Prière du Vendredi saint
Vendredi 6 avril 2012Jeune fille en rouge prie pour un Vendredi saint ?

Image : Salustiano, artiste
Jeune fille en rouge prie pour un Vendredi saint ?

Image : Salustiano, artiste
Ma foi, voilà un accès direct à la renaissance de soi: Be born again.
Qui dit qu’une foi profonde exige de la hauteur d’âme si Dieu est accessible en pressant sur le bouton d’appel d’ascenseur? Le monde de la modernité facilite de beaucoup l’inaccessible rêve des mortels. Chantons les louanges de Dieu!



Après le Rendez-vous français tout feutré de Fragonard dans une végétation luxuriante du 18e siècle, aujourd’hui, deux versions italiennes de l’Amour pour vous souhaiter un bon début de semaine ou une fin de journée paisible de ce dimanche tranquille du 6 février, un amour charnel des ténèbres aux ailes de condor et un amour en langue étrangère selon un Américain.
D’abord, amour en italien, le fameux LOVE d’Indiana, version italienne, Amor, sans « e » pour conserver son équilibre cartésien. L’oeuvre préserve ainsi sa forme originale, composée de quatre lettres. Ce qui n’est tout aussi pas possible en français, sans rompre l’équilibre du quartette de lettres.
À ce que nous savions, Indiana n’a pas produit un pendant de son LOVE en français. Surexploiter un concept artistique est une bien mauvaise habitude humaine. Ça rend l’oeuvre vulgaire et l’âme de l’artiste mercantile et ce, même si l’amour est éternel.
La seconde version de l’Amour italien, le chérubin controversé qui a scandalisé toute une époque, peint par un peintre qui a de fréquentations non recommandées aux yeux des élites de son époque, Le Caravage.
Car le sexe du chérubin est trop apparent… et l’âge de cet bel enfant trop mur pour être encore un chérubin, semble-t-il.
Un nouveau saint parmi les saints, on compte maintenant le frère André du Québec. Si vous aviez regardé le bulletin des nouvelles, vous aviez probablement vu la fierté qui se lisait sur les visages des pèlerines québécois qui se sont déplacés à Rome pour assister à la cérémonie de canonisation du frère André – le plus humble des hommes a gravi la plus haute marche.
L’utilisation des mots dans une image est une pratique courante dans l’imagerie publicitaire et populaire. Mais sur celle-ci, au-delà du sens des mots, il y a la puissance de l’image: l’auréole, symbole archétypal de la tradition judéo-chrétienne.

Eh oui, Montréal a maintenant son Saint-Halak! En égalisant la série 3 à 3 contre les Capitales de Washington qui menait pourtant la série 3-1, par des performances électrisantes, le jeune petit gardien de but du club de hockey le Canadien a permis à son équipe de demeurer en vie dans les séries éliminatoires de cette année. Du coup, la fièvre du hockey a envahi soudainement Montréal. S’il y avait jadis un gardien de but qui s’appelle Saint-Patrick, les fans de hockey de Montréal ont maintenant leur Saint-Halak.
Reçu d’un ami ce matin cette prière délirante mais combien méritoire à être lu. Une délice écrite par un fan heureux qui espère. Allez, si l’envie vous prend de la partager avec d’autres!
Sainte-Flanelle, qui est au cieux
Que Halak et Camalerri soit sanctifiés
Que Lapierre arrête de trébuché
Que la volonté des Molsons sont faites
Donnez nous notre gain de ce jour
Pardonnez la face de Ovechkin
Comme nous pardonnons leur jeu de puissance
Ne succombez pas en sept
Mais délivre nous des CAPS
HALAK, Toi qui es dans les buts,
Que ton plastron soit sanctifié,
Que tes pads règnent,
Que ta vue ne soit jamais obstruée
À cinq contre cinq ou en désavantage.
Donne-nous aujourd’hui notre victoire en série.
Pardonne-nous nos huées
Comme nous pardonnons aussi à Melançon qui nous a offensés
Et ne nous soumets pas à la défaite,
Mais délivre nous d’Ovechkin. Amen!»
FAITES CIRCULEZ LA PRIÈRE! GO HABS GO!!!!
Notre Halak qui est au cieux
Que ton numéro 41 soit sanctifier
Que les victoires continuent
Que tes bels arrêts soit faites
A Washington, comme au Centre Bell
Donne-nous aujourd’hui la chance de vaincre Ovechkin
Pardonne les erreurs de tes défenseurs
Comme ils pardonneront tes mauvais buts
Ne nous soumets pas au golf
Mais délivre-nous des Capitals
AMEN
Halak, qui es aux cieux,
Que ta fougue soit sanctifiée
Que tes arrêts soit clonés
Que tes défenseurs te protège
Au Centre Bell comme ailleurs.
Donne-nous aujourd’hui
Notre victoire dans cette série
Pardonne leurs le jeu de puissance
Comme nous pardonnons aussi à Price ses mauvais buts accordés
Et ne nous soumets pas à tentation du golf
Mais délivres-nous des Caps.
Je crois en un seul club
Canadiens tout puissant et bon créateur du hockey professionnel
Et Jacques Martin son entraîneur
Qui a été conçu pour la victoire et né pour gagner.
Il est arrivé, a repris son métier d’entraîneur
Il est descendu au vestiaire
Le troisième jour est monté dans le feu de l’action
Il est assis au coté de Kirk Muller
D’où il viendra juger les bons (CH) et les mauvais (CAPS)
Je crois aux frères Molsons
Au club de hockey Canadiens
A la communion des joueurs
A la rémission des erreurs
A la réussite des Canadiens
A la COUPE STANLEY
ENFIN!!!!!!
Que notre Pierre soyez un Dieu.
Que Spacek soit échangé.
Que PK Subban vienne.
Que les joueurs du CH jouent en 1ere,2e et 3e,
Va chercher Torres contre un choix en retour.
Pardonne à Bob Gainey, toutes les défenses folles faites pendant l’été.
Fait ce que tu peux avec ce qu’il reste comme fonds.
Être éliminé çà serait fatal.
AMEN
AMEN délivre nous du GOLF

