Images et textes sur 'Art chrétien'

 

Rencontre divine

Jeudi 22 octobre 2009

Nous avons rencontré Dieu aujourd’hui.

Il s’appelle Christ Jesus, ça s’écrit sans accent, anglophone, semble-t-il. Nous sommes maintenant des amis. Merci Monsieur Facebook pour avoir rendu cette rencontre possible!

Jesus Christ

Nous avons retenu cette image du Christ pour agrémenter les quelques lignes de ce soir et pour faire la transition de sujets. Ce petit crucifié en ivoire, monté sur plexiglas confère à cette image un caractère sacré et vivant, nous l’avons vu sur Expertissim. Ceci étant dit, il nous a amenés sur la piste du prochain billet. Mais, nous sommes un peu fatigués pour écrire tout de suite ces choses que l’on appelle espace, sens, transgression, etc.

Bon! Même si Christ Jesus de Facebook nous a conduits sur le chemin… euh, du prochain billet. Le labeur nous assomme. À demain les amis de ce monde!

Pas de baisers à Naples

Mardi 29 septembre 2009

Pas de baisers à Naples, non plus!

En parlant de l’artéfact, le reliquaire de San Gennaro est aussi interdit aux baisers des fidèles à Naples. Car la grippe H1N1 fait peur à plusieurs. La propagation du virus de la grippe H1N1 a incité l’archevêque de Naples à interdire la pratique des fidèles qui embrassent le reliquaire renfermant les ampoules contenant le sang de San Gennaro.

Connaissiez-vous du truc de sang liquéfié de saint Janvier? Pardon… non?! Ah! Que vous nous déceviez. ;-)

La légende du saint Janvier raconte qu’à Antignano, le samedi précédent le 1er jour de mai du début du IVe siècle, lors du transfert de son corps vers sa catacombe, le sang se liquéfia lorsque les deux ampoules contenant le sang desséché furent approchées de sa dépouille par sa parente.

Ce phénomène a ensuite été attesté pour la première fois à Naples le 17 août 1389.

Vive Wikipédia! Si vous aimez connaître davantage sur saint Janvier (San Gennaro), par ici.

Reliquaire de San Gennaro

Scène de torture

Jeudi 21 mai 2009

Le martyre de l’apôtre Bartholomée est l’un des pires supplices que les païens ont infligés aux douze Apôtres du Christ. Une scène de torture affreuse : crucifié, écorché et décapité.

Par Tiepolo, le martyre de Saint-Bartholomée.

Scène de torture

On a généralement cette étrange impression que seuls les artistes connaissent les secrets de la controverse à la devise « toujours un peu plus ». Bien que les artistes ne se font pas prier pour provoquer des réactions toujours plus sulfureuses, spectaculaires et inouïes. Les effets obtenus par leurs oeuvres d’art controversées sont bien souvent plus brefs, précaires et périssables. Ainsi, cette roue infernale du « plus » tourne et tourne encore. De nos jours, si la religion avait autant d’importance que jadis, nous aurions des oeuvres d’art de crucifixion insoutenables.

Cependant, il y a aussi ces artistes de talent, qui jouent à la fois allègrement dans le registre des controverses et capables de s’imposer pudeur, retenu et rigueur dans l’expression de leur art. Michelange en est un exemple.

Tiepolo, lui, est l’un de ces artistes qui s’imposent des limites. Son art s’épanouit dans l’expression de ses couleurs chatoyantes, sensuelles et éclatantes; des compositions mouvementées, méticuleusement planifiées et orchestrées. Tiepolo cherchait davantage à plaire. Ici, dans ce Saint-Bartholomée, tous les regards, bourreaux, Martyr et Sainte Mariamne, se détournent de l’avant-plan pour mieux conduire le regard du spectateur dans cette savante organisation picturale et spatiale.

- Voulez-vous un peu d’histoire de Saint-Bartholomée pour finir ce billet?

