Textes et images - septembre 2010

 

Performance à New York

Jeudi 30 septembre 2010

Performance à New YorkNotre petite escapade à New York… ça sonne bohème en commençant ainsi, mais en fait, pas d’escapade où nous nous trimbalons nos rêves comme de jeunes artistes qui font leur voyage initiatique à La Mecque de la frénésie culturelle. Que de longues routes parcourues qui fatiguent nos vieux corps d’artiste.

Nous disions…

Ah! Petite escapade à New York…

Les deux jours à New York, pour être exact, c’est les deux jours de route entre Montréal et New York font resurgir de nos souvenirs cette image de l’artiste d’origine chinoise, jadis performeur, de la lignée artistique de Marina Abramovic, l’Homme fort héroïque en steak. Semble-t-il, il s’est converti en bouddhiste depuis et faire des sculptures gigantesques. Cette image-ci montrant sa performance en 2002 est la seule photo valable que nous avons trouvée. Sa performance intitulée : My New York. Elle a eu lieu peu de temps après son arrivée à New York.

Si vous demandiez la signification de cette oeuvre. Eh bien, nous ne la connaissons pas.

Décevant, n’est-ce pas?!

En fait, le sens marquant d’une performance artistique se trouve souvent dans le geste du moment. Par contre, de ce que nous avons vu des photos de ses performances. Eh bien, il est très sérieux et appliqué. La raison pour laquelle nous avons écrit qu’il est de la lignée d’Abramovic. Sinon, nous aurions dit simplement qu’il s’agit d’un pitre qui fait des mimiques au nom de l’art.

Tatou, GPS et eau-forte…

Mardi 28 septembre 2010

C’est bien rigolo quand on regarde la photographie de cet artiste chinois qui se fait tatouer une carte de la Chine dans son dos. En passant, nous allons faire un petit tour chez Oncle Sam pour affaire demain. Ne vous inquiétez pas! Nous sommes munis de GPS pour le chemin. :)

Blague à part, c’est du sérieux cette affaire de tatou dans le dos que nous vous avons parlée hier. Le projet Longue Marche auquel participaient les quelque 250 artistes a été suspendu quelque temps après son début, en 2002. Nous ignorons la raison et nous avons cherché sans avoir trouvé d’explication sur le net hier. Qin Ga, cet jeune artiste chinois sans visage au dos tatoué a décidé de reprendre le bâton du pèlerinage en 2005, lui-même, accompagné de photographe et tatoueur pour aller au bout du parcours et immortaliser sa performance. Voici une suite de photos sélectionnées.

Jeune artiste chinois

Saviez-vous quoi? En ce moment précis, en regardant ces images, nous pensons à l’eau-forte de Rembrandt. N’ayez craint! Nous ne fumons pas d’herbes illicites! Nous expliquons.

À l’époque de Rembrandt, on utilisait surtout le cuivre­ pour l’eau-forte. Comme vous le savez maintenant même si vous ne le saviez pas, pour obtenir des images d’excellente qualité, Rembrandt, lui, il faisait évoluer son image au fur à mesure, et faire tirer plusieurs copies à chaque étape.

Cet jeune artiste chinois a appliqué tout simplement ;-) la notion d’état en gravure de Rembrandt, chaque image est autonome. Voici Les trois croix de Rembrandt, état 2, état 3 et état 4.

Bon, voilà et A+!

Carte de la Chine

Samedi 25 septembre 2010

Ce soir, le dos d’un artiste chinois qui s’est fait tatouer la carte de la Chine. Il se faisait tatouer ensuite le nom de la ville qu’il avait traversée durant le projet artistique.

Vous diriez peut-être : euh, y a juste de jeunes fous… et artistes qui font ce genre de chose! ;-)

Carte de la Chine

Entre 2002 et 2005, il y a eu un projet artistique s’intitulant La longue marche, une initiative inspirée du parcours mythique accompli en 1934 et 1936 par Mao et ses troupes. Quelque 250 artistes, chinois et internationaux, se sont lancés sur les routes de la Chine à l’instar des révolutionnaires en déroute. Pour ceux qui sont moins familiers à l’histoire chinoise contemporaine, il s’agit d’une période où les communistes chinois battus en déroute par les nationalistes, cherchant une sortie à l’encerclement de leur rival, battaient en retrait pour préserver le noyau de leurs armées pour aller rejoindre les autres forces de la résistance communiste au nord de la Chine.

Selon l’organisateur de l’événement de cette longue marche artistique, l’initiative artistique avait pour but de chercher à établir une nouvelle conscience de l’art en relation avec l’histoire, la culture et la mémoire. De l’inspiration à la réalité, les artistes cherchaient de retrouver dans la longue marche à leur, la manière romantique de transformer un échec en succès, de prendre la route en quête de l’utopie, de construire une société démocratique alternative à travers l’engagement avec les masses.

