Images et textes sur 'Art animalier'

 

Une photo de souris, une oeuvre d’art

Jeudi 11 décembre 2008

Deux photos de souris!

Ceci est une oeuvre d’art contemporaine. Si vous souhaitiez savoir davantage à propos de cette photo de souris. Il s’agit d’une photographie artistique, réalisée par José Eugenio Marchesi.

Il nous arrivé ces soirs où nous flânons sur le net comme dans les rayons d’un magasin sans toutefois avoir le désir d’acheter quoique ce soit. Guidés parfois par quelques mots qui flirtent, d’autres fois, de vagues idées futiles et sans but… comme dans « un, deux, trois, nous irons au bois ».

Nous trouvions intéressant cette image de souris, un an passé.

Photo de souris

Le 40e anniversaire de l’invention de la souris informatique nous a fait penser à l’oeuvre de Marchesi. Semble-t-il, c’était hier, cette journée symbolique.  Le 9 décembre 1968, Douglas Engelbart et son équipe de l’Institut de recherche de Stanford font la première démonstration publique de souris informatique, faite en bois et munie de roues.

Une chance que nous avons targué le nom de l’artiste au fichier d’image ci-dessus. Une chance.  Sinon, nous n’aurions jamais su retenir son nom, même si nous avons une bonne mémoire visuelle.

Le temps efface tout, ou presque.

Vous vous demandez à cet instant : mais pourquoi insistez-vous tant à nous dire qu’il s’agit d’une oeuvre d’art? Sinon, vous n’auriez pas pu deviner qu’il s’agit d’une oeuvre d’art. Car l’image de la souris blanche est peu différente de cette autre photo de souris, de laboratoire. Un cobaye de la science pour la démonstration d’un protocole de dissection. La photo est vue sur le site de l’INRP - Institut national de recherche pédagogique.

Image d’une souris de labo

Quoi de plus? Pas grande chose.

La souris informatique est sur le point de laisser sa place à l’émergence d’écrans tactiles. Semble-t-il, la croissance du marché de la souris s’essouffle. On prédit sa disparition prochaine… dans 5 ans.

Il y a un commencement et une fin à toute chose dans ce monde. Seule une image permet de préserver ces états fugaces et successifs.

Image de chasse

Mercredi 26 novembre 2008

Semble-t-il que les amateurs de chasse, les amants cruels de la nature se dissimulent un peu partout dans nos forêts québécoises en attente de leur proie. Il ne fait pas un peu frette (québécisme : froid), mes sieurs les chasseurs? Vous êtes fous! ;-)

Aujourd’hui, de l’art animalier, deux images de chasse.

Le sujet semble banal, mais la réalité est tout autre. Des peintres de toutes les époques le pratiquent, on s’adonne allègrement à peindre chien, chat, lièvre, agneau, cerf, lion, tigre et autres. Des exemples n’en marquent pas, surtout dans les musées européens. D’ailleurs, tout le monde connaît un peintre ou deux qui affectionnent l’art animalier dont les autres ne savent même pas leur existence. Parmi les artistes connus, nous ne pouvons ignorer les Chardin, Rubens, Delacroix, Géricaux, Goya, Vélasquez, Degas, Bacon…

Oups! Nous avons presque oublié celui-là, Hirst.

Même si Hirst est un sujet récurrent sur ce blog, c’est quand même la première fois que nous mettons en perspective deux images de chasse de façon dichotomique. Soyez rassuré, pas d’image de chasse à la Hirst aujourd’hui.

Aujourd’hui, deux images de chasse de nature opposée. Elles sont de deux époques, de deux styles, de deux représentations du visible, mais d’une composition similaire comme les jumeaux de la louve.

D’abord, le plus renommé des peintres québécois, Jean-Paul Riopelle, chasseur invétéré de son vivant, être passionné, artiste d’une intensité sans pareil. Son tableau, abstrait. Le second tableau, réaliste, par un artiste français. Nous sommes convaincus que peu le connaissent, pas plus pour nous-mêmes, François Desportes. Nous l’avons découvert en écoutant le débat des chefs entre Charest, Dumont et Marois.