- Ben oui! La culture religieuse fait voir la vie d’un autre œil…  ;-)

Les sacrificateurs païens furent bien sûr très irrités de ces événements. Ils accusèrent le Saint Apôtre d’abattre leurs dieux et leurs temples, d’exterminer leurs cultes et leurs moyens de subsistance. S’approchant d’Astyaguis, le frère du roi, ils le convainquirent de faire périr l’Apôtre pour venger les dieux. Celui-ci chercha le moment opportun, s’empara du Saint, et le livra au martyre dans la ville d’Albanopolis, le faisant crucifier la tête en bas. Le Saint Apôtre se réjouit beaucoup de souffrir pour le Christ et, alors qu’il était pendu sur la croix, ne cessa pas de prêcher la Parole de Dieu. C’est ainsi qu’il put jusqu’à la fin affermir les fidèles, et inciter les incroyants à se détourner des ténèbres des démons pour courir vers la lumière du Christ. Comme le bourreau ne pouvait supporter ses discours, il lui fit arracher la peau. Mais le Saint Apôtre supportait ce supplice comme si c’était un autre qui souffrait, et ne cessait de bénir et de glorifier le Seigneur. Le bourreau fit finalement trancher la sainte tête, laissant sur la croix ce corps dont les pieds indiquaient si bien quelle direction ils allaient emprunter. [Texte intégral]

Comment sauver sa peau…

Mercredi 20 mai 2009

Depuis le post du Christ sur la chaise électrique, le nom de Michelange ne cesse de résonner dans le cerveau ultra spatial de l’artiste. À bien y penser, c’est bien à cause de cette histoire de crucifié que l’on attribue au plus grand génie artistique de la Renaissance dont nous voulions y consacrer quelques lignes, mais qui tarde à se concrétiser. Le hasard et les choix délibérés des derniers jours font dévier sans cesse nos sujets. Nous voilà aujourd’hui enfin un sujet sur Michelange : comment sauver sa peau au Jugement dernier. :-|

Le libre cours que chaque blogueur s’adonne avec son blogue, au point à se perdre dans les méandres de sa plus folle passion jusqu’à la besogne le plus vile, est sans doute l’un des aspects qui motive le maintien d’un blogue jour après jour. Comme là, nous tentons de reconduire les affluents de notre pensée toujours trop éphémère au sujet qui nous tient à coeur, mais sans trop succès.

Aujourd’hui, c’est ce tee-shirt unique de l’artiste suédois qui nous a poussé vers Bart… le Saint-Bartholomée du Jugement dernier de Michelange.

Sauver sa peau

Il y a bien souvent dans des oeuvres charnières et majeures d’un grand artiste des éléments picturaux qui se présentent telles que des excentricités, des énigmes et parfois, une clé d’accès à de vastes dédales de sa pensée. Si visible en image, mais si obscure en intension, cet autoportrait de Michelange en enveloppe de peau tenant dans la main de Saint-Bartholomée de la Chapelle Sixitine est à lui seul, un élément méritoire qui invite son public à de mures et profondes réflexions : quand tous sont représentés dans une nudité sans exception, y comprenant les damnés, les anges, les démons, les Martyrs et le Christ. Pourquoi alors lui, se représente-t-il en enveloppe de peau morne dans le Jugement dernier, ultime moment du christianisme?

L’artiste qui a jadis gravé sa signature d’artiste « Michael Angelus Bonarotus Florentinus Faciebat » sur la ceinture rubanée qui croise la poitrine d’une Marie plus jeune que le Christ crucifié; qui, mécontent de la mauvaise réception que fit le pape à l’une autre de son oeuvre, a déclaré « Je fais savoir à Votre Sainteté que, dorénavant, si Elle me veut, Elle devra me faire chercher partout ailleurs qu’à Rome. » Quelque 40 ans plus tard, en réponse à l’indignation d’un autre pape, à propos de cette nudité générale et non convenable de son célèbre Jugement dernier, Michelange a rétorqué « Allez dire au pape que c’est un problème mineur et qu’il est facile de la rendre convenable; qu’il fasse du monde un endroit convenable et la peinture suivra le même chemin. »

Que devrions-nous comprendre de cette enveloppe de peau qui représente lui-même alors que même le Christ est en habit neuf de l’empereur? Voilà une grande oeuvre, grand buzz de la Renaissance et un grand artiste.

Dieu, buzz et sérendipité

Vendredi 8 mai 2009

Aujourd’hui, une image, deux blogs et trois mots, sous forme d’anecdote.

Eh oui! C’est exact.. ;-) Dieu, buzz et sérendipité.

Allons! Soyons sérieux. Commençons par le commencement. L’oeuvre est de l’artiste Peter Fryer – le Crucifié assis, ou encore, le Fils de Dieu crucifié, assis sur une chaise électrique. Un buzz qui date du lundi de Pâques. C’est encore tout récent.