Ouf! Ça, n’est-il pas très très similaire au pèlerinage entre Le Puy-en-Velay et Figeac sur le chemin de st-Jacques de Compostelle, non?

L’artiste chinois Qin Ga est donc allé à se faire tatouer dans le dos l’itinéraire de ce voyage. A chaque étape, un tatoueur rajoutait un point et le nom de la ville sur la carte de la Chine qu’il porte en permanence à l’encre indélébile dans sa peau.

Tatou chinois

Vendredi 24 septembre 2010

Un tatou chinois.

Ne trouvez-vous pas l’acte de se faire tatouer radical? Il nous semble que la peau, fragile et manière à détérioration, soit vraiment un « support »  de prédilection pour recevoir une image à l’encre indélébile et ce, quelle que ce soit sa qualité et sa beauté. Il faudrait être convaincu pour se faire tatouer comme cet homme, non? À moins que la douleur de se faire piquer innombrable fois durant une séance de tatouage soit partie intégrante de l’expérience de recevoir un totoo sur la peau.

Tatou chinois

Dans mes pensées…

Jeudi 23 septembre 2010

Dans mes penséesDans mes pensées à moi, il y a cette image qui trotte depuis hier soir.

Bon, maintenant un peu de mise en contexte. Si lui, il se voyait en enfant, elle, elle pensait à lui. Diego dans mes pensées ou pensant à Diego (détail), 1943.

En 1943, ça faisait déjà trois ans qu’ils se sont remariés. Elle ensei- gnait. Des douleurs permanentes dans son pied droit l’empêchent de marcher. Elle doit porter un corset de fer pour soutenir son dos et diminuer ses douleurs. Ces éléments ne l’empêche à peindre. L’autoportrait que nous vous avions présenté l’autre jour date aussi de 1943.

Femme, enfant et la Mort

Mercredi 22 septembre 2010

Enfant, femme et la MortIl y a des soirées comme celle-ci, tout est un peu difficile, surtout avec un peu de vin dans le nez, la fatigue dans le corps et le chien docilement couché dans son cousin qui nous jette un regard de temps à autre en lâchant un soupir tout grave. L’esprit de l’artiste est un peu altéré. Après Jenny Saville et Frida Kaklo, une chute de tension dans le sujet : femme, autoportrait, le Mexique, la Mort…  la tendance est donc en pente descendante. La structure des billets d’un blog étant un fil linéaire, il faudrait donc casser la linéarité.

Mais quoi écrire? Difficile de revenir sur les billets en ébauche, presque abandonnés comme le noir dans les autoportraits de Courbet, l’autoportrait de Le Caravage, sans les ténèbres; etc.

Quelques idées autour des autoportraits d’artistes femmes ou simplement femme qui nous trotte dans la tête… Tamara de Lempicka, trop douce et atténuée après Saville et Kahol; les monstrueuses Femmes de De Kooning, cela aurait été trop exigeant comme sujet pour ce soir; Marianne Von Werefkin, expressionniste, mais pas assez connue… ça n’aurait pas intéressé grand monde.

Bon, après ces tergiversations, le chien a encore soupiré et décidé de mettre sa tête entre ses quatre pattes pour dormir. Bon, il est temps pour nous aussi aller faire dodo. Au diable! Nous allons contenter de la facilité… si si! La facilité.

Vous connaissez un peu maintenant Frida Kahlo, le méchant Diego, La Catrina. Et bien, voilà les trois réunis dans la célèbre fresque peinte par Rivera dans les années fin 1940 soulignant les 400 ans d’histoire du Mexique : Le Rêve d’un dimanche après midi dans le Parc de l’Alameda.

C’est quand même curieux, non? Le célèbre muraliste mexicain se représente en enfant pré-ado qui tient la main de la Mort et sa femme, presque comme une mère, derrière lui, la main posée sur son épaule. Quoique, la culture mexicaine est fortement influencée par les moeurs indiennes, la mort a une tout autre connotation que la nôtre. Savez-vous quoi? Le choix de Rivera de se représenter en enfant nous fait penser à l’utilisation d’avatar pour s’identifier dans les échanges sociaux sur le net. Le « moi » représenté est souvent différent du « moi » réel. Qui est le vrai « moi » ?

Le corps d’une femme artiste

Mardi 21 septembre 2010

La première fois quand nous avons vu l’oeuvre de Jenny Saville, nous étions subjugués par la qualité de son travail. C’était en 2007, nous ne savions pas qui était Jenny Saville, nous ne connaissions pas son oeuvre autre que ce tableau vendu aux enchères pour $179,559, Étude de chair, simplement. Nous étions médusés pendant de longs moments devant cette étude de Saville. Si nous possédions cette somme d’argent, nous l’aurions acheté sans hésitation.

