Textes et images - mars 2011

 

Et après ?

Jeudi 31 mars 2011

Ça vous arrive-t-il de vous demander : et après ?

Ce n’est pas toujours évident d’y répondre. Car ça fait plusieurs jours que nous nous demandons : et après ?

Rien.

Bon, pour souligner le premier avril, voici le faux devin Prolix qui lit les entrailles d’un poisson en profitant de la crédulité des habitants du village Gaulois.

et après?

Eau

Lundi 28 mars 2011

Une première, il faut bien un début à tout… Un vidéo ce soir.

Le sujet: l’eau.

Énergie américaine

Dimanche 27 mars 2011

Tenez, en parlant du réchauffement planétaire et des désastres autour des sites de la production énergétique. Voici quelques images qui ont permet au photographe Mitch Epstein d’être récompensé par le prix Pictet 2011. Sa série «American Power» révèle les dessous de la production énergétique américaine, électrique, nucléaire et pétrolière. Elle est soulignée par le jury pour son regard sur l’ambiguïté du progrès.

Cette année, le prix Pictet récompense la croissance, considérée par les organisateurs comme à la fois une bénédiction et une malédiction.

La beauté de ces images cache mal les plaies ouvertes que la nature n’arrive pas à se cicatriser. Nullement besoin d’être pessimiste, si notre humanité arrivait à se perpétuer avec aisance, notre planète, elle subirait le même sort que des générations de mortels qui l’habitent, l’irréversibilité de l’épuisement.

Visitez le site de l’artiste, ici.

Énergie americaine - American Power
Raffinerie BP à Carson, 2007

Pétrolière Ocean Warwick
Plate-forme pétrolière Ocean Warwick

Énergie du charbon
Centrale à charbon à Cheshire, Ohio, 2003

Barrage Hoover
Barrage Hoover, entre le Nevada et l’Arizona, 2007

Une Heure pour la Terre

Samedi 26 mars 2011

Une heure pour la TerreSigne du temps… à l’instar de bien de villes, Montréal sera plongée dans le noir aujourd’hui le 26 mars, à l’occasion d’Une Heure pour la Terre, édition 2011. Cette action symbolique à la fois individuelle et collective tente de sensibiliser les autres au réchauffement climatique en montrant que chacun peut agir pour aider la cause de cette planète.

On peut peut-être retrouver un certain écho à ce désir d’améliorer le sort de la planète dans l’art de George de La Tour qui décrit si bien l’état d’intériorité individuelle repliée sur soi, mais surtout pour ce désarroi face à l’image du soi-même. Cette flamme, quoiqu’ardente, vacille aisément; elle traduit toute la fragilité de notre condition humaine; elle nous laisse sur cette impression que la valeur tangible des actions humaines se trouve dans des effets émotifs qui agissent sur l’autrui. Le prolongement d’une conscience est un concept abstrait sans réelle valeur, sauf pour son effet bénéfique sur soi. Par là, il se trouve l’essence des tableaux nocturnes de George de Latour, l’âme isolée sans connexion à l’autrui, le seul issu possible est la dimension immatérielle de l’ombre de soi-même.

Le doute

Mardi 22 mars 2011

DouteOn dirait que le doute est un vortex d’implosion qui n’élit domicile que chez des êtres sensibles.

…Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte? Mourir.., dormir, rien de plus… et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair: c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur.

Qui a dit ceci? ;-)

Le doute est toujours néfaste. Il neutralise les élans intérieurs et réduit les pulsions créatrices en néant … ça endort, ma foi, même un prophète.

Avoir un chien gardien

Dimanche 13 mars 2011

Doberma, chien gardien d'atelierÇ’a l’air que notre gardien d’atelier aux dents blanches et pointues est un animal soumis… Mon Dieu, tout notre amour et efforts pour faire de lui un être terrifiant au cours des 17 derniers mois et demi est vain. (Soupir!) ;-)

Il ne reste donc qu’à changer nous-mêmes, mais la nature d’artiste étant une matière aride, il est difficile d’extirper de quoi de nouveau de son inertie. Réfléchissons… sur le comment.