Dieu

Chaque fois nous traitons une image controversée ayant Dieu comme sujet, il y a toujours un afflux de réactions de ces croyants qui se fâchent aisément. À un tel point que leur colère neutralise même leur capacité de distinction. Depuis, nous avons fermé tous ces commentaires. Souvent, on nous a pris pour l’artiste de l’oeuvre maudite, ou le maudit artiste de l’oeuvre controversée, même si nous mettions en évidence le nom de l’artiste en question. (Soupir…) Pour cette raison, ce Christ en condamné à la chaise électrique est resté dans notre panier à images à traiter jusqu’au début de la semaine.

Après la publication de cette lettre « à la recherche de Paul Lajoie », nous voulions écrire sur ce Jésus électrifié, juste après « Appels entrants illimités ». D’une circonstance fortuite, nous sommes tombés sur un autre buzz, le « dessin à colorier 11 septembre », qui nous a bien fait rire. C’était dans la nuit du mardi. Nous avons alors relégué l’histoire de boîte vocale de Dieu et ce Christ sur chaise électrique à plus tard. Nous voilà aujourd’hui, 4 jours plus tard.

Au début de la semaine, dans une conversation engagée avec un ami sur l’évolution du Web et de l’arrivée du Twitter, ami en question, érudit réfléchi, nous a parlé du mot sérendipité en évoquant ces découvertes inattendues de nouveaux vocabulaires en consultant un dictionnaire et le surf web en utilisant un moteur de recherche, par lequel, on passe d’un site à un autre.

Plus tard dans la journée, en feuilletant un dictionnaire, nous réalisions que le mot sérendipité est un néologisme n’ayant pas encore son logis parmi ses semblables. Déroutés, nous délaissions le dictionnaire pour Google où l’on trouve tout. Les clics nous ont conduits à cet article « Mais que fait mon cerveau? » Devinez, le sujet de son article? Si vous êtes intéressé, à ne pas manquer. Vous y trouveriez plusieurs références très intéressantes.

Sans ce post sur le dessin 11 septembre à colorier, il n’y aurait pas eu ce post sur la « prière aux victimes du 11 septembre ». Ce billet sur le Christ en chaise électrique aurait donc été bien différent s’il avait été écrit en début de la semaine. Il n’y aurait pas ce commentaire qui nous a conduits sur ce blog ayant pour mission le christianisme, fort surprenant, qui vous donne de plus amples informations sur cette oeuvre controversée, et évidemment, ce billet ne sera pas terminé comme là, avec ce large extrait que nous venons tout juste finir de lire aujourd’hui.

Voilà, de la sérendipité.

Mon père me donnait personnellement des cours d’instruction religieuse en vue de la confirmation, ce qui m’ennuyait au-delà de toute mesure. Un jour que je feuilletais le catéchisme pour trouver autre chose que les fadaises coutumières, d’ailleurs incompréhensibles et inintéressantes, sur le « Seigneur Jésus », je tombai sur le paragraphe concernant la trinité de Dieu. Voilà qui suscita mon intérêt : une unité qui est en même temps une « trinité »! C’était un problème dont la contradiction interne me captivait. J’attendais avec impatience l’instant où nous abordions cette question. Quand nous y fûmes, mon père dit : « Nous en arrivons maintenant à la Trinité; mais nous allons passer là-dessus, car, à vrai dire, je n’y comprends rien. »  D’une part, j’admirai la sincérité de mon père, mais d’autre part je fus fortement déçu et je pensai : « Nous y voilà! Ils n’en savent rien et n’y réfléchissent pas. » […]

Malgré l’ennui que j’éprouvais, je faisais tous mes efforts pour me contraindre à croire sans comprendre – attitude qui me semblait correspondre à celle de mon père – et je me préparai à la communion en laquelle j’avais mis mon dernier espoir. Il ne s’agissait que d’une communion commémorative, une sorte de fête à la mémoire du « Seigneur Jésus » […] « Prenez et mangez, ceci est mon corps » , désignant le pain de la communion que nous devions manger comme étant son corps qui pourtant à l’origine était chair; nous devions aussi boire le vin qui à l’origine était sang. […]

Soudain, ce fut mon tour. Je mangeai le pain; il était fade, comme je m’y attendais. Le vin, dont je ne pris qu’une toute petite gorgée, était léger et aigrelet; évidemment, ce n’était pas du meilleur. Puis ce fut la prière finale et tous sortirent, ni accablés, ni réjouis, mais avec des visages qui disaient : « ouf, c’est fait! »