Il y a dans la croyance, l’action de croire. À Malaga, au sud de l’Espagne, lors de la procession de Pâques, des croyants soutien- nent le crucifix.
Si vous étiez dans les rues de la ville de Verbicaro, au sud de l’Italie durant la semaine sainte, des jambes couvertes de sang comme celle-ci, vous en verriez plusieurs. Dans une ultime étape de la procession, les pénitents, appelés Battenti, frappent leurs jambes avec un cardillo, bouchon
de liège avec des morceaux de verre. Les ensanglantés marchent en groupes de trois dans les rues, ils s’arrêtent devant les églises et chapelles pour demander le pardon.
Image : REUTERS / Alessandro Bianchi
Des oeufs de Pâques, délicats et épurés, pour souligner ce début d’avril. Joyeux Pâques à tous!
L’artiste slovaque Franc Grom perce des coquilles d’oeufs à l’aide de perceuse électrique pour les transformées en oeuvres d’art d’une sensibilité inouïe.

Image : REUTERS/Srdjan Zivulovic
Nous avons rencontré Dieu aujourd’hui.
Il s’appelle Christ Jesus, ça s’écrit sans accent, anglophone, semble-t-il. Nous sommes maintenant des amis. Merci Monsieur Facebook pour avoir rendu cette rencontre possible!
Nous avons retenu cette image du Christ pour agrémenter les quelques lignes de ce soir et pour faire la transition de sujets. Ce petit crucifié en ivoire, monté sur plexiglas confère à cette image un caractère sacré et vivant, nous l’avons vu sur Expertissim. Ceci étant dit, il nous a amenés sur la piste du prochain billet. Mais, nous sommes un peu fatigués pour écrire tout de suite ces choses que l’on appelle espace, sens, transgression, etc.
Bon! Même si Christ Jesus de Facebook nous a conduits sur le chemin… euh, du prochain billet. Le labeur nous assomme. À demain les amis de ce monde!
Pas de baisers à Naples, non plus!
En parlant de l’artéfact, le reliquaire de San Gennaro est aussi interdit aux baisers des fidèles à Naples. Car la grippe H1N1 fait peur à plusieurs. La propagation du virus de la grippe H1N1 a incité l’archevêque de Naples à interdire la pratique des fidèles qui embrassent le reliquaire renfermant les ampoules contenant le sang de San Gennaro.
Connaissiez-vous du truc de sang liquéfié de saint Janvier? Pardon… non?! Ah! Que vous nous déceviez.
La légende du saint Janvier raconte qu’à Antignano, le samedi précédent le 1er jour de mai du début du IVe siècle, lors du transfert de son corps vers sa catacombe, le sang se liquéfia lorsque les deux ampoules contenant le sang desséché furent approchées de sa dépouille par sa parente.
Ce phénomène a ensuite été attesté pour la première fois à Naples le 17 août 1389.
Vive Wikipédia! Si vous aimez connaître davantage sur saint Janvier (San Gennaro), par ici.
Le martyre de l’apôtre Bartholomée est l’un des pires supplices que les païens ont infligés aux douze Apôtres du Christ. Une scène de torture affreuse : crucifié, écorché et décapité.
Par Tiepolo, le martyre de Saint-Bartholomée.