Le « mal » de notre humanité, si un tel mal existait, est peut-être d’avoir considéré tout notre monde comme étant des ressources qui nous appartiennent, des matières maniables et exploitables. Il suffit travailler quelque temps pour une entreprise pour se rendre compte de son ampleur. Pour prendre soin de son personnel, l’entreprise pour laquelle on consacre une partie de leur vie a un département nommé « Ressources humaines ». On échange leur vie pour un salaire. On se traite comme une ressource au même titre que des ressources naturelles cotées en Bourse. Le baril de pétrole est à tant; l’or est à tant; l’action de l’entreprise X vaut tant à la fermeture du marché… un pourcentage de l’eau que nous buvons y est aussi, par le biais des entreprises de boissons gazeuses et de l’eau embouteillé.

Vous dites que nous exagérons? Peut-être un peu. Nous sommes des artistes.

Ah! Faut pas oublier la théorie du Maître Maslow. Lui, il a tout réfléchi. L’argent que nous gagnons permet de satisfaire nos besoins physiologiques; faire partie des structures sociales nous procure le sentiment de sécurité (en gang, c’est plus sûr); notre désir de conformité est issu d’un besoin d’appartenance (notre nature grégaire); progresser au sein des organismes structurant notre humanité (gouvernement, institution, société, pays, entreprise, organisme, etc.) nous apporte l’estime et l’apothéose de notre existence, l’accomplissement.

Alléluia!

Le pitou vient nous quêter une petite caresse. Il l’a eu sur la tête. Là, lui aussi, il est perdu dans sa pensée, peut-être préoccupé par sa condition canine, l’importance du présent. Nous lui jetons un regard attendrissant. Soudain, un vague sentiment d’accomplissement nous inonde. Voilà nous, maîtres, lui, soumis; lui, un air terrifiant, nous, nous le dominons; lui, gardien d’atelier, nous, artistes méconnus, en sécurité par contre.

Il nous reste qu’à gagner un peu d’argent pour lui acheter des croquettes pendant qu’il prend la garde de nos oeuvres… pardon, objets personnels. Comme vous le saviez maintenant, nous pensons qu’avant une oeuvre soit oeuvre, elle est objet amalgamé d’émotions, d’expressions et de pensée. Elle demeure une ressource inexploitée de la propriété de l’artiste.

Si ce « mal » dont nous parlions existe, il devrait se cacher dans le génome même de la matière. Mon Dieu, est-ce vrai que nous avons été abandonnés dans un monde où les dès sont pipés?

Exposition d’un chien

Samedi 12 mars 2011

Comme nous parlons du chien, allons-y pour une histoire de chien aujourd’hui.

En 2007, Guillermo Vargas, alias « Habacuc » a exposé dans une galerie au Nicaragua un chien errant affamé. L’histoire a été mal reportée ou intentionnellement mal citée pour susciter une vive réaction. La réaction des internautes fut vive. Semble-t-il, Habacuc l’aurait attaché devant une inscription constituée de centaines de croquettes pour chien :  Eres Lo Que Lees (Vous êtes ce que vous lisez). Quand même, ne le trouvez-vous intéressant comme titre? La distorsion donne un sens plus profond que le sens de ces mots si commun.  On racontait que l’artiste avait interdit à quiconque de nourrir le pauvre chien ou de faire boire l’animal. Le chien serait mort de faim.

Et vlan! Tout le monde en parlait de cette histoire de chien en 2008. On a monté aux barricades.

Chien et une inscription faite de croquettes

chien vivant dans une exposition

Le temps efface. En fait, c’est notre mémoire qui fait de largage sans notre accord.