[…] Ce n’est que peu à peu, au cours des jours suivants, que l’idée émergea en moi: rien ne s’est passé! J’avais cependant atteint l’apogée de l’initiation religieuse où je pensais trouver du nouveau – sans savoir quoi – mais rien n’était arrivé! Je savais que Dieu aurait pu se manifester à moi de manière inouïe, créer des choses de feu et de lumière supraterrestres; mais cette célébration solennelle, pour moi du moins, n’avait contenu aucune trace de Dieu : il y était question de Lui, mais ce n’était que des mots. Chez les autres non plus, je n’avais perçu ni désespoir déchirant, ni saisissement bouleversant, non plus que cette grâce débordante qui, pour moi, constituait l’essence de Dieu. […] Pourquoi devrait-on s’unifier à Lui? On l’appelle « Fils de Dieu »? C’était donc, semble-t-il, un demi-dieu comme les héros grecs? Comment un homme ordinaire peut-il s’unifier à Lui? […] Par contre, il était parfaitement clair que Jésus, l’homme, avait affaire à Dieu. Il était désespéré à Gethsémani et sur la croix, après avoir enseigné que l’amour et la bonté de Dieu étaient ceux d’un bon père. Mais ensuite, il avait aussi vu combien Dieu était terrible. […] Et peu à peu, il devint clair en moi que cette communion avait été une déplorable expérience. Il s’en résultait que du vide; plus encore, c’était une perte. […]

Je fus saisi d’une pitié violente pour mon père. D’un seul coup, je compris le tragique de sa profession et de sa vie. Il luttait contre une mort dont il ne pouvait admettre l’existence. Un abîme s’était ouvert entre lui et moi, et je ne voyais aucune possibilité de jeter un pont sur cette faille sans fond. […]

Dans la plupart des buzz artistiques, il y a fort peu d’art, sinon, pas du tout. Il y a souvent dans ces oeuvres d’art controversées, d’expressions mal articulées et sans profondeur, parfois, de gesticulations d’une pâle imitation ou quelques simagrées absentes de sens. Demain, peut-être après-demain, nous vous parlerons d’un petit crucifié controversé, semble-t-il, de Michel-Ange… du moins, comme point de départ.

Image de la rencontre mystique

Dimanche 12 avril 2009

- Hé Garçon! C’est un peu plus haut… ;-)

Jésus en Lego Christus, par Bertel Thorvaldsen Image : AP/Jonas Ekstromer

Ne trouvez-vous pas que cette image laisse penser à la rencontre mystique entre Jésus et Thomas? Pour être dans l’esprit religieux de la résurrection, nous devrions dire l’apparition du Christ à Saint-Thomas en lui invitant à toucher ses plaies.

Cette statue de Jésus-Christ mesure 180 cm de haut, entièrement construite en Lego. La création artistique et collective a nécessité au total 18 mois de travail à 40 paroissiens volontaires pour assembler les 30,000 blocs de Légo. La statue a été dévoilée à l’Église protestante d’Onsta Gryta à Vasteras, une ville suédoise. L’église qui a initié ce projet n’aurait pas reçu la même couverture médiatique s’il avait commandé une sculpture à un artiste. Signe des temps, le net a encore joué une fois de plus son rôle de diffuseur.

Ce Christ en Lego est une copie du Christus du sculpteur danois Bertel Thorvaldsen, né le 9 novembre 1770 à Copenhague, mort le 24 mars 1844.

Dave St-Pierre

Dimanche 1 mars 2009

Il s’appelle Dave St-Pierre, danseur contemporain montréalais. En moins de cinq ans, il est devenu l’un des chorégraphes les plus acclamés du monde de la danse contemporaine. La critique qualifie ses créations de magistrales, de chorégraphies crues et audacieuses. Dave St-Pierre vient de présenter à Montréal en janvier 2009, à guichets fermés, le 3e volet d’une trilogie traitant les relations amoureuses et les utopies : Over my Dead Body.

Dans le premier volet de sa trilogie, La pornographie des âmes, Dave St-Pierre explore la rupture de relations et expose les rapports humains. Dans le second volet, comme annoncé le titre, Un peu de tendresse bordel de merde! il s’intéresse à la quête de tendresse avec l’humour grinçant et le ton cru qui font sa marque.

