Images et textes sur 'Art animalier'

 

Tueur de tigre chinois

Dimanche 27 décembre 2009

Nous avons lu hier une nouvelle insolite : un chinois, tueur de tigre, est condamné à dix ans de prison et deux ans supplémentaires pour possession d’arme illégale. Ses complices, au nombre de quatre, ont partagé le festin exotique sont aussi au cachot pour plusieurs années.

Voir de cet angle-là, on dirait sans doute que c’est sévère, voire même excessif. Mais bon, qui sommes-nous pour en juger en lisant un paragraphe sur le net ?!

Le villageois braconnier qui affirme d’avoir tué le tigre pour se défendre a probablement abattu le possible dernier tigre d’Indochine en liberté sur le sol chinois. Le chasseur condamné affirme qu’il s’est retrouvé face à face avec l’animal alors qu’il pêchait des moules d’eau douce. Il avait alors fait « ban ban »  en direction du fauve pour sauver sa propre vie. Mais le tribunal a souligné qu’il n’avait pas besoin d’une arme à feu pour pêcher des moules dans un parc naturel.

Trouvé une peinture illustrant un héros chinois légendaire qui tue un tigre à mains nues. On parle encore de ses exploits de nos jours. Ils sont fous ces chinois! Tantôt héros, tantôt zéro. En voici le héros tueur de tigre en action.

Héros tueur de tigre

Tigre de papier

Samedi 26 décembre 2009

Entre Noël et Jour de l’An, une autre activité qui peut intéresser les enfants est l’origami, mais souvent trop compliqué pour eux sans guide.

S’amuser à plier un morceau de papier demande doigté et supervision. Il faut donc un adulte habile de ses mains accepte de consacrer du temps aux enfants. Autre difficulté pour pratiquer l’art de l’origami, c’est le schéma. Pas toujours disponible. Les artistes créateurs d’origami ne dévoilent pas toujours le secret de leur art.

Voici un tigre de papier d’un artiste japonais qui partage ses créations, schémas inclus : Noboru Miyajima.

Saviez-vous d’où vient l’expression « Tigre de papier »? La version moderne de l’expression, elle est de Mao.

tigre de papier - art de l'origami

Vancouver 2010 – Mascottes

Samedi 5 décembre 2009

Vancouver 2010 - Mascotte

Les organisateurs des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010 se sont inspirés des créatures mythiques autochtones de la Colombie-Britannique pour concevoir leur trio de mascottes. Ces créatures sont beaucoup plus qu’un simple divertissement; elles ont un rôle important à jouer au niveau de l’éducation. Miga est une ourse de mer qui fait du surf des neiges – mi-épaulard et mi-ours. Quatchi est un jeune Sasquatch avec une longue barbe brune alors que Sumi est un esprit animal qui porte le chapeau de l’épaulard et vole avec les ailes du grand Oiseau-Tonnerre.

Vancouver 2010

Mouches et créativité

Mardi 13 octobre 2009

Pour bien soutenir le billet de ce soir, des images de mouches.

En passant, que ceux qui éprouvent du dégoût de corps morts s’abstiennent! Il y a quand même un brin d’air macabre malgré la créativité ludique débordante de ces scènes de mouches mortes. Merci à Jo pour les images hilarantes!

Mouche et créativité Mouches mortes
Mouches acrobats Compétition de mouches sprinters
Mouches mâles Mouche en équitation Images: Magnus Muhr

Dès que l’on aborde un sujet traitant de prés ou de loin la mort, la sensibilité de certains est à fleur de peau. Voulez-vous un exemple? Tenez, plusieurs n’apprécient guère la morte d’une souris. Mais bon. C’est comme ça la vie. Nous y habituons lentement. Par contre, un échange avec un lecteur nous a ravis aujourd’hui. Il nous a reconduit sur le processus artistique d’Hirst. Bref, tout s’équilibre dans le grand cycle de la vie.

Revenons sur ces images de mouches mortes, selon vous, est-ce de l’art? Il y a manifestement de la créativité, mais est-ce suffisant de les considérer comme étant des oeuvres d’art? Si c’est signé Hirst, et bien, elles seraient assurément considérées comme de l’art. Sinon, on pourrait les considérer de l’art insolite. Pourquoi?