En 2008, nous avons écrit un petit billet sur la souris comme à la petite école, écrire un texte pour faire cohabiter des idées à partir d’un thème. Au petit matin de ce 11 décembre 2008, probablement par manque de temps ou par insomnie, nous avons publié deux images de souris qui ont suscité plusieurs réactions depuis. Si nous nous souvenons encore de ce billet, c’est grâce à des commentaires que l’on nous laissent. Les billets de blog prennent leur sens lorsqu’ils permettent à ceux qui les ont écrits d’évoluer. La relation entre je, nous et eux interagissent sans cesse au cours de notre existence par la force des événements externes. Ce blog nous apporte son effet déclencheur et nous a permis en quelque sorte d’être plus sensibles de notre environnement vital.

Le billet d’aujourd’hui est l’aboutissement d’un apport de trois personnes que nous n’avons jamais rencontrées, qui nous ont laissés de commentaires sur ce billet de souris. LO nous avons apporté le nom de l’artiste : Guillermo Vergas; ANONYME nous a permis de retourner sur le billet de la souris dernièrement, quoique notre réponse était quelque peu provocateur… à son écart; et LAURA nous a fait réaliser qu’une réponse à un commentaire a parfois plus de valeur que le billet lui-même.

Voilà, ainsi un autre billet, un autre jour.

Un chien qui se tortille

Vendredi 11 mars 2011

Nous pensons pendant longtemps qu’un chien qui se tortille sur lui-même est un signe de insouciance. En voyant la photo du chien de Pompéi exposé à New York, nous avons constaté deux choses: ça fait des milliers d’années que les chiens se contorsionnent sur le dos et quand un chien se contorsionne, ça ne veut pas toujours dire qu’il est confortable.

chien qui se tortille

Le temps… et un chien

Jeudi 10 mars 2011

Ça nous arrive souvent ces temps-ci cet élan intérieur qui nous incite à prendre une pause. Nous nous demandons si ce n’est pas juste une paresse passagère ou si c’est un signe de fatigue que le corps nous envoie. Peut-être c’est une question d’état d’esprit que les gens vivent en cette fin d’hiver, nous y compris. Les carnavals présentent ici et là sur la planète sont manifestement un indicateur révélateur de cet état mental que les humains vivent en février et mars, et ce, depuis des siècles.  Pendant que l’idée de faire pause du blog, la vie continue. Et la vie nous amène des idées, des images, des paroles et des mots qui nous empêchent, en quelque sorte, d’arrêter pour un temps. D’un billet à l’autre ces jours-ci, il y a toujours un sujet nouveau qui nous « force»  à taponner le clavier et publier un autre billet et un autre. Nous voilà réussissons à aligner quelques lignes par jour depuis une semaine.

Aujourd’hui, le temps.

Nous sommes tombés aujourd’hui sur un bref article qui parle d’une expo sur Pompéi à New York. Ça clique et ça fait scintiller une étincelle dans notre esprit. Car il faut nous retourner à New York la semaine prochaine pour the Artist Project. Anodin ce billet, nous avouons. Mais l’esprit fraye un chemin parmi le désir de l’inertie. Nous taponnons encore les touches du clavier.

Bon augure…

Nous méfions toujours de ces expos aux titres tapageurs qui font miroiter un contenu à grand déploiement et qui demande évidemment un prix d’entrée exorbitant et qui nous laisse plus que souvent un vague sentiment de nous avoir fait arnaqués en sortant : quoi, c’est tout?! Il y a toujours cette voix intérieure qui nous confirme : eh oui.

Pompeii The Exhibit : life and Death in the Shadow of Vesuvius – Pompéi : Vie et mort dans l’ombre du Vésuve. C’est beau comme titre, n’est-ce pas?

Il y a 2000 ans, cette ville romaine a été ensevelie sous les cendres, la boue et les pierres après l’éruption du Vésuve. L’exposition, selon l’article, présente des reproductions de corps moulés que les chercheurs ont reconstitués à partir des restes de squelette de résidants ensevelis vivants. On peut entre autres y voir un homme accroupi couvrant sa bouche, un chien enchaîné se contorsionne et les quatre membres d’une famille qui se blottissent les uns contre les autres.

Si l’on fait une exposition, par exemple, avec des corps de victimes d’une catastrophe récente, que pensez-vous la réaction du public?

