Textes et images - novembre 2009

 

L’Homme au Gant blanc

Lundi 23 novembre 2009

Hier, dans un encan à New York où des objets du monde de la musique étaient proposés, on a fait renaître deux objets fétiches de Michael Jackson, le gant de golf blanc orné de strass et sa veste noire pailletée.

Le gant blanc de Michael Jackson était mis en vente pour 10,000 dollars. Mais les enchères se sont très rapidement envolées : 350,000 dollars, offre finale d’un homme d’affaires hongkongais de 36 ans, Fossman Ma. Quant à la veste, une maigre somme de 225,000 dollars. Avant sa mort, Jackson avait de la misère à départir ses biens pour éponger ses dettes. C’est fou que la mort donne de la valeur aux objets appartenus au défunt.

Si le titre de ce tableau de Titien n’avait pas effleuré notre esprit en entendant cette nouvelle sur le gant blanc, nous n’aurions pas écrit ce billet. Nous vous aurions annoncé que nous partirons dans quelques heures pour la foire One of A Kind de Toronto. Nous vous en parlerions peut-être demain si nous n’étions pas trop fatigués.

Néanmoins, nous nous demandons si celui qui a remporté les enchères du gant blanc de Jackson s’intéresse-t-il davantage au célèbre gant, à Jackson comme artiste ou à l’époque qui a produit le Roi de la Musique Pop?

L'Homme au gant presque blanc

Mais bon. Tenez, quelques lignes de Malraux à propos de l’Homme au gant… de Titien.

Si le buste de César, le Charles Quint équestre, sont encore César et Charles Quint, le duc d’Olivarès n’est que Velazquez. Que nous importe l’identité de l’Homme au Casque, de l’Homme au Gant? Ils s’appellent Rembrandt et Titien.  Le portrait cesse d’être d’abord le portrait de quelqu’un. Jusqu’au XIXe siècle, toutes les oeuvres d’art ont été l’image de quelque chose qui existait ou qui n’existait pas, avant d’être des oeuvres d’art.

Le gant blanc de Jackson a-t-il acquis hier son statut d’oeuvre d’art? À suivre.

Défilé du Père Noël

Dimanche 22 novembre 2009

Voilà, c’est fait. Le Père Noël est arrivé, le vrai et authentique Papa Noël.

Petits et grands sont au rendez-vous au centre-ville. Ils sont près de 300,000 selon les organisateurs. Nous nous demandons chaque année : mais qui organise le défilé du Père Noël? Qui finance cette journée de bonheur certain des tout petits? Nous trouvons toujours le moyen d’oublier ces petits détails chaque année. Ce sont les avantages de vieillir, nous pouvons nous le répéter chaque année.

Ah! C’est le regroupement de commerçants Destination Centre-ville, de Montréal, bien entendu. Nous en somme convaincus que c’est pareil ailleurs pour le défilé du Ti-Père Noël.

Mais les enfants sont contents de voir défiler le Père Noël, ses lutins et la fée des étoiles. Si! Nous les avons vus. Ils sont tous heureux et, va Vieux Grincheux!

Noël, c’est dans 32 dodos.

defilé du pere noel
Image : Geluck, le Chat

Mentir en image

Samedi 21 novembre 2009

Mentir n’est pas souhaitable, mais manipuler, est-ce acceptable?

Emprunter un dessin d’enfant pour faire dire autre chose que l’expression spontanée et ludique de l’enfant qui l’a dessiné, est-ce abuser? Par exemple, que l’enfant dessine pour manifester ses sentiments, pour partager des valeurs nouvellement apprivoisées, ou encore, pour représenter sa prise de conscience, si l’on utilise un dessin d’enfant pour véhiculer d’autres sens que l’intention initiale de l’enfant, alors a-t-on manqué son devoir d’adulte?

Vue à la une du Journal Metro d’hier cette image, à l’occasion du 20e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant.

mentir en image

Ceux qui ont des enfants et qui s’intéressent à leurs dessins, vous remarquerez que les trois petits bonshommes sont de la main d’un jeune enfant de 5 ou 6 ans, peut-être même 4 ans, si l’enfant est précoce dans son apprentissage.