Une partie de la réponse se trouve dans la définition d’un produit. Une oeuvre faite de mouches mortes signée Damien Hirst est un produit artistique et culturel qui répond à la définition du cycle de vie d’un produit. Il s’agit d’une règle définie de notre société moderne. Elle régularise le fonctionnement de la productivité, fondement de l’économie. Quant à ces images de mouches, elles ne sont que l’embryon d’une idée créative.

Une autre partie de réponse réside dans cette variation sur un terme de mouches, qui illustre par son vocabulaire visuel la limite de cette belle créativité macabre mais délirante. Malgré l’illustration de lieux communs, cette créativité ne génère guère de sens autre que la représentation humanoïde des mouches. Néanmoins, ces images de mouches mortes font sourire. Elles nous procurent un moment de détente bénéfique pour parler de l’art. En espérant que ce soit tout autant pour vous!

Fesses de Lleona interdites aux baisers

Lundi 28 septembre 2009

Gérone, la ville de l’Espagne connue pour sa statue médiévale représentant une lionne agrippée à une colonne, interdit que l’on embrasse les fesses de sa lionne, la Lleona de Gérone!

Une tradition locale… disons une superstition veut que tout voyageur se doive de baiser les fesses de Lleona pour que la chance soit de son côté durant son séjour au pays d’ailleurs. Voilà maintenant que la pandémie de la grippe A H1N1 bouleverse les moeurs et coutumes de la Gérone. Devant le risque de propagation du virus grippal A que représente les baisers en quête de chance, la Ville de Gérone a retiré l’escalier qui conduit aux fesses de la lionne… pardon, à la statue porteuse de chance.

Ce dont plusieurs ignorent, l’authentique statue est au Musée d’art de Gérone, la Lleona dont son derrière est maintes fois embrassées n’est qu’une pâle copie.

Ah! C’est fâchant! Ces tricheurs d’artefact!

Les fesses de Lleona de Gérone interdites aux baisers
Photo : J. Soler

Oeuvre d’art authentique

Lundi 21 septembre 2009

Un Rembrandt authentique?Image: Le Cavalier polonais, 1655, 117 X 135 cm, Collection Frick, New York

Au début du mois, nous avons effleuré le sujet du Cavalier polonais de Rembrandt, mais vain.

En fait, l’idée germe depuis cet été, soit tout juste après la post Cavalier ou cavalière. Au début de septembre, c’était facile comme exercice d’association d’idées de passer du 70e anniversaire de l’invasion des nazis de la Pologne au mythe de la défaite des cavaliers polonais en 1939, pour arriver en troisième temps au Cavalier de Rembrandt. Mais il y a trois semaines passées, notre flânerie d’idées est rapidement déviée de sa voie. L’alignement de billets a abouti complètement ailleurs. Les seins nus pour la cause du cancer est un sujet, disons, avec plus de volupté et bien plus amusant à traiter que de brouillonner comme en ce moment, une note sur le sujet des oeuvres de Rembrandt, même si cela nous passionne.

Mais là, c’est quasi du prédéterminisme, le sort prime. Aussi bien faire prévaloir ce soir l’opportunité en butinant un peu le sujet, puisque ça passe, non?

Il arrive à nous aussi ces moments d’impudeur, à glaner ce passionnant sujet plusieurs jours durant sans aucune preuve de retenue. Peut-être, encore un billet sur Rembrandt demain… pourquoi pas? :-|

Vous saviez peut-être, sinon vous vous en doutiez probablement un peu du pourquoi, surtout après le billet d’hier sur ce petit supposé faux Rembrandt. Eh oui, le Cavalier polonais est considéré par plusieurs experts comme l’oeuvre de Willem Drost, talentueux élève de Rembrandt. Saviez-vous qu’en un siècle, des experts ont dérembranisé des centaines d’oeuvres, dont le très célèbre Homme au casque d’or. Ceux qui s’intéressent aux oeuvres de Rembrandt ont probablement entendu parler du Rembrandt Research Project, qui désacralise des non Rembrandt, des pas-assez-Rembrandt et des faux Rembrandt par contrefaçon ou par méconnaissance du passé.

