Anodin et tension
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Cette année, c’est aussi le 35 ans anniversaire pour la fin de la Guerre du Vietnam. Saviez-vous que sur le mur du Mémorial des vétérans du Vietnam à Washington, on décompte les noms de 58,267 soldats américains péris durant cette guerre?
Selon certains, le photojournalisme pratiquait par des correspondants de guerre a été l’une des sources du dérapage du commandement américain. Le pensiez-vous? Mais, pas de leçon de morale, ni de prise de position pacifiste aujourd’hui, juste un peu d’observation à propos de l’anodin et de la tension dans ces trois photos en séquence. Du photojournalisme qui pilonne votre champ visuel, celui qui manque votre psychique, provoque un impact émotif pour vous raconte une histoire : une exécution sommaire en trois images. Mais une seule des trois est connue, soit celle de l’exécution. Habituellement, on ne montre que le numéro deux, le moment fatidique du condamné.
Quand la séquence des images est montrée dans son ensemble. Elles racontent la vie précaire en temps de guerre avec effroi; elles montrent le côté sombre de la nature humaine, sa cruauté, sa bestialité, son côté vil.
Les avez-vous remarqués? Tout semble anodin, sauf une certaine tension dans chacune de ces photos qui trahit : la tension dans l’avant-bras gauche de l’officier qui tient dans sa main son revolver par le canon; le visage du soldat à lunettes dans la photo numéro deux et les orteils crispés de l’exécuté. Le reste, tout semble banal : on fumait, on regardait ailleurs, on remettait son arme dans son étui…




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13 mai 2010 à 13:49
LA GUERRE, L’HORREUR DE LA GUERRE, QUELLE GALÈRE… !
Quand j’ai vu vos très dures images (je connaissais la principale), je me suis dit il faut que tu fasses un mot ; pas seulement en tant que FORMACOLOR, mais pour ce que tu as été : j’ai eu le déplaisir d’appartenir un temps, pendant mes classes au service militaire, à « ces chiens de guerre » pour troupes de choc qui montent devant au combat (les documentaires du Débarquement de Normandie les ont immortalisés fauchés comme les blés dans leurs jeunes années, par milliers).
Et puis, en photo il y a ce combattant arrêté dans son élan lors de la guerre d’Espagne, que mes amis étudiants arboraient dans leur chambre sous forme interrogative : « why / pourquoi ?». J’entends encore l’écho de la voix de ce républicain espagnol qui leur répondait : « si vous ne savez pas ce que c’est parce que vous n’y étiez pas, mieux vaut ne pas en parler !». J’entends cet autre, commissaire politique des troupes anti-franquistes, qui refaisait les batailles en les nommant par leur nom .
Mon regretté père, qui dans la Marine a participé au Débarquement de Provence évitait le sujet ; il me dit simplement un jour : « nous avions une peur bleue des sous-marins allemands » ; alors que mon grand- père paternel était fier d’arborer ses états de service en Poilu d’Orient, relevant sa manche pour me faire voir cette balle qui dans les commandos au combat lui avait transpercé le bras gauche de part en part! Et puis il y a les à-côtés des conflits, votre parti-pris : droit de vie et de mort.
La guerre, c’est donc une question de PERCEPTION.
13 mai 2010 à 23:02
Mais la perception n’est pas la réalité, même si la réalité, elle est subjective.