Tandis que les papillons et surtout le globe terrestre avec le continent Amérique relativement bien représenté, avec une proportion certaine, ne peuvent être dessinés par le même enfant. Car la capacité de schématiser les papillons et le continent est trop avancée par rapport aux 3 petits bonshommes. À moins que ce soit d’un dessin collectif fait par plusieurs enfants.

Mais, la couronne sur la tête du petit bonhomme et le mot Metro écrit avec assurance discréditent tout, surtout la une du Journal est « Si les enfants étaient au pouvoir» . Ça devient carrément risible quelques pages plus loin, on cite l’un des principes de la Convention de l’enfance : le Principe de l’intérêt supérieur de l’enfant – Prise en compte des conséquences de toute action entreprise sur l’enfant ou l’ensemble des enfants.

Mais pourquoi? Ce n’est pas beau de mentir en image… en manipulant des dessins d’enfants au nom des enfants. Soyez professionnels et honnêtes! C’est dans les petites choses de la vie que l’on inculque aux générations futures les vraies valeurs humaines. 8O

Femme prenant le thé

Vendredi 20 novembre 2009

En voyant cette photographie il y a quelque minutes passées, nous nous sommes dits : mais quelle coïncidence!

Sans interdit, ni censure, dans un enchainement d’idées, nous avons pensé que la nudité de cette femme mûre est déplacée; la femme semble être saine d’esprit et épanouie; c’est provocant, mais la nudité n’est pas controversée; c’est de l’art; c’est du kitsch; la composition est réfléchie; il y a de la joie de vivre; c’est spécial de prendre le thé à poil; c’est du photo-roman osé; une mise en scène bien sentie, etc.

En fait, c’est une image de calendrier, semble-t-il.

Entre cette femme prenant le thé tout nu et le vieux couple de John Currin, il y a un point en commun : créer un effet d’étonnement, provoquer un malaise et engendrer un conflit dans la perception en utilisant l’âge des personnages pour suggérer des conventions sociales « bafouées ».

femme prenant le thé
Image : REX / SIPA

Vieux couple

Jeudi 19 novembre 2009

Un « Vieux couple » pour $842,500. Signé John Currin, daté de 1993, vendu le 11 novembre 2009 chez Sotheby’s New York.

Quelqu’un qui connait ce John Currin? Est-ce un bon investissement?

Ce fut une découverte pour nous.

L’esprit coquin de l’artiste est mis en évidence, voire même satirique. D’ailleurs, c’est l’attitude et la physionomie du vieux couple qui a attiré notre regard. La maitrise technique du peintre est sans équivoque.

vieux couple

Machine à imprimer des billets verts

Mercredi 18 novembre 2009

Voulez-vous devenir riche? Cherchez-vous une machine à imprimer de l’argent?

Warhol, lui, il en avait une. Il a imprimé beaucoup d’argents, dont 200 billets d’un dollar en 1962.

D’après vous, combien en valent-ils aujourd’hui ces 200 billets d’un dollar?

Avec l’inflation et la dépréciation du dollar, les 200 billets imprimés par Warhol valent aujourd’hui 43,7 millions beaux dollars américains!

Vous dites peut-être : hé Man! Es-tu sérieux? Bon, soyons sérieux! ;-)

Un tableau d’Andy Warhol mesure 203.8 x 234.3 cm, réalisé par le Roi du Pop’Art entre mars et avril 1962. Il est intitulé « 200 One Dollar Bills ». On l’a estimé entre $8,000,000-$12,000,000. Elle est vendue pour $43,762,500 le 11 novembre dernier.

En passant, nous avons essayé pour vous la nouvelle interface pour visionner des oeuvres sur le site de Sotheby’s. C’est fort bien fait. Quant à l’oeuvre de Warhol, c’est toujours un peu bâclé. Nous avons beau fait agrandir l’image comme témoigne la capture d’écran. Même si le zoom était au maximum, c’est toujours flou et un peu mal foutu!