Dave St-Pierre, 33 ans, est atteint de fibrose kystique. L’espérance de vie moyenne des personnes atteintes de cette maladie est de 37 ans.

Dave St-Pierre

Sa maladie progresse. Dans Over my Dead Body, l’air frêle, il continue à repousser les limites de l’acceptable. Il provoque toujours, il présente un spectacle qui oscille entre fiction et réalité en trimballant sa bonbonne d’oxygène sur la scène. On dit de lui le Yvon Deschamps de la danse, le maître manipulateur du malaise bien dosé. Sans rien enlever l’apport de Dave St-Pierre à la danse contemporaine, il y a là, peut-être, un jumelage de noms un peu exagéré quand on connaît qui est Deschamps. Voici ce que l’on relate sur Over my Dead Body.

Parfois, la frontière est si floue qu’on se surprend à scruter sa cage thoracique pour voir s’il respire encore. Faut-il réellement le prendre en pitié ou nous manipule-t-il tout de même un peu? Est-ce qu’on est dupe ou faut-il la jouer cynique? Le doute règne si bien que Dave St-Pierre triomphe encore. Et quand il quitte la scène, dans une finale aussi magnifique que mélo, on croit réellement le voir sortir pour la toute dernière fois.

Les deux images qui accompagnent aujourd’hui ce billet sont une photo/affiche d’Over my Dead Body de Dave St-Pierre, et le tableau Les Anges au tombeau du Christ (détail) de Manet.

Manet, vous le saviez, est considéré de nos jours comme un artiste célèbre qui a marqué l’Histoire de l’art. Il est connu pour ses tableaux qui ont bouleversé les moeurs et coutumes de son époque. Mais vous ne le saviez peut-être pas, Manet était considéré comme un piètre peintre selon les valeurs esthétiques et académiques de son époque. Si un jour vous aviez la chance de voir ce tableau, observeriez notamment l’oreille droite décollée du Christ et ses mains maintes fois reprises et ratées. Vous comprendriez pourquoi Manet faisait objet de risée de son vivant.

Si l’Histoire est toujours écrite par des vainqueurs, l’Hisoitre de l’art n’aligne pas toujours les génies comme on enseigne dans les écoles, ni comme les musées acclament quand on nous présente des rétrospectives. Les effets engendrés par les successifs d’écoles d’art, de mouvements artistiques, de styles renouvelés et de goûts esthétiques contemporains repoussent graduellement les limites de l’acceptable et de l’expression artistique. L’évolution, si souvent associée au progrès, exerce une force gravitationnelle d’attraction dont nul artiste n’arrive à s’extirper et ce, à la même manière dont nous recevions la vie et son patrimoine génétique.

Croix Saint-André, la croix de saint André

Mardi 9 décembre 2008

Comme on dit, le peuple a voté, le Québec a choisi et la démocratie a gagné.

Rassurez-vous, pas de politique aujourd’hui. Un peu d’histoire, cela veut dire inévitablement un peu de religion, mais surtout, du symbolisme. Dites, ceux qui ont bravé ce froid sibérien… d’accord, ce froid québécois ;-) pour exercer son choix électoral? Comment avez-vous marqué votre bulletin de vote?

Est-ce comme le Bureau du directeur général des élections – DGE qui vous a suggéré? Comme ceci?

Voter avec un X

Si vous avez posé un tel « X » à côté du nom du candidat de votre choix, vous avez alors marqué votre bulletin de vote d’une croix encadrée. Parfois, on l’appelle aussi croix en sautoir ou croix de Bourgogne.

Vous saviez évidemment que ce « X » si banal, vous l’écrivez des milliers de fois au cours de votre vie, porte un nom biblique célèbre. On l’appelle « croix Saint-André » ou la croix de saint André. Vous comprenez que c’est sur laquelle saint André a été crucifié, après avoir été prêché dans la Mésie – contrée balkanique de l’Europe ancienne, entre le Danube et la Macédoine.

La croix du martyre d’André en forme de « X » apparaît pour la première fois au Xe siècle, depuis, elle devient le symbole iconographique que l’on associe au premier apôtre appelé par Jésus. En passant, selon ce que nous avons lu, cette tradition ne s’appuie sur aucun texte historique. Cette crucifixion sur une croix dite la crux decussata, a été imaginée en pendant à celle de Pierre, son frère. Celui-ci a été crucifié la tête en bas sur une croix latine.