Il suffit 2000 ans pour faire le même type de contenu une exposition fascinante et extraordinaire, et l’on fait de l’argent avec les intrigués et intéressés. Une question de temps.

Un chien de Pompéi

Picasso et la représentation de la femme

Mercredi 9 mars 2011

picasso et représentation de la femmeCette œuvre est adjugée pour 106,4 millions de dollars chez Christie’s à New York en 2010.

Elle est intitulée « Nu au plateau de sculpteur » et fait partie d’une série de portraits de Marie-Thérèse Walter que Picasso a peints en 1932. Un nu – sa muse, un buste et une plante verte à l’image des trèfles.

Pourquoi parler de ce tableau avec une photo en noir et blanc?

D’abord, ce tableau de Picasso est exposé en ce moment au Tate Moderne de Londres. De deux, à vous montrer une image à voyager dans le temps… en 1932, Picasso avait 45 ans et sa maitresse, dans la vingtaine. De trois, sans nous joindre au concerte d’acclamation habituelle du génie lorsqu’on parle de Picasso, mais qui est souvent vide de sens comme dans : C’est une peinture remarquable et je suis ravi que grâce à la générosité de son propriétaire, nous soyons en mesure de la montrer pour la première fois au public britannique. ;-)

Ce que nous pouvons dire compte tenu du billet d’hier, à l’époque où Picasso a peint cette Marie-Thérèse Walter nue, elle était une jeune beauté à l’image de cette jeune femme de 23 ans sur la page couverture du Magazine Sports Illustrated 2011; la représentation de Marie-Thérèse Walter dans le tableau se ressemble plutôt à la Vénus de Lespugue. L’extraordinaire de l’art de Picasso qui mérite de souligner se trouve dans cette dimension intemporelle de la représentation de la femme. Nous ne parlons pas de l’esthétisme, le beau ou encore la laideur. La pub est souvent l’idéalisation d’une réalité inaccessible à la majorité, aussi la raison d’être même de la pub. Une grande œuvre, elle contient une part de réalité, une part de nouveauté et surtout, une intemporalité pour éviter que l’œuvre subisse le sort de la dévastation du temps… mal vieillir ou démoder.

Et ce « Nu au plateau de sculpteur », est-ce une grande œuvre? Il reste bien d’autres aspects à évaluer… un tableau à 106 millions n’est qu’une appréciation du marché financier.

Picasso à Londres

Représentation de la femme

Mardi 8 mars 2011

En ce jour international de la femme, des droits de la femme ou des femmes… nous ne savons plus laquelle de ces appellations est juste.  Nous jonglons. Avant tout, deux représentations de la femme pour souligner cette journée qui symbolise l’émancipation des femmes modernes.

En fait, c’est une représentation de la femme préhistorique et une image de la femme de nos jours, largement véhiculée dans l’imagerie publicitaire.

Bon, nous sommes conscients que ça pourrait choquer certains d’accompagner ce billet de ce 8 mars d’une Pin-up. Mais imaginons dans quelques centaines d’années, lorsque l’on regardera les images de femmes de notre époque, que verraient-ils nos descendants?  Un peu comme nous qui regardons cette copie de la Vénus de Lespugue… avec une sorte de incompréhension mêlée à une compréhension approximative… Voilà pour l’art de la représentation de la femme.

Pour les intéressés, la tête d’affiche de l’édition Sports Illustrated 2011 s’appelle Brooklyn Decker, 23 ans.

Femme en 2011femme préhistoire

Visage de l’homme…

Lundi 7 mars 2011

visageVoici le visage d’un humain typique de 2011, selon le magazine National Geographic. Il serait chinois, 28 ans, droitier. Il utiliserait un téléphone portable, mais cet homme n’aurait pas de compte bancaire…

Par hasard, aurait-il peur des banquiers sans scrupule? :-|

Pour reproduire ses traits, le magazine National Geographic a superposé 190 000 photos prises au cours des dix dernières années. Selon la tendance des naissances, en 2030, la personne la plus typique du monde sera de forte chance d’origine indienne.