On a généralement cette étrange impression que seuls les artistes connaissent les secrets de la controverse à la devise « toujours un peu plus ». Bien que les artistes ne se font pas prier pour provoquer des réactions toujours plus sulfureuses, spectaculaires et inouïes. Les effets obtenus par leurs oeuvres d’art controversées sont bien souvent plus brefs, précaires et périssables. Ainsi, cette roue infernale du « plus » tourne et tourne encore. De nos jours, si la religion avait autant d’importance que jadis, nous aurions des oeuvres d’art de crucifixion insoutenables.
Cependant, il y a aussi ces artistes de talent, qui jouent à la fois allègrement dans le registre des controverses et capables de s’imposer pudeur, retenu et rigueur dans l’expression de leur art. Michelange en est un exemple.
Tiepolo, lui, est l’un de ces artistes qui s’imposent des limites. Son art s’épanouit dans l’expression de ses couleurs chatoyantes, sensuelles et éclatantes; des compositions mouvementées, méticuleusement planifiées et orchestrées. Tiepolo cherchait davantage à plaire. Ici, dans ce Saint-Bartholomée, tous les regards, bourreaux, Martyr et Sainte Mariamne, se détournent de l’avant-plan pour mieux conduire le regard du spectateur dans cette savante organisation picturale et spatiale.
- Voulez-vous un peu d’histoire de Saint-Bartholomée pour finir ce billet?
- Ben oui! La culture religieuse fait voir la vie d’un autre œil…
Les sacrificateurs païens furent bien sûr très irrités de ces événements. Ils accusèrent le Saint Apôtre d’abattre leurs dieux et leurs temples, d’exterminer leurs cultes et leurs moyens de subsistance. S’approchant d’Astyaguis, le frère du roi, ils le convainquirent de faire périr l’Apôtre pour venger les dieux. Celui-ci chercha le moment opportun, s’empara du Saint, et le livra au martyre dans la ville d’Albanopolis, le faisant crucifier la tête en bas. Le Saint Apôtre se réjouit beaucoup de souffrir pour le Christ et, alors qu’il était pendu sur la croix, ne cessa pas de prêcher la Parole de Dieu. C’est ainsi qu’il put jusqu’à la fin affermir les fidèles, et inciter les incroyants à se détourner des ténèbres des démons pour courir vers la lumière du Christ. Comme le bourreau ne pouvait supporter ses discours, il lui fit arracher la peau. Mais le Saint Apôtre supportait ce supplice comme si c’était un autre qui souffrait, et ne cessait de bénir et de glorifier le Seigneur. Le bourreau fit finalement trancher la sainte tête, laissant sur la croix ce corps dont les pieds indiquaient si bien quelle direction ils allaient emprunter. [Texte intégral]
Depuis le post du Christ sur la chaise électrique, le nom de Michelange ne cesse de résonner dans le cerveau ultra spatial de l’artiste. À bien y penser, c’est bien à cause de cette histoire de crucifié que l’on attribue au plus grand génie artistique de la Renaissance dont nous voulions y consacrer quelques lignes, mais qui tarde à se concrétiser. Le hasard et les choix délibérés des derniers jours font dévier sans cesse nos sujets. Nous voilà aujourd’hui enfin un sujet sur Michelange : comment sauver sa peau au Jugement dernier.
Le libre cours que chaque blogueur s’adonne avec son blogue, au point à se perdre dans les méandres de sa plus folle passion jusqu’à la besogne le plus vile, est sans doute l’un des aspects qui motive le maintien d’un blogue jour après jour. Comme là, nous tentons de reconduire les affluents de notre pensée toujours trop éphémère au sujet qui nous tient à coeur, mais sans trop succès.
Aujourd’hui, c’est ce tee-shirt unique de l’artiste suédois qui nous a poussé vers Bart… le Saint-Bartholomée du Jugement dernier de Michelange.