Trois ans plus tard, si nous ne pouvions utiliser qu’un mot pour qualifier son oeuvre, ce serait le mot « abandon ». Un abandon de son corps au profit de sa peinture; un abandon de censure pour une mise en accent de son corps, qui est loin des critères de la beauté idéale du corps de femme que l’on monte au public au grand jour; un abandon d’artifices visuels pour embellir; un abandon du soi, une chair qui déborde.

Dans les autoportraits de Kahol, il y a cette douleur qu’elle cherchait à illustrer, ce dedans à ouvrir et à extirper. Chez Saville, elle semble chercher à faire « transpirer » son être par la chair.

Autoportrait d'une femme artiste

Autoportrait de Frida Kahlo

Lundi 20 septembre 2010

Autoportrait Frida Kahol

Qu’est-ce qui pousse un artiste à faire des autoportraits? Dans le cas de Frida Kahlo, c’est sa condition humaine.

Atteinte par la poliomyélite à 10 ans, devenue handicapée de sa jambe droite atrophiée; grièvement blessée à 18 ans, abdomen transpercé, un grand nombre de fractures aux deux jambes. Le bassin, les côtes et la colonne vertébrale brisés. Mais c’est seulement un an après l’accident que l’on remarque qu’une de ses vertèbres lombaires est aussi fracturée. Alitée, Frida Kahl0 commence à peindre des autoportraits.

Femme de liberté, Frida Kahl0 est intéressée par la condition féminine et le sort des femmes, elle refuse une vie de femme traditionnelle mexicaine. Communiste à 21 ans, elle rencontre Diego Rivera, renommé muraliste. Mariée à celui-ci l’année suivante, mais Rivera l’a trompé peu de temps après leur mariage.

Elle a détesté son séjour aux États-Unis. Durant cette période, deux fausses couches et une décès, celle de sa mère. Pendant qu’elle est hospitalisée aux États-Unis, Diego Rivera a eu une liaison avec la soeur de Kaklo.

Malgré une profonde amitié entre elle et la femme d’André Breton et admirée par ce dernier, elle se défend d’être une surréaliste. Elle peint sa vie et non de rêves. Elle a d’ailleurs tout aussi détesté son séjour en France.

Nous terminons aujourd’hui avec les dernières lignes de son journal avant sa mort : On m’a amputé la jambe il y a six mois qui me paraissent une torture séculaire et quelques fois, j’ai presque perdu la tête. J’ai toujours envie de me suicider. Seul Diego m’en empêche, car je m’imagine que je pourrais lui manquer. Il me l’a dit, et je le crois. Mais jamais de toute ma vie, je n’ai souffert davantage. J’attendrai encore un peu…

Voilà, on peint et vit parfois pour les autres, mais au nom de soi-même. Frida Kahlo en a peint plusieurs autoportraits pour les autres en considérant sa propre condition humaine.

Squelette de femme mexicaine

Dimanche 19 septembre 2010

La Catrina, squelette mexicaine

Encore un petit billet variation sur un thème, aujoud’hui, de la squelette de femme mexicaine, La Catrina. Une photo du défilé du 200e anniversaire de la révolution mexicaine, par Felipe Courzo.

Ce personnage de squelette de femme est un des symboles artistiques du jour des morts mexicain. C’est l’historien de l’art Jean Charlot, après la redécouverte d’une eau-forte de l’artiste graveur mexicain José Guadalupe Posada, a rendu quelque temps après la révolution mexicaine La Catrina populaire.

La Calavera de la Catrina

Voilà la gravure en question, pour les intéressés. C’est de l’eau-forte sur zinc. Le zinc est plus dur que le cuivre, une plaque de zinc favorise donc un tirage à grand nombre tout en préservant la netteté des lignes imprimées. Mais les puristes de l’eau-forte privilégient l’utilisation de plaques de cuivre. Pourquoi?

Car les lignes rongées par l’acide sur une plaque de cuivre conservent mieux la souplesse de celles-ci comme si elles étaient dessinées à la main, alors que sur zinc, les lignes deviennent rigides comme témoigne cette gravure de Posada. Un peu comme utiliser du botox pour rendre un visage moins ridé. Le visage peut apparaitre plus jeune mais moins expressif.

Femme et squelette

Samedi 18 septembre 2010

Lady Gaga et squelette

Femme et squelette

Deux versions de la redéfinition des limites.