Pour terminer, ça sert à quoi d’apprendre aux enfants à bien travailler? Si c’est juste bon pour en faire des honnêtes travailleurs de demain? Par contre, savoir bien exploiter le système, ça, ça vaut son pesant d’or! :-|

La morale de cette histoire? La valeur ne se trouve pas dans la visible.  À la prochaine!

machine à imprimer de l'argent

Encre sur papier de Chine

Mardi 17 novembre 2009

Une oeuvre sans titre de Jackson Pollock, vendue le 11 novembre 2009 à New York. Devinez combien l’acheteur a payé. Un indice? Très cher.

Encre sur papier par Jackson PollockImage : Sotheby’s New York

L’estimation de sa valeur s’établit entre 1 et 1,5 million de dollars par les experts de Sotheby’s. L’oeuvre mesure 60,5 X 99,1 cm. Elle a été réalisée vers 1951, soit au sommet de la carrière de Pollock. Nous sommes fort surpris d’apprendre que Pollock a essayé l’encre sur papier de riz. Un support délicat, un papier assez buvard qui fixe rapidement l’encre déposée. Or, le geste de l’Action Painting de Pollock est connu par sa facture brutale qui confronte la charge de peinture projetée contre la toile brute, déposée au sol.

Encore plus étonnant, c’est le prix payé pour un Pollock que nous qualifierions d’oeuvre expérimentale de Jackson Pollock.

Mais bon, c’est peut-être l’argent qui a perdu sa valeur, ou peut-être, l’on cherche à donner un sens à son argent quand on en a beaucoup. Bref, $2,882,500.00 pour ce petit Pollock sur papier de Chine.

Utilisation du fonds public

Dimanche 15 novembre 2009

Ce soir, une caricature de l’excellent Garnotte, un autre caricaturiste québécois émérite. Du dessin ligne-contour bien maitrisé est un art du vide et plein.

Les signes avant-coureurs de l’épuisement de matières premières incitent progressivement les humains à une remise en question de sa consommation effrénée et insouciante des dernières décennies. Il suffit d’être un tantinet informé, la prise de conscient est un sujet d’actualité. Mais la prise de conscient ne rend pas conscient ce qui ne l’est pas, semble-t-il.

Aujourd’hui, un retour sur la distribution de cendriers portatifs en 2007 par la Ville de Montréal, une autre décision administrative sanctifiée par Marcel Tremblay, jadis également responsable de la propreté au comité exécutif de la Ville de Montréal.

En 2007, le jovial Mon Oncle Marcel, frérot du maire souhaitait responsabiliser les fumeurs montréalais en leur donnant la possibilité de se débarrasser de leurs mégots de façon propre. « Les citoyens [...] n’aiment pas voir les trottoirs et les rues de leur ville couverts de mégots. Je suis convaincu qu’ils seront enthousiastes à cette solution. »

Ainsi, 100 000 cendriers portatifs sont distribués au nom de la propreté. Coût de l’opération : $400 000.

fonds publicÀ défaut d’être un visionnaire et avoir du flair politique, si Marcel Tremblay était au moins calculateur, il aurait faire acheter 33 333 paires de crampons à glace à 12 piastres avec les 400 000 dollars de fonds public pour des citoyens radins, insouciants et téméraires. :mrgreen: Il serait peut-être encore conseiller à la Ville de Montréal aujourd’hui et continue de dépenser les fonds publics pour vous et nous les Montréalais.

Dites, entre-nous, pas trop fort, SVP! Si Marcel n’était pas frère à Gérald, aurait-il été conseiller élu à la Ville de Montréal? Tenez, sans le projet Une île une ville, Gérald Tremblay aurait-il été élu maire de Montréal?

Dupont et Dupond

Vendredi 13 novembre 2009

En consultant la liste des conseillers et des maires d’arrondissement du Grand Montréal hier soir, nous avons constaté que le nom du frérot du maire Tremblay brille par son absence.

Ben voyons!

Nous avons cru d’abord à une détérioration de notre acuité oculaire pour finalement rendre compte que la douce brise électorale du novembre a fait décoller le frérot à notre maire Tremblay de son siège de conseiller à la Ville de Montréal.

Alléluia! Une fois de plus, le peuple a su faire appeler de son gros bon sens au bon moment. Bon oké, ça sonne un peu méchant notre affaire depuis quelques jours… Mais, rassurez-vous! Que des faits ahurissants concernant les prouesses politiques et le sens en gestion du frérot du maire Tremblay.