Il y a bien souvent dans des oeuvres charnières et majeures d’un grand artiste des éléments picturaux qui se présentent telles que des excentricités, des énigmes et parfois, une clé d’accès à de vastes dédales de sa pensée. Si visible en image, mais si obscure en intension, cet autoportrait de Michelange en enveloppe de peau tenant dans la main de Saint-Bartholomée de la Chapelle Sixitine est à lui seul, un élément méritoire qui invite son public à de mures et profondes réflexions : quand tous sont représentés dans une nudité sans exception, y comprenant les damnés, les anges, les démons, les Martyrs et le Christ. Pourquoi alors lui, se représente-t-il en enveloppe de peau morne dans le Jugement dernier, ultime moment du christianisme?
L’artiste qui a jadis gravé sa signature d’artiste « Michael Angelus Bonarotus Florentinus Faciebat » sur la ceinture rubanée qui croise la poitrine d’une Marie plus jeune que le Christ crucifié; qui, mécontent de la mauvaise réception que fit le pape à l’une autre de son oeuvre, a déclaré « Je fais savoir à Votre Sainteté que, dorénavant, si Elle me veut, Elle devra me faire chercher partout ailleurs qu’à Rome. » Quelque 40 ans plus tard, en réponse à l’indignation d’un autre pape, à propos de cette nudité générale et non convenable de son célèbre Jugement dernier, Michelange a rétorqué « Allez dire au pape que c’est un problème mineur et qu’il est facile de la rendre convenable; qu’il fasse du monde un endroit convenable et la peinture suivra le même chemin. »
Que devrions-nous comprendre de cette enveloppe de peau qui représente lui-même alors que même le Christ est en habit neuf de l’empereur? Voilà une grande oeuvre, grand buzz de la Renaissance et un grand artiste.
Aujourd’hui, une image, deux blogs et trois mots, sous forme d’anecdote.
Eh oui! C’est exact..
Dieu, buzz et sérendipité.
Allons! Soyons sérieux. Commençons par le commencement. L’oeuvre est de l’artiste Peter Fryer – le Crucifié assis, ou encore, le Fils de Dieu crucifié, assis sur une chaise électrique. Un buzz qui date du lundi de Pâques. C’est encore tout récent.