Qu’est-ce qu’une croix latine? Une croix latine a la branche inférieure plus longue que les autres… si vous préfériez, la croix de crucifixion de Jésus, est-ce plus clair?

Voilà, pour la croix de saint André ou la croix Saint-André. Si vous travaillez dans le domaine de la construction, une croix Saint-André est un composant qui vous est probablement fort familier, sinon il se pourrait que le terme vous soit encore rébarbatif.

Une autre image qui vaut mille mots pour vous aider à vous en souvenir, pour toujours.

Croix Saint-André, Croix de saint André

Image de Noël

Dimanche 7 décembre 2008

Pour être précis, nous aurions dû nommer ce billet la transformation de Saint Nicolas en Père Noël, du saint patron des enfants au distributeur de cadeaux. Mais l’image de Noël, ou peut-être, l’image de Noël et d’enfants nous semble plus simple et moins ambiguë.

Si nous vous demandons votre préférence entre Saint Nicolas et Père Noël à l’aide de deux images de Noël : une image de Noël joyeuse, chaleureuse et réconfortante; un Père Noël de bonne humeur qui distribue des cadeaux à tous les enfants de la Terre, sage ou moins sage, durant la nuit du 24 décembre. Tenez, comme cette image de Noël de Haddon Sundblom.

Image de Noël et d’enfants

Ou encore, cette autre image de Noël d’autrefois qui raconte une légende de Saint Nicolas. Un Saint Nicolas capable de ressusciter des enfants massacrés par un méchant boucher, comme un serial killer; ou encore plus, sauver un petit enfant oublié par sa mère indigne, dans une marmite sur le feu comme un missionnaire en supplice; un vieux bonhomme qui donne des cadeaux aux enfants, mais accompagné d’un méchant personnage étrange, sorti tout droit d’une fête d’Halloween, tantôt portant un grand sac, tantôt muni des verges pour punir les enfants désobéissants. Vous comprenez que le grand sac, c’est pour emporter les enfants pas sages. Quelle horreur! :-| Le tout arrive avant Noël, soit le 6 décembre, avant la naissance du petit Jésus. C’est mêlant n’est-ce pas quand on commence à distribuer de cadeaux et de friandises avant Noël?

Image de Noël et Saint Nicolas

Alors, les enfants, laquelle des deux images de Noël préférez-vous?

Non, mais! Ne nous embêtez pas volontairement en choisissant Saint-Nicolas! … vous devriez dire le gentil Papa Noël!

Bon, vous préférez le miraculeux Saint Nicolas, mais qu’il ne soit pas accompagné du méchant qui punit des enfants…

Ça ne marche pas comme ça dans la vie, les enfants!

Nous avons oublié vous dire que le méchant qui suit Saint Nicolas, il s’appelle le Père Fouettard dans le sens qui fouette les enfants pas sages! Il a plusieurs alter ego pour se partager la mission de punir les enfants. Ils s’appellent parfois Hans Trapp, parfois Knecht Ruprecht, Zwarte Piet ou Krampus. Que de méchants dans ce bas monde! ;-)

Hein, le choix est plus facile à faire maintenant, non?!

Assez de plaisanterie, vous saviez évidemment que la réalité historique du Père Noël est fort différente. Il a fallu l’abolition de la fête de Saint Nicolas lors de la réforme protestante, la découverte de l’Amérique et l’arrivée des Hollandais à la Nouvelle-Amsterdam (New York), la guerre de Sécession aux États-Unis qui déprimait les pauvres soldats ainsi que la contribution des artistes et des écrivains pour transformer Saint Nicolas en Santa Claus.

Du point de vue visuel, sans références historiques, cette histoire de transfert de pouvoir symbolique et graduel entre le saint patron des enfants et le Père Noël est tout simple et naturel, même si Saint Nicolas est toujours présent dans la culture populaire au nord de la France. Tout est là! Que ce soit la dimension miraculeuse de recevoir de l’aide ou de généreux cadeaux un jour par an, à date fixe; le grand sac symbolique de Père Noël, plein de cadeaux, même si le sac était destiné à un autre usage, sur le dos de l’autre bonhomme qui punissait les enfants, ou encore, cette image de patriarche à la barbe blanche, pleine de sagesse et de bonne humeur, généreux et charitable. Quoi de plus? Assez! :-)

Pour ceux qui s’intéressent à la deuxième image, Saint Nicolas ressuscitant les enfants, 1425, par Gentile da Fabriano. Bien que Fabriano soit un grand artiste, vous pouvez constater que la perceptive était encore une vague connaissance mal assimilée à son époque, même pour un grand artiste.