Ouf! Quelle lutte de ruelle… de mots!

Image de chasse moderne

Image de chasse à l’ancienne

Êtes-vous surpris? Nous ne parlons pas du débat des chefs, mais bien de ces images que nous qualifions de chasses de gibiers? L’une est une évidence, mais l’autre l’est beaucoup moins.  Attendez, le loup est caché! :-) Allons-y! Décortiquons-les ensemble.

D’abord, une sombre «forêt» en arrière-plan, située à gauche, notamment. Un «sujet» qui représente le carnage d’une chasse au centre, la lutte s’amorce du côté gauche du tableau, en forme de boucle ovale. Dans le tableau de Riopelle, la boucle est légèrement dressée. Ça va? Vous nous suivez? Si vous trouvez ce billet d’une platitude à proscrire, laissez-nous savoir. Nous traiterons d’autres sujets la prochaine fois. Vous nous êtes précieux! Pas de chance à prendre.

Nous continuons. ;-)

Environ une sixième de la surface du bas des deux tableaux représente l’«avant-scène» entre vous et le sujet central du tableau; le ciel dans le tableau de Desportes apporte de la profondeur au paysage de sa scène de chasse. Une ligne diagonale invisible traverse le tableau du coin de ciel bleu au coin inférieur gauche du tableau, aux couleurs terre brûlée et ocre, en passant par une combinaison de pattes de chiens, l’oeil du cerf et son bois. Une ligne diagonale, également présente chez Riopelle pour les mêmes effets recherchés, soit de faire voyager votre regard sur les trois plans du tableau : l’avant-scène, le sujet et l’arrière-plan. Dans le tableau de Riopelle, il n’y a pas de ciel clair, mais de couleur sombre. Comme son tableau de chasse est moins haut, donc juste un peu de sombre forêt ténébreuse et funeste à la place.

Finalement, un «corridor vertical» situé à la droite du tableau, une zone neutre et secondaire. Dans le tableau de Riopelle, des giclements de peinture blanche verticaux et ciselés délimitent ce «corridor de circulation» pour les déplacements de votre regard. Chez Desportes, le ciel, l’arbre au loin et l’avant-scène sont traités avec moins d’éclat.

La tension des deux scènes de chasse est palpable. Chez Riopelle, si nous ne voyons point de bête féroce ou de victime innocente, la brutalité d’une lutte acharnée demeure à finir tout comme chez Desportes. Sauf, sur cette seconde image de chasse, tout est visible. De la décrire avec des mots, ce serait de trop. Si vos yeux avaient besoin de répit, fatigués par l’acharnement de la meute de chiens sur le désespoir sort du cerf, le ciel paisible au loin et les tendres feuilles printanières sont là pour un effet d’évasion momentanée de votre esprit agité. Tout est prévu par un artiste qui maitrise les préceptes de l’art animalier de l’autre époque.

Un peu long ce billet, ne le trouvez-vous pas? Coupons!

Le tableau de Jean-Paul Riopelle, adjugé pour 1,4 million de dollars lors d’une vente de la maison d’encan Heffel, mercredi dernier dans la Ville reine. Il est intitulé Sans titre ou Composition 2, date de 1951 et mesure environ 1,3 sur 1,6 mètre.

La toile de François Desportes, Cerf aux abois, classée trésor national de la France, faisant partie d’une série de six, ou peut-être même de sept toiles à sujet de chasse, commandées pour décorer le nouveau cabinet du roi Louis XV. Desportes en a peint quatre et Jean-Baptiste Oudry trois. Les trois autres tableaux de Desportes sont Un sanglier coiffé par deux lévriers, Un retour de chasse et Un loup attaqué par six chiens.

Savez-vous quoi, Philanthropie? La France sait au moins comment protéger son patrimoine culturel… par de dispositions législatives, le Cerf aux abois, est demeure sur le territoire français, c’était arrivé en 2004.