Lorsque Marcel occupait jadis le poste de responsable du déneigement à la Ville de Montréal, au lieu chercher des solutions pour déglacer nos trottoirs et les rendre sécuritaires durant nos longues saisons hivernales, il déclarait que « sans dépenser des fortunes, les gens peuvent avoir des crampons à neige ou à glace. Pourquoi n’en achètent-ils pas? » Car « mieux vaut avoir une paire de crampons à 12 piastres qu’une hanche brisée. »

Le conseil aux citoyens de Marcel a inspiré le caricaturiste Serge Chapleau, voici ses Dupont et Dupond incarnés par Marcel et Gérald Tremblay.

Dupont et Dupond, Marcel et Gérard

Maire de Montréal

Jeudi 12 novembre 2009

Un petit suivi ce soir, notre bon maire de Montréal, Gérald Tremblay, vu par l’excellent caricaturiste québécois Serge Chapleau.

Maire de Montreal

Hier, Gérald « Iron Maire » Tremblay a été assermenté dans une cérémonie des plus solennelles. Il a d’ailleurs profité l’occasion pour inviter tous les élus à représenter les Montréalais plutôt que partis politiques, en faisant valoir que son administration ferait preuve « d’ouverture et de respect dans cette démarche. »

Gérald Tremblay a invité les représentants des partis d’opposition, Vision Montréal et Projet Montréal, à travailler avec lui pour accroître l’efficacité de la fonction publique municipale et d’entamer un ménage. Wow! Du ménage, le syndicat des Cols Blues sera content.

Oky, blague à part. Notre maire est revenu à la charge dans le dossier des allégations de collusion et de corruption impliquant des compagnies de construction et le monde municipal, notamment, son ancienne administration. «Je réitère malgré tous les efforts faits par le gouvernement du Québec que si nous voulons réellement faire la lumière sur toutes ces rumeurs de corruption et de collusion dans l’industrie de la construction, une enquête publique est nécessaire. »

Voilà, Monsieur Iron Maire renvoie la balle et hop! Au suivant! On prend soins de ne pas froisser le gouvernement provincial avec un « malgré » bien senti. Bravo! En politique, on prend soin de ses ailiers même si la balle est renvoyée dans leur cours.

Jour du Souvenir

Mercredi 11 novembre 2009

En ce jour du souvenir, une image de circonstance, un parapluie Coquelicot géant.

Jour-du-souvenir

Conseil de Ville de Montréal

Lundi 9 novembre 2009

Nous y prenons goût… décidément.

Nous sommes tombés dessus en feuilletant le journal l’autre jour : un diagramme illustrant la composition du Conseil de ville de Montréal, avant et après les élections municipales de Montréal du 1er novembre.

Au lendemain des élections municipales, nous avons entendu plusieurs mécontents qui considéraient la réélection du bon faux naïf maire Tremblay comme une occasion manquée de la démocratie. On considérait que ceux qui se sont abstenus de voter n’ont plus le droit de chialer du piètre état de nos routes, ni de se plaindre de nos taxes foncières trop élevées et encore moins, à exaspérer du copinage de nos élus municipaux avec des gens qui réfectionnent nos infrastructures routières et autres. Que ceux qui n’ont pas voté se taisent.

Soyons zen! ;-) Voyons cela comme étant de la sagesse populaire.

Voyez-vous, la composition du nouveau Conseil de ville est bien mieux équilibrée malgré qu’il soit choisi par un petit pourcentage de Montréalais. L’exercice du pouvoir démocratique trouve son véritable sens lorsque l’autorité élue n’est pas d’une dominance écrasante qui étouffe toute saine opposition. L’art, par contre, se crée dans l’excessive. La singularité dominante en art est perçue comme un point culminant du firmament. Lorsque cela arrivé au pouvoir politique, il se traduit souvent par une forme de gouvernance opulente, négligeant et défaillante. Il y a là, peut-être, l’une des causes à l’origine des scandales qui éclaboussent l’Administration Tremblay.

Conseil de Ville Montréal