Textes et images - juillet 2011

 

Test de l’acuité visuelle : grains de café

Dimanche 31 juillet 2011

En parlant du vrai, voici un test de l’acuité visuelle de repérer un intrus parmi des éléments homogènes.

Certains disent qu’il s’agit de test d’évaluation du cerveau. Ce qui est bizarre - une fois que vous trouverez l’intrus caché - c’est tellement évident. N’empêche que vous vous demandez : Pourquoi n’ai-je pas le voir tout de suite?

Des spécialités prétendent que si vous trouvez le gêneur des grains de café dans les 3 secondes, l’hémisphère droit de votre cerveau est plus développé que la plupart des gens. Si vous trouvez l’élément caché entre 3 secondes et 1 minute, votre cerveau droit est développé normalement. Si vous trouvez l’indésirable parmi les bons grains de café, Mon Dieu, peut-être, biologiques, entre 1 et 3 minutes. Et bien, il parait que votre cerveau droit fonctionne lentement.

A ce que nous sachons, personne n’aime de se faire traiter de lent. Et si une personne arrive à identifier le casse-pieds en question en 3 secondes et une centième. Qu’en est-il le développement de son cerveau droit? Ou encore, fait-il partie d’une élite au cerveau dit artistique amélioré?

Alors, où est l’enquiquineur?! :-) Bon Dimanche!

test de l'acuité visuelle

Imitation du vrai

Samedi 30 juillet 2011

Art de l'imitation - Vache - Emiko KuriyamaLe «vrai», l’«authentique», l’«honnête», le «bon», le «réalisme» … un groupe de mots homogène. Lorsqu’ils sont réunis, il se produit un effet de transfert de qualité. Depuis un peu plus d’une décennie, le «vrai» est de plus en plus présent dans des oeuvres d’art pour ne pas employer le mot «omniprésent» au risque de faire choquer le très plus puissant Créateur de la belle et merveilleuse nature.

…le ciel a tonné la nuit dernière. Terrifiant.

Petit à petit, des belles créatures trouvent leur statut d’objets d’art à force de se faire accrocher à des lieux que l’on appelle «Musée» et d’autres deviennent des oeuvres d’art.  À une époque où l’on cherche éperdument l’authenticité et l’éthique dans nos faits et gestes, et à changer l’eau en vin ou à ajouter de l’eau dans son vin pour en avoir plus, ajouter du «vrai» pour se donner une légitimité et ce, bénéficier l’effet du transfert de qualité est donc compréhensible.

Nous avons souvent dit que le talent est un amas d’aptitudes qui se développe.

N’en déplaise à plusieurs, c’est une phrase qui désacralise le talent, l’inné, le don, le merveilleux, l’inexplicable ou quoi. Que le très puissant Créateur de ce monde nous pardonne, il a peut-être aussi laissé aux confins de l’univers des oeuvres inachevées, inconsistantes et impertinentes. Peut-être, il a aussi d’autres chefs-d’oeuvre invisibles aux yeux des mortels, nous, les sanctificateurs du vrai. Ne sommes-nous pas au fond que des faibles imitations du Merveilleux?

Aujourd’hui, quelques imitations du vrai aux piédestaux illustrant la glissade artistique. Mon Dieu, nous glissons.

Ci-haut, photo de la foire artistique de Tokyo 2011. Ci-dessous, l’un des igloos de Mario Merz, pionnier du mouvement Arte Povera; le Musée national de l’Écosse après sa récente rénovation; une autre artiste japonaise au Art Fair Toyko 2011 et finalement, au Genuine Contemporary Beast, l’oeuvre de l’artiste mexicain Renato Garza Cervera.

Imitation d'Igloo, Mario Merz

Musée national de l'Écosse

Art Fair Tokyo 2011 - Katsura Funakoshi

Genuine Contemporary Beast - Renato Garza Cervera

Spiderman

Vendredi 29 juillet 2011

Trouvé! Il s’appelle oakoak. L’auteur de ce Spiderman et de la glissade de Calvin et Hobbes. Voilà, le site de l’auteur de ce Spiderman.

spiderman

L’art du bonheur

Jeudi 28 juillet 2011

Il parait que la vie est une glissade et l’art du bonheur se trouve dans le contrôle de la vitesse de glissade. L’euphorie est le summum du bonheur où l’on s’élance dans le vide… et l’on plane.

Note: Nous cherchons le nom de l’auteur de cette oeuvre d’art urbain, sans résultat.

art du bonheur

Le bonheur?

Mercredi 27 juillet 2011

Vous dites quoi ? Le bonheur ?!

bonheur

La reine est mal à l’aise

Dimanche 24 juillet 2011

Reine Elizabeth IIEn 2001, Lucian Freud a peint un minuscule portrait de la Reine Elizabeth II pour le jubilé de Sa Majesté. Elle semblait mal à l’aise… La reine se douterais-elle que son portrait soit aussi lugubre comme tout le monde de l’univers pictural de Freud ?

La photo de la séance a été prise par David Dawson, l’assistant de Lucian Freud. Elle fait partie aujourd’hui de la Government Art Collection. D’ailleurs, le dernier projet de peinture de Lucian Freud serait un portrait de David Dawson.

Elizabeth II

Art de Lucian Freud

Vendredi 22 juillet 2011

L’art de Lucian Freud transcrit l’âme du modèle au travers d’une chair qui se déforme. N’est-ce pas tout simplement un art de la vie ?

Art de Lucian Freud

Lucian Freud, 88 ans

Jeudi 21 juillet 2011

Lucian Freud, peintre figuratif, né le 8 décembre 1922 à Berlin, mort le 20 juillet 2011 à Londres.