Moins de 600 ans plus tard, nous sommes dans une époque de la nanotechnologie. Ouf! Le temps file!

Grenouille crucifiée

Jeudi 4 septembre 2008

Êtes-vous étonné par cette œuvre controversée?  Une grenouille crucifiée pour parodier le symbole du Christ crucifié.

Au musée d’art moderne de Bolzano en Italie, une sculpture de l’artiste allemand Martin Kippenberg représentant une grenouille crucifiée tenant une chope de bière dans une patte et un œuf dans l’autre suscite la controverse et provoque la colère parmi les croyants catholiques. Même le pape Benoit XVI avait protesté.

Tout laisse croire qu’après s’en être pris aux musulmans, quelques artistes contemporains à la recherche de notoriété, et ce, avec la complicité de quelques petits musées régionaux, également à la recherche de visibilité s’attaquent cette fois-ci aux catholiques. Bon, et la prochaine cible? Les bouddhistes?

Nous mentionnons à quelques reprises ici que l’art n’est plus un représentant de l’idéal platonique et classique. L’art d’aujourd’hui est à l’image de la vie. Cette grenouille crucifiée en est un autre exemple parmi tant d’autres, l’art contemporain patauge entre les extrêmes, à l’image de la nature humaine.

Savez-vous que 2008 a été désignée par la communauté scientifique internationale comme étant « l’Année de la grenouille »? Bon, vous saviez ça.

Mais, savez-vous que l’on a trouvé une grenouille sans poumon qui respire par la peau dans une région reculée dans l’Indonésie cette année? Bon, ça, vous la saviez également…

Bon bien, nous n’avons plus rien à ajouter dans ce cas-ci. Allons écouter le discours de John McCain pour terminer la soirée. En espérons qu’il dise quoi de bon.

Grenouille crucifiée

Vide et plein

Mardi 2 septembre 2008

Vide et plein – Le vide est un concept fort abstrait, surtout si le mot est écrit avec grand V. En ce qui concerne le plein, c’est encore un peu plus compliqué. Nous en parlerions une autre fois si la circonstance s’y prête.

Le vide faisait partie de la vision du monde à l’Orient comme il prenait sa tournure philosophique en Occident, et le nihilisme nietzschéen peut revendiquer son apport important à la pensée moderne. Il a même fait des petits parmi des artistes. La pensée, ouf! Un autre sujet délicat, à la fois insignifiante et immensément difficile à aborder.

Le vide en art est un concept tantôt du domaine de la pensée visuelle, tantôt de la conception du modèle abstrait qu’est la pensée de l’artiste. Il faudrait ajouter à cela que la manifestation du concept à travers une matière rend les uns différents des autres : peinture, sculpture, dessin, architecture, céramique, etc.

La conception du vide en art est donc une représentation singulière de la vision du monde de l’artiste. L’emprise tentaculaire de celle-ci puise une part importante de sa source dans les références culturelles de l’artiste. La matérialisation du vide en architecture s’inscrit, sans doute, sur des fondements qui diffèrent de ceux de la peinture ou du design, même si les artistes de divers disciplines peuvent partager une même parenté dans leurs pensées du vide.

Si un architecte est à la fois urbaniste, sa conception du vide se différencie assurément à celle d’un architecte désirant construire un tour qui dominera la perspective panoramique d’une ville. L’originalité de l’architecture récente de Pékin que nous avons vue à la télé durant les JO est formidable. Le libre marché chinois trouve même son affirmation dans un urbanisme hétéroclite et une architecture urbaine de prouesses – « Faites de la place parmi vos vieilleries, admirez la magnificence de la modernité. » Les Chinois feront probablement la même chose que les Occidentaux ont faite. Dans un avenir non-loitain, ils auront leurs Vieux-Pékin, Vieux-Shanghai, Vieux-Autre-Lieu au même titre que nos Vieux-Montréal, Vieux-Québec, Vieille-Lutèce, etc. Néanmoins, la réserve du patrimoine de chaque nation est proportionnellement à la longueur de leur histoire et à la taille de leur héritage culturel. Ça prendra un peu plus de temps aux Chinois à démolir le leur et à réaliser que le vide du son passé prend forme, lentement mais sûrement, à travers leur patrimoine.

