habit neuf de l’empereur? Voilà une grande oeuvre, grand buzz de la Renaissance et un grand artiste.

Comment se protéger contre la grippe porcine…

Mardi 28 avril 2009

Jour de paresse, nous sommes enrhumés.

Nous aurions aimé vous parler du néant, eh oui! encore, de l’art abstrait, de l’expérience épidermique en peinture, du fixatif des moments éphémères en création, de la vie d’artiste et d’autres… mais riens pour le moment.

À la place de ce billet qui se dessine dans notre esprit enivré par le rhume, peut-être, pour demain, nous vous présentons une image de circonstance qui va comme un gant à ce temps de troubles où l’on craint une épidémie de la grippe porcine en provenance du Mexique… Bon, si vous prévoyiez voyager au Mexique, oubliez ;-) tout de suite ces longues heures où vous vous enlacez au chaud soleil des tropiques, appréciez à la place de notre climat printanier québécois et bipolaire, qui nous fait greloter aux matinées et dégouliner de sueurs aux midis. Il y a quoi à faire perdre le nord au plus rigoureux des ours polaires, cette température folle de chez  nous!

Anyway, comment se protéger contrer la grippe porcine? Quoi de mieux que se laver souvent les mains et les désinfecter aussi souvent que nous pouvions.

Se protéger contre la grippe porcine…

Es-tu heureux ?

Lundi 13 avril 2009

Par  Francis Pelletier

Es-tu heureux?
Photo: The Kid, Charlie Chaplin

Il y a quelques jours, mon fils David a osé me poser LA question : Es-tu heureux? La vie nous conditionne à répondre OUI, avant même de prendre le temps d’y réfléchir… Aussi naturellement que BIEN suit presque invariablement : Comment ça va? Il y a des réponses qui ne répondent à rien d’autre qu’à un réflexe de survie, comme si elles ne voulaient courir aucun risque…

Il y a des réponses qui sont formulées pour neutraliser les questions et nous faire passer immédiatement aux suivantes. Il y a des questions graves que les réponses rendent banales. Il y a des questions qui ne peuvent tout simplement pas se répondre par un OUI ou un NON. Es-tu heureux? en est le parfait exemple.

Es-tu heureux? Ce n’est pas une simple question, c’est un véritable débat. Elle impose une profonde réflexion. La vraie réponse ne peut jamais se solder par OUI ou NON. Elle se situe quelque part entre les deux. Sur l’échelle du bonheur, OUI constitue la note parfaite de 10/10, alors que NON se situe tout au bas à 0/10.

Pour établir une réponse juste à cette question, il faut considérer une multitude de facteurs : la santé, le travail, la famille, l’amour, etc. Le niveau de satisfaction que l’on ressent pour chacun de ces éléments ne peut pas être le même. De plus, non seulement il varie de l’un à l’autre, mais il change pour chacun de nous chaque minute de notre vie. Sans compter que le degré de perception (et par conséquent, d’évaluation) d’une situation similaire peut varier de manière étonnante d’un individu à un autre… Certains d’entre nous jouissent d’un « seuil de bonheur » plus bas que d’autres et sont donc naturellement plus faciles à satisfaire. Ils sont plus heureux avec moins.

Y a-t-il des trucs ou des secrets pour réduire son propre seuil et élever sa cote du bonheur? Incontestablement. Lesquels? Ouvrez grand vos yeux, voici les plus efficaces : 1) remercier le ciel pour ce que l’on a plutôt que le supplier pour ce que l’on veut; 2) déguster le présent plutôt que régurgiter le passé ou saliver sur l’avenir; 3) attiser des attentes réalistes plutôt que s’enflammer pour des chimères; 4) compatir avec plus malheureux et sympathiser avec plus heureux que soi; 5) se rappeler qu’il y a toujours plus d’intérêt à investir sur l’être plutôt que sur l’avoir; 6) éviter de trop poser ou se poser cette question.

Souvenez-vous qu’à la « bourse du bonheur » comme à l’autre, indépendamment de tout ce que vous souhaiterez, penserez et ferez, il y aura inévitablement des hauts et des bas… contre lesquels vous ne pourrez rien ou plutôt si, une seule chose, la plus importante de toute, le passe-partout du bonheur : ACCEPTER… et s’accepter.

Comme mon fils attendait patiemment ma réponse à sa question, j’ai répondu, après quelques heures de réflexion : 8,2. Il m’a regardé d’un air interrogateur. J’ai promis de lui expliquer un jour, peut-être, si…

Je sais. J’ai souvent tendance à compliquer les choses simples. David ne voulait probablement pas savoir si j’étais heureux dans l’ensemble et connaître en pourcentage mes états d’âme. Il désirait seulement savoir si, avec un an de recul, j’étais content d’avoir plongé avec lui dans l’aventure du LOUNGE.

Cette question est tellement plus simple à répondre que l’autre… Ça frôle le OUI. Bien sûr, il y a eu des hauts à la baisse, des bas à la hausse, des idées fécondes, d’autres avortées, des rêves concrétisés, des craintes dématérialisées, des échanges enrichissants, des discussions passionnantes, des déceptions naturelles, des tapes sur l’épaule réconfortantes, des anecdotes suaves, des sourires contagieux et énormément de plaisir. Il y a eu des centaines de rencontres toutes plus intéressantes les unes que les autres avec des tonnes de gens, des fournisseurs, des clients, des passants, des penseurs, des frimeurs… Il y a surtout eu cette merveilleuse complicité, s’exerçant dans le quotidien, entre un père et son fils, qui canalisent leur énergie à développer un projet commun hors du commun. Finalement, il y a eu la vie, la vraie, dans ce qu’elle offre de plus distrayant, émouvant et abracadabrant.

C’est cette magie de la VIE et l’immense plaisir de nos retrouvailles que nous vous invitons à venir célébrer avec nous, à l’occasion du 1er anniversaire du «LOUNGE = mode + art + vitamines», le vendredi 17 avril à compter de 18 h.

Est-ce que je serai heureux de vous revoir? 10/10.