Mais, pourquoi cette épuration si excessive? À qui en profite la pureté du corpus d’oeuvres de Rembrandt? Sûrement pas à Rembrandt lui-même. Comment détermine-t-on avec certitude un tel tableau soit de Rembrandt et non un tel autre? Examine-t-on les oeuvres de Rodin, par exemple, pour savoir combien de coups de ciseau que celui-ci a donné sur chacune des statues signées Rodin? Pourtant, tant d’assistants dans l’atelier de Rodin travaillaient et prêtaient main forte au vieux Maître. C’est connu. Que dire maintenant de ces équipes de spécialistes multidisciplinaires qui travaillent pour des artistes par excellence de notre époque, Hirst, Koons et cies? Combien de Warhol sont des « vrais » Warhol?

Ô combien de questions sans réponse…

Le Cavalier polonais de Rembrandt est-il vraiment de Rembrandt? Nous laissons aux spécialistes le soin d’analyser les pigments, d’effectuer de datation par le carbone 14, de compter le nombre de coups de pinceau, de débattre… Une chose est certaine pour nous, cet arrière-plan du Cavalier polonais a quelque chose d’inhabituel. Son organisation spatiale nous fait penser davantage à un tableau d’expressionniste lyrique. Il y a, sous les sabots du cheval, derrière le cavalier, une sorte de pulsion animale mal maîtrisée et de la lumière dissonante.

Ça, c’est très rare dans les oeuvres de Rembrandt… même si le Cavalier est toujours majestueux depuis 400 ans.

Mon petit monde

Mercredi 12 août 2009

Tenez, une autre pensée bête mais pas si bête contenue dans ce courriel nouveau-brunswickois : « Je vis dans mon petit monde. Mais c’est correct…» 

Goethe disait que le bonheur du monde renferme un pressentiment de souffrance. Est-ce possible?

Mon petit monde

Grand artiste

Mardi 11 août 2009

Dans un courriel provenant de Nouveau-Brunswick, des perles qui nous ont charmé. :-) Des pensées accompagnées de superbes dessins qui nous rappellent de cette oeuvre de Dürer.

En voici une de ces pensées animales, des pensées bêtes?
Grand artiste
Ah oui… désolé! Nous oublions parfois que ce n’est pas tout le monde qui connaissait l’oeuvre de Dürer, et de son célèbre lièvre.

Ce billet semble une fois de plus à ces idées nébuleuses.

Grand artiste… parlons-nous de Dürer, de ce dessin dont nous ne connaissons pas son auteur, ou bien encore, de ce « I would be unstoppable. If I could just get started »?

- Au travail, artistes paresseux de ce monde et finissons ensemble en sanglot au bord de Son Éternité. :cry:

Lièvre

Cavalier ou cavalière?

Lundi 27 juillet 2009

Ami Cheng étant en vacances, nous perdons momentanément notre référence chinoise. Ô notre petit Guide rouge bien cher!

Ce soir, au lieu d’un enrichissement culturel, nous nous contentons d’un bref regard d’artiste, subjectif, éphémère et sans retenu, sur ces deux œuvres chinoises.

Cavalier

Cavalière

L’une, antique, par le peintre Han Gan (720-780), grand spécialiste des chevaux. Merci Wikipédia! L’histoire de l’art chinois n’a plus de secret avec Wiki. L’autre, de l’artiste contemporaine, Guan Zeju, spécialiste des nus bien en chair…  Ô Internet, les arts n’ont plus de frontières! :D

Mon Dieu, mais quel gâchis!

Voilà une peinture égal à un chef-d’œuvre d’Ingrès, se fait arnaquer son cavalier barbu au nom de l’art, de la sensualité sexy pour ne pas dire sexuée, ou peut-être, de la modernité artistique…

On a rompu l’équilibre entre le vide et le plein en substituant ce peut-être dompteur de chevaux, ce cowboy chinois antique de toute subtilité par une femme nue – une masse de couleurs et de chair qui fait courbée l’échine du cheval blanc; au nom d’une habileté au réalisme, on a cassé l’harmonie de cette composition de sobriété alors que ces lignes contours légèrement ombragés de couleurs étaient, sensualité et rigueur.