Ainsi, le Vide prendra sa place au sein du chaos dynamique, la singularité régnera sur le cosmopolitisme. Lorsque le nébuleux se dissipe, les êtres chercheront leurs semblables, en se découvrant qu’ils sont les uns à côté des autres, à quelques milliards d’années d’espace-lumière et le vide, sans cesse, grandissant.

« Mon Dieuuuu! Mais où êtes-vouuus? » Seul, un écho parviendra à nous, païens. Oups! Terriens.

Vide et plein

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Cette image a été oubliée un jour entre deux pages des Mémoire d’outre-tombe de Chateaubriand. Nous l’avons retrouvé récemment par hasard en écrivant les quelques lignes sur le Cèdre du Liban. Pourtant, nous l’avons cherché, sans succès. L’égarement de cette petite carte postale publicitaire n’a jamais laissé de vide, malgré les années de son absence. Car nous savons qu’elle est là, quelque part parmi ces choses qui nous sont chères.

Le concept graphique de cette image nous semble encore intéressant, même si le temps passe et les tendances publicitaires ont beaucoup évolué depuis 2003. Nous l’aimons encore. Nous en reparlerons dans dix ans… si la vie est toujours au «beau » fixe, peut-être.

Sexe divin

Jeudi 21 août 2008

Du sexe divin en s’approchant de Dieu – C’est exact. Du sexe divin, ça existe!

Ne soyez pas gêné. Il n’y a rien de compromettant dans ce billet. Aucune image osée qui pourrait vous faire rougir. Voyez-vous, une peinture de Saint-François, un moine capucin d’autrefois. Un tableau précieux mais rien pour transformer l’émoi en brasier charnel. Déçu? La joie céleste se trouve un peu plus loin. :-|

Pour ceux qui haïssent la religion, une petite introduction si vous nous permettez. Sinon, passez au texte au dessous de l’image. Car on ne peut dissocier l’art occidental de la religion. Saint François d’Assise est un religieux catholique italien, fondateur de l’Ordre franciscain. Un gars qui aime la pauvreté et… la joie de vivre. Un bon vivant et pas snob, dirait-on. Cette bonne tradition saint-franciscaine est maintenant préservée, du moins en Pologne.

Sexe divin

Un certain père Ksawery Knotz donne des consultations aux couples mariés des conseils sur comment pratiquer le sexe en s’approchant de Dieu. Non, non, pas de préjugé, SVP! Le père Knotz peut vous répondre que nul a besoin d’avoir une maladie du cœur pour être cardiologue, ni d’être alcoolique pour devenir thérapeute chez les AA – Alcoolique Anonyme.

Ce religieux au talent exceptionnel a tenu jusqu’ici des séances avec plus de 3000 couples de fidèles catholiques en Pologne depuis 2000, avec la bénédiction de ses supérieurs. L’intérêt est si grand, son agenda de rendez-vous est rempli jusqu’à l’année prochaine. Pour les intéressés, le site du moine. Avis aux libertins, ses conseils sexuels sont strictement réservés aux couples traditionnelles.

« Si vous croyez en Dieu, vous croyez que Dieu est présent dans la vie, dans l’amour, dans le mariage et dans la sexualité. (…) L’amour d’un couple marié, exprimé dans le sexe, rapproche le corps humain du ciel. L’extase joyeuse d’une relation sexuelle peut être comparée à la joie de la vie éternelle (…) Cet acte conjugal permet aux époux de commencer à comprendre la douceur de la rencontre avec Dieu. » Vous pouvez lire d’autres propos du père Knotz dans son livre intitulé «L’acte de mariage».

Pour terminer, mentionnons que le tableau ci-dessus intitule L’Extase de Saint-François, peint par El Greco. Il s’agit du seul tableau d’El Greco sur le sol polonais. Il a été découvert en 1964 à Kosow Lacki par deux historiennes de l’art, Izabela Galicka et Hanna Sygietynska. El Greco est connu pour la dimension immatérielle de sa peinture qui suggère la grâce divine. Mais l’histoire de l’art nous le décrit aussi comme étant un grand chialeux qui adorait l’argent.

Ne trouvez-vous pas que la vie est ponctuée de contrastes et de sombres facettes cachées? Que ces défauts soient présents chez d’autres. Ça, nous le comprenons. Mais de si grands artistes, cachent eux aussi, de traits méprisables de la nature humaine. il y a assurément erreur. :-| Nous enquêtons!