Lady Gaga, véhicule d’excentricités qui a pour but de promouvoir une entreprise de divertissement lucrative que représente elle-même. Pour réussir, elle doit accaparer le temps d’antenne de la télé, attirer l’attention du public, soulever la foule par sa présence, être le focus des médias… faire parler le plus souvent que possible d’elle afin de ne pas se faire substituer par une autre vedette.

Marina Abeamovic, grand-mère de l’Art performance. Elle est intéressée par l’art qui dérange et qui pousse la représentation du danger. Et puis, l’observation de public doit être dans l’ici et maintenant. Garder l’attention sur le danger; c’est se mettre au centre de l’instant présent.

Lady Gaga à la viande

Jeudi 16 septembre 2010

Lady Gaga, Vogue Hommes JaponFin d’été 2010, l’artiste Pop de l’heure, Lady Gaga pose pour le magazine Vogue nippon pour hommes, presque nue, ornementée de quelques tranches de viande, fraichement dépecées et ce, sans doute photoshoppement rehaussées afin que la chair de la jeune dame soit tendrement délicate, et qu’elle réponde aux critères esthétiques de la région, et que les maigres tranches de viande qui couvrent celle-ci semblent de qualité supérieure et exquise, même si elles étaient mangées crue par un brave téméraire nippon, sa santé ne serait point en danger.

Bon, la deuxième image maintenant.

Toujours en 2010, dimanche dernier, Lady Gaga a été consacrée l’artiste de l’année et couvert d’honneurs aux MTV Video Awards, à Los Angeles. Sans doute pour une question d’auditoire de tout âge, elle s’est présentée cette fois-ci sous les feux de la rampe habillée d’une robe en viande, bien en chair. Si la chair semble de moins bonne qualité dimanche dernier, elle est plus vraie, plus coriace et plus sombre. Cependant, le scandale, il est de taille au pays de la Liberté.

Lady Gaga en robe de viandeLes défenseurs de la cause des animaux mal traités sont sur les dents… avec la Dame Gaga sous les dents. L’organisation internationale de défense des droits des animaux, PETA – People for the ethical treatment of animals, trouve que la jeune prodige dépasse les limites : « Peu importe que cela soit esthétiquement bien présenté. La viande crue représente la violence sanglante et la souffrance. »

Lady Gaga s’empresse de s’expliquer lendemain sur le port de la robe en viande, signé Franc Fernandez, mais elle s’est empêtrée dans des détours de sa pensée : « Je voulais dire que si nous ne prenons pas position pour nos convictions, si nous ne combattons pas pour nos droits, bientôt ils seront aussi réduits que cette viande sur nos os. »

Robe de chair, Jana SterbakPour terminer aujourd’hui, connaissez-vous l’artiste Jana Sterbak? Voici la troisième image.

C’était en 1987, un an après la naissance de Lady Gaga, Jana Sterbak a soulevé l’irrite du public canadien avec sa Robe de Chair, intitulée Vanitas, Robe de Chair pour Albinos Anorexique. Saviez-vous pourquoi le public canadien, pacifique et raisonnable, était hors d’eux-mêmes?

Parce qu’on trouvait le geste de notre Musée national d’Ottawa inconcevable de dépenser l’argent des contribuables canadiens pour subvenir une artiste et encourager la décadence du milieu des arts contemporains. Franchement! Une robe de viande. Ben voyons donc!

Et la morale de cette histoire? ;-)

Sans Photoshop, sans designer de renom, comment s’appelle-t-il encore celui-là? Ah! Franc Fernandez. Eh bien, c’est moche!

Caricature de Mahomet

Mercredi 15 septembre 2010

Caricature de MahometPar Nalair, le caricaturiste Kurt Westergaard dans de traits qui rappellent de sa caricature controversée de Mahomet.

Westergaard a reçu récemment le prix de l’Association des journalistes de Potsdam pour son « engagement en faveur la liberté d’expression, son courage et son engagement pour les valeurs de la démocratie ».

Dans la foulée du tapage médiatique provoqué par le pasteur américain Terry Jones à la recherche de son « 15 minutes de gloire », on a interviewé Westergaard, il déclare que Dans la Bible, on dit que Dieu a créé l’homme à son image. Peut-être est-ce le contraire, et c’est l’homme qui a créé Dieu à son image. Le caricaturiste primé, aujourd’hui sous une protection policière, estime que son dessin représentant le prophète coiffé d’une bombe en guise de turban n’a été qu’un catalyseur dans un processus explosif déjà bien engagé.

On tue au nom de Mahomet, c’est de cela qu’il s’agit dans ma caricature. Si ça n’avait pas été de sa caricature, cette explosion de violence et de haine aurait été déclenchée autrement. Westergaard a souligné que la provocation devrait pousser les gens à la réflexion, à éclaircir les choses, et à une prise de conscience.