Voilà! Un cavalier cavalièrement détrôné.

Rencontre entre l’Orient et l’Occident

Mercredi 22 juillet 2009

Aujourd’hui, une rencontre entre l’Orient et l’Occident.

D’abord, connaissiez-vous l’histoire de Léda et le cygne? Un résumé pour ceux qui ne la connaissaient pas. Léda fut aimée par le dieu des dieux, le grand Zeus lui-même, qui se métamorphose en cygne pour la séduire. Ce fut un coup de foudre et un amour passionné dans lequel le désir divin rencontre la grâce! « Je te veux! Je ne te veux pas! »

Évidemment, cette histoire fait rêver de grands artistes, poussant ainsi les êtres à l’imagination fertile et féconde à exagérer et à repousser les limites de l’acceptable de leur époque. Da Vanci, Véronèse, Tintoret, Boucher et autres ont tous matérialisé à leur manière le fantasme que le commun des mortels n’ose point à extérioriser avec tant d’aisance.

Voici la version la moins osée, faite par François Boucher.

Léda et le cygne, par François Boucher

Le petit billet d’hier nous a conduits à faire quelques recherches plus poussées. Nous avons appris que la peinture que Guan a empruntée comme toile de fond est vieille de plus de mille ans. Son auteur est un peintre chinois célèbre qui s’appelle Zhou Fang (618-907). Dans la transcription graphique faite par Guan, la grue à tête rouge a été déplacée.

Voici l’inévitable question: la grue à calotte rouge portait-elle un symbolisme dans cette peinture chinoise ancienne?

Femmes aux fleurs, Zhou Fang

Malgré l’éloignement des deux cultures, existe-t-il une certaine similitude entre le cygne de Léda et la grue de ces femmes chinoises aux fleurs? Heureusement que Guan n’est pas un Français, sinon, nous aurions pu croire que cette grue est un clin d’oeil de l’artiste, en flanquant à la droite de son tableau cette femme à moitié nue, fort bien modelée.

Voyez-vous, celui qui regarde un tableau peut voir plus que le tableau en contient.

Montréal et ses graffitis

Dimanche 31 mai 2009

Il semblerait qu’à Montréal, on dépense cette année 6,1 M$ de fonds publics pour éliminer les graffitis sur les murs des immeubles de Montréal. La Ville de Montréal a publié récemment quelques chiffres qui peuvent intéresser à certains, dont nous-mêmes. :-)

Eh bien! avec 6,1 M$, on peut acheter 13 autobus, semble-t-il.

Le coût pour effacer un mètre carré de graffitis est de 6 $. La Ville doit débourser, en moyenne, 170 $ pour effacer les graffitis laissés par un artiste… graffeur. Si ce dernier se fait pincer, il risque jusqu’à 1000 $ de sanction pécuniaire.

On oublie souvent que laisser sa trace est un désir, disons, profondément enfoui du genre humain. Ce qui est considéré comme socialement inacceptable, la société réprimande, punit et efface. Les dessins laissés sur les parois des grottes d’Altamira et de Lascaux sont tous déclarés de nos jours, patrimoines de l’humanité. Cependant, nous ne savons pas s’ils étaient acceptables à leur époque.

Voilà, un phénomène observable de l’évolution de l’art : des limites de l’acceptable, nous les faisons, nous les défaisons et, nous en inventerons, pourvu que ceux-ci justifient un semblable sens, mais là, encore.

Bonne semaine!

Graffitis

Réussir en art comme Jeff Koons

Dimanche 24 mai 2009

Jeff Koons, artiste contemporain, célèbre pour son art du kitsch format monumental. Jeff Koons, adorateur de Salvador Dalí, peintre de formation au Maryland Institute of Art, apprenti de la culture du monde financier à Wall Street avant sa carrière artistique et finalement, artiste connu depuis les années 1980 et aujourd’hui reconnu mondialement.