Lucian Freud

Picasso, le Baiser

Mardi 12 juillet 2011

Cet état fusionnel entre l’homme et la femme que Platon raconte dans son histoire d’androgynes a été représenté plus d’une fois dans l’oeuvre de Picasso. Ici, le baiser, un tableau de 1969.

On dirait que cette oeuvre est une transcription d’un souvenir. Pas grand d’artificiel, ni de doute dans le geste, sauf peut-être ces traite gris au-dessus de l’épaule de l’homme pour couvrir les rayures vertes et noires qui dérangent l’harmonie du tableau. Le vert n’a pas sa raison d’être dans ce coin. Picasso semble vouloir tout simplement les atténuer un peu.

Le musée Picasso est fermé pour des travaux de rénovation, les oeuvres prennent le chemin du voyageur-exposant. Elles font un arrêt estival au Musée national d’Histoire, à Taipei. Au total, 62 oeuvres et une quarantaine de photographies retraçant la vie et la carrière de Pablo Picasso (1881-1973). Ce Baiser en fait partie.

Picasso, le baiser, 1969

Du sang bleu

Lundi 11 juillet 2011

Du sang bleu artistiqueImage : REUTERS/John Stillwell

Du sang bleu artistique! :-)

William et Catherine visitent Inner City Arts, à Los Angeles. Le temps d’une performance artistique en direct, on voit le travail de Will, timide et réservé; quant à sa douce moitié, elle s’acquitte sa tâche avec affirmation et rapidité. Mais tous les deux se heurtent à un support à peindre au format le plus difficile, le carré. Car le centre d’un carré est une zone réconfortante, il est cependant sans pitié pour ceux qui ne connaissent pas les rudiments de la composition.

Pour faire intéressant, en terminant ce billet sans trop savoir comment…  nous vous demandons : saviez-vous d’où vient l’expression « douce moitié » ?

[...] Qu’était la nature humaine, et que lui est-il arrivé ? Notre nature était autrefois différente : il y avait trois catégories d’êtres humains, le mâle, la femelle, et l’androgyne. De plus, la forme humaine était celle d’une sphère avec quatre mains, quatre jambes et deux visages, une tête unique et quatre oreilles, deux sexes, etc. Les humains se déplaçaient en avant ou en arrière, et, pour courir, ils faisaient des révolutions sur leurs huit membres. Le mâle était un enfant du soleil, la femelle de la terre, et l’androgyne de la lune. Leur force et leur orgueil étaient immenses et ils s’en prirent aux dieux. Zeus trouva un moyen de les affaiblir sans les tuer, ne voulant pas anéantir la race comme il avait pu le faire avec les Titans : il les coupa en deux. Il demanda ensuite à Apollon de retourner leur visage et de coudre le ventre et le nombril du côté de la coupure.

Mais chaque morceau, regrettant sa moitié, tentait de s’unir à elle : ils s’enlaçaient en désirant se confondre et mouraient de faim et d’inaction. Zeus décida donc de déplacer les organes sexuels à l’avant du corps. Ainsi, alors que les humains surgissaient auparavant de la terre, un engendrement mutuel fut possible par l’accouplement d’un homme et d’une femme. Alors, les hommes qui aimaient les femmes et les femmes qui aiment les hommes (moitiés d’androgynes) permettraient la perpétuité de la race; et les hommes qui aiment les hommes (moitiés d’un mâle), plutôt que d’accoucher de la vie, accoucheraient de l’esprit.

Voilà! Du Platon, le Banquet, sur Wiki.

Moutons bleus

Dimanche 10 juillet 2011

Moutons bleus
Image : EPA / Herbert Knosowski

Ils sont deux artistes, Bonk Rainer et Berta Maria Reetz. Au total, une centaine de moutons blues, faits de résine polyester, broutent l’air des villes européennes. Ils sont arrivés sur la Place du Château, Schlossplatz, à Berlin. Les boutons blues font partie d’un projet de tolérance.

Depuis 2010, bien de villes les invitent à venir faire un tour chez eux. On les accueille avec engouement. Le troupeau de moutons bleus passe le temps d’une journée au pied d’institutions ou de bâtiments prestigieux pour promouvoir la tolérance, la paix et le «vivre ensemble». N’est-ce pas une belle carte de visite, joliment illustrée, de se faire connaitre auprès des touristes? Plusieurs achètent, pardon, adoptent l’un de ces moutons résistant aux intempéries de l’artiste pour une modique somme de 130 euros, à la fin d’une journée d’exposition.

Souveniez-vous des flamants roses en plastique dans les jardins? Le message fait toute la différence quand un artiste connait le «besoin» de notre époque.

Bonne semaine!

Twombly

Samedi 9 juillet 2011

Cy Twombly, 23 mars 2010AP Photo/Christophe Ena

Cy Twombly a quitté ce monde à 83 ans.

Souffrait d’un cancer, hospitalisé il y a quelques jours à Rome, selon la dernière volonté de Twombly, il est inhumé dans la ville éternelle hier.

Sa peinture, une sorte d’écriture tremblante. Gestes elliptiques, signes gribouillés, mots à peine lisibles… ses graffitis occupent une place marquante dans l’art abstrait du 20e siècle.  L’an passé, Twombly avait peint le plafond de la Salle des Bronzes au Louvre, une composition abstraite sur un fond bleu. Nous nous demandons si ce plafond n’est-il pas en quelque sorte la représentation de sa dernière volonté… faire partie de l’éternité malgré tout.

Si nous aimons la peinture de Twombly? Difficile à dire, un peu entre le oui et un non, mais assurément pas ce tableau vendu récemment pour $15,2M chez Christie’s à New York. L’une de ses œuvres de 1967, Sans titre.

Bon, peut-être, certain dirait que nous ne connaissons rien en peinture… de Twombly.

Cy Twombly, 1967, Sans titre