Chaque fois nous traitons une image controversée ayant Dieu comme sujet, il y a toujours un afflux de réactions de ces croyants qui se fâchent aisément. À un tel point que leur colère neutralise même leur capacité de distinction. Depuis, nous avons fermé tous ces commentaires. Souvent, on nous a pris pour l’artiste de l’oeuvre maudite, ou le maudit artiste de l’oeuvre controversée, même si nous mettions en évidence le nom de l’artiste en question. (Soupir…) Pour cette raison, ce Christ en condamné à la chaise électrique est resté dans notre panier à images à traiter jusqu’au début de la semaine.
Après la publication de cette lettre « à la recherche de Paul Lajoie », nous voulions écrire sur ce Jésus électrifié, juste après « Appels entrants illimités ». D’une circonstance fortuite, nous sommes tombés sur un autre buzz, le « dessin à colorier 11 septembre », qui nous a bien fait rire. C’était dans la nuit du mardi. Nous avons alors relégué l’histoire de boîte vocale de Dieu et ce Christ sur chaise électrique à plus tard. Nous voilà aujourd’hui, 4 jours plus tard.
Au début de la semaine, dans une conversation engagée avec un ami sur l’évolution du Web et de l’arrivée du Twitter, ami en question, érudit réfléchi, nous a parlé du mot sérendipité en évoquant ces découvertes inattendues de nouveaux vocabulaires en consultant un dictionnaire et le surf web en utilisant un moteur de recherche, par lequel, on passe d’un site à un autre.
Plus tard dans la journée, en feuilletant un dictionnaire, nous réalisions que le mot sérendipité est un néologisme n’ayant pas encore son logis parmi ses semblables. Déroutés, nous délaissions le dictionnaire pour Google où l’on trouve tout. Les clics nous ont conduits à cet article « Mais que fait mon cerveau? » Devinez, le sujet de son article? Si vous êtes intéressé, à ne pas manquer. Vous y trouveriez plusieurs références très intéressantes.
Sans ce post sur le dessin 11 septembre à colorier, il n’y aurait pas eu ce post sur la « prière aux victimes du 11 septembre ». Ce billet sur le Christ en chaise électrique aurait donc été bien différent s’il avait été écrit en début de la semaine. Il n’y aurait pas ce commentaire qui nous a conduits sur ce blog ayant pour mission le christianisme, fort surprenant, qui vous donne de plus amples informations sur cette oeuvre controversée, et évidemment, ce billet ne sera pas terminé comme là, avec ce large extrait que nous venons tout juste finir de lire aujourd’hui.
Voilà, de la sérendipité.
Mon père me donnait personnellement des cours d’instruction religieuse en vue de la confirmation, ce qui m’ennuyait au-delà de toute mesure. Un jour que je feuilletais le catéchisme pour trouver autre chose que les fadaises coutumières, d’ailleurs incompréhensibles et inintéressantes, sur le « Seigneur Jésus », je tombai sur le paragraphe concernant la trinité de Dieu. Voilà qui suscita mon intérêt : une unité qui est en même temps une « trinité »! C’était un problème dont la contradiction interne me captivait. J’attendais avec impatience l’instant où nous abordions cette question. Quand nous y fûmes, mon père dit : « Nous en arrivons maintenant à la Trinité; mais nous allons passer là-dessus, car, à vrai dire, je n’y comprends rien. » D’une part, j’admirai la sincérité de mon père, mais d’autre part je fus fortement déçu et je pensai : « Nous y voilà! Ils n’en savent rien et n’y réfléchissent pas. » […]
Malgré l’ennui que j’éprouvais, je faisais tous mes efforts pour me contraindre à croire sans comprendre – attitude qui me semblait correspondre à celle de mon père – et je me préparai à la communion en laquelle j’avais mis mon dernier espoir. Il ne s’agissait que d’une communion commémorative, une sorte de fête à la mémoire du « Seigneur Jésus » […] « Prenez et mangez, ceci est mon corps » , désignant le pain de la communion que nous devions manger comme étant son corps qui pourtant à l’origine était chair; nous devions aussi boire le vin qui à l’origine était sang. […]
Soudain, ce fut mon tour. Je mangeai le pain; il était fade, comme je m’y attendais. Le vin, dont je ne pris qu’une toute petite gorgée, était léger et aigrelet; évidemment, ce n’était pas du meilleur. Puis ce fut la prière finale et tous sortirent, ni accablés, ni réjouis, mais avec des visages qui disaient : « ouf, c’est fait! »
[…] Ce n’est que peu à peu, au cours des jours suivants, que l’idée émergea en moi: rien ne s’est passé! J’avais cependant atteint l’apogée de l’initiation religieuse où je pensais trouver du nouveau – sans savoir quoi – mais rien n’était arrivé! Je savais que Dieu aurait pu se manifester à moi de manière inouïe, créer des choses de feu et de lumière supraterrestres; mais cette célébration solennelle, pour moi du moins, n’avait contenu aucune trace de Dieu : il y était question de Lui, mais ce n’était que des mots. Chez les autres non plus, je n’avais perçu ni désespoir déchirant, ni saisissement bouleversant, non plus que cette grâce débordante qui, pour moi, constituait l’essence de Dieu. […] Pourquoi devrait-on s’unifier à Lui? On l’appelle « Fils de Dieu »? C’était donc, semble-t-il, un demi-dieu comme les héros grecs? Comment un homme ordinaire peut-il s’unifier à Lui? […] Par contre, il était parfaitement clair que Jésus, l’homme, avait affaire à Dieu. Il était désespéré à Gethsémani et sur la croix, après avoir enseigné que l’amour et la bonté de Dieu étaient ceux d’un bon père. Mais ensuite, il avait aussi vu combien Dieu était terrible. […] Et peu à peu, il devint clair en moi que cette communion avait été une déplorable expérience. Il s’en résultait que du vide; plus encore, c’était une perte. […]
Je fus saisi d’une pitié violente pour mon père. D’un seul coup, je compris le tragique de sa profession et de sa vie. Il luttait contre une mort dont il ne pouvait admettre l’existence. Un abîme s’était ouvert entre lui et moi, et je ne voyais aucune possibilité de jeter un pont sur cette faille sans fond. […]
Dans la plupart des buzz artistiques, il y a fort peu d’art, sinon, pas du tout. Il y a souvent dans ces oeuvres d’art controversées, d’expressions mal articulées et sans profondeur, parfois, de gesticulations d’une pâle imitation ou quelques simagrées absentes de sens. Demain, peut-être après-demain, nous vous parlerons d’un petit crucifié controversé, semble-t-il, de Michel-Ange… du moins, comme point de départ.