Vous souvenez-vous des années 1980? C’était le début de l’évolution du capitaux-communisme en Chine : s’enrichir en misant au rancart momentanément l’idéologie politique; c’était aussi la fin agonisante de l’URSS qui a connu un peu plus tard la Perestroïka et la Glasnost. En Occident, c’était le début des années Reagan et Thatcher… Mulroney au Canada. C’était l’alliance de la révolution conservatrice pour le libre marché, la privatisation et la déréglementation qui nous a légué ce krach d’abord boursier, ensuite financier et maintenant économique.

L’émergence de Koons date de ces années-là. Sa réussite artistique est loin d’un calque du modèle de Factory d’Andy Warhol que l’on semble affectionner à répéter. Considérer Koons comme étant une continuité de la mouvance artistique de Warhol ou le renouveau du Pop’Art est comme regarder l’évolution de l’art contemporain dans un rétroviseur. L’art contemporain depuis les années 1980 est en grande partie financier. L’art de Koons a atteint sa pleine maturité grâce au monde financier effervescent de New York. À la même manière, les Yaung British Artists dont fait partie Damien Hirst ont pris leur envol sous la protection du publiciste Saatchi&Saatchi qui a fait fortune durant les années Thatcher, dans un Londres devenu le centre financier du monde. La réussite artistique de Koons a été ensuite confirmée par les énormes capitaux que faisait circuler le marché d’encan d’oeuvres d’art, particulièrement depuis la fin des années 1990. Cette fois-ci, s’ajoutent dans les rangs de collectionneurs des nouveaux milliardaires chinois et russes.

Comme artiste, Koons a innové le concept de la création artistique : l’artiste ne travaille plus seul, ni en groupe artistique ou informe, mais agissant en entrepreneur; l’idée artistique est secondaire; le processus de création n’est plus fait d’étapes isolées : explorer une démarche artistique, chercher l’inspiration d’une expression, élaborer une idée, essayer de représenter son monde imaginaire, mettre en place un concept visuel, peaufiner son oeuvre, construire peut-être même un discours et évidemment, tenter de vendre en dernier lieu son oeuvre pour un « toi marchand, moi artiste, 50-50 » Voyez-vous, c’est long de les énumérer, imaginez maintenant un peu en mode réalisation… de la misère noire ou quoi?! ;-)

Faire de l’art comme Koons
Image : Librado Romero/The New York Times

Le modèle koonsien est principalement fondé sur trois phrases : la conquête de la visibilité auprès des gens influents à son début; ensuite, la mise en marché de quelques oeuvres vedettes et finalement l’exploitation. Il n’y a plus de « 15 minutes de gloire » à la Warhol. De nos jours, ce sont des topos de 15-30 secondes à la télé; une transformation en oeuvre d’art extraordinaire un objet ordinaire – le kitsch – en faisant appel aux spécialistes de la mise en forme; et, finalement, donner à la masse populaire le vertige d’un art réussi au plus solennel sanctuaire muséal, mais seuls les riches peuvent se payent un Koons. Le carnet de commandes de Koons fait assurément envie à bien de mégaconglomérats inscrits en Bourse qui tentent désespérément de fortifier leurs pieds d’argile au talon d’Archille, surtout en ce temps difficile.

Devenu l’artiste-entrepreneur, Koons dirige au lieu de bricoler; comme l’artiste-sculpteur, Koons nivelle vers le bas en symbolisme, mais il donne au kitsch ses lettres de noblesse à la manière d’un roi qui anoblissait un roturier. Avec Koons, le kitsch est rutilant, gigantesque et dispendieux.

Dans un insignifiant petit chien ballon que les amuseurs publics offrent aux enfants, c’est peut-être juste une clownerie amusante aux yeux d’un adulte. Sachez cependant que les quelques gestes transformant un petit ballon filiforme en un symbolique et adorable fidèle compagnon de l’Homme font jaillir toujours des yeux d’enfants étincelants mille éclairs.

Chien Ballon de Koons

Koons a su comment faire transformer l’ordinaire en art extraordinaire et le vendre aux milliardaires en quête de sens existentiel ou d’innocence perdue. Parmi ses collectionneurs et amis, un dénommé Français Pinault, notamment propriétaire du musée Palazzo Grassi et de la Maison d’encan Christie’s.

Quoi retenir à propos de l’art de Jeff Koons? Sulfureux, kitsch et richissime.

Bonne semaine! À demain, si